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Chenal et port de Neyran

Dossier IA33008693 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées port, pont, vanne, digue, blockhaus, marais salant
Dénominations chenal, rivière aménagée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Soulac-sur-Mer
Lieu-dit : Port de Neyran
Adresse :
Cadastre : 2017 OC 292, 295 Chenal non cadastré. ; 1833 C Chenal non cadastré.

Le chenal de Neyran, le plus méridional de la paroisse, est représenté sur la carte de Masse avec un tracé légèrement sinueux. Il alimentait les marais salants et était donc utilisé comme port salicole mais également comme lieu de déchargement.

La présence des marais salants est bien visible sur les cartes de Masse au début du 18e siècle et sur la carte de Belleyme en 1774-1776. Au début du 18e siècle, les salines de Soulac occupent 283 ha.

D'après la comparaison des cartes anciennes, le chenal de Neyran a probablement été canalisé au cours du 18e siècle, son tracé devenant plus rectiligne. Ces travaux ont probablement accompagné l'assainissement des terres alentour, lesquelles étaient souvent inondées par les eaux estuariennes comme l'indiquent les cartes de Claude Masse. Dans son mémoire, il décrit un terrain "bas, peu élevé au-dessus de la haute mer des grandes malines qui en innonderoit presque tout le païs de l’est de Soulac s’il n’étoit garenty par des digues qui enferment nombre de maraissalants". Il indique donc la présence de digues dès le début du 18e siècle pour protéger les terres des envahissements des eaux, entre le chenal de Soulac et celui de Neyran. Le plan cadastral de 1833 représente précisément la digue protégeant les terres entre le chenal de Neyran et celui de Talais, puis un tronçon au nord du chenal de Neyran et enfin la "digue du Conseiller" au Verdon. Les chemins ou passes aménagés pour circuler dans les marais constituaient également des levées formant des digues "dormantes".

La première mention explicite d’une assemblée des propriétaires des marais remonte au 4 juin 1789 : ils forment le syndicat des prés doux de Soulac. Les marais doux étaient régulièrement inondés, ce qui empêchait toute mise en culture : l'un des objectifs principaux fut l'entretien du chenal de Neyran. L’abbé Baurein mentionne une écluse aménagée sur le chenal à une demi-lieue de la Gironde, qui servait à réguler le niveau des eaux. Auparavant, il semble que l'entretien du chenal dépendait de propriétaires privés, M. d'Arès puis Daugeard.

À la suite de la loi de 1807, 23 syndicats de marais sont créés en Gironde. A Soulac, le syndicat des prés salés est formé en 1816 (en 1818, il fusionne avec le syndicat des prés doux de Soulac, puis en 1843 devient syndicat des marais de Soulac) et le syndicat du Conseiller en 1843.

En 1816, les propriétaires construisent une nouvelle écluse dans le chenal de Neyran. En 1821, des travaux sont entrepris sur le chenal obstrué par un banc de sable : les eaux ne peuvent donc plus s'écouler et les terres sont inondées.

A partir de 1847, le syndicat des marais de Soulac prévoit l'aménagement d'une cale et de quais près de la route départementale pour en faciliter l'accès. Le problème du financement de ces équipements en suspend la réalisation.

En 1859, M. Delignac, propriétaire des marais salants de Soulac, résidant au domaine de Neyran, se plaint du désordre dans lequel les matériaux et marchandises sont déposés sur le port.

En 1886, un projet de cale inclinée avec perré est proposé. Les Ponts et Chaussées rappellent alors que le port de Neyran dépend du syndicat des marais, responsable de son entretien et de son aménagement.

Aucune amélioration n'est apportée et le port de Neyran continue à être utilisé tant bien que mal. Ainsi, un carnet de l'entrepreneur Georges Chollet (1898) indique que des gabarres chargées de pierres et de moellons provenant des carrières du Médoc (Saint-Germain-d’Esteuil, Bégadan) et de Charente y accostaient ; la pierre provenait également de Bourg-sur-Gironde et de Sireuil.

Cette zone de marais au sud du chenal de Neyran, s'étendant sur la commune voisine de Talais, sous le nom des Mattes de Paladon (374,45 hectares) est depuis 2003 protégée par le Conservatoire du littoral.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle

Le chenal de Neyran traverse la partie sud-est de la commune de Soulac, rejoignant l'estuaire selon un tracé quasi rectiligne. Il collecte les eaux des fossés secondaires et du marais de la Palu ou de Lilhan. Il joue un rôle essentiel dans l'assainissement de ces terres marécageuses et des terres basses, dites "mattes".

La route D1E4 l'enjambe au sud du Château de Neyran. Plus à l'est, une vanne à crémaillère y a été installée. Un petit hameau s'est développé à cet endroit, à proximité également des anciens marais salants au nord, qui marquent encore le paysage. C'est à l'aval de cette écluse que la cale du port devait être aménagée : c'est là en tout cas que les marchandises étaient déposées, ramenées par des barques à fond plat. Plus d'un kilomètre sépare le port des rives de l'estuaire.

En atteignant le rivage, on observe au nord, le muret d'une ancienne digue protégeant les cultures des inondations. Au sud du chenal, la digue est constituée d'une levée de terre avec enrochements renforcés par des épis.

Des éléments du Mur de l'Atlantique sont également conservés.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public, Zone gérée par le Conservatoire du littoral.
propriété privée
Sites de protection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Protections
Précisions sur la protection

ZNIEFF : conche de Neyran (Identifiant national : 720002371)

ZNIEFF : marais du Bas-Médoc (Identifiant national : 720002378)

Annexes

  • Archives

    AD Gironde, E suppl. 3954, Délibération par Jean-Charles Daugeard, président à mortier au Parlement, seigneur de la maison noble de Bessan paroisse de Civrac, Tartuguières, etc, et par divers habitants de Soulac, Talais, Queyrac et Lesparre, propriétaires des mathes et marais du Pré Doux paroisse de Soulac, 4 juin 1789.

    Exposent que le chenal de Neyran, destiné à l'écoulement des eaux desd. Fonds, est en mauvais état, que les terrains sont dans l'eau et les bateaux dans l'impossibilité de passer, par suite d'un désaccord avec led. Président Daugeard, qui refuse de supporter seul les frais d'entretien : la délibération fixe les travaux à faire, répartit les charges d'établissement et d'entretien, nomme syndic honoraire Barthélémy de Basterot, conseiller au parlement et syndic "onéraire" un laboureur de Talais.

    AD Gironde, SP 1185, Lettre au préfet des membres du conseil municipal ou des plus fort imposés ou membres de l'association du marais de Soulac, 18 janvier 1847.

    Bourg de Soulac en est distant [du port] d'environ 8 kms ; les parties de la commune qui se trouvent du côté de celles de Talais et Grayan en sont éloignées de 12 à 15 km ; les habitants et propriétaires ont fait creuser à leurs frais l'embouchure du chenal en 1845 ; demande que la cale et les quais soient placés près de la route départementale n° 14 pour que la distance de Soulac au port soit diminuée de moitié ; éviterait de faire la route et de l'entretenir jusqu'aux rives de l'estuaire ; mention du pont en bois de Neyran qui doit être remplacé par un pont en pierre.

    AD Gironde, SP 1185, Lettre au préfet des habitants de Talais, 31 janvier 1847.

    Bourg de Talais situé à égale distance du port de Neyran et du port de St Vivien ; pb de routes impraticables pour aller au port de St Vivien ; et pour Neyran, pb du chenal souvent impraticable à marée basse ; si le port de Neyran est installé près de la route départementale permettrait d'éviter des frais pour faire une route convenable jusqu'au port de St Vivien ; idem à Soulac si le port est situé près de la départementale, ça évitera de faire une route sur le communal de Soulac.

    AD Gironde, SP 1185, Projet d'amélioration du chenal et du port de Neyran, 7 août 1849.

    Dépense évaluée à 16500 frcs ; les ingénieurs ont proposer d'imposer aux communes de Soulac et de Talais l'obligation de pourvoir à l'entretien et à la manœuvre du bateau cureur et de faire construire en outre une chaussée empierrée de 655 m de longueur destinée à joindre le port de Soulac à la route départementale n°14.

    AD Gironde, SP 1185, Lettre du ministère des Travaux publics au préfet, 9 octobre 1849.

    Travaux d'amélioration du chenal et du port de Neyran : continuation d'une cale et approfondissement du chenal : à la charge de l'Etat ; établissement du chemin pour relier le port à la route départementale qui serait aux frais de la commune ; la compagnie des marais de Soulac serait chargée de l'entretien et de la manœuvre d'un bac cureur.

    AD Gironde, SP 1185, Lettre de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées au préfet de département, 14 septembre 1857.

    A propos d'un projet de règlement pour le port de Neyran ; le port situé sur le chenal est distant de 2 km des rives de la Gironde ; ne dépend pas des Ponts et Chaussées mais de la commune.

    AD Gironde, SP 1185, Rapport de l'ingénieur ordinaire sur la réclamation du sieur Délignac concernant l'état du port de Neyran, 24 juin 1859.

    Demande que l'usage du port soit réglementé et son emplacement exhaussé ; port dépourvu d'appropriations, il est entouré de digues qui gênent l'évacuation des eaux qu'il reçoit, et pendant la majeure partie de l'année, il n'est accessible et praticable qu'en certains points, le reste étant inondé : c'est sur les emplacements découverts qu'ont lieu les dépôts et les mouvements, à grand peine, et dans un désordre inévitable. Un projet de travaux d'amélioration du port de Neyran a été soumis à la fin de 1849 à la commune de Soulac, qui a refusé de concourir à son exécution : ce projet a donc été abandonné.

    AD Gironde, SP 1185, Arrêté de M. le maire de Soulac relatif à la police du port de Neyran, rapport de l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, 7 septembre 1865.

    Arrêté du maire pris le 28 juin dernier dans le but de réglementer le port de Neyran ; le port en question n'est qu'un simple emplacement communal sur lequel n'existe aucun ouvrage d'art. Un projet a été présenté pour l'appropriation de ce port aux usages du public mais on ne lui a donné aucune suite ; arrêté approuvé, relevant de l'article 10 de la loi du 18 juillet 1837.

    AD Gironde, SP 1185, Extrait du registre de délibérations du conseil municipal concernant l'amélioration du port de Neyran, 31 mai 1885.

    Mention de l'élévation toujours croissante des tarifs du chemin de fer ; enjeu : favoriser la marine marchande ; indique que les ports de Talais (banc de sable à l'embouchure) et du Verdon (envasement) sont perdus.

    AD Gironde, SP 1185, Extrait du registre de délibérations du conseil municipal concernant le dépôt de marchandises au port de Neyran, 21 février 1886.

    Le terrain communal du port de Neyran est divisé en deux parties inégales par la prolongation du chemin vicinal dit de Neyran, l'une à droite en arrivant, situé entre le dit chemin et le chenal, d'une largeur de 8 à 10 mètres environ, l'autre à gauche du chemin formant un triangle et beaucoup plus importante ; pb des marchandises qui séjournent trop longtemps ; le sieur Drouet, garde-éclusier, est chargé de la surveillance du port de Neyran.

    AD Gironde, SP 1185, Projet de construction d'une cale inclinée avec perré : devis et cahier des charges, [6 décembre 1886].

    Cale inclinée de 45m de long, sur la rive gauche du chenal en aval du pont éclusé, 6m de large ; 5 bornes d'amarrage en pierre de taille dure ; un escalier sera établi dans le perré de façon à suivre l'inclinaison du perré ; élargissement et approfondissement du canal ; plan.

    AD Gironde, SP 1185, Rapport de l'ingénieur ordinaire sur l'amélioration du port de Neyran, 6 décembre 1886.

    Par délibération du 31 mai 1885, le CM de Soulac a demandé que le service maritime fit mettre en état le port de Neyran ; or chenal pas classé parmi les petits ports entretenus par le service maritime ; situé à 1400m environ de son embouchure dans la Gironde ; aucun ouvrage n'a été établi pour faciliter les opérations d'embarquement et de débarquement ; chenal qui dépend du syndicat des marais (à St Vivien, c'est l'Etat qui se charge des travaux : décision ministérielle des 25 avril et 14 décembre 1874) ; préconise installation d'une cale inclinée ; plan.

    AD Gironde, SP 1185, Rapport de l'ingénieur ordinaire : prolongation du délai accordé pour les dépôts de marchandises sur le port de Neyran, 28 décembre 1894.

    Délibération du CM de Soulac le 2 décembre dernier : modifications apportées au règlement du port ; chenal de Neyran pas compris parmi les chenaux classés, dépend du syndicat des marais de Soulac ; question qui ne concerne pas les Ponts et Chaussées.

    AD Gironde, 157 T 3 - A, Courrier de la mairie au préfet, indiquant les dégâts causés par une crue subite de la Gironde le 16 février 1941 dans les mattes situées entre le chenal de Neyran et le Verdon, 19 février 1941.

    Les digues se sont rompues en divers endroits, une trentaine d’hectares ensemencés en blé et fèves appartenant à M. Arnaud Yves ont été inondés et sont encore submergés.

  • Extrait des Variétés Bordelaises de l'abbé Baurein

    tome 1, p.50

    Le bourg de Soulac est à la distance de trois quarts de lieue du fleuve de Gironde, sur lequel il n'y a point de port pour embarquer les denrées. On ignore si un ancien port, appellé Lairon, et dont il est fait mention dans une charte de 1195, existe encore dans Soulac ; ce qui est certain, c'est qu'on n'embarque les denrées qu'à de petits ports pratiqués au bord de quelques chenaux qui communiquent au fleuve de Gironde. Ces chenaux sont au nombre de trois ; savoir, le chenal de Nayran, celui du Vieux Soulac et le chenal de la Pointe ou du Verdon. Celui-ci est placé à une des extrémités de cette paroisse ; celui de Nayran est pratiqué au Midi, et à la distance d'environ deux lieues de ce premier. Il ne s'étend pas beaucoup dans la terre au-dessus de l'écluse qui est à une demie-lieue de la rivière. On a pratiqué sur ces chenaux des ponts en bois, pour faciliter la communication de la paroisse de Soulac avec Lesparre et les autres paroisses voisines.

  • Marais salants à Soulac

    ARCHIVES NON CONSULTÉES (voir inventaire des AD Gironde, en ligne)

    -AD Gironde, G 236

    1332-1402 : Vente de sel provenant des salines de Soulac indivises entre l'archevêque et le prieur de Soulac ; objets donnés en paiement du sel : drap blanc, plumes pour les lits et barils de harengs-saurs (f° 3) ; Restitution par le connétable de Bordeaux, grâce aux instances du procureur de l'archevêque, d'une quantité de sel provenant des marais de Soulac qui avait été mis en régale par le fait de la vacance du siège archiépiscopal ; il fallut néanmoins donner quatre écus d'or au sergent ou employé du connétable à Soulac ; le produit de la vente de ce même sel par Bernard de Tauriac est de 186 livres. Recette de Soulac pour l'année 1346 ; Restitution par le connétable de Bordeaux, grâce aux instances du procureur de l'archevêque, d'une quantité de sel provenant des marais de Soulac qui avait été mis en régale par le fait de la vacance du siège archiépiscopal ; il fallut néanmoins donner quatre écus d'or au sergent ou employé du connétable à Soulac ; le produit de la vente de ce même sel par Bernard de Tauriac est de 186 livres.

    -AD Gironde, G238

    Payé pour le port d'un demi-tonneau de sel donné par le prieur de Soulac, six sterlings.

    -AD Gironde, H 511 : Droits à Soulac, 1341-1724

    6-8. Protestation au nom de dom Pierre Brun, « prieur, seigneur tamporel et spirituel du bourg et parroisse de Soulacq, » contre Fernando Gomès, receveur général de la terre de Lesparre, lequel a violé « un uuzage fort entien dans laditte parroisse de Soulacq, que, lorsqu'on y fait l'antouin et estimation du sel des marais de lad. parroisse, les seigneurs de Lesparre et seigneurs et prieur de Soullacq proceddent conjointement ». Réponse de Fernando Gomès : les prieurs ne sont pas seigneurs en dehors « du bourg, qui est limitté par quatre croix » (11 novembre 1693-14 juin 1694).

    11. Reconnaissances pour divers pâturages, bois, salines, etc. : bois, taillis et de haute futaie à La Salle,« confrontant du costé du midy les sables et vacans dud. priuré », un moulin à vent « basty de pierre, sur le puy du Guet » (18-19 décembre 1690).

    -AD Gironde, H 1046 : Propriétés et seigneuries foncières : Soulac. Liève. 1701-1790.

    Analyse d'une reconnaissance de 1648 pour une saline grevée d'une rente d'« un boisseau de sel, mesure de Soulac, revenant à cinq quarts de boisseau, mesure de Bordeaux » (fol. 1).

    -AD Gironde, H 1047 : Propriétés et seigneuries foncières : Soulac. 1027-1715

    3. Mandement du lieutenant du roi d'Angleterre en Aquitaine, dans un procès entre les gens de Soulac et la dame de Lesparre, relativement au sel (3 novembre 1413).

    -AD Gironde. C 4247. Bureau des Finances et Trésoriers de France à Bordeaux, Voierie, "Devis des réparations et recallement à faire à la chenal de Soulac, en exécution de l'arrest obtenu en la cour de parlement de Bordeaux par Monseigneur le duc de Gramont, sire de Lesparre et autres places, le 3 septembre 1719", accompagné de l'état des marais salants, pacages et autres fonds sis à Soulac, qui tireront profit de ces réparations (18e siècle).

    Devis des réparations et recallement à faire à la chenal de Soulac en exécution de l’arrest obtenu en la cour de parlement de Bordeaux par Monseigneur le duc de Gramont, sire de Lesparre et autres places, le troisième septembre mil sept cent dix neuf et appt de Mr le lieutenant général comre au député par la dite cour.

    Premièrement réparer et recaller lad. Chanal depuis le lieu appelé Le Gravey suivant le cours de l’encien chenal jusques au pasten de Neyran, on donnera dix pieds de large sur deux pieds et demy de fonds dans l’étendue de huit cents brasses.

    Plus depuis le pasten de Neyran au commencement de l’estey on suivra jusque au pont de Soulac on donnera dix pieds de large sur deux pieds et demy de fonds. Il y aura dans l’estandue de sept cent brasses.

    Depuis le pont de Soulac jusques au pont de Recussard ( ?) on donnera douze pieds de large sur trois pieds de fonds dans l’estandue de quatre cents septante brasses.

    Depuis le pont de Recussard jusques au marais de Laneu on donnera quatorze pieds de large sur trois pieds de fonds dans l’estandue de cinq cent cinquante brasses.

    Depuis le marais de Laneu jusques à Langlade de Jean Morin, on donnera quatorze pieds de large sur sept pieds de fonds dans l’étendue de quatre cents brasses.

    (…) Plus un bac en forme de petit batteau aveq son assortiment pour servir au récollement et entretien dud. Chanal, le tout conformément audit arrêt.

    Etat des marais salants, pacages, métairies et autres fonds situés dans la paroisse de Soulac quy doivent tirer profit utilité et avantage du recalement du chenal de Soulac.

    AD Gironde, C 689, Vérification des cottes induement faites par les collecteurs de la paroisse de Soulac sur leurs rolles de taille et autres impositions de 1768 à 1773, par Pierre Bontemps secrétaire de la subdélégation de Médoc, 5 mars 1774.

    Mentions de salines :

    Pierre Camin Cadet, restant à Soulac, propriétaire d'une maison, préries ou pastenqs, terres labourables et un petit marais salan (les terres labourables sont de médiocre qualité, le marais est à même d'être envay par les dunes de la mer et les pastenq sujet aux inondations ;

    La veuve de Jean Bagat restant à Soulac (une maison, jardin et marais (la maison et jardin bons, le marais en partie couvert de sable) ;

    Les enfants de feu Jean Raymond de Talais : maisons, jardins, moulin à vent, marais sallans, bois et preries ou pastengs (les maisons et moulin en bon état, les marais et préries de bonne qualité, les bois commencent à se perdre dans les sables)

    Pierre Pinet de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, les dunes de la mer commencent à la couvrir ;

    Jacques Renaud de Soulac : maison, jardin et marais (idem) ;

    Les héritiers de Paul Reverssé de Soulac : maison, jardin et marais (le marais ne salle plus, dunes le couvrent en partie) ;

    Biens possédés par M. le président Daujeard (marais sallans, terres labourbales, moulins à vent, bâtisses, préries, pacages et pastengs ;

    Extrait des Variétés bordelaises de l'abbé Baurein, tome 1, 1784, rééd. 1876, p. 46 :

    "Il y existe de très-beaux marais salans, qui fournissent beaucoup de sel ; et il résulte d'une charte de l'an 1195, que dès-lors on y avoit pratiqué de pareils marais (...). il existe dans la Paroisse de Soulac cent trente-deux feux ou familles. Les habitants sont, pour la plupart, sauniers ; les autres sont laboureurs, journaliers ou gardeurs".

    Voir CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

    p. 102 et suivantes : L'exploitation du sel à Soulac.

    et p. 297 : Le rôle et l’organisation du syndicat des prés salés et prés doux de Soulac (1818-1843)

Références documentaires

Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.1.

    p. 50
  • CAILLOSSE Pierre. La paroisse de Soulac de la fin du XVIe au milieu du XIXe siècle : les transformations d'un territoire littoral entre la Gironde et l'Atlantique. Thèse d'histoire, Université de La Rochelle, 2015.

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