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Chenal de Calon

Dossier IA33007489 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées pont
Dénominations rivière aménagée
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Cadastre : 2015 OA non cadastré ; 1825 A1

La carte de Masse et celle de l'embouchure de la Garonne de 1759 indiquent le chenal d'Estaudun, ondulant au nord du bourg de Saint-Estèphe. Sur la carte de l'Atlas du Département de la Gironde, il est appelé "chenal du petit estey".

L'abbé Baurein indique vers 1784-1786 que de petites embarcations, les "chaloupes", remontaient le chenal de Calon : ce seraient ces petites embarcations qui auraient donné leur nom au chenal.

Le chenal traverse les marais dits de Reysson, gérés par un syndicat formé par les propriétaires riverains, créé par ordonnance royale du 21 décembre 1833.

Au cours du 19e siècle, les problèmes d'écoulement d'eau de ces zones marécageuses sont constants. Deux écluses y ont été aménagées, celle dite de Saint-Corbian et celle de Calon. En 1853, la section moyenne du canal était de 2m à 3m de large. L'envasement a réduit la pente qui permettait l'écoulement des eaux ; les travaux de curage sont donc nécessaires.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle

Le chenal de Calon traverse la commune de Saint-Estèphe d'ouest en est : il passe entre les hameaux de Pez et Saint-Corbian, puis contourne le château de Calon Ségur par le nord. Il rejoint ensuite l'estuaire.

Couvrements
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Abbé Baurein, Variétés bordelaises

    p.192 : Maison noble de Calon (…).

    Anciennement il existoit un chenal qui traversoit le marais de Verteuil depuis son extrémité vers le couchant, jusqu’à la rivière de Gironde, où il avoit son embouchure. (…) Ce chenal étoit assez spacieux pour que des petites barques, que nous appelons Chaloupes, pussent y entrer et en sortir aisément. (…) Il y a encore à présent un lieu dans ce marais, auprès de la levée de Saint-Corbian, qui retient le nom de Calupeyre. Or les matelots de Pauillac, Paroisse voisine de Saint-Estèphe, appellent encore à présent (en langage du pays), Calup, ce que nous appellons chaloupe en François.

    D’un autre côté, si on consulte le Dictionnaire Celtique de M. Bullet, on trouve que les mots cal, calon, signifoient bois anciennement ; et calones, des petits vaisseaux qui portoient du bois aux soldats. Que conclure de là ? Sinon que les petits vaisseaux ou chaloupes, qui entroient en ce chenal, y alloient prendre leurs charges de bois, dont les Paroisses qui bordoient ce chenal, ou qui en étoient voisines, étoient anciennement beaucoup plus pourvues qu’elles ne le sont maintenant, et que c’est ce qui a occasionné, selon les apparences, les dénominations de Calon ou de Calones, qui sont trop analogues pour n’avoir pas la même origine.

  • Documentation sur les marais de Reysson

    Archives Bordeaux Métropole, Fonds Lawton, 211 S 273 :

    - Ordonnance du Roi Louis-Philippe, 21 décembre 1833

    Vu la délibération en date du 10 mai 1830, par laquelle les propriétaires compris dans la communauté des marais de Reysson, département de la Gironde, ont déclaré renoncer au mode d’administration qui les avait régis jusqu’alors, et ont demandé qu’un nouveau mode, plus conforme à l’esprit de la loi du 16 septembre 1807, fut adopté ;

    Vu la délibération du 21 juin par laquelle les mêmes propriétaires ont nommé une commission provisoire chargée de représenter les intérêts de la communauté et de préparer un règlement d’administration publique ;

    Vu le projet de règlement prescrit le 23 octobre 1830, par cette même commission(…)

    Formation d’un syndicat : les propriétaires des marais de Reysson, Verteuil, St Estèphe et St Seurin formeront une Société sous le nom de Société des marais de Reysson.

    - Copie – Marais de Reysson – 16 août 1888

    1) Estey de Calon : l’estey de Calon ne remplit pas, comme nous l’avons constaté les conditions d’évacuation des eaux du marais pour lesquelles il semble avoir été créé. Ce canal devait être utilisé comme évacuateur de la zone sud ; pour cela il faudrait abaisser de 0,70 le radier de l’écluse de St Corbian et approfondir la sole du canal. Les eaux des prairies des terres blanches et de la palu du Parc s’écouleraient alors par cette voie dans la Gironde au lieu de se diriger vers le marais pour aller se jeter dans l’estey d’Un. Ces travaux faciliteraient en outre l’introduction des eaux limoneuses propres au colmatage. Cette amélioration très importante ne pouvant pas être entreprise immédiatement à cause des lenteurs que nécessiteront la présentation et l’approbation d’un projet des travaux à exécuter, il y aurait lieu de s’occuper d’abord d’exécuter le curage de ce chenal à vieux fond et à vieux bords, conformément au titre 1er de la loi du 21 juin 1865. Ces travaux pourraient être mis à la charge des propriétaires riverains (voir les archives du syndicat et les usages locaux à ce sujet).

    Dans tous les cas, la section moyenne de ce canal en 1853 était de 2m de largeur au plafond et de 3m à sa partie supérieure. Par ce curage, on régulariserait la sole du canal en établissant une pente uniforme entre les radiers des écluses de Calon et de St Corbian. Le curage devra donc comprendre les travaux nécessaires pour ramener les différentes parties de ce cours d’eau à ses largeurs et profondeurs primitives en faisant disparaître en même temps les ponts et barrages qui y sont établis sans autorisation. Les travaux les plus urgents à exécuter sont ceux de la partie de l’estey en aval de l’écluse de Calon, surtout à son embouchure où il est complètement obstrué par les dépôts de vase. Cette première amélioration est appelée à produire de bons résultats, surtout si l’on considère que les travaux exécutés seront acquis quel que soit le projet auquel on s’arrêtera. Ce canal ainsi rétabli pourra même être utilisé pour introduire les eaux limoneuses en amont de St Corbian. Il sera nécessaire, pour cela, d’établir avec les produits du curage, à certains endroits, des digues longitudinales de 1m de hauteur notamment sur la rive droite en face de Calon. Pour l’introduction du flot la manœuvre de la vanne devra être réglementée.

    2) Estey d’Un : l’estey d’Un se trouve à peu près dans des conditions normales et sa profondeur peut être facilement maintenue au moyen du bac cureur. L’amélioration à apporter à cette voie d’écoulement signalée par les ingénieurs et qui consiste à abaisser le radier du pont de la Calupeyre de 0,29 ? en moyenne à la base ? de l’écluse de l’estey d’Un et le [ ?] de l’écluse de l’estey d’Un de 0,05m peut être entreprise avec avantage. Même dans les conditions où il se trouve, ce canal peut être utilisé avec grand profit pour amener les eaux limoneuses dans le marais pendant l’été. On obtiendrait ce résultat en opérant régulièrement le curage ou le faucardement ? des canaux de ceinture et des principaux fossés du syndicat de manière à faire écouler le plus rapidement possible les eaux supérieures du marais dans le canal. Les diverses natures de culture ne permettant pas, sans nuire à des intérêts particuliers, la submersion des terrains du marais par les eaux du fleuve, il conviendrait pour ne pas être arrêté par cette considération et en vue d’obtenir un colmatage rapide, d’établir des digues longitudinales de 1m de hauteur sur les deux rives du canal entre le pont de la Calupeyre et celui de la Motte Blanque et de rétablir la vanne de ce pont. L’établissement de ces digues permettrait l’introduction d’une plus grande quantité d’eaux limoneuses, qui seraient mises à la disposition des propriétaires qui voudraient colmater par inondation après avoir, au préalable, indiqué eux-mêmes leurs terrains. Si l’on entrait dans cette voie, les fossés d’écoulement du syndicat devraient être, eux aussi, endigués ; cela serait très facile à obtenir avec les produits du curage et, par conséquent, sans grande dépenses. Ces digues empêcheraient aussi, en temps ordinaire, les inondations des terrains par les eaux supérieures du marais. Quoiqu’il en soit on peut dans l’état actuel faire du colmatage, moins rapide il est vrai, en introduisant régulièrement les eaux du fleuve dans le canal et dans les fossés aboutissant et ensuite faire le récurement de ces fossés et en porter les produits sur la superficie des terrains. Pour obtenir le colmatage, il sera nécessaire dans tous les cas de déterminer une réglementation bien définie de la manœuvre de l’écluse de l’estey d’Un et de celle de Calon, de manière que toutes les fois que cela sera possible les eaux du fleuve pénètrent dans les canaux. Cette question très importante de la manœuvre des vannes a dû être complètement abandonnée depuis longtemps au grand préjudice de l’amélioration du marais de Reysson. C’est un des points sur lequel il faut attirer l’attention des intéressés. Dans l’intérieur du marais, il existe des fossés sur lesquels on a établi des ponts en terre qui forment barrage et arrêtent l’écoulement des eaux. Cette situation des plus irrégulières d’abord au point de vue du dessèchement constitue pendant les chaleurs un grand danger pour la salubrité publique. Il convient de demander la démolition de ces ponts et de n’autoriser, à l’avenir, que la construction de ceux qui ne réduiraient pas la section des fossés sur lesquels ils sont établis.

    (…)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds Lawton, 19e siècle.

    Archives municipales, Bordeaux : 211 S 273
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 184
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