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Château Talbot

Dossier IA33004828 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, jardin, pièce d'eau, château d'eau, orangerie
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Talbot
Cadastre : 1825 B1 34 à 41 ; 2011 B2 134 à 137, 140

Au milieu du 18e siècle, le château Talbot est connu sous le nom "Delage", nom de Jean-François Delage qui en est alors propriétaire et à qui l'on doit certainement la construction de la chartreuse initiale.

A sa mort en 1775, ce sont ses soeurs qui en héritent : Thérèse-Eléonore Delage, épouse de Jean de Chillaud des Fieux, président au parlement de Bordeaux et Angélique-Pétronille Delage, épouse de Jean-François de Chavailles de Fougeras, conseiller au parlement.

C'est l'une des filles de ces derniers, Marie-Angélique Bernardine de Chavailles, épouse de Jean-Jacques d'Aux de Lescout qui hérite du domaine. Pendant la Révolution, il n'émigre pas et est emprisonné quelques mois à Lesparre. Il meurt en 1813 et son fils Henry-Raymond d'Aux de Lescout, devenu marquis d'Aux-Lally, s'occupe du domaine. C'est lui qui procède à l'agrandissement du château en 1821-1822 avec l'architecte Gabriel-Joseph Durand. Les travaux restent inachevés et le pavillon nord n'est pas réalisé. Un tableau (conservé au château et signé "Ach. de Valmont fecit") montre le projet initial avec les deux pavillons. La photographie publiée dans l'ouvrage d'Alfred Danflou vers 1867 permet de mesurer les modifications apportées par Durand : l'ajout du pavillon sud mais également d'une balustrade d'attique sur le corps de logis principal. La toiture est encore à cette époque à croupes et en tuiles creuses ; la toiture brisée en ardoise est donc une modification postérieure. En 1899, le domaine est vendu à un notaire, Me Albert Claverie et appartient depuis 1918 à la famille Cordier. Les intérieurs du château conservent la distribution d'origine ; toutefois, une chapelle a été aménagée dans un petit salon. Le décor de lambris avec la représentation d'armoiries familiales date probablement de la fin du 19e siècle, en tout cas après 1863 date du mariage entre Armand-Gérard d´Aux de Lescout et Yseult de Bouillé, dont on trouve les armoiries. Les bâtiments de dépendance en retour d'équerre à l'ouest forment une cour en U, déjà visibles sur le plan cadastral de 1825. Ils ont toutefois été remaniés au cours du 20e siècle : l'aile sud abrite aujourd'hui le cuvier inox et des logements secondaires et l'aile nord dédiée aux chais a été agrandie. Un vaste cuvier avec des cuves en bois a été construit dans les années 1970, et parallèlement à ce dernier, le bâtiment avec accueil, bureaux et espaces de conditionnement et expédition a été ajouté en 1992-1994. Enfin, en 2011, un nouveau chai a été construit par les architectes Paul Nairac et Gérard Vacheyrout.

Le château d'eau a dû être construit au cours du 20e siècle.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Secondaire : 1er quart 19e siècle
Dates 1820, daté par source
Auteur(s) Auteur : Durand Gabriel-Joseph,
Gabriel-Joseph Durand (1792 - 1858/11/08)

Père de Pierre Charles Durand, dit Durand fils, architecte départemental.


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architecte, attribution par source
Auteur : Nairac Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Vacheyrout Gérard, architecte, attribution par source

Les bâtiments sont disposés autour d'une cour fermée, la demeure formant le côté oriental et les ailes de dépendance en retour d'équerre, au nord et au sud, abritant chais, cuvier et logements secondaires.

Le corps de logis est en rez-de-chaussée et étage de comble, flanqué au sud d'un pavillon à étage de plan carré. La façade sur jardin du logis présente 7 ouvertures, réparties selon 3 fenêtres en arcs segmentaires de part et d'autre d'une porte en plein-cintre. La toiture brisée en ardoise est dotée de lucarnes cintrées en zinc et d'une balustrade d'attique. Le pavillon présente en revanche des fenêtres à plates-bandes au rez-de-chaussée et surmontées d'une corniche à l'étage. A l'intérieur, le salon principal est doté de cheminées et de lambris en bois, avec des solives et des consoles ornées d'armoiries peintes. Le jardin potager est situé au sud des bâtiments, avec une orangerie et une pièce d'eau rectangulaire.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée, étage de comble, 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés
toit à longs pans
croupe brisée
croupe
Techniques sculpture
peinture
Représentations balustre armoiries
Précision représentations

Armoiries d'Elisa de Lally-Tolendal, femme d´Henry-Raymond d´Aux de Lescout : d'argent à trois aigles de gueules les têtes contournées portant chacune au bec un rameau d'olivier de sinople et accosté de trois croissants figurés tournés mal-ordonnés d'azur. Cimier une aigle de l'écu. Devises : 1- JUST AND VALIANT ; 2- INTAMINATIS FULGET HONORIBUS. Armoiries de la famille d´Aux de Lescout : D´or à trois rocs d´échiquiers de gueules, parti aussi d´or à trois fasces de gueules.

La famille d´Aux de Lescout porte d´or à trois rocs d´échiquiers de gueules, et les armes d´or à trois fasces de gueules sont celles de la famille de Goth : au 13e siècle, Pierre d´Aux aurait épousé Jeanne de Goth, tante de Clément V (Bertrand de Goth). Armoiries d'Yseult de Bouillé, femme d´Armand-Gérard d´Aux de Lescout, fils des précédents : De gueules à la croix ancrée d'argent.

Estuaire

TRAVEE 10
FORBAIE arc segmentaire (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) ; arc plein-cintre (porte) ; bossage (porte) ; bossage (fenêtre) ; corniche (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
ORIENT est
VUE vue étendue
CLOT piliers de portail ; haie ; allée d'arrivée
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des ouvrages de Cocks et Féret

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1949 (11e édition).

    p. 188 :

    La superficie du domaine est maintenant de 175 hectares environ d'un seul tenant, dont 35 en vignes encépagées principalement en cabernets-sauvignons et petits-verdots.

    Les chais modernes sont de luxueuse tenue, et le cuvier entièrement modernisé.

    M. Georges Cordier, propriétaire, a de plus donné à son domaine une extension agricole remarquable qui, par sa puissante machinerie, son élevage bovin de races pures et sélectionnées, son haras de chevaux de trait de race ardennaise, fait du château Talbot une sorte de propriété modèle très visitée par ceux qui veulent y recueillir des enseignements ou bénéficier des expériences faites.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 585

    Cet imposant vignoble doit son nom au connétable Talbot, homme de guerre anglais défait à la bataille de Castillon. Acquis au début du XXe siècle par Désiré Cordier, il est aujourd'hui la propriété de ses arrières-petites-filles Lorraine Rustmann-Cordier et Nancy Bignon-Cordier.

    Liste des propriétaires et productions mentionnés dans les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks, 1850 : Talbot (d'Aux : 130 tonneaux).

    Cocks 1868 : marquis d'Aux 110 à 130 tonneaux.

    Cocks 1874 : D'Aux-Talbot : d'Aux 100 ? tonneaux.

    Cocks 1881 : D'Aux-Talbot : d'Aux 100 tonneaux.

    Cocks 1893 : D'Aux-Talbot : d'Aux 100 tonneaux.

    Cocks 1898 : D'Aux-Talbot : d'Aux 100 tonneaux.

    Cocks 1908 : Claverie notaire : 150 tonneaux (illustration, p. 227).

    Cocks 1949 : Georges Cordier : 140 tonneaux (illustration p. 188).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde, 5 J 106 : Fonds Durand : correspondance avec le comte d'Aux, 1821-1822.

Documents figurés
  • Plans pour le château de M. le comte d'Aux. Papier, encre, aquarelle, par Durand, Gabriel-Joseph, octobre 1820 [AD Gironde, Fonds Augereau, 4 J 622].

Bibliographie
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 134
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 142-143
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1949 (11e édition).

    p. 188
  • COUDROY DE LILLE, Pierre. La château Talbot à Saint-Julien-Beychevelle. Document dactylographié, [s. d.], [s. n.].

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 2, p. 9-11
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 72-73
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire