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Château Saint-Pierre, Domaines Henri Martin

Dossier IA33004826 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Château Saint-Pierre-Bontemps
Parties constituantes non étudiées jardin, portail
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Beychevelle
Cadastre : 1825 D2 360 à 363 ; 2011 D4 1801

Le domaine de Saint-Pierre, appelé autrefois Serençan, est attesté dès 1693, appartenant au Marquis de Cheverry. Il est acheté en 1767 par M. de Saint-Pierre qui lui donne son nom. A sa mort en 1832, ses deux filles se partagent le domaine : l'une mariée au colonel Bontemps-Dubarry reçoit la moitié des vignobles, les chais et le château ; l'autre épouse un suédois, Luetkens, et reçoit le reste des vignes. Le colonel Bontemps Dubarry, petit-fils de M. de Saint-Pierre, devient propriétaire en 1836 : le domaine prend alors le nom Château-Saint-Pierre-Bontemps-Dubarry. Dans les années 1880, son fils reprend le domaine avec son beau-frère M. Kappelhoff, chef de la maison Journu frères. En 1892, Léon Sevaistre reprend une moitié du domaine (celle de Mme de Luetkens), deux étiquettes cohabitent alors : Saint-Pierre Sevaistre et Saint-Pierre-Bontemps Dubarry. En 1922, des négociants anversois, les frères Pierre et Charles van den Bussche, réunissent les deux domaines à l'exception des chais achetés par Alfred Martin qui recherchait de la place pour entreposer ses barriques. En 1981, le château Saint-Pierre est acheté par Henri Martin qui rachète également le vignoble du château Saint-Pierre-Sevaistre. En 1991, son gendre Jean-Louis Triaud reprend le domaine. L'Album vignicole de Gustave de Galard (1835) propose une illustration de la demeure appartenant alors aux héritiers Saint-Pierre : elle est composée d'un corps de logis à étage avec 6 travées et d'un pavillon à étage carré et 3 travées coiffé d'un toit à croupes. La division du domaine en deux est matérialisée par la présence d'un mur.

Une photographie d'Alfred Danflou (vers 1867) montre la façade postérieure du pavillon. L’illustration publiée dans l'édition de 1893 de l'ouvrage de Cocks et Féret montre les transformations apportées à la demeure à cette époque : le corps de logis de 6 travées est couvert d'une toiture brisée en ardoise et est complété par un pavillon de deux étages. Le pavillon de trois travées est également doté d'une toiture brisée en ardoise ; vient s'y accoler une partie en rez-de-chaussée, avec une rambarde d'attique. C'est l'aspect actuel du château, excepté la toiture du pavillon qui a été rétablie avec son toit à croupes initial en tuiles creuses. Les augmentations et diminutions des matrices cadastrales donnent quelques indications supplémentaires : en 1875, une augmentation de construction est indiquée (D361), en 1877 une remise est construite (D360) et une augmentation de construction de la maison est réalisée en 1884 (D362).

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

La demeure est située à l'extrémité orientale du bourg de Beychevelle, le long de la route Bordeaux-Pauillac ; elle est entourée d'un parc clos partiellement de murs et de grilles. La façade principale à l'est permet de lire les différents volumes qui composent la demeure : le corps de logis principal à étage carré est ouvert par 5 travées de baies et couvert d'un toit brisé en ardoise doté de lucarnes cintrées. Il est flanqué au sud d'un pavillon d'une travée et de deux étages carrés couvert en ardoise et au nord d'un pavillon de plan carré, large de trois travées, et couvert d'un toit en tuiles creuses avec croupes. A ce pavillon vient se greffer un petit corps de bâtiment en rez-de-chaussée, surmonté d'une rambarde d'attique. Ces deux éléments sont en pierre de taille tandis que la partie sud est en moellon enduit. La porte du pavillon carré est encadrée de pilastres et surmontée d'une corniche. On retrouve ce même décor pour la porte de la façade postérieure du pavillon.

La façade postérieure du corps de logis principal laisse apparaître un niveau de soubassement, correspondant à une dénivellation du terrain.

Murs calcaire
pierre de taille
moellon
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages 1 étage carré, 2 étages carrés, en rez-de-chaussée, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
toit en pavillon
croupe
croupe brisée
Techniques sculpture
Représentations pilastre

Estuaire

TRAVEE 11
FORBAIE plate-bande (fenêtre) ; plate-bande (porte) ; corniche (porte) ; pilastres (porte)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
ORIENT est
VUE vue étendue
CLOT piliers de portail ; grille
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait des ouvrages de Cocks et Féret

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 154

    Le domaine de Saint-Pierre, appelé autrefois Serençan, fut acheté en 1767 par M. de Saint-Pierre qui lui donna son nom.

    Le colonel Bontemps Dubarry, petit-fils de M. de Saint-Pierre, devint propriétaire en 1836 du domaine appelé aujourd'hui Château-Saint-Pierre-Bontemps-Dubarry et prodigua les soins les mieux entendus au vignoble situé au coeur de cette glorieuse pléiade d'élite que forment les crus de Gruaud-Larose, Léoville, Beaucaillou, Lagrange, Langoa et Branaire-du-Luc. Les vins de Saint-Pierre figurent sur le tableau de la classification officielle en tête des 4e grands crus du Médoc (...).

    Ce domaine comprend 28 hectares, dont 20 sont consacrés à la vigne. La maison d'habitation et ses vastes dépendances, sont situés sur la route de Bordeaux à Pauillac, à l'entrée du village de Beychevelle.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1881 (4e édition).

    p. 182

    (...) Cet excellent cru est aujourd'hui la propriété de M. Bontemps-Dubarry fils et de son beau-frère M. Kappelhoff, chef de la maison Journu frères.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 586

    (...) Dès 1693, les archives attestent de l'existence d'une propriété vinicole, appelée alors "Serançan" appartenant au Marquis de Cheverry.

    Sous le règne de Louis XV, le Baron de Saint-Pierre achète ce domaine, lui donne son nom et le conserve jusqu'à sa mort. Son héritage fut partagé entre ses deux filles, ce qui conduisit à la scission de la propriété (...).

    En 1892, Léon Sevaistre reprend une moitié de château tant et si bien qu'à la fin du XIXe siècle, Saint-Pierre se partage entre deux familles et vit sous deux étiquettes : Saint-Pierre Sevaistre et Saint-Pierre-Bontemps Dubarry.

    Dans les années 1920, un négociant anversois, M. van den Bussche, réunit les deux domaines à l'exception des chais achetés par Alfred Martin qui recherchait de la place pour entreposer ses barriques.

    En 1981, c'est la demeure du château Saint-Pierre qu'Henri Martin achète, séduit par le site et l'espace qui lui permettront de construire un chai à bouteilles. 1982, ultime étape, achat du vignoble aux héritiers de M. van den Bussche. Le château Saint-Pierre-Sevaistre est mort, vive le château Saint-Pierre !

    Liste des propriétaires et des productions, mentionnés dans les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks, 1850 : Bontemps Dubarry (50 tonneaux) ; Roullet et Galoupeau (50 tonneaux).

    Cocks 1868 : Mme Bontemps du Barry (50 à 60 tonneaux) ; O. de Luetkens (35 à 45 tonneaux).

    Cocks 1874 : Mme Bontemps-Dubarry (50 tonneaux) ; O. de Luetkens (30 tonneaux) ; illustration p.154.

    Cocks 1881 : MM. Bontemps-Dubarry et Kappelhoff (50 tonneaux) ; Mme O. de Luetkens (30 tonneaux) ; illustration p.183.

    Cocks 1893 : Bontemps-Dubarry et Kappelhoff (60 tonneaux) ; illustration p. 199.

    Cocks 1898 : Bontemps-Dubarry et Veuve Kappelhoff (60 tonneaux).

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 134
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 141
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 329-330
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 586
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 2, p.29-30
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

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