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Église paroissiale Saint-Jacques

Décor de stucs des murs et de la voûte du chœur et de l'arc triomphal

Dossier IM40005785 réalisé en 2015
Dénominations décor d'architecture
Aire d'étude et canton Mugron
Adresse Commune : Laurède
Emplacement dans l'édifice choeur

Les stucs et peintures de la voûte, sans doute la partie du décor des Mazzetti qui évoque le plus le rococo alémanique et piémontais dans lequel ils furent formés, est aussi celle qui a subi les plus fortes reprises lors de la grande restauration effectuée en 1837 par le stucateur François Perini de Saint-Sever. Si les stucs semblent avoir été seulement complétés à l'identique pour quelques détails détériorés, les peintures en trompe-l'œil dans les "trouées" feintes ont été entièrement refaites et, pour l'une d'entre elles, réinventée (le ciel central remplacé par un triangle trinitaire en gloire). La restauration de 2014-2016 a tenté de restituer un état proche de celui du XVIIIe siècle.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1769, porte la date
1775, porte la date
1837, daté par source
Lieu d'exécution Commune : Avignon
Auteur(s) Auteur : Mazzetty Bernard Virgile, dit(e) Mazzetti,
Bernard Virgile Mazzetty , dit(e) Mazzetti (1706 - 1786)
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sculpteur, signature
Auteur : Mazzetty Jacques Antoine, dit(e) Mazzetti,
Jacques Antoine Mazzetty , dit(e) Mazzetti (1719 - 1781)
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sculpteur, signature
Auteur : Perini François,
François Perini , né(e) Perini Francesco (1812 - )

Stucateur d'origine italienne, né Francesco Perini à Pellio Superiore (province de Côme), passé en France à l'âge de 14 ans en avril 1826 et installé à Saint-Sever (Landes).


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stucateur, restaurateur, attribution par source

Le décor se déploie sur l'extrados et l'intrados de l'arc triomphal, sur le pourtour du mur en hémicycle du chœur (au-dessus d'un lambris de demi-revêtement en bois, réf. IM40005790) et sur sa voûte en anse-de-panier dotée d'arcs doubleaux ornementaux (non porteurs). Il est entièrement constitué de reliefs en stuc peint en blanc ou en faux marbre (brèche jaune, rouge du Languedoc) entourant, sur la voûte, des compartiments à découpe chantournée ouvrant sur un ciel en trompe-l'œil peint à l'huile sur l'enduit de plâtre. L'ensemble est complété sur les murs nord et sud par deux grands tableaux sur toile encastrés dans le lambris de stuc (sous-dossier IM40005787).

Catégories gypserie, sculpture, peinture murale
Structures d'applique
Matériaux stuc, moulé, modelé, décor en haut relief, décor en ronde bosse, décor rapporté, peint, polychrome, doré à la feuille faux or
enduit, support, peinture à l'huile
Précision dimensions

Panneau à trophée liturgique : h = 210. Cadres des tableaux des murs nord et sud : h = 172 ; la = 159 (sans les crossettes aux angles).

Iconographies en buste, saint, ange, couronne végétale, IHS, MA
ornementation, balustrade, ciel, guirlande, coquille, draperie, trophée liturgique
Précision représentations

Le décor du mur en hémicycle est structuré par des pilastres doriques, au fût peint en faux marbre brèche jaune ou rouge veiné du Languedoc. Ceux-ci encadrent, d'ouest en est : deux grands tableaux sur toile (IM40005787), rectangulaires horizontaux, se faisant face (celui du nord surmontant la porte de la sacristie) ; un panneau rectangulaire vertical à relief de stuc, faisant face à l'unique fenêtre au sud ; deux niches en plein cintre de part et d'autre du maître-autel, ornées d'une coquille dans le cul-de-four et de draperies festonnées au-dessus, abritant deux statues de bois doré en remploi (IM40005786). Le grand relief en stuc face à la fenêtre, au cadre peint en faux marbre, représente un trophée liturgique suspendu à un nœud de ruban (crosse, croix pastorale, mitre, étole, ostensoir, calice, ciboire, chandelier de chœur, plateau de communion, encensoir et goupillon).

L'entablement régnant sur le pourtour du mur comporte des fasces moulurées, une frise peinte en faux marbre du Languedoc et une corniche saillante à ressauts ; des fleurons et des rameaux d'olivier noués par un nœud de ruban, le tout en stuc doré, ponctuent la frise. La voûte en anse-de-panier est divisée transversalement par deux arcs doubleaux décoratifs, prolongeant visuellement les pilastres du mur et délimitant une travée droite et une abside en cul-de-four. A l'intérieur de ces subdivisions sont ménagés des compartiments chantournés et des lunettes en plein-cintre, peints en trompe-l'œil de fausses balustrades et d'ouvertures sur un ciel bleu parcouru de nuages blancs. Devant les lunettes latérales nord et sud, deux couples d'anges enfants en ronde bosse (en stuc), assis sur la corniche de l'entablement, couronnent de laurier un grand cartouche scutiforme à fond bleu, frappé, au nord, du monogramme de la Vierge entouré de roses, au sud, du monogramme du Christ ceint de pampres. A l'aplomb des lunettes (couvertes d'une voussure caissonnée), deux médaillons circulaires en stuc blanc, entourés d'un tore de laurier et soutenus par de larges consoles à rocailles et feuilles d'acanthe, contiennent l'effigie en buste d'un saint prêtre (au nord, un vieillard barbu non identifié, au sud, un prêtre chauve à barbiche, en surplis et petit collet, qui pourrait être saint Vincent de Paul). De part et d'autre des médaillons, des écoinçons triangulaires en faux marbre rouge du Languedoc ornés de palmes et de couronnes végétales en stuc blanc. Les ouvertures fictives de l'abside de part et d'autre du baldaquin du maître-autel, festonnées de guirlandes de roses, encadrent en outre des chapeaux de pèlerin de Compostelle (accompagnés de palmes et de rameaux de laurier), allusion au saint patron de la paroisse, saint Jacques le Majeur, dont l'image est peinte sur le tableau d'autel.

La face ouest de l'extrados de l'arc triomphal est décorée d'un grand cartouche rocaille cordiforme en stuc blanc (qui portait dans doute à l'origine un motif symbolique ou un monogramme peint) à l'encadrement enrichi de canaux et de fleurs et timbré d'une tête d'ange aux ailes déployées. Les fragments de stuc sont actuellement (2015) déposés dans le collatéral nord de l'église en attente de restauration.

États conservations oeuvre restaurée
Précision état de conservation

Ensemble restauré en 2014-2016. A cette occasion, l'échappée de ciel en trompe-l’œil du grand compartiment central de la voûte, sur laquelle avait été peint en 1837 un triangle trinitaire en gloire, a été restitué dans son état originel. En 2015, restent encore à reconstituer les stucs de l'extrados de l'arc triomphal, conservés de manière fragmentaire et déposés dans le collatéral nord de l'église : la grande tête d'ange surmontant le cartouche central, ainsi que 22 grands fragments et 24 autres de très petites dimensions.

Exemple le plus abouti de l'art des Mazzetti avec les deux autels de la cathédrale de Dax et le décor de l'église Sainte-Quitterie du Mas d'Aire.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1912/11/05

Annexes

  • Documents concernant la restauration du décor intérieur de l'église de Laurède par le stucateur François Périni, 1837 (AD Landes, 2 O 1047)

    - 1837 (8.5) : délibération du conseil municipal concernant des travaux projetés à l'église. "Les trois autels sont dans le plus mauvais état, toutes les dorures sont entièrement fanées [...]."

    - 1837 (13.12) : Devis estimatif d'ouvrages à faire à l'église, par François Périni, stucateur à saint-Sever, 13 décembre 1837. "Réparations à faire au sanctuaire. / Les quatre pilastres du sanctuaire, avec leurs arceaux qui font le tour de la voûte, la frise et lambroisure [sic] de la croisée à droite, les deux niches vis à vis, les quatre corniches, dont les deux encadrant les tableaux, l'autre la croisée et la quatrième la parallèle vis à vis la croisée, les intervalles de l'un cadre à l'autre et la corniche qui encadre le grand panneau du milieu de la voûte seront piqués pour enlever la superficie afin de bien faire prendre le mortier et le bien préparer pour recevoir le stuc. [...] / Blanchissage des sculptures du sanctuaire. [...] Pour peindre à l'huile vis à vis la croisée un trophée d'ornement de l'église [...]. / Dorure du sanctuaire. Pour redorer la grande gloire au milieu de l'autel, le baldaquin, et refaire en neuf les quatre draperies et les dorer... 180. / Pour redorer à l'entablement de l'autel et du sanctuaire les six médaillons, les chiffres des médaillons, les branches de laurier et les quatre fleurs qui sont au milieu de la frise à l'aplomb des pilastres... 40. / Pour redorer au tabernacle les feuilles de vigne, les épis de froment, le petit baldaquin, le cadre de la porte, les palmes du tombeau et les deux guirlandes au coin... 50. / Pour changer les baguettes dorées des deux tableaux qui sont vis à vis et les remettre neuves dorées au luisant... 20. / Pour réparer la dorure des deux statues et les repeindre en neuf...150. / Pour réparer les mains de deux adorateurs et faire les doigts aux escayoles (*) bien luisant comme le marbre... 10. / Pour réparer en même matière tous les morceaux sortis au tombeau du sanctuaire... 12. / Pour consolider le derrière de l'autel qui menace de tomber et autres raccordage [sic]... 15. / Pour peindre toute la boiserie du sanctuaire y compris les deux morceaux qui vont finir aux deux capelles [sic] donnant 30 mètres carrés... 72. / Chapelle Notre-Dame. Pour démolir le tombeau de cette chapelle et consolider le fondement et reconstruire le marbre bien aplombé de niveau... 18. Pour refaire le stuc de cette chapelle... 24. Pour réparer et blanchir les ornements de la chapelle... 5. / Dorure de la chapelle. Pour redorer les cœurs, les guirlandes et des deux arabesques à côté du tableau... 30. / Chapelle Saint-Michel. La même réparation qu'à celle de Notre-Dame excepté la démolition du tombeau qui n'a besoin que d'être mastiqué aux jointures... 6. 59. / Chaire à prêcher. Pour peindre la chaire à l'huile et redorer toutes les corniches au-dessous de lapui [sic] et décrasser les autels, dorures de dessus... 50. [...]" [S'y ajoutent des réparations à l'église elle-même]

    (*) De l'espagnol escayola, plâtre.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Église, cimetière, presbytère (1814-1933).

    Archives départementales des Landes : 2 O 1047
  • Inventaire des biens dépendant de la fabrique, 6 mars 1906.

    Archives départementales des Landes : 70 V 178/6
Bibliographie
  • MENAUT Élie [fautivement nommé Menant]. "Une famille d'artistes suisses (les Mazetti) dans les landes au XVIIIe siècle". Congrès d'études régionales. Agen, Périgueux, Cahors, Dax, La Réole, Saintes, Luchon-Pau, Bordeaux, 1997 (rééd. de Actes des congrès d'études régionales I-VII de la Fédération historique du Sud-Ouest, 1951).

    p. 206-208
  • LAVIEC Catherine. L’œuvre des Mazzetty dans les Landes. T.E.R. d'histoire de l'art, Université de Bordeaux III, 1987.

    p. 41-45
  • CABANOT Jean, MARQUETTE Jean-Bernard, SUAU Bernadette. Guide pour la visite de quelques églises anciennes de Chalosse. Amis des Églises anciennes des Landes. Dax : Barrouillet, 1987.

    p. 32-35
  • SUAU Bernadette (dir.). Mémoire des Landes, dictionnaire biographique. Comité d'études sur l'histoire et l'art de Gascogne, Mont-de-Marsan, 1991.

    p. 261 (famille Planter)
Périodiques
  • CHOBAUD Hyacinthe. "Autels à Dax et Laurède par les frères Mazzetty". Mémoires de l'Académie de Vaucluse. Avignon, 1936.

Liens web

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