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Château Léoville-Poyferré

Dossier IA33004829 réalisé en 2011

Fiche

  • Façade sud.
    Façade sud.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • chai
    • cuvage
    • cour
    • cabane
Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, cour, cabane
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Saint-Julien
Cadastre : 1825 C1 162 à 165 ; 2011 C3 571

L'origine du domaine de Léoville, divisé aujourd'hui en trois domaines distincts (Léoville-Poyferré, Léoville-Barton et Léoville-Lascases) remonte au 17e siècle, époque à laquelle Maître Jean de Moytié, bourgeois anobli bordelais et conseiller au Parlement de Bordeaux, possédait un vignoble planté sur un mont de graves proche de la Rivière, alors appelé "Mont-Moytié". Le domaine reste aux mains de cette famille pendant un siècle, puis passe par alliance à la famille de Gascq : Alexandre, frère d'Antoine, premier président de la Chambre de la Tournelle et propriétaire du futur domaine de Palmer à Cantenac, épouse en 1740 l´arrière-petite-fille de Jean de Moytié. Il renomma Mont-Moytié en Léoville (dit aussi Lionville), du nom de son premier domaine, "propriété modèle" située sur la rive droite. La chartreuse de Léoville aurait été construite à cette époque. Les héritiers d´Alexandre de Gascq conservent l´intégralité du domaine dans le cadre de l´indivision. Néanmoins, à partir de 1775, les vins de Léoville se négocient sous quatre marques différentes : d´Abadie, "Lacaze", Chevalier et Monbalon. Le marquis de "Lascaze" émigre en 1793 et, sa part est vendue en bien national en 1794 (qui sera par la suite achetée par Hugh Barton). En 1826, Hugh Barton achète les domaines de Chevalier et de Monbalon. Le reste du domaine, encore aux mains des descendants des héritiers Lascases, représentait les trois-quarts de la superficie du domaine initial de Léoville. Le partage foncier de 1840 respecte une répartition équitable du vignoble et des terres. L´aîné, Pierre Jean de "Lascases", reçoit la part qui devait constituer le domaine originel de Château Léoville-Lascase. Sa sœur, Jeanne, cède ses droits à sa fille mariée au baron Jean-Marie Poyferré de Cerès, issu d´une maison noble d´Armagnac. Au partage de 1840, les bâtiments du château Léoville Poyferré et Léoville Lascases furent divisés en deux parties et le sont toujours. En 1866, Léoville-Poyferré est vendu à Armand Lalande et d'Erlanger. Armand Lalande est à l'origine de nombreux aménagements : en 1886, il fait intervenir l'architecte Ernest Minvielle pour aménager la partie sud de la chartreuse de Léoville. En 1896, le même architecte intervient à la demande d'E. Lawton pour établir une terrasse avec escalier sur la façade orientale, qui ne semble pas avoir été réalisée. En 1920, c'est la famille Cuvelier qui prend possession du domaine. Aujourd'hui, la chartreuse est à l'abandon, tandis que le cœur du domaine a été transféré de l'autre côté de la route où les bâtiments ont été agrandis et remaniés, notamment en 1991 et 2006, aménagements et extensions qui se poursuivent aujourd'hui.

Période(s) Principale : milieu 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Minvielle Ernest, architecte, attribution par source

Les bâtiments sont répartis en deux ensembles de part et d'autre de la route Bordeaux-Pauillac.

A l'est se trouve la chartreuse d'origine, séparée en deux parties distinctes entre les domaines Léoville Lascases et Léoville-Poyferré : ce dernier possède l'aile sud, composée d'une partie en rez-de-chaussée et d'un pavillon à étage carré et étage de comble. Aujourd'hui en mauvais état, il conserve toutefois certains éléments (escalier rampe sur rampe, cave voûtée). Un plan d'Ernest Minvielle daté de 1896 permet d'en connaître la distribution.

La façade sud du pavillon est composée de deux travées d'ouvertures qui forment un léger ressaut sur le nu du mur. Les lucarnes sont en plein-cintre mouluré. Les chaînes d'angle sont en pierre de taille traitée en bossage à chanfrein. Les lucarnes des trois autres façades sont différentes, avec des volutes, des frontons cintrés ou triangulaires et des boules en amortissement. Au sud-ouest se situent les bâtiments abritant les chais et le cuvier. De l'autre côté de la route départementale, les bâtiments s'organisent autour de deux cours.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit ardoise, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit brisé en pavillon
toit à longs pans
Escaliers escalier intérieur, escalier tournant à retours sans jour
en maçonnerie
États conservations mauvais état, restauré
Techniques sculpture
Représentations volute fronton

Estuaire

TRAVEE 3
FORBAIE linteau droit (fenêtre) ; linteau droit (porte) ; corniche (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
VUE vue sur estuaire
CLOT piliers de portail
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des ouvrages de Cocks et Féret

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132

    Le cru Léoville-Poyféré tient son nom du précédent propriétaire, qui l'a vendu en 1866 à MM. A. Lalande et d'Erlanger, au prix de un million ; il comprend un quart de l'ancien domaine de Léoville.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1893 (6e édition).

    p. 193

    Le cru Franklin a été créé, en 1889, dans les palus de Saint-Julien dépendant du Château Léoville-Poyferré : il a une étendue de 10 hectares, uniquement complantés en cépages fins de palus : petit verdot, cabernet-sauvignon, cabernet-franc et malbec.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 581

    En 1840 intervint le partage du château Léoville. Ancienne propriété du baron de Poyferré, il fut acquis en 1920 par la famille Cuvelier qui possède en outre le château Le Crock à Saint-Estèphe.

    [En 1979], de nouveaux chais dus à de jeunes architectes bordelais talentueux furent bâtis avec bonheur (...). De gros efforts furent également entrepris dans le cuvier qui se trouve aujourd'hui être parmi les pionniers de la modernité, sans pour autant obérer l'enracinement au terroir.

    Liste des propriétaires et des productions mentionnés dans les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks, 1850 : Léoville de Lascazes : 120 tonneaux ; Poyferré de Cérès : 90 ; H. Barton : 60.

    Cocks 1868 : A. Lalande et baron d'Erlanger, 70 à 80 tonneaux.

    Cocks 1874 : A. Lalande et baron d'Erlanger, 80 tonneaux.

    Cocks 1881 : A. Lalande, 90 tonneaux ; illustration p. 178.

    Cocks 1893 : Armand Lalande, 90 tonneaux ; illustration p. 194.

    Cocks 1898 : E. Lawton, 90 tonneaux ; illustration p. 197.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plans pour propriété de Léoville Poyferré, pour M. A. Lalande / M. E. Lawton. Calque, encre, lavis, par Minvielle, Ernest, 1873-1896 [AM Bordeaux, 150 S, recueil 232, 122-130].

Bibliographie
  • Site internet du domaine : leoville-poyferre.fr.

  • BERNARDIN, Eric, LE HONG, Pierre (Photogr.). Crus classés du Médoc : le long de la route des châteaux. Bordeaux : Editions Sud Ouest, 2010.

    p. 104-111
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1893 (6e édition).

    p. 193
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 581
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

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