Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château Sénéjac

Dossier IA33005432 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, pavillon de jardin, serre, vivier, mur de clôture
Dénominations château
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Le Pian-Médoc
Lieu-dit : Sénéjac
Adresse : Sénéjac
Cadastre : 1843 B2 324 ; 2012 AE 1
Précisions


Le château de Sénéjac est le siège d'un ancien fief qui remonterait au milieu du 16e siècle. Un arrêt du Parlement de Bordeaux en 1589 mentionne un "François de Bloys, fils aîné de feu maistre Nicolas de Bloys, en son vivant, conseiller du Roy en ladite cour, et sieur de Senilhac, en médoc [...]". À la fin du 16e ou au début du 17e siècle, une campagne de construction semble s'amorcer, à laquelle il est possible de rattacher le corps d'entrée (grande baie à allèges avec motifs pendants) ainsi que le jardin, protégé par un mur de clôture en moellon avec pavillons d'angle en grand appareil et charpente à enrayure. En 1631, la "maison noble" de Sénéjac est possédée par Pierre d'Ornano, abbé de Sainte-Croix puis maître de camps du duc d'Orléans, fils du maréchal de France Alphonse d'Ornano. Ce dernier, illustre personnage sous Henri IV, aurait pu commander les travaux après les guerres de Religions, au vu de l'absence d'éléments défensifs.

Le plan de la demeure, corps de logis flanqué de deux pavillons rectangulaires, est représenté sur un tableau peint par Antoinette Baour en 1824. La peinture, vue depuis le grand vivier, montre un bâtiment qui possède quelques caractéristiques du début du 17e siècle : fenêtres à frontons triangulaires, motifs pendants au niveau de l'allège, chaînages d'angles à bossage harpé 1 sur 2.

Pour le reste du 17e siècle, aucun renseignement nous est parvenu, ni pour le début du 18e siècle. En 1746, le conseiller au Parlement de Bordeaux Joseph-Ignace de Chatard achète Sénéjac pour 52 000 livres. La famille de Chatard, endettée, est contrainte de vendre le domaine en 1792 à un neveu, Jean-Louis Baour, futur maire du Pian. Il réalise des constructions ou transformations puisque Edouard Guillon relève de nombreuses dates portées de 1805, lors de son passage en 1867 (dates qui ne sont plus visibles aujourd'hui). Cet état se retrouve sur la peinture au début du 19e siècle (fenêtres en arc segmentaire notamment).

Plusieurs propriétaires se succèdent à la suite de J.-L. Baour, jusqu'au rachat par Jacques Causse en 1855. Négociant bordelais, membre de la Société Impériale d'Acclimatation, il va transformer le domaine agricole : introduction de nouvelles cultures (sorgho à sucre), terres mises en prairies à vaches et moutons, construction d'une vacherie moderne, amélioration d'autres bâtiments, servitudes... pour un montant de 2 000 francs de travaux.

L'habitation semble la même depuis 1843 : un grand corps de logis avec deux rangées de servitudes, et aménagements paysagers. En 1860, la famille De Guigné acquiert le domaine et transforme le logis : leurs armoiries avec couronne comtale au-dessus de la porte de l'avant-corps (dans le style du 17e siècle du corps de passage) en témoignent. La silhouette du bâtiment est aussi modifiée par la création d'un étage de comble avec de grandes lucarnes à fronton triangulaire, d'une tour d'angle quadrangulaire à l'est et par le surhaussement de la tour ouest. Le bâtiment bas couvert en terrasse côté cour paraît contemporain de ces agrandissements. Ces constructions ont été réalisées dans les années 1890, si l'on en croit l'édition du Cocks et Féret de 1898 : "Le château a été restauré et agrandit récemment". Le supplément de 1901 montre effectivement les changements opérés par les De Guigné. Une serre a dû être ajoutée peu après, travaux contemporains de la réfection des bâtiments agricoles.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , (?)
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 17e siècle

L'ensemble du domaine de Sénéjac se situe à l'est de la route qui mène à Arsac. Prolongé par ses vignes au nord et à l'ouest, un parc et une jalle au sud, il s'arrête au niveau de la route qui le sépare du hameau à l'est. il comprend un grand nombre de dépendances.

Le logis se compose d'un corps rectangulaire principal, encadré de deux pavillons, eux-mêmes flanqués d'une petite tour d'angle. Un pavillon central, légèrement décentré, forme avant-corps sur cour.

Huit travées scandent la façade principale. On note peu de décor pour les encadrements de baie hormis pour l'avant-corps, plus soigné. La porte qui lui donne accès est encadrée d'un appareillage à bossage un sur deux, avec imposte, divisée par un meneau, le tout surmonté d'un fronton enroulé interrompu par les armoiries de la famille De Guigné avec une couronne comtale. Au premier étage, une grande baie passante à fronton triangulaire et denticules rampantes, éclaire l'escalier (?). Sous la corniche de la partie droite du corps principal, court une frise d'arceaux.

L'étage de comble est percé de six lucarnes à fronton triangulaire. Devant le pavillon ouest, un bâtiment bas est couvert par un toit terrasse, avec balustres.

La tour d'angle nord est percée de plusieurs fenêtres rappelant un style néo-médiéval. La corniche est ornée de consoles moulurées. Un bâtiment bas, à trois pans, lui est accolé.

Côté jardin, le corps central est encadré par les deux pavillons, saillants sur cette façade. Le rez-de-chaussée est percé de trois fenêtres et deux portes excentrées ; une baie par étage pour les pavillons (avec fronton triangulaire pour le premier étage et les lucarnes). Le rez-de-chaussée ouvre sur une terrasse couverte faisant galerie avec carrelage à mosaïque au sol. À l'étage,les six fenêtres donnent sur une grande terrasse.

À l'angle ouest, se trouve une petite tour d'angle ou cabinet, faisant la hauteur du corps de logis, percé d'une fenêtre par niveau, le tout surmonté d'un étage à plusieurs pans éclairé par des jours verticaux, couronné d'une corniche à consoles moulurées et coiffé d'un toit polygonal.

L'ensemble de la demeure est couverte en ardoise.

Dans la cour, une fois le portail passé au nord, deux rangées de servitudes se font face. À l'ouest, le garage ou remise est encadré par différents logements (bas ou à étage) et prolongé par l'ancien passage d'entrée du château.

À l'est, un grand corps de bâtiment abritant les dépendances (chais, ancien cuvier) possède une galerie sur poteaux de bois. Perpendiculaire au chai, le nouveau cuvier donne, au sud, sur le jardin (anciennement potager) entouré d'un mur d'enceinte contre lequel s'appuient une serre et deux pavillons circulaires couverts en ardoise, aux angles nord et sud. Entre le jardin et le logis s'étend un parc paysager avec viviers et plans d'eau alimentés par une source surgissant au pied du logis. Successivement, un abreuvoir puis trois bassins s'alimentant chacun par une chute, se jettent dans la jalle au sud.

Murs calcaire pierre de taille enduit partiel
bossage
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Couvertures toit en pavillon
toit polygonal
toit à longs pans croupe
Énergies
Techniques sculpture
maçonnerie
Représentations armoiries, symbole personnel
Précision représentations

Armoiries de la famille de De Guigné : d'argent à trois maillets de gueule.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Description du domaine de Sénéjac, 1859

    Extrait de l'Annuaire de l'Institut des provinces, des sociétés savantes et des congrès scientifiques

    "M. Jacques Causse a acquis, en 1855, le domaine de Sénéjac, dans un état de culture pitoyable. Son premier soin a été de réparer les vignes et d'en drainer une partie ; il a été l'un des propagateurs du soufrage. La belle récolte qu'il a obtenue l'an dernier l'a bien récompensé de ses soins.

    Voulant faire de la culture progressive à laquelle on n'arrive que par de grandes masses d'engrais, il a marché résolûment vers une grande production fourragère, créé des prairies naturelles, semé des choux et des betteraves et surtout adopté le sorgho à sucre sur une très-grande échelle.

    Il a élevé de nouvelles étables et rétabli les anciennes; il pourra loger 74 têtes de gros bétail, il en nourrit déjà 60. Pour faire consommer ses produits, il a introduit un troupeau de vaches d'Ayr qu'il croise avec les meilleurs taureaux indigènes. Les vaches d'Ayr sont pour les Landes une précieuse introduction, car elles s'y acclimatent avec une facilité surprenante.

    Il a également croisé les brebis des Landes avec les angli-mérinos avec un succès complet.

    Pour la race porcine, il a introduit les Yorkshire qu'il croise avec les Craonnaus. Il a une basse-cour composée des volailles les plus recommandables.

    Enfin, il y a plus d'un an, il reçut de l'établissement de pisciculture d'Huningue des œufs fécondés de saumon du Rhin, et aussi des écrevisses venant de la Meuse; il mit le tout dans une belle pièce d'eau de source.

    Il avait cru que tous ses petits saumons avaient successivement disparu, lorsque, il y a peu de jours, on en a vu plusieurs, et de très-vigoureux, ayant déjà plus de 30 centimètres de long.

    Jusqu'à l'hiver, les écrevisses avaient paru très-agiles; on ne sait pas encore si elles ont résisté.

    Ces diverses acclimatations de plantes et d'animaux exotiques, faites sur une échelle aussi considérable, le succès complet qui les a accompagnées, sont des faits très-remarquables et qui méritaient une sérieuse attention".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde. H 518. Collations. "Cession faite par Pierre d'Ornano, seigneur de Sainte-Croix", 25 octobre 1631.

    Archives départementales de la Gironde : H 518
Bibliographie
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    t. 2, p. 106-107
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 123
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 128-129
Périodiques
  • GAYOT Eugène. "La prime d'honneur de la Gironde". Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie, t.12, 1860.

    p. 411-413
  • IVOY Armand-Joseph. "Observations sur quelques perfectionnements apportés dans la culture des Landes et notamment dans une commune des landes du médoc". Annuaire de l'institut des Provinces, des sociétés savantes et des congrès scientifiques, t. 11, Paris, 1859.

    p. 354-355
  • LÉPICIER Jules. "État des biens fonds des officiers du Parlement". Archives historiques du département de la Gironde, t. 44, 1909.

    p. 379
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian