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Château Sénilhac

Dossier IA33006693 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, pigeonnier, parc, vivier, remise, puits
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Lesparre
Adresse Commune : Saint-Seurin-de-Cadourne
Lieu-dit : Sénilhac
Adresse : 15 route de Lesparre
Cadastre : 1831 C2 1626 à 1635 ; 2014 C1 367, 9367

Le château « Sainillac » est mentionné sur la carte de Masse de 1709, composé de bâtiments formant une cour fermée et entouré d’un bois aux contours circulaires et de vignes à l’est. La même configuration figure sur la carte de 1759, le bois étant semble-t-il clos de murs. Sur la carte de Belleyme, levée entre 1763 et 1764, deux moulins relevant de Sénillac et implantés au nord du domaine sont également figurés.

Le 12 mai 1766, Jean-Baptiste Basterot achète la propriété à Mademoiselle de Pichon sous forme d’une rente viagère de 1 000 livres. Elle est composée de métairies, de moulins à vent, de granges, d’écuries, de chais et cuviers.

A la mort de Jean-Baptiste en 1788, son fils Barthélémy hérite du domaine ; néanmoins, pour des raisons financières, il est contraint de se séparer de Sénilhac un an plus tard en le revendant aux négociants Pierre Crucier et Pierre Vergnes pour la somme de 150 000 livres.

Sur le plan cadastral de 1831, le domaine est composé de deux ensembles, l'un à l'ouest, l'autre à l'est. Du premier ensemble sont conservés les chais et cuviers ; on note que la maison n'est pas construite à cette époque. D'après les augmentations et diminutions du cadastre, une maison est démolie (parcelle C 1628) en 1855 et une nouvelle est édifiée en 1856 sur la parcelle C 1629. Les moulins qui faisaient autrefois partie du domaine sont détruits.

D’après les différentes éditions de l'ouvrage de Cocks et Féret, de 1850 à 1908, le château représente la plus importante production de vin de la commune (de 150 à 250 tonneaux).

La famille Coiffard est propriétaire dans le 3e quart du 19e siècle : c'est à Jean-Baptiste Coiffard que l'on doit d'importantes transformations, comme l'indiquent les augmentations et diminutions du cadastre. Outre la construction d'une nouvelle demeure, il fait édifier une remise en 1860 (parcelle C 1630) et deux maisons (parcelle C 1632) en 1869.

Puis le domaine revient au négociant Armand Lalande. Celui-ci atteint en 1898 la production de 250 tonneaux dont 15 tonneaux de vin blanc. Ses héritiers lui succèdent au début du 20e siècle. Le régisseur Paul Skawinski gère la propriété. Trois plans du domaine sont dressés par l'architecte Ernest Minvielle (non datés) : celui-ci est probablement sollicité par Armand Lalande pour apporter quelques améliorations au domaine à la fin du 19e siècle. Ces plans fournissent en tout cas un état des lieux de la propriété et permettent d'identifier la fonction des différents bâtiments.

"L'enclos de Sénilhac" est ainsi composé, à l’ouest : de la maison de maître avec cuisine, avec à proximité une remise et une écurie, les cuviers et les chais, une maison pour l’homme d’affaires, des volières, un hangar, un jardin potager et une cour d’exploitation ; à l'est, et à distance de la maison, se trouvent les parties agricoles et les logements d'ouvriers (deux maisons pour les vignerons, une maison pour les valets, une grange et un parc à bœuf, une volière, un bassin vitriole et un jardin pour les valets) : cette partie constitue aujourd'hui le domaine d'Aurilhac. La propriété est également agrémentée au sud d’un grand parc doté d’un vivier, de garennes et de parterres. L’entrée principale s’effectue au nord-ouest, depuis la voie de communication Lesparre-Saint-Seurin. Les vignes s'étendent au sud, à l’est et à l’ouest.

En 1938, lorsque la famille Grassin rachète Sénilhac, la propriété ne compte plus que 3 hectares de vignes. L'ensemble est divisé en deux propriétés distinctes : Château Sénilhac (partie ouest) et Château d’Aurilhac (partie est). Michel Grassin restructure le vignoble en 1972. Les bâtiments d'exploitation sont remaniés en 1981. Au début du 21e siècle, le domaine produisait 133 tonneaux et comprenait 20 hectares de vignes. En 2017, Château Sénilhac est vendu à l'entrepreneur chinois Chi Tong qui le rebaptise "Château Antilope Tibétaine".

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Minvielle Ernest, architecte, attribution par source

Le domaine de Sénilhac est situé à l'ouest de la commune. Il est composé d'un logis, de bâtiments viticoles et de dépendances agricoles, entourés de vignes et de bois.

Le logis, à étage carré, est complété par une annexe en rez-de-chaussée qui abritait la cuisine. La façade principale au sud, rythmée de 5 travées, est marquée par un bandeau médian et une corniche moulurée. La façade nord est identique.

Les bâtiments d'exploitation, à l'ouest et à l'écart du logis, sont composés de trois vaisseaux parallèles, de 36 mètres de long. Ils sont construits en moellon de calcaire et s'adaptent à la déclivité du terrain. Un espace sépare les deux vaisseaux principaux, permettant de nettoyer les barriques. Le bâtiment sud abrite le cuvier, identifiable par les anciennes baies de décharge, aujourd'hui murées, qui permettaient la réception de la vendange. Il abrite aujourd'hui des cuves en inox. Avec la déclivité du terrain, il est semi-enterré. Le chai à barriques est doté de jours d'aération percés régulièrement sur le mur gouttereau nord.

Au sud des bâtiments viticoles, les bâtiments de dépendance sont également construits en moellon de calcaire. Selon les plans dressés par l'architecte Ernest Minvielle, on peut identifier un ancien chai, présentant un large pignon percé d'une porte cintrée et d'une autre porte accessible par un escalier droit greffé à la façade. Des trous d'envol de pigeonnier sont également visibles. L'ancienne remise et le logement du maître ont été restaurés : le bâtiment est doté d'une tour carrée percée de trous d'envol. A l'ouest, l'ancienne cour d'exploitation est fermée par un mur en moellon avec portail à piliers maçonnés ; un hangar agricole est adossé au mur sud.

Murs calcaire enduit
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
Typologies IC4

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO coteau
ORIENT sud
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Registre des augmentations et des diminutions des matrices cadastrales, domaine de Sénilhac

    C 1614 : fournière, construction nouvelle, 1874.

    C 1622 : maisons, 4 constructions nouvelles 1863, Coiffard.

    C 1622 : maisons, 2 constructions nouvelles 1880.

    C 1622 : maisons, 2 constructions nouvelles 1872, 1869.

    C 1624 : maisons, 3 constructions nouvelles, 1869.

    C 1624 : maison, construction nouvelle, 1870.

    C 1628 : maison démolie en 1855, Jean-Baptiste Coiffard.

    C 1629 : maison, construction nouvelle, 1856.

    C 1630 : remise, construction nouvelle, 1860.

    C 1632 : maisons, 2 constructions nouvelles, 1869

    C 1632 : 2 maisons démolies, 1874.

    C 1633 : maison démolie en 1874.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plans de l'enclos de Sénilhac. Dessin, encre, papier, par Ernest Minvielle, s.d. [4e quart 19e siècle].

    Archives municipales, Bordeaux : 150 S [fonds Minvielle] : rec. 233, sénilhac 7-9
Bibliographie
  • MÉRIC jean-Pierre. De Ségur à Phélan. Histoire d'un vignoble du Médoc. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.

Périodiques
  • MÉRIC Jean-Pierre. « Les Basterot : une famille de propriétaires fonciers en Médoc au XVIIIe siècle ». Les Cahiers Médulliens, 2000, n° 33.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer