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Chenal du lazaret ou jalle du Breuil et marais de Lafite ou du Breuil

Dossier IA33007490 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées pont, port
Dénominations rivière aménagée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Cadastre : 2015 non cadastré ; 1825 C1, C2
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Pauillac

Le chenal de Saint-Vincent est mentionné sur les cartes de Masse dès 1709 puis sur les cartes de l'embouchure de la Garonne (1759) et de Belleyme (1767). Il est désigné sous le nom de chenal de Saint-Vincent aboutissant au port de Saint-Vincent sur les bords de l'estuaire. Son cours sinueux débute au niveau du château du Breuil (Vertheuil), a été canalisé sur un tronçon entre les croupes de vigne de Cos et de Lafite, puis reprend un tracé irrégulier jusqu'à l'estuaire. Il est nettement encadré de deux autres "jalles" ou ruisseaux, un au nord qui alimente le moulin de Grand Puy et un au sud. Ces trois axes qui traversent le territoire d'ouest en est sont reliés entre eux par des fossés en eau qui permettaient d'assainir cette zone marécageuse. Pour améliorer le fonctionnement des jalles, une écluse est indiquée afin d'empêcher la remontée des eaux dans les terres à marée haute.

L'abbé Baurein mentionne vers 1784 que la paroisse est bornée vers le midi "par le chenal de Saint-Vincent, qui conduit à la rivière les eaux du marais de Lafite, et qui fait la séparation de la Paroisse de Saint-Estèphe d’avec celle de Pauillac. Il y a néanmoins un pont pratiqué sur ce chenal, qui facilite la communication de ces deux Paroisses".

Dans un document daté 1791, Nicolas Pierre de Pichard, propriétaire du château Lafite, rend compte aux administrateurs du département de la Gironde de l'état insalubre de cette zone recouverte par les eaux, la plus grande partie de l'année. Il souligne le manque d'entretien des jalles qui ne sont pas récurées et empêchent l'écoulement des eaux. Les terres sont incultes alors qu'elles pourraient être avantageusement utilisées pour le pâturage du bétail.

En 1801, l'existence de deux ponts permettant de traverser cette zone est mentionnée : ils sont tous deux en mauvais état ; la "levée de Lafitte ou chemin public qui sépare la commune de Pauillac de celle de St Estèphe" est inondée chaque hiver.

La loi du 16 septembre 1807 relative au dessèchement des marais suscite les réactions des propriétaires du marais de Lafite, du Breuil et de German, constitués en syndicat. Par une pétition datée 1808, ils réclament au préfet des travaux d'assainissement.

En 1816, ils préconisent de rectifier le cours aval du chenal du centre et de celui du nord. L'installation du lazaret de Trompeloup dans les années 1820 condamne l'utilisation du port Saint-Vincent à l'embouchure du chenal : celui-ci est désormais réquisitionné pour le fonctionnement du lazaret, ce qui pénalise grandement les propriétaires locaux. C'est un argument supplémentaire pour rectifier le cours du chenal et aménager un nouveau port.

En 1832-1833, ces travaux sont réalisés avec la construction de portes à flots (voir projets de l'ingénieur des Ponts et Chaussées, A. Deschamps) pour réguler les eaux du chenal, dans la nouvelle portion ouverte au nord de Trompeloup, qui relie directement le chenal de Lafite à l'estuaire.

En 1837, les travaux d'assèchement des marais sont considérés comme achevés.

En 1838, une vanne est aménagée au niveau du pont de la route (voir plan de J.B. Pierre) ; il est nécessaire de laisser passer les embarcations qui remontent le chenal, et notamment le bac qui permet le curage du chenal.

Dès 1842, certains propriétaires se plaignent de payer des taxes pour des travaux qui ne leur ont pas été particulièrement bénéfiques. Effectivement, ce sont les terres les plus proches de l'estuaire qui ont été valorisées, devenant fertiles et rentables pour leurs propriétaires ; en revanche, les terrains situés en amont vers le château du Breuil n'ont pas connu de telles améliorations, étant trop éloignés de l'estuaire et ne bénéficiant pas des limons fertiles déposés par les eaux estuariennes. En 1843-1844, ces inégalités conduisent à la division des marais en 5 classes distinctes selon l'intérêt retiré des travaux de dessèchement (voir plan des marais).

Dans la 2e moitié du 19e siècle, le problème d'entretien du chenal est permanent ; l'écoulement des eaux est difficile et les curages doivent être de plus en plus fréquents. Dans les rapports et délibérations du conseil général de la Gironde, les demandes d'amélioration pour les marais de Lafite, German et du Breuil sont récurrentes à partir de 1859. En 1878, il est indiqué que "l'amélioration de ces marais a été enfin définitivement résolue et s'opère maintenant". Le pont est rectifié en 1879 mais le débit reste insuffisant pour permettre aux eaux provenant des pluies de l'hiver de s'écouler. La construction semble par ailleurs défectueuse et la route est inondée chaque hiver. A la séance du 10 septembre 1887, la rectification de cette route départementale est soumise à autorisation pour permettre l'écoulement des eaux du marais et les communications entre les communes intéressées.

Sur l'Atlas du Département de la Gironde publié en 1888, la "jalle du Breuil" apparait avec un tracé bien rectiligne.

Le cours du chenal de Trompeloup qui longe au sud le site occupé par le lazaret a été canalisé au cours du 20e siècle pour contourner les installations du dépôt pétrolier de Pauillac.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle

Le chenal du lazaret constitue la limite sud de la commune de Saint-Estèphe, la séparant de Pauillac. Il est le prolongement de la jalle dite du Breuil qui draine les marais de Lafite ou du Breuil. Il rejoint ensuite l'estuaire, dévié en partie pour contourner le dépôt pétrolier de Pauillac.

Un pont permet à la route départementale 2 de le franchir.

Couvrements
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Extraits d'archives sur les marais de Lafite, du Breuil et de German

    AD Gironde, SP 51

    -7 février 1791, Lettre de Nicolas Pierre de Pichard, propriétaire du bien de Lafitte aux administrateurs du département de la Gironde.

    Depuis le moulin du Breuil jusqu'à la rivière de Gironde entre les paroisses de Cissac, St Estèphe et Pauillac, il existe un marais qui a près de deux lieues de longueur, sur environ deux cents toises de largeur, et dont l'espace contient 5900 sadons, mesure de Médoc, ce qui revient à 1425 arpents (...). Tout ce terrain est la plus grande partie de l'année couvert une grande partie de l’année d’eaux stagnantes, par le défaut d'écoulement des différentes jalles et fossés qui le séparent par le milieu et aux extrémités latérales.

    En observant que ces jalles et fossés n'ont pas été récurés depuis cent ans, c'est assez faire connaître que le cours des eaux doit être obstrué par les immondices et sables apportés par les causes supérieures. D'un autre côté ces obstacles à l'écoulement se sont considérablement augmentés par les sables accumulés que les eaux et les marées montantes y ont apportés de manière que la pente primitive qui existait dans les jalles, étant détruite, et les eaux supérieures ne pouvant s'écouler aux marées descendantes, et étant grossies et gonflées par les eaux des marées montantes, elles se répandent nécessairement dans les prairies et dans les bas-fonds et restent stagnantes dans les fossés ce qui produit dans l'été et l'automne des miasmes infects qui occasionnent des fièvres putrides et malignes dont plusieurs habitants sont la victime et lors même qu'ils en échappent ces maladies épidémiques enlèvent, tous les ans, à la culture, un temps précieux et des bras utiles (...).

    Mais il est encore un objet d'utilité publique que doit mériter toute sorte d'attentions. C'est de transformer la plupart des prairies qui ne produisent que du jonc en bons pâturages propres à donner du foin, à nourrir, et élever toute sorte de bétail. Or rien n'est si facile et si peu dispendieux que de parvenir à ce dessèchement.

    Ce terrain qui au premier aspect se présente comme un marais n'en est pas un, à raison de son sol, il n'est marais qu'accidentellement et par le défaut de l'écoulement des eaux qui y croupissent. Il ne s'agit pour leur donner leur ancien cours que de rétablir leur pente en récurant toutes les jalles et fossés avec précision et intelligence depuis le moulin du Breuil jusqu'au chenal de Saint-Vincent près la Gironde, où toutes les eaux de ce marais vont aboutir.

    Pour rendre ce travail durable il faudra nécessairement faire une écluse, près de ce chenal de Saint-Vincent, à quelques toises de la rivière, la nature semble avoir indiqué le terrain où elle doit être construite. La construction de cette écluse à raison de la hauteur et de la solidité du terrain ne sera pas bien coûteuse, et les avantages qu'on en retirera sont sensibles et durables, puisque si d'une part les portes de l'écluse, fermées aux marées montantes empêchent les sables d'entrer dans les jalles et les fossés, de l'autre part, les portes de cette écluse s'ouvrant aux marées descendantes, elles faciliteront aux eaux supérieures, le moyen d'entraîner les sables (...).

    -5 juin 1791 : Officiers municipaux de la commune de Cissac, lecture du rapport de M. Pichard.

    Avons vu qu'il était question du dessèchement du marais de Laffitte, qui prend depuis le levant de ladite maison et se prolonge au couchant jusqu'au pont du Breuil, bordant la paroisse de Pauillac au midi et celle de St Estèphe au nord, traversant le tènement du Puy, appartenant en majeure partie aux habitants de notre commune (...).

    [Habitants de la commune rassemblés qui] ont assuré d’une voix unanime qu’il n’y a pas plus de six à sept ans qu’ils récoltaient dans le dit tènement du bon foin et qu’il y faisaient pacager leur bétail, mais que depuis que les propriétaires qui sont au devant d’eux ont laissé venir leurs jalles et fossés à leurs combles, les eaux n’ayant plus leur cours, ont couvert le dit tènement et ont resté stagnantes (…).

    -25 prairial an 9 (14 juin 1801) : Exposé de Joseph Goudal au citoyen Dubois, conseiller d’Etat, préfet du département de la Gironde.

    Levée de Lafitte ou chemin public qui sépare la commune de Pauillac de celle de St Estèphe ne présentera que des précipices et sera impraticable l'hiver prochain ; il y a un des ponts sur la ditte levée absolument détruit, et qu'il est indispensable qu'il soit rétabli avant l'hiver (...) ; j'en ai déjà fait faire un à neuf depuis le mois de brumaire dernier, aux dépens du domaine de Lafitte pour éviter des accidents pareils à ceux que divers voyageurs avaient déjà éprouvé ainsi que leurs chevaux ; le pont sur lequel il faut nécessairement passer pour les charrois de vins ou autres denrées venant de diverses communes et que l'on conduit au port St Vincent, n'offrira bientôt qu’un tas de décombres et peut occasionner par sa chute des événements funestes aux conducteurs des charrettes et aux bœufs qui y sont attelés.

    Nécessité de faire refaire ces deux ponts.

    Marais de Lafitte = 900 journaux ; dessèchement nécessaire.

    -Des propriétaires du marais de Lafite aux citoyens administrateurs du département, s.d.

    Demande d’aide pour le dessèchement du marais.

    Marais percé d’un chenal dans le milieu et des fossés de ceinture des deux côtés ; le chenal est tracé droit depuis le commencement du marais jusqu’à une petite distance de la rivière ; peut-être serait-il avantageux de pouvoir continuer sa direction toujours en droite ligne jusqu'à son embouchure à la rivière, si pas un obstacle ne s'y oppose (...) ; quand la rivière n’avait pas renversé les digues et ainsi dévasté tout ce marais, on pouvait au moins quelques fois retirer une mauvaise beauge quand la chaleur soutenue de l’été permettait d’entrer dans ce cloaque ; mais à présent, il n'est aucun moyen que le dessèchement, la rivière, les grandes pluies ont tellement perdu ces fonds, ainsi ce sont les réparations à faire à neuf (...) ; nous croyons aussi nécessaire de faire une ou deux écluses (...).

    Demande de création d'une assemblée qui serait autorisée, "si elle le juge utile et indispensable, à changer la direction du chenal dans la partie où il fait beaucoup de sinuosités, et lui en donner une plus droite vers la rivière (...).

    -Rapport sur la pétition présentée à Monsieur le Préfet par M. Goudal (le 26 décembre 1808) concernant le dessèchement du marais de Lafitte, 1er juin 1810.

    (...) Observations de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Didiet (?) : Nous nous sommes rendu sur les lieux le 24 mai 1810 dans l’intention d’examiner plus particulièrement ce marais ; nous avons reconnu qu’il était actuellement dans le plus mauvais état possible ; la majeure partie est presqu’entièrement couverte par les eaux, on essayerait en vain de le parcourir, les bestiaux eux-mêmes ne peuvent y pénétrer ; cependant les personnes qui connaissent les lieux depuis longtemps nous ont assuré y avoir vu autrefois de bonne herbe mais que par le défaut d’entretien des fossés il était parvenu au triste état où il est maintenant (…).

    Longueur du marais : 8630 mètres à partir du Breuilh et jusqu’au commencement d’une palus ayant 780 m de large entre le dit marais et la Gironde ; largeur variable mais superficie à dessécher est de 648 journaux bordelais.

    Les eaux y sont entretenues par celles de trois ruisseaux principaux dont l’un fait tourner le moulin du Breuilh et l’autre celui du Puy, le dernier celui des charités (?) ; par celles de diverses sources assez abondantes qui proviennent des terrains qui dominent ce marais, enfin par les eaux pluviales d’une superficie de terrain assez considérable. L’écoulement des eaux réduit à un seul chenal ne peut se faire qu’à travers un pont fort étroit où la marée remonte chaque jour et s’élève même de beaucoup au-dessus de la clef, ce pont est en très mauvais état, construit en mauvais matériaux et l’on n’y avait pas établi de portes de flot.

    (…) la disposition des fossés d’écoulement principaux est excellente et ne pouvait être mieux entendue, on a creusé de côté et d’autre deux fossés de ceinture qui reçoivent toutes les eaux extérieures, plus un grand fossé d’écoulement dans le milieu.

    Nécessité d’installer : une écluse à clapet formée de deux arcades de 1m50 chacune avec une pèle (sic) au milieu de 90 cm d’épaisseur, le tout construit en pierre dure de Barsac, St Macaire ou autre carrière équivalente. Deux clapets arrêteront la marée et deux vannes en tête conserveront les eaux douces à une hauteur convenable.

    Il sera fait aux abords de ce pont une petite levée pour arrêter les hautes marées ; on obtiendra les terres du creusement d'un chenal de 100 mètres de long à peu près qu'il sera nécessaire d'ouvrir pour le redressement du chenal.

    Nous observons que ce marais jouit d’un avantage très précieux, celui d’être défendu de la mer par une palu très élevée, de manière qu’excepté la petite levée dont on vient de parler tout autre travail de cette nature est inutile et que ce marais n’a besoin d’aucune garantie.

    Une deuxième écluse à l’extrémité nord du marais a été jugée utile par les personnes intéressées ; elle serait formée d’un seul passage de 1m50 de largeur avec clapet et vanne qui sera construite en mêmes matériaux sauf l’intérieur de la voûte qui pourra être en bonne pierre de Bourg ; cependant, nous pensons que l'on peut en différer la construction jusqu'à ce qu'on se soit aperçu de l'effet de la première que nous croyons devoir être suffisante.

    Estimation provisoire des travaux (...).

    -14 juillet 1816 : délibération des propriétaires des marais de Lafitte, Saint-Vincent, German.

    Décisions : 1) que le grand chenal qui traverse les marais de Lafitte depuis le Breuil jusqu’à la rivière serait recalé à partir du coin ouest de la propriété de Lafitte appelée la Grande Palu jusqu’à celle dépendant du même domaine appelée le pré de Lamothe (...) ; il est convenu que s’il reste des fonds disponibles après cette réparation faite, ils seront employés au recalage du même chenal qui sera continué jusqu’au coin ouest de la prairie de Monsieur Phélan appelée les Pigotes autrefois à M. Mercier.

    2) Le chenal du nord appelé le Marbuis qui borde la prairie de Saint-Vincent serait recalé à prendre depuis le pré Cisset jusqu’au prés de Monsieur Tronquoys bordant à l’ouest la petite palu de German à profondeur et largeur convenable (…).

    3) Pour subvenir aux frais de ces réparations il a été arrêté qu'une taxe de 18 francs par journal est imposée sur tous les propriétaires des dits marais qui se trouvent situés dans la partie, en partant du couchant depuis et compris la prairie de Monsieur Phélan appelée les Pigotins jusqu'au lieu où commenceront les travaux ci-contre désignés qui se trouvent compris entre les deux fossés de ceinture établis à droit et à gauche du dit chenal, et sur ceux compris depuis la partie nord-ouest du marais de German à prendre au lieu de Boc confrontant au chemin qui conduit de Pauillac à St Estèphe, jusque et compris le pré Cissat appartenant à M. Fatin, et ceux qui se trouvent enfermés dans le pré des Guineys depuis les vignes du Puy, Marbuy et jusque au chenal, le reste se trouvant enclavé dans le fossé de ceinture (...).

    -14 juin 1818, assemblée générale des propriétaires des marais de Lafite, German et Saint-Vincent.

    Compte-rendu des travaux qui ont été faits, reddition des comptes.

    Dispositions de l’arrêté du préfet du 12 mai 1818 portant règlements d’administration pour le marais de Béchevelle qui seront appliquées au marais de Lafite.

    Travaux à exécuter cette année : un mur sera construit du côté de l’aile gauche du pont de Saint-Vincent (...) ; faire un aqueduc en pin dans la partie ouest du pont ; la pelle sera changée de côté ; réparation au chenal de St Vincent (...).

    -4 septembre 1825, réunion de la commission syndicale du marais de Lafitte.

    Projet de redresser un angle aigu dans le fossé de ceinture du Nord ; récurement à faire dans le chenal du nord, depuis la rivière jusqu'au Cap du pont ; dans une autre partie du même chenal du Nord depuis le pont de Caux jusqu'à la fontaine de Guilhem ; récurement dans le chenal du centre depuis le pont de Lafite jusqu’à l’écluse St Vincent ; récurer les fossés de ceinture du marais de German au nord ; réclamation d’un port en remplacement de celui de St Vincent pris pour le service du lazaret Marie-Thérèse.

    -20 juillet 1826, lettre du directeur du lazaret, Lecoutre de Beauvais, au préfet.

    Monsieur, J'ai déjà eu l'honneur de vous entretenir des inconvénients qui résultent dans une partie du Médoc de l’insalubrité de marais mal desséchés. Un lazaret que le gouvernement a reconnu nécessaire d’instituer dans cette partie de votre département éprouve peut-être plus que tout autre lieu du pays la funeste influence de cette insalubrité parce qu’il est situé à l’embouchure des marais de Lafite dans leur courant d’air et au dessous des vents d’ouest qui les parcourent tous entiers avant que d’arriver à lui. Une autre méthode de dessèchement plus approprié aux localités devrait donc être adoptée ; mais elle occasionnerait des frais assez considérable et au-dessus des facultés de la majeure partie des propriétaires du marais (...) [demande aide du gouvernement].

    [Arguments pour engager et financer les travaux de dessèchement]. placer le lazaret de la Gironde dans une position plus salubre (...) ; les terrains dont le gouvernement a pris possession pour le lazaret et terrains réservés sont bornés au sud par un chenal qui de temps immémorial servait de port à embarquer les denrées des communes et villages environnants, il a fallu en interdire l’usage vu sa proximité adjacente au lazaret. Les frais que cette mesure, qui les a éloignés du double et du triple d'un point d'embarquement cause aux propriétaires, sont considérables et ils ont droit, ce me semble, à réclamer qu'on leur remplace le port qu'ils avaient. En assainissant les marais, on leur fournirait aussi ce port (...). Il est reconnu qu'un chenal s'embranchant perpendiculairement au chenal de Lafite et descendant de là en droite ligne jusqu'à la rivière serait indispensable pour obtenir un bon dessèchement. ce chenal au même temps deviendrait également le point où on pourrait embarquer les denrées du pays.

    -6 mai 1830, commission syndicale des marais de Lafite, German et du Breuil, réunie sous la présidence de M. Tronquoy de Lalande.

    Urgence de faire procéder au récurement de l’embouchure du chenal de Trompeloup depuis la rivière jusqu’à l’écluse ; cette partie du chenal depuis l'établissement du lazaret Marie-Thérèse n'est plus comprise dans le marais de Lafite, German et du Breuil.

    -6 mai 1830, commission syndicale des marais de Lafite, German et du Breuil.

    Le chenal du nord, loin de rendre le service qu'on avait cru qu'il ferait au marais par l'écoulement rapide des eaux de la partie du nord et ouest, non seulement ne peut atteindre ce but mais devient très dispendieux pour son inutile entretien à chaque flux et reflux les eaux de la Gironde sont retenues par les portes en amont du Cap de Pont très éloigné de l'embouchure du chenal ; il existe donc à chaque marée un dépôt de limon qui multiplie tellement ces couches que vous êtes dans la nécessité de voter tous les deux ans pour le récurement de ce chenal une somme d'environ 800 francs (...) ; le chenal du Nord ne fait aucun service (...).

    Proposition de supprimer le chenal du Nord à partir du Cap du Pont ; de faire écouler les eaux de la partie nord du marais pour aller s’embrancher dans le chenal du centre.

    Délibération de la commission :

    1) Il sera fait des ouvertures au chenal du centre conformément et aux points indiqués par M. le Président, il sera pratiqué des clapets à chaque embouchure des fossés ;

    2) La commission n'entend point supprimer le chenal du nord (...) ; essai provisoire.

    -5 avril 1832 : projet d’une écluse à construire sur le canal de dessèchement des marais du Breuil/Lafitte, détails de la porte, dressé par l’ingénieur ordinaire A. Deschamps, vu par l’ingénieur en chef de la Gironde Billaudel.

    -5 avril 1832 : projet d’écluse en maçonnerie à construire sur le canal de dessèchement des marais du Breuil et de Lafite dressé par l’ingénieur ordinaire, A. Deschamps.

    -15 juin 1833, plan : coupe et élévation des ponts à construire sur le nouveau canal de dessèchement des marais de Breuil et Lafitte, dressé par l’ingénieur Deschamps.

    -15 juin 1833 : profils en long et en travers du canal à l’ouvrir au nord du lazaret de Trompeloup, ingénieur ordinaire Au. Deschamps.

    -15 juin 1833 : détail des portes de l’écluse de garde à construire sur le nouveau canal de dessèchement des marais du Breuil et de Lafitte, Deschamps.

    -15 juin 1833 : plan et coupe d’une écluse de garde à construire sur le nouveau canal de dessèchement des marais du Breuil et de Lafitte.

    -28 mars 1838, lettre au préfet, Ponts et Chaussées, demande de M. Lafon de Camarsac.

    Demande d’établir contre l’un des ponts de la route départementale n°18 une vanne qui est nécessaire à l’entretien du canal principal de dessèchement des marais dont il s’agit. Le pétitionnaire joint à sa demande un plan qui fait connaître les dispositions qu'il se propose d'adopter pour mettre le pont à l'abri des affouillements qui pourrait occasionner la chute d'eau résultant de l'établissement de la vanne.

    Construction d’un radier pour installer une pelle à coulisse.

    La commission syndicale sera tenue de réparer et reconstruire à ses frais toutes les portions de maçonnerie qui auront été dégradées par le mouvement des eaux ou le passage des bateaux qu’elle voudra faire circuler dans le canal. Elle demeure en un mot responsable de tous dommages occasionnés à la route et au pont par le fait de l’établissement et du jeu de la vanne.

    + plan dressé par le conducteur des travaux JB ? Pierre le 4 août 1837.

    + devis et détail estimatif de la dépense à faire pour la construction d’un radier en moellon et d’une vanne en amont du grand pont de Lafitte, 4 août 1837) : 14 mètres de longueur compris les 3 mètres, construits en aval et en amont ; 3m20 de largeur.

    -10 août 1842, Lettre du directeur du syndicat des marais, Lafon de Camarsac, au préfet : achèvement des travaux de dessèchement des marais de Lafitte, German et du Breuil en 1837.

    Travaux qui ont profité aux terrains proches du fleuve, recouverts de limons et devenus fertiles.

    Demande par le baron du Breuil, M. Josset de Pomiers, de modification de classement des terres suite à ces travaux, ses terres éloignées du fleuve n'ayant pas bénéficié des travaux ; a arrêté de payer la taxe due par les propriétaires des marais.

    Mention de travaux de réparation aux portes de flot de l’écluse, de la construction d’une maison pour le garde-éclusier et un bateau-cureur viennent d’être terminés.

    -Extrait en 7 feuilles du plan général des marais de Lafitte, German, et du Breuil, rédigé en 1843, par Richard, géomètre : palu de Marbuzet, marais de Lafitte et de Cos, marais de Lafitte et bas de Cos, marais de Lafitte, marais de Lafitte dans Cissac, marais du Breuil, marais du breuil dans Saint-Sauveur.

    -5 septembre 1844 : commission spéciale des Marais de Lafitte, German et Dubreuil.

    Réclamations de M. Josset de Pomié, baron du Breuil et de MM. le comte Duhamel, Chanove, Moynet, Abiet, Eyssan, Teyssonneau, Boyé, Ramburcq, Prévôt et Grand, pour modification du périmètre et classement des dits marais, fixés par délibération de la commission spéciale du 5 juillet 1828.

    La commission spéciale après un examen des motifs qui ont provoqué ces réclamations, vote à l'unanimité pour la conservation intégrale de toute la ligne qui circonscrit le périmètre déterminé en 1828.

    Postérieurement au classement de 1828, le système de dessèchement a été combiné de manière à introduire les eaux du fleuve dans le chenal de dessèchement pour alimenter les irrigations sur quelques parties de la surface du marais. Il résulte de ce nouveau système que les portions, irriguées, acquièrent une plus-value apparente et très importante, tandis que les autres sont, par leur position, entièrement privées de ce bienfait qui en augmente les dépenses d'entretien.

    Décision de diviser en 5 classes les marais, toutes bien distinctes par le plus ou moins d'intérêt qu'elles retirent des travaux de dessèchement.

    -18 juin 1857, commission syndicale des Marais de Laffitte, German et du Breuil : proposition de travaux.

    Nécessité du récurement du chenal à vieille sole et vieux bords, l'eau ne s'écoulant que difficilement dans la majeure partie du parcours et étant stagnante dans l'autre ; les portes à flot et l’écluse à pivot nécessitent des réparations ; le radier du pont du lazaret est couvert à basse mer de plus d’1m50 d’eau et après une série de beaux jours de plus d'un mètre 50 d'eau ; au pont de Laffitte l'eau s'élève encore de plus d'1m10 alors que dans l'état normal, il ne devrait rester sur ce radier que 0m15 d'eau.

    -Marais de Lafitte, German et du Breuil, plan d’ensemble, classement des terrains, dressé conformément au rapport des experts en date du 16 décembre 1861, le 17 janvier 1862.

    -20 octobre 1862, séance de la commission syndicale du marais.

    Compte rendu des travaux réalisés cette année : récurement du chenal du centre depuis le pont des Gars jusqu’à la parcelle du plan des marais n°32 appartenant à M. Castéja ; changement du lit du chenal sur un parcours d’environ 200 m afin de diriger d’une manière plus perpendiculaire à l’axe du pont le courant des eaux.

    Projet d’installer des clapets à l’embouchure de chaque fossé se déversant dans le chenal d’évacuation.

    AD Gironde, 5 M 80

    -Commission syndicale du Marais de Lafite, German et du Breuil : nouvelle réclamation pour un port en remplacement de celui de St Vincent pris par le Gouvernement, 6 mai 1830.

    -Ponts et Chaussées, Avis de l'ingénieur ordinaire soussigné, A. Deschamps, sur les moyens à prendre pour prévenir la chute des murs d'enceinte du lazaret de Trompeloup qui sont frappés par les courants du chenal de St Vincent, 17 février 1831.

    Le chenal de St Vincent qui avait été primitivement ouvert en ligne droite près de son embouchure présente maintenant dans cette partie de nombreuses sinuosités produites par des variations continuelles dans la direction des courants (…). On pourrait prévenir ces effets en ayant soin de relever les éboulements et de curer annuellement le canal pour le débarrasser de tous les obstacles qui existent dans son lit et c'est probablement à ce défaut d'entretien que l'on doit attribuer les dégradations produites par les eaux du chenal de St Vincent près des murs du lazaret de Trompeloup. Les éboulement s'étendent maintenant jusqu'à moins de 10 m de cet édifice, et une digue en bois qui avait été construite il y a 5 ou 6 ans pour le protéger se trouve maintenant contourné par les eaux et déjà en partie détruite. Solution préconisée : rectifier le cours des eaux en leur ouvrant un nouveau lit et de le curer annuellement et de prévenir par des clayonnages et de piquetages les éboulement dans les talus et tout changement dans la direction primitive du courant.

    -Ponts et Chaussées, rapport de l'ingénieur A. Deschamps à l'appui du projet d'ouverture d'une portion de canal et de construction d'une écluse au nord du lazaret de Trompeloup, 25 mars 1832.

    Le chenal de St Vincent situé sur la rive gauche de la Gironde reçoit et conduit dans ce fleuve les eaux du marais du Breuil et de Lafitte. Une écluse à vanne placée à 700m environ du rivage empêche l'introduction des eaux de la marée. Toute la partie du chenal situé au-dessous de l'écluse servait autrefois de port aux communes de Pauillac, St Estèphe, Cissac et Vertheuil et de refuge aux embarcations surprises par la tempête ; mais depuis l'établissement du lazaret sur la butte de Trompeloup près de l'embouchure du chenal, l'entrée en est interdite et les bateaux employés à l'exportation des produits de cette contrée se trouvent privés de ce moyen d'accès. Les communes intéressées et la commission syndicale des marais ont demandé l'ouverture d'un nouveau port au remplacement de celui qui leur a été enlevé et dont elles jouissaient depuis un temps immémorial. Si la justice veut que l'on accueille favorablement une pareille demande, d'autres motifs tendent aussi à démontrer la nécessité d'ouvrir un nouveau canal au nord du lazaret. État actuel des marais du Breuil et de Lafite : deux canaux de ceinture et un canal central liés entre deux par des fossés plus ou moins larges servent au dessèchement des marais du Breuil et de Lafite. toutes les eaux vont se réunir dans un seul et même canal dit chenal de St Vincent situé au dessous de la route départementale de Pauillac à Lesparre (...). En 1825 ou 1823?, la compagnie des marais et les communes voisines désirant augmenter le nombre de voies d’écoulement afin d'assainir le pays et sentant surtout la nécessité de remplacer le port dont elles étaient privées, se décidèrent à faire prolonger à leurs frais le canal de ceinture situé au nord du marais ; elles établirent un pont en maçonnerie sur ce canal et une écluse avec vanne d'ebe? et portes de flot. Ces ouvrages qui ont été probablement dirigés par des personnes peu versées dans ces sortes d'entreprises n'ont point répondu à l'attente des propriétaires. le radier de l'écluse étant établi à 4m02 au-dessus des basses eaux de la Gironde, tandis que le fond du canal se trouve en amont à 3m30, une tranche d'eau reste stagnante et comme souvent en été la marée ne s'élève pas à plus de 3,50m à 4m au dessus de l'étiage, il en résulte qu'il est impossible de renouveler ou rafraichir cette eau pendant des mois entiers à l'époque des plus grandes chaleurs. La position de l'écluse a été mal choisie, elle devait être placée beaucoup plus près du fleuve car la chute de 1m de hauteur d'eau au plus que l'on pouvait obtenir au moyen de la vanne placée conte le pont, étant évidemment insuffisante pour enlever les dépôts qui se forment dans une portion du canal de 6 à 700 m de longueur humectée chaque jour par les eaux vaseuses de la Gironde. Le canal ouvert au nord du lazaret de Trompeloup par les soins de la commission syndicale des marais du Breuil et de Lafite devait donc être obstrué en peu de temps. C'est en effet ce qui est arrivé ; les portes de flot sont maintenant retenues en aval par un dépôt de vases qui s'élève à près de 1m de hauteur au-dessus du radier et elles ne peuvent plus fonctionner. le fond du canal situé au-dessous de l'écluse et qui devait servir de port n'étant point débarrassé, par des chasses journalières, des dépôts qui s'y forment, s'exhausse de plus en plus et sera bientôt au niveau du rivage. Aussi disparaitront successivement la majeure partie des travaux exécutés par la compagnie sans qu'il en soit résulté le moindre avantage pour l'amélioration du marais et l'assainissement de la contrée. Le canal de St Vincent est donc encore dans l'état présent des choses, la seule voie d'écoulement qui puisse servir au dessèchement, mais elle est insuffisante à cause de l'irrégularité de son cours particulièrement au-dessous de l'écluse. Par cette cause et celles que nous venons d'indiquer, il existe constamment pendant l'été au fond de ce canal de ceux de ceinture et de tous les fossés qui les unissent, une tranche d'eau croupissante qui produit des exhalaisons pestilentielles et occasionne chaque année des maladies au lazaret et dans les communes voisines. Le radier de l'écluse placé sur le chenal de St Vincent a été établi à 2m40 au-dessus des basses eaux de la Gironde ; cette hauteur n'est pas trop considérable puisque les terrains les plus bas du marais sont à 5m au moins au-dessus du même niveau ; mais cette écluse comme celle construite par la commission syndicale a l'inconvénient de se trouver à une trop grande distance du fleuve. Les dépôts limoneux qui se forment dans la partie du canal situé en aval et les éboulements qui ont lieu sur les talus lorsque la marée qui les a humectés se retire, occasionnent de nombreuses sinuosités qui doivent nécessairement nuire beaucoup à l'écoulement des eaux. D'un autre côté pour déblayer un chenal aussi tortueux il faut y établir chaque jour un fort courant qui contribue encore à augmenter les dégradations sur les talus. Par suite des changements survenus dans le cours naturel et primitif des eaux, le courant passe depuis quelques années près de l'angle sud-est des murs d'enceinte du lazaret et y occasionne de grands éboulements. Un revêtement en charpente avait été établi pour les arrêter mais cet ouvrage vient d'être contourné et détruit en grande partie, de sorte que la chute de l'angle attaquée de murailles est imminente si on ne s'empresse de changer la direction du cours actuel des eaux. solution préconiser : ouvrir un nouveau canal au nord du lazaret, à peu près dans le prolongement du canal du centre des marais (...) ; l'écluse serait placée à 100m de la laisse des hautes eaux dans l'intérieur des terres ; toute la partie du canal située en aval jusqu'au lit du fleuve servirait de port et de refuge pour les embarcations. on établirait près de l'écluse un terre-plein élevé au-dessus des plus hautes eaux qui servirait au dépôt des marchandises. Les communications par terre auraient lieu par une levée qui existe déjà en partie sur le bord de la gironde et du canal du nord jusqu'au pont construit par la commission et les communes à l'extrémité d'un chemin vicinal (...).

    -Lettre de l'ingénieur en chef des Pont et Chaussées, Billaudel, au préfet à propos du projet de nouveau canal à ouvrir au nord du lazaret de Trompeloup pour le dessèchement des marais du Breuil et de Lafite, 5 avril 1832.

    Trois directions possibles.

    -Commission syndicale du Marais de Lafite, German et du Breuil : concernant projet de canal dans l'intérieur des marais de Lafite, à leur extrémité, 22 juillet 1832.

    Validation des plans des ingénieurs Billaudel et Deschamps pour le tracé du nouveau chenal ; 3 options pour la direction à donner au canal du centre ; préférence pour le tracé le plus direct ; convient pour l'établissement du port qu'ils réclament depuis si longtemps.

    -Rapport de l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées A. Deschamps à l'appui du second projet de canal de dessèchement à ouvrir au nord du lazaret de Trompeloup, 10 juin 1833.

    La commission syndicale demande que le canal de dessèchement dont le projet a été approuvé par M. le Ministre soit rendu navigable pour le libre passage des bateaux : augmentation de l'ouverture de l'écluse et des deux ponts prévus ; projet qui doit être adapté et évalué par l'ingénieur ordinaire ; commission syndicale des marais qui doit participer financièrement pour ces modifications.

    -Déclaration des propriétaires sur les propriétés desquels doit passer le chenal, concernant le tracé de ce chenal que l'on propose de faire au nord du lazaret, 30 juillet 1833.

    Jean-Baptiste Pierre, conducteur des Ponts et Chaussées ; estimation du prix pour les terrains : 3460 frcs l'hectare.

    -Rapport de l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées A. Deschamps que les changements qu'il convient d'apporter au projet du canal et de l'écluse de Trompeloup, 30 mai 1834.

    Eboulements qui se sont manifestés dans les fouilles du canal de Trompeloup, particulièrement dans l'endroit où l'écluse doit être établie ; travaux nécessaires pour assurer les fondations de l'écluse.

    -Lettre de l'inspecteur du lazaret au directeur : observations sur le chenal St Vincent, 1er juin 1846.

    Depuis que ce chenal a été reporté au nord du lazaret, l'ancien lit situé au sud ne reçoit plus que quelques infiltrations qui le tiennent à l'état de fossé ; peu à peu comblé par les vases déposées lors des marées ; mention des quarantaines qui sont à la veille d'être sinon totalement supprimées au moins singulièrement modifiées.

    -Lettre du directeur du lazaret aux membres de l'Intendance sanitaire, 18 juillet 1846.

    A cette époque reculée, il existait un moulin à eau à l'embouchure du chenal et tout au près de la chapelle de Trompeloup. Son lit était assez large et assez profond dans cette partie pour permettre aux chaloupes de remonter jusqu'au point qui relie le chemin de Mousset à celui qui conduit sur le bord du fleuve, en traversant le Jonqua et les prairies avoisinantes et qui se trouve actuellement occupé par le pont de la Douane ; chenal alors unique mais insuffisant : on creusa plus tard un second chenal du côté de Marbuset auquel on donna le nom de Chenal Neuf ; mais ce nouveau chenal se combla peu à peu et depuis de longues années il n'existe plus ; le chenal de St Vincent redevient l'unique chenal, à l'époque où le lazaret est construit ; cours qui avait été dévié car chenal non entretenu (vestiges de fondations du moulin à eau et d'une embarcation retrouvés à quelque distance du chenal sur les possessions de Lafite) ; mais les chaloupes pouvaient encore remonter le chenal jusqu'au pont de la douane ; partie du chenal redressée par Poitevin pour préserver l'angle sud-est du lazaret ; mais entretien insuffisant donc éboulements ; solution de creuser un nouveau canal au nord du lazaret ; nécessité de conserver le chenal de St Vincent pour l'écoulement des eaux venant des villages de Pauillac (Mousset, Anseillan...) ; le poste de la douane de Trompeloup situé sur le bord de l'ancien chenal de St Vivien réduit à l'état bourbeux et toujours entouré d'une eau croupissante, a fait des malades dans toutes les saisons de l'année.

    -Rapport de l'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées, sur le curage du chenal de St Vincent et sur les contestations relatives à ce curage, 6 mars 1847.

    Maladies et fièvres en Médoc ; état d'encombrement et de dégradation dans lequel on laisse dépérir l'ancien chenal de St Vincent.

    Rapport de l'ingénieur en chef concernant la contestation entre le syndicat des marais de Lafite et du Breuil et le lazaret de Trompeloup au sujet du curage de l'ancien chenal de St Vincent, 26 août 1849.

    Rappel de l'historique ; une fois le nouveau chenal créé au nord du lazaret, celui de St Vincent cessa d'être curé et entretenu par la commission syndicale et le mauvais état dans lequel il a été laissé depuis cette époque a souvent provoqué les plaintes de l'intendance sanitaire du lazaret de Trompeloup ; ce chenal est aujourd'hui presqu'entièrement comblé par les vases que les eaux bourbeuses de la Gironde y ont déposées ; des exhalaisons malsaines s'y développent pendant les chaleurs de l'été. Les habitants du lazaret en éprouvent la funeste influence ; de là les plaintes nombreuses de l'intendance sanitaire. Décision : le curage de l'ancien chenal de St Vincent doit être effectué par les propriétaires riverains et l'administration sanitaire du lazaret doit être tenue de faire ce curage à moitié frais avec les propriétaires de la rive opposée dans toute la partie du cours d'eau qui sert de limite aux dépendances de cet établissement.

    AD Gironde, 5 Z 194

    -Rapport de l'Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées : dessèchements, 10 juillet 1878.

    Marais de Lafite, German et du Breuil : travaux réalisés, mention de la modification du programme adopté sollicitée par le directeur du lazaret de Trompeloup, dans le but d'obtenir la création d'un canal qui en desséchant les terrains humides situés sur les bords de l'ancien chenal formerait une clôture autour de cet établissement sanitaire.

    -Lettre des propriétaires des marais de Lafite, German et du Breuil au préfet de Lesparre, s.d.

    Réclamation contre les travaux engagés qui sont à l'avantage de Château Lafite et au détriment des autres propriétaires.

    -Lettre du préfet de la Gironde au sous-préfet de Lesparre, 29 juin 1903.

    Vanne à établir sur le grand chenal de Lafite aux portes de flot, adaptée au pont qui donne passage au chemin vicinal n°26 de St Estèphe ; commission syndicale qui doit en demander l'autorisation officielle.

    -Lettre du sous-préfet de Lesparre au préfet de la Gironde, juin 1923.

    Mauvais état du marais de Lafite ; mauvais état des collecteurs, suite à l'installation il y a une dizaine d'années du camp américain à Trompeloup.

  • Documentation complémentaire

    Baurein, tome 1, 1876, p. 184.

    (…) Paroisse bornée vers le midi "par le chenal de Saint-Vincent, qui conduit à la rivière les eaux du marais de Lafite, et qui fait la séparation de la Paroisse de Saint-Estèphe d’avec celle de Pauillac. Il y a néanmoins un pont pratiqué sur ce chenal, qui facilite la communication de ces deux Paroisses. Saint-Estèphe est borné au nord par le chenal de Mappon, qui conduit à la rivière les eaux du marais de Verteuil, et qui sépare Saint-Estèphe de la Paroisse de Saint-Seurin de Cadourne, avec laquelle elle n’a communication qu’au moyen d’un pont construit dans la levée de Saint-Corbian".

    Statistique de Jouannet, p. 58.

    Contenance 300ha. "Le marais du Breuil et de Lafitte occupe un bassin dirigé de l'ouest à l'est, entre des croupes graveleuses, à une petite lieue au-dessous de Pauillac. desséché anciennement, puis négligé et retombé dans on premier état. On a repris son dessèchement en 1818".

  • Zones humides

    Le syndicat intercommunal des bassins versants Centre Médoc a été créé par arrêté préfectoral le 13 novembre 1989. Il a initié une réflexion globale sur la gestion de son réseau hydraulique. Il a pour compétence entre autres, d’assurer ou promouvoir toutes les actions nécessaires à la conservation quantitative et qualitative, à l’amélioration et à la meilleure utilisation du patrimoine hydraulique.

    Trois associations syndicales sont présentes sur le syndicat Centre Médoc. Il s’agit de :

    - l’association syndicale du marais de Pibran ;

    - l’association syndicale du marais de Lafite, German et Breuil ;

    - l’association syndicale du marais de Reysson.

    http://www.forum-zones-humides.org/marais-centre-medoc.aspx

Références documentaires

Documents d'archives
  • Marais de Laffitte et du Breuil, 1791-1862.

    Archives départementales de la Gironde : SP 51
  • Police sanitaire maritime, Lazaret de Trompeloup, Bâtiments : Chenaux : ouverture d'un chenal pour l'assainissement du lazaret, achat de terrains, 1833-1850.

    Archives départementales de la Gironde : 5 M 80
  • Associations syndicales de marais. Marais de Lafite, German et Breuil, 1826-1926.

    Archives départementales de la Gironde : 5 Z 194
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 184
  • JOUANNET, Vatar François. Statistique du Département de la Gironde. Bordeaux : La vigne jeune imprimeur, 1837, tomes 1 et 2.

    p. 58
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire