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Couvent de Récollets, puis hospice et école, actuellement Centre d'interprétation du patrimoine et maison de retraite

Dossier IA24003138 réalisé en 2014

Fiche

Genre de récollets
Vocables Saint-Joseph
Destinations hospice, école, musée, maison de retraite
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Monpazier (commune) - Monpazier
Adresse Commune : Monpazier
Adresse : 6 rue Galmot
Cadastre : 1845 SU 272 à 275 ; 1986 AC 208, 435 à 437

Le couvent des Récollets de Monpazier est fondé en 1644 : le 30 mai de cette année, un compromis est signé entre les consuls et syndics de la bastide, l’archiprêtre du chapitre et frère Louis, un récollet venu du couvent de Sarlat. Il est convenu que le couvent de Monpazier, dédié à saint Joseph, soit créé selon les mêmes modalités et avec les mêmes prérogatives que ceux des villes de Bergerac, Périgueux, Thiviers et Sarlat, créés au début du 17e siècle [1]. Les religieux acquièrent dès 1648 un terrain situé dans l’angle sud-est de la bastide (l’actuelle rue de la Justice s’appelait auparavant rue des Récollets pour cette raison). Ils édifient les bâtiments conventuels et la chapelle grâce aux produits de quêtes effectuées parmi les habitants mais aussi, et surtout, grâce à la pension annuelle – 250 livres en vin, blé et argent – que le seigneur de Biron leur alloue (il s’agit là pour lui de racheter son soutien trop évident en faveur des protestants) [2]. La porte ornée située sous le porche, dont le décor de fleur à 4 pétales est semblable à celui de l'agrafe de la porte de l'aile est de l'hospice voisin, datée 1670, plaiderait en faveur d'un chantier contemporain.

L’action des moines, tournée vers le prêche contre la religion protestante, est suivie de quelques abjurations parmi la population de Monpazier. Mais l’importance du couvent se mesure surtout à l'intérêt des notables qui voient en lui un lieu de sépulture potentiel : Jean Gouyou en 1650, chanoine et curé de La Valade ; Antoinette de Durfort en 1702 ; ou encore Marc Dusserre, sieur de Clussac, en 1728 [3].

En 1760 le couvent compte 9 personnes [4], mais quelques années plus tard l’effectif tombe à 5 moines et, en urgence, des renforts doivent être envoyés pour éviter sa suppression [5]. Déjà, l’institution chancèle et les bâtiments qui l’abritent semblent en mauvais état [6] ; peut-être qu'une partie du couvent est d'ailleurs intégrée dans la maison de Charité voisine. En 1778 pourtant, Latapie note que le couvent "est ce qu'il y a de plus important [dans cette ville]. Le jardin en est superbe et terminé au midi et au couchant par une terrasse dont le parapet peu élevé laisse jouir d'une forte étendue" [7].

La Révolution marque un coup d’arrêt définitif : les moines – au nombre de 10, parmi lesquels 4 étudiants en philosophie – sont dispersés en février 1791 [8] et les bâtiments sont alors vendus comme biens nationaux. Ceux-ci peinent à trouver preneur et sont dans un premier temps affermés [9] avant d’être finalement achetés en 1799 par le dénommé Bonfils Lasserre pour la somme de 2700 francs [10]. En 1831, la commune de Monpazier rachète à M. Perry une maison dite "le couvent des Récollets" [11] : il s’agit probablement des deux bâtiments en L, aujourd’hui encore propriété de la commune, et dans lesquels l’établissement de l’école est envisagé dès 1855 [12]. L'hospice voisin dut investir (ou conserver) une partie de l'édifice, au sud notamment, profondément remaniée au 19e siècle. Au début du 20e siècle, le bâtiment formant porche, au nord-ouest, abrite la mairie. Finalement, après avoir servi épisodiquement de lieu d'exposition, la partie de l'édifice possédée par la commune est restructurée en 2013 pour abriter le Centre d'interprétation du patrimoine de la commune.

[1] CHARRIER Gustave. "Pièces relatives aux diverses communautés religieuses de Monpazier". Bulletin de la société historique et archéologique du Périgord, t.23. Périgueux : 1896, p.214-231.

[2] Archives municipales de Bergerac, fonds de Pourquery.

[3] L'HONNEUR Régis (docteur). Monpazier : logis, gens et faits d'autrefois. Monpazier : vers 1950.

[4] Archives départementales de la Gironde, série C 474, n°14.

[5] L'HONNEUR Régis, 1950.

[6] Archives départementales de la Dordogne, série Q 313.

[7] Archives historiques de la Gironde, t.38, p.397.

[8] Archives départementales de la Dordogne, série Q 180 n°30.

[9] Archives départementales de la Dordogne, série Q 422.

[10] L'HONNEUR Régis, 1950.

[11] Ibid.

[12] Archives départementales de la Dordogne, série 10 0 279.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle

Retrouver le couvent des Récollets dans le tissu urbain n’est pas aujourd’hui chose aisée : si son emplacement est connu – dans le quart sud-ouest de la bastide, à l’angle des actuelles rues Saint-Joseph et de la Justice –, son étendue et l’emprise exacte de ses bâtiments ne sont plus restituables. La proximité de la maison de Charité construite un siècle après et l’enchevêtrement probable de ces deux institutions pendant quelques années, puis les remaniements occasionnés par la modernisation de l'établissement hospitalier, achèvent de brouiller l’interprétation des vestiges conservés et n'autorise que quelques constats.

L’examen général du secteur permet de repérer un ensemble de bâtiments délimité par les rues Saint-Joseph et Galmot, toutes deux interrompues mais qui se prolongeaient initialement au sud et à l’est. Un vaste espace vacant, au centre de ces constructions, suggère l’existence d’un ancien cloître.

L’élément le plus remarquable est sans nul doute la belle porte en arc plein cintre à claveaux à bossage préservée sous le porche de l’actuel Bastideum (n°8 rue Galmot). Cette porte pouvait ouvrir sur un bâtiment d’accueil construit dans sa continuité et délimitant le cloître à l’ouest. Mais les vestiges de fenêtres hautes relevés dans le mur est de cet édifice suggèrent qu’il a pu s’agir d’une chapelle (qui ne serait donc pas correctement orientée). Un corps d'entrée est construit en avant de cette porte au 18e siècle, enjambant la rue initiale et masquant du même coup ce qui constituait la façade sur rue du couvent.

En bordure est de ce qui était probablement le cloître, sur le tracé de l’enceinte médiévale présumée, un bâtiment de plan rectangulaire présente une façade côté campagne dont les grandes ouvertures semblent dater du 17e siècle. Ce bâtiment conserve des dispositions pouvant dater de cette époque : vastes couloirs aux deux niveaux débouchant sur une cage d’escalier monumentale, un étage de soubassement voûté ; il conserve toutefois, notamment autour de l'escalier, des vestiges d'anciennes circulations suggérant une structuration initiale bien plus complexe.

Le grand bâtiment situé au sud du cloître hypothétique fut trop remanié au 19e siècle pour qu’on se hasarde à restituer sa structuration initiale. Tout au plus peut-on constater la présence d’une porte en plein-cintre dans son sous-sol, témoin d'une construction contemporaine de celle du bâtiment est.

Murs calcaire moellon
Toit tuile creuse
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations pilastre fleur
Précision représentations

La porte située sous le porche est flanquée de pilastres élancés. Les claveaux à bossage un sur deux sont décorés de fleurs à 4 pétales.

L'histoire de ce couvent reste mal connue et les travaux en cours, au moment de l'enquête, pour moderniser la maison de retraite médicalisée qu’il abrite, risquent de faire disparaître ou, tout au moins, de masquer les vestiges qui pourraient subsister. Des investigations approfondies dans les fonds d'archives apporteraient peut-être des éléments inédits sur cet ensemble patrimonial important.

Statut de la propriété propriété de la commune
propriété d'une personne morale
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Extrait du compromis passé entre les Récollets, les chanoines et les consuls pour la création du couvent, 1644.

    Extrait du compromis passé entre les Récollets, les chanoines et les consuls pour la création du couvent ; 30 mai 1644.

    Archives municipales de Bergerac. Fonds de Pourquery.

    " Aujourd'huy, trantiesme de may mil six cens quarante quatre, dans laville de Monpazier en Périgord, après midy, regnant Louis, par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre, par devant moy, notaire royal et témoins bas nommé, a esté present le révérend père lecteur du couvent de la ville de Sarlat, lequel, en vertu de la procuration de la part de la province, aux fins de se porter dans la ville de Monpazier et traiter avec les sieurs du chapitre, consuls et habitans de la dicte ville illec présens, de la mition ou couvent de leur ordre, et ce, conformement à la volonté et dezir desdits sieurs dudict chapitre, consuls el habitans, lesquels sieurs asemblés ont promis et atesté d'agréer l'eslablissement desdicts pères Récollets dans leur ville, soubs les mesmes conditions qu'ils ont acoustumé s’establir en autres lieux où ils sont, et particulièrement de se régler à.L’istar de ceux de Bregerac, Sarlat ou Limeul, et passer contract entre eux, suivant la forme et teneur de ceux quy ont esté passés dans les susdictes villes, ce qu'ilz ont promis fère du premier jour et l’horsque l'une des parties en requérera l'autre, à quoy fère et tenir lesdictes parties ce sont respectivement obligées,

    "Présents Jéhan Gleyze, talhieur et Pierre Fénies, fils de David, habitans de la présent ville, tesmoins à ce appellés, que le dict Fénies a signé avec les parlies, et non ledict Gleyze,

    "J. François, archiprêtre, - Frère Louis, religieux Récollet, - E. Molenier, premier consul, - Ségala, scindic de ladicte ville, - Albavye, scindic, P. Fénies, présent. L. Brécières, notaire royal et consul"

Références documentaires

Documents d'archives
  • Plans d'un projet d'école, 1855.

    Archives départementales de la Dordogne : 10 O 279
  • Pièces relatives aux communautés religieuses de Monpazier.

    Archives municipales, Bergerac : Fonds Pourquery
Bibliographie
  • L'HONNEUR R. (docteur). Monpazier : logis, gens et faits d'autrefois. Monpazier : s.d. [vers 1950].

  • DRYJSKI Christophe et Dominique. Bastide de Monpazier : plan de sauvegarde et de mise en valeur. 1995, 5 vol.

Périodiques
  • CHARRIER Gustave. "Pièces relatives aux diverses communautés religieuses de Monpazier". Bulletin de la société historique et archéologique du Périgord, t.23. Périgueux : 1896.

    p. 214-231
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Commune de Monpazier - Quost Baptiste