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Cimetière

Dalle funéraire et épitaphe du curé Jean-Baptiste Darbins

Dossier IM40005197 réalisé en 2013

Fiche

Dénominations dalle funéraire
Appellations du curé Jean-Baptiste Darbins
Aire d'étude et canton Montfort-en-Chalosse
Adresse Commune : Poyanne
Emplacement dans l'édifice porche d'entrée, mur nord

L'abbé Jean-Baptiste Darbins, né à Samadet le 18 octobre 1757, commença sa carrière ecclésiastique sous l'Ancien Régime comme vicaire de Saint-Canne et aumônier des ursulines de Saint-Sever. Prêtre réfractaire et fugitif pendant la Révolution, il fut nommé curé de Poyanne le 4 germinal an XII et le demeura jusqu'à sa mort le 5 janvier 1835. Le 2 avril 1837, le conseil de fabrique accepta un legs de 200 francs et de "divers ornements" fait par le défunt dans son testament du 16 février 1827.

La tombe, comme l'indique l'épitaphe dédicatoire apposée à côté d'elle (et qui mentionne une date de décès erronée), fut érigée "à son père spirituel et ami" par Césaire Mathieu (1796-1875), ancien avocat du duc de Montmorency-Laval (alors propriétaire du château de Poyanne), devenu évêque de Langres en 1832, puis archevêque de Besançon en 1835 - il sera cardinal en 1850. Une note de l'abbé P. Lartigau précise que le prélat, étant revenu en visite à Poyanne en septembre 1836, laissa 150 francs "pour qu'on lui fît [à l'abbé Darbins] une belle tombe". Mgr Mathieu, ayant conservé des liens avec la paroisse de Poyanne après la mort de son ami, devait participer à la construction de la nouvelle église en 1868 (réf. IM40005153).

En 1924, le corps de l'abbé Maurice Lavielle, curé de Poyanne de 1896 à 1921, fut inhumé sous la dalle de l'abbé Darbins, et son épitaphe fut gravée à la suite de celle de son prédécesseur.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1836, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Mathieu Jacques Marie Césaire Adrien, dit(e) archevêque de Besançon,
Jacques Marie Césaire Adrien Mathieu , dit(e) archevêque de Besançon (1796 - 1875)

Prénom usuel : Césaire. Né le 20 janvier 1796 à Paris, mort le 9 juillet 1875 à Besançon. Ordonné prêtre en 1822, chanoine de Notre-Dame de Paris et conseiller de l'archevêque Mgr de Quélen, évêque de Langres le 23 septembre 1832, archevêque de Besançon le 23 juin 1834, créé cardinal le 30 septembre 1850. Il géra un temps les biens landais du duc de Montmorency-Laval, alors propriétaire du château de Poyanne, conserva après son accession à l'épiscopat des liens d'amitié avec le curé Darbins (mort en 1835) et participa à l'édification de la nouvelle église de Poyanne en 1868.


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commanditaire, attribution par source

L'ensemble, accolé aux murs nord et est du porche d'entrée du cimetière, comprend une dalle funéraire en calcaire, de plan incliné, sommée à la tête d'une croix latine sur socle mouluré en cavet et doucine, et une plaque en marbre gris sur socle en calcaire peint, scellée dans le mur par des pattes de fer et gravée d'une épitaphe dédicatoire.

Catégories taille de pierre, marbrerie
Structures plan, rectangulaire élévation, droit d'applique
Matériaux calcaire, mouluré, gravé, décor en ronde bosse, décor rapporté
marbre veiné, gris, gravé
Mesures l : 202.0
la : 84.0
h : 103.0
la : 58.5
Iconographies ornementation, croix latine
Précision représentations

Croix latine en ronde bosse à la tête de la dalle funéraire.

Inscriptions & marques épitaphe, gravé
Précision inscriptions

Épitaphe (sur la dalle funéraire, dans un cadre gravé à angles échancrés) : CI GIT / M. JEAN-BAPTISTE / DARBINS / NÉ LE 28 8BRE 1757, / CURÉ DE POYANNE / LE 23 MARS 1804, / MORT / LE 5 JANVIER 1835, / Maurice LAVIELLE / Curé de POYANNE de 1896 à 1921 / décédé / le 10 mars 1924 / à l'âge de 67 ans. / - / R.I.P.

Épitaphe (sur la plaque dédicatoire en marbre) : ICI REPOSE / JN BAPTE DARBINS / CURÉ DE CE LIEU / MORT LE 9 MARS 1835, / AGÉ DE 77 ANS, / JACQUES MARIE CÉSAIRE ADRIEN / MATHIEU, / ARCHEVÊQUE DE BESANÇON, / A ÉLEVÉ CE SIMPLE MONUMENT / A SON PÈRE SPIRITUEL ET / A SON AMI, / SOUVENEZ VOUS DE VOS PASTEURS / QUI VOUS PRÉCHÉ (sic) LA PAROLE DU / SALUT, ET, VOUS RAPPELANT / LEUR FIN, IMITEZ LEUR FOI ; / Psme XIII.7. / REQUIESCANT (sic) IN PACE.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de la monographie paroissiale de Poyanne par l'abbé Vincent Foix (vers 1890) concernant l'abbé Darbins

    Extrait de la monographie paroissiale de Poyanne par l'abbé Vincent Foix (vers 1890) concernant l'abbé Darbins.

    [p. 21] "XVI. J-Bte Darbins, curé de Poyanne./ Né à Samadet le 28 Octobre 1757, fils d'un médecin et filleul d'un commis à la faïencerie royale de Samadet, il fut vicaire de St-Canne 1782-1788, aumônier des Ursulines de St Sever. Puis il se cacha dans le pays entre St Sever et Montgaillard. Cédant aux instances de M. le préfet Duplantier qui professait pour lui la plus haute estime, il prit possession de Poyanne le 4 germinal an XII, et y mourut le 5 Janvier 1835. Il était cousin germain de l'avocat Darbins, guillotiné. Mgr Mathieu, ancien avocat de M. de Montmorency au château de Poyanne, devenu cardinal-archevêque de Besançon, doit à M. Darbins après Dieu sa vocation au sacerdoce./ Poyanne sut vite apprécier le trésor qu'on lui envoyait. Le gouvernement donnait 500 f. à M. Darbins ; la commune s'imposa 250 f. en sus parce qu'elle devait, assurait-elle, [p. 22] "aux vertus, aux talens (sic) et au zèle de M. l'abbé Darbins une reconnaissance infinie que lui seul par ses moyens bien connus et dont le détail offenserait sa modestie a ramené la paix et l'union dans la commune ; tant qu'elle le conservera elle mettra ce prêtre à l'abri de l'humiliante subjection d'attendre pour vivre ce que la charité voudra bien lui accorder." Le conseil arrêta donc que la somme de 1500 f. lui était nécessaire ; il fut donc convenu qu'il toucherait 500 f. du gouvernement, 200 f. de pension que Mme de Montmorency veut bien faire, 350 f. sur les revenus communaux, plus 400 f. prélevés par une quête en nature sur les propriétaires et en argent sur les autres. Si la quête n'atteignait pas ce chiffre, le conseil fournissait le surplus (an XIII)./ M. Rosié, successeur de M. Darbins, a fait sa Biograohie dans le Registre paroissial, les notes ci-dessus complèteront son travail."

  • Extrait du registre paroissial de Laluque et Boos, par le curé Pierre Lartigau (1853-1882), concernant l'abbé Darbins (Archives diocésaines de Dax, communiqué par l'abbé Dominique Bop).

    P. 33 : "Darbins, natif de Samadet, chanoine honoraire, curé de Poyanne en 1801, bon prédicateur, donnant des missions avec Marsan, curé de Mugron, austère dans sa manière de vivre, rigide confesseur, refusant l'absolution aux personnes qui faisaient seulement usage de graisse, décédé en 1836 (sic), âgé de 80 ans. Il était demeuré caché dans le pays pendant la révolution. M. Mathieu, envoyé au château de Poyanne en 1820 par la famille de Montmorency à qui il appartenait, pour y débrouiller les affaires de ce domaine, vint à la messe le lendemain de son arrivée, et demanda au servant André Tastet - devenu curé-doyen de Soustons en 1842, décédé chanoine honoraire d'Aire - la permission de lui laisser servir la messe. Le jeune Tastet lui céda la place et puis il rentra au château. Il n'avait pas vu M. Darbins, et il était inconnu à Poyanne où il n'était jamais allé. Le curé fut étonné. Le lendemain, M. Mathieu se présenta de nouveau pour servir la messe ; le jeune Tastet, séminariste alors, lui céda de nouveau le pas. Après la messe, le curé appela M. Mathieu à la sacristie : "Que venez-vous faire ici", lui demanda-t-il ? "Débrouiller les affaires du château", lui répondit-il. "Votre place n'est pas ici, Monsieur", repartit le curé. "Où est-elle donc, Monsieur le curé ? - A Saint-Sulpice, Monsieur." M. Mathieu comprit, il répondit qu'il s'y rendrait après avoir terminé sa mission. "Vous le croyez, Monsieur le curé, que je sois appelé à Saint-Sulpice... - Oui, Monsieur, je le crois." Il ne s'y rendit qu'au bout d'un an. Il devint curé de la Madelaine (sic) à Paris en 1832, sacré évêque de Langres en 1833, archevêque de Bezançon (sic) en 1834 et cardinal en 1850, ce qui prouve que le curé avait l'œil fin. Dieu se servit de lui pour lui faire abandonner le monde où il jouissait déjà de la perspective d'un bel avenir, pour en faire un digne ministre des saints autels et même pour lui donner un des premiers rangs dans l'église de France. Il est revenu en Poyanne en 1836 pendant le mois de 7bre, mais il n'eut pas le bonheur de revoir le bon curé ; il était mort quelques mois auparavant, et il laissa 150 francs pour qu'on lui fît une belle tombe. Il avait toujours entretenu de bonnes relations avec lui et il avait le plaisir de lui envoyer tous ses mandements. Il confirma à Poyanne, et j'eus [l'abbé Pierre Lartigau] le bonheur de l'assister à l'autel en qualité de diacre avec son grand-vicaire, le seul prêtre qui l'accompagnait. Il resta quelques jours au château pour revoir le pays et toutes les anciennes connaissances. Il y est revenu en costume de cardinal en 1868. Sa mémoire sera toujours en bénédiction dans le pays."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre des délibérations du conseil de fabrique (1810-1840).

    Séance du 2 avril 1837 Archives paroissiales, Poyanne
  • Monographie paroissiale de Poyanne, par l'abbé Vincent Foix, vers 1890.

    p. 21-22 Archives départementales des Landes : 16 J 18
  • Registre paroissial de Laluque et Boos, par le curé Pierre Lartigau (1853-1882).

    p. 33 Archives diocésaines, Dax
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