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Chenal du port et embarcadère sur la Gironde

Dossier IA33006893 réalisé en 2012

Fiche

Appellations Chenal du port
Parties constituantes non étudiées cale
Dénominations port, embarcadère
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite) - Blaye
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Plassac
Lieu-dit : Port
Cadastre : 1832 B1 280 ; 2017 0A, 0B

Sur la carte de Masse de 1724 et sur la carte de l’embouchure de la Garonne datant de 1759, deux ports sont indiqués à Plassac : l'un au nord, à l'embouchure d'un ruisseau affluent de la Gironde, l'autre au sud, sur le chenal du Brouillon. Avec le transit de marchandises et de denrées par cabotage, l'activité principale de ces ports est la pêche.

Dans les années 1830, les ports de Plassac sont régulièrement envasés. Alors que le chenal du Brouillon va être progressivement abandonné, la municipalité fait redresser l'autre chenal et installer une écluse. Les eaux du ruisseau peuvent ainsi être retenues et, une fois libérées, chasser les vases accumulées dans le port. Les travaux confiés à Michel Emblard, terrassier installé à Saint-Genès-de-Blaye, sont terminés en juin 1832.

A la fin des années 1830, le port nécessite de nouveaux aménagements. Les marins de Plassac, par le moyen d’une souscription, participent au financement de la construction d’un embarcadère pour "pouvoir embarquer et débarquer à toute heure de la marée". Construit plus au sud sur la Gironde, au lieu-dit "la Roubiscle", il correspond à l’emplacement de l'estacade actuelle.

L'arrêté préfectoral du 14 juin 1845 autorisant l'escale de bateaux à vapeurs de la Compagnie des bateaux à vapeur du bas de la rivière (Cie Dumeau), permet d'augmenter l'activité du port. Par ailleurs, au début des années 1850, des travaux de reconstruction de l'écluse sont engagés et confiés à l'entrepreneur blayais Bernard Chaudet et les réparations au "peyrat", avec des pierres de Barsac, sont confiés à Élie Blanquié, entrepreneur plassacais. Dix ans plus tard, d'importantes réparations sont encore projetées au "peyrat" en charpente ainsi que pour l'aménagement d'une zone de stockage. Confiés au charpentier Jean Albert, ces travaux sont réalisés en 1878.

Au début du 20e siècle, d'après une délibération du conseil municipal d'août 1902, le port est en mauvais état en raison des "éboulements sur la rive nord en face du quai et l'accès de celui-ci est rendu difficile par les bateaux". Des travaux sont engagés autour de 1912. Malgré cela, l'activité de transit de marchandises décroît fortement et vers 1936, la cale du port de Plassac est presque exclusivement dédiée à la liaison avec l'île Verte. A la fin du 20e siècle, l'activité du port se tourne vers la plaisance. Les aménagements au sud, l'estacade et la cale, sont maintenues et permettent la mise à l'eau des bateaux.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Emblard Michel,
Michel Emblard

Terrassier établi à Saint-Genès-de-Blaye.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Chaudet Bernard, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Albert Jean, charpentier, attribution par source
Auteur : Blanquie Élie, entrepreneur de maçonnerie, attribution par source

Le port est aménagé dans l'embouchure du ruisseau Saint-Vincent, mettant à l’abri les bateaux. La rive gauche se compose d´une cale inclinée entre deux quais verticaux, d'un terre-plein et d'un chemin d'accès. L´autre rive n’a pas d’aménagements particuliers hormis des pontons de bois pour amarrer les bateaux. A l'extrémité amont du chenal, la pelle à coulisse permet de gérer les eaux et de chasser les vases.

Une cale en béton et une estacade récentes constituent des aménagements portuaires complémentaires.

Murs calcaire pierre de taille
béton
bois
Statut de la propriété propriété de la commune

Annexes

  • Dépouillement de la sous-série E dépôt 7371 - Archives départementales de la Gironde

    Devis estimatif de construction d'une dalle en pierre pour la défuite de l'écluse du chenal de Plassac, 8 août 1832 : "Cette dalle sera composée de deux murs de cinq mètres de longueur, cinquante cinq centimètres d'épaisseur et deux mètre cinquante centimètres de hauteur. Ils seront adossés au mur principal de l'écluse à trente trois centimètres de la défuite [...] en moellon, sable de Castets, pierre de La Roque."

    Délibération du conseil municipal relative à la construction d'un embarcadère au lieu appelé L'aire, 23 septembre 1838 : "Aujourd'hui MM les marins de Plassac viennent de procéder à la levée de cet embarcadère par le moyen d'une souscription, sur un emplacement appartenant à la commune, que dès lors la dépense se trouve réduite et que la construction de cet embarcadère est considérée comme très avantageuse pour les habitants de cette commune afin de pouvoir embarquer et débarquer à heure de la marée, chose extrêmement utile pour un port qui compte autant de marins que Plassac."

    Arrêté préfectoral relatif à l'autorisation des bateaux à vapeurs à faire escale au port de Plassac, 14 juin 1845 : "Vu une lettre par laquelle M. le Sous-préfet de Blaye fait connaitre que la commune de Plassac demande l'établissement sous sa responsabilité et à ses frais d'une escale au port de la commune. Vu une lettre par laquelle le directeur de la compagnie des bateaux à vapeurs du bas de la rivière fait connaître que la compagnie consent à arrêter des bateaux au Port de Plassac. [...] Arrêté : art 1er. Les bateaux à vapeurs du bas de la rivière sont autorisés à faire escale au port de Plassac".

    Devis d'ouvrage et de fourniture pour réparer l'écluse du chenal de Plassac, 11 novembre 1848 : "démolir la coulisse où descend la pelle de l'écluse à deux mètres de hauteur et soixante centimètres d'épaisseur le mur sera rebâti [...]"

    Délibération du conseil municipal relative à la construction d'une nouvelle écluse, 17 août 1853 : "l'état de dégradation où se trouve l'écluse du port de la commune la met dans l'impossibilité de fonctionner, que sa position actuelle n'est plus dans les conditions suffisantes pour le chenal en raison de son étroit bassin qui ne peut être récuré dans la crainte d'ôter de la solidité au pont de la route départementale n°20 qui le traverse, que cet état de choses donne lieu de craindre que le chenal indispensable à la généralité devienne impraticable comme il est déjà arrivé antérieurement à la construction de la dite écluse si l'on tarde trop à la déplacer et reconstruire dans de meilleures conditions qu'il y aurait également lieu de faire en amont de l'écluse sur la rive gauche du bassin sinon de soutènement un piquetage avec facine pour soulever les terres et élargir la petite partie du chemin qui borde le bassin qu'une cale longitudinale en aval de l'écluse sur la rive gauche du chenal d'une longueur de 20 à 25 mètres serait de première nécessité [...] vote de 11 voies contre 5 pour l'imposition extraordinaire pour la réalisation de ces travaux".

  • Les ports de la rive droite de la Gironde en 1900, d'après l'étude de Charles Lenthéric

    LENTHERIC, Charles. "Côtes et Ports français de l’Océan", Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 157, 1900.

    II. La Gironde, Bordeaux, le Médoc (p. 100-138) :

    [...] A partir de Bourg, sur la rive droite, ce sont Plassac, Blaye, Saint-Androny, les Calonges, Maubert, Mortagne, Saint-Seurin-d’Uzet, les Monards, Meschers, Saint-Georges-de-Didonne et Royan. [...]

    Plassac n’a aucune importance. Simple garage dans un chenal ou étier pour quelques bateaux de pêche, sans passé, sans grand avenir, sans mouvement sérieux de navigation, si ce n’est quelques échanges locaux et quelques arrivages de bois du Nord qu’on débite pour les barriques de vin.

    Blaye, au contraire, a toute une histoire. Ce fut de tout temps une ville de guerre. Station militaire sous les Romains, à l’entrée du pays des Santons, ancienne forteresse du roi Caribert, qui y fut enterré à la fin du VIe siècle, elle a été pendant huit cents ans un poste de défense de la Gironde. Sa citadelle, reconstruite par Vauban, a été la prison de la duchesse de Berry en 1832. Depuis lors, Blaye est resté un petit port de cabotage et une pittoresque escale entre Bordeaux et l’Océan. Son commerce est assez considérable et près de 30 bateaux à voile y entrent ou en sortent tous les jours, sans compter les petits steamers de plaisance qui font le service régulier de la Gironde. Son mouvement maritime atteint et dépasse 20 000 tonnes.

    Saint-Androny mérite à peine une mention. Comme Plassac, c’est une simple cale, le long de laquelle quelques bateaux viennent aborder pour faire leurs opérations locales. Le port des Calonges est plus sérieux. Ce n’est guère qu’un canal d’évacuation des eaux de la lagune qui longe la rive, et la navigation maritime y est tout à fait nulle ; mais le commerce local, qui consiste dans l’exploitation des produits du marais de Blaye, atteint et dépasse quelquefois 17 000 tonnes [1].

    Note [1] : Perrin. "Les petits ports de la Gironde". Ports maritimes de la France, 1887.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales de Plassac, 1853-1883.

    Archives départementales de la Gironde
  • Délibération du conseil municipal relative aux dépenses à prévoir pour la construction d'une écluse, 21 mars 1830.

    Archives départementales de la Gironde : E dépôt 7371
  • Travaux de construction d'une écluse et redressement du chenal, 1832.

    Archives départementales de la Gironde : E dépôt 7371
  • Procès verbal de réception définitive des travaux de redressement du chenal, 17 juin 1832.

    Archives départementales de la Gironde : E dépôt 7371
  • Arrêté préfectoral relatif à l'autorisation des bateaux à vapeurs à faire escale au port de Plassac, 14 juin 1845.

    Archives départementales de la Gironde : E dépôt 7371
  • Délibération du conseil municipal relative à la construction d'une nouvelle écluse, 17 août 1853.

    Archives départementales de la Gironde : E dépôt 7371
  • Délibération du conseil municipal relative à la réception des travaux du peyrat, 1878.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 2692
  • Travaux de réparations du chenal, du peyrat en charpente et de la cale, 1902-1936.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 2692
Documents figurés
  • Carte particulière du 54e carré de la générale des côtes du Bas-Poitou, Pays d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse-Guyenne, par Claude Masse, 1724.

  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, planche n°12, levés en 1767, publiée en 1786, éch. 1/43200 env.

  • Plan cadastral napoléonien de Plassac, 1832.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 325
  • Plan du port, 7 janvier 1876.

    Archives départementales de la Gironde : 2 O 2697
Bibliographie
  • LENTHERIC, Charles. "Côtes et Ports français de l’Océan", Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 157, 1900.

    P. 129.
Périodiques
  • BARTHOU Jacques. « Plassac, village de marins sous la Révolution et l'Empire ». Les Cahiers du Vitrezay, 1993, n° 87-88.

    p. 1-15

Liens web

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