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Château Rosemont-Geneste

Dossier IA33002949 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations château Rosemont-Geneste
Parties constituantes non étudiées parc, cuvage, chai, écurie, hangar agricole
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Labarde
Adresse : chemin de Blanquefort
Cadastre : 1826 B 116 ; 2009 A3 295, 373

La propriété est vendue en 1795 par Marguerite Marginier, veuve de Laurent Faget à Jean Giron, ancien capitaine de navires et Pierre Geneste et Joseph Deyme, courtiers d'assurance. Les bâtiments consistent alors en "une maison pour le propriétaire, logement des cultivateurs, chay, cuvier et autres bâtiments, jardin, vignes, bois, prairie, vimiaire, aubarède et autre nature de fonds, le tout avec ses appartenances et dépendances".

En 1817, le domaine est vendu à Dominique Maurice Lassus, ancien négociant à Philadelphie demeurant commune de Macau. Il revend en 1821 à Pierre Geneste.

Les bâtiments figurent sur le plan cadastral de 1826 et sur une lithographie tirée de l'ouvrage de Gustave de Galard de 1835. Ils sont disposés de telle sorte qu'ils forment deux cours en U fermées par des grilles. Ces bâtiments sont encore en partie conservés, notamment le long bâtiment nord abritant logements et parties viticoles. En revanche la seconde aile en retour vers le sud a été détruite.

La propriété revient en 1849 à Antoine-Félix Dusolier, gendre de Pierre Geneste décédé en 1845. Le domaine apparaît dans l'édition de l'ouvrage de Cocks de 1850 sous le nom Faget-Geneste et produit 40 tonneaux. A cette époque, le domaine comprend : "maison de maître double comprenant cuisine, salle à manger, salon de compagnie, 7 chambres à coucher, chambre de domestique et caveau, éclairée et ouvrant de trois côtés sur cours et parterres, un cuvier assorti de 7 cuves de diverses capacités, toutes cerclées en fer, un pressoir à trois compartiments avec vis en fer, cage, trappe et tous les ustensiles de la vinification, un grand chai à la suite du cuvier, un petit chai à vin vieux, une tonnellerie, un autre grand chai, une salle de billard, une orangerie, une dépêche, une fosse d'aisance avec deux cabinets, un chai à bois, une chambre pour le régisseur, deux cours ayant chacune un puits garni, entourées de bâtiments, plantées de tilleuls, acacias, arbustes et clôturées par une claire-voie donnant vue sur les vignes de la propriété, une vaste basse cour dans laquelle sont des hangars, tous ces articles sont en un tenant".

En 1879, Paul Skawinski, régisseur des propriétés d'Armand Lalande et demeurant jusqu'alors à Cantenac-Brown, acquiert le domaine. En 1883, un plan des bâtiments est dressé par l'architecte Ernest Minvielle : il semble s'agir de la modification de cloisons intérieures au niveau du vestibule d'entrée. Les matrices cadastrales révèlent par ailleurs que le bâtiment abritant le chai est affecté pour le commerce en 1883.

Un plan daté 1890 montre le projet d'aménagement du bureau de Paul Skawinski.

Quelques années plus tard en 1894, l'architecte Minvielle propose les plans pour une extension et la construction d'un logis qui vient compléter et magnifier la chartreuse d'origine. Pavillon, porche, frontons chantournés, baies à traverses et meneaux, couverture en ardoise, toitures débordantes avec aisseliers sculptés : le vocabulaire architectural s'inspire des constructions néo-élisabéthaines en vogue à l'époque.

La propriété reste dans la famille Skawinski jusqu'à nos jours. En 1939 puis en 1950 et 1953, les bâtiments sont divisés au gré des successions familiales ; les vignes sont finalement vendues.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1883, daté par source
Auteur(s) Auteur : Minvielle Ernest, architecte, attribution par source

La demeure, située au sud-ouest du bourg, est entourée d'un parc. Elle se compose de deux parties bien distinctes correspondant à deux étapes de construction.

La partie la plus ancienne en rez-de-chaussée est organisée selon un plan en T qui regroupe une aile sud dont la façade donne à l'est, disposée perpendiculairement au nord à un long bâtiment qui abritait à l'ouest des logements et à l'est chais et cuvier.

La façade est de l'aile sud, côté jardin, est construite en pierre de taille, surmontée d'un garde-corps d'attique avec tables décoratives. La porte principale, encadrée de deux fenêtres, forme un léger ressaut souligné par des pilastres en brique et pierre de taille. La façade est percée de deux autres fenêtres plus larges, aux appuis moulurés et aux allèges en ressaut.

La façade nord du long bâtiment regroupant logement et dépendances viticoles est également construite en pierre de taille et dotée de trois portes aux encadrements travaillés. La porte centrale donne accès aux logements de la partie ouest et de l'aile sud : en arc segmentaire à agrafe et encadrement moulurés, elle est encadrée de pilastres à bossage supportant un entablement et un fronton triangulaire à volutes rentrantes, interrompu par une table décorative sommée d'une boule en amortissement. La porte est donne accès aux chais : elle présente un arc segmentaire à claveaux en ressaut et encadrement à bossage ; le fronton triangulaire interrompu qui la surmonte abrite une table décorative avec l'inscription ROSEMONT GENESTE et des initiales entrelacées avec probablement le S de la famille Skawinski. A l'ouest, la troisième porte, remaniée, est surmontée d´un fronton triangulaire.

Le pignon est de cette vaste aile nord est percée de deux baies de décharge par lesquelles était déversée la vendange. La façade sud était également percée d'une baie de décharge dont on aperçoit encore aujourd'hui la trace dans les maçonneries.

A l'intérieur, certains équipements de l'ancien cuvier sont conservés : pressoir, maie.

La distribution de la partie habitation s'organise selon un vestibule accessible par la porte centrale au nord qui dessert une pièce à cheminée à l'ouest, suivie d'autres espaces remaniés, et un vaste couloir qui distribue les pièces de l'aile sud, à l'est et à l'ouest.

A ce plan en T vient se greffer au sud un corps d´habitation à étage et comble, donnant sur le parc, qui est venu agrandir la chartreuse d'origine. De plan rectangulaire, le logis est agrémenté d'un pavillon carré avec parement de brique et encadrements de baies en pierre de taille. La travée centrale forme pignon aux formes chantournée : un porche en pierre de taille monumentalise l'entrée. Les décrochements de volumes et de toitures, les baies à traverse et meneaux, les cheminées à conduits doubles donnent à la construction un style néo-élisabéthain. Le décor associant écu et phylactères n'a, semble-t-il pas, été achevé (les plans indiquent l'inscription SALVE qui ne semble pas avoir été sculptée).

De l'autre côté de la route au nord, subsiste une partie des dépendances agricoles du domaine, notamment une écurie-hangar.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
Toit tuile creuse, ardoise
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
croupe
États conservations bon état

Estuaire

TRAVEE 0
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire

    Cocks, 1850.

    p. 200

    Faget-Geneste (Dusolier) : 40 tonneaux.

    Cocks, 1881.

    p. 132

    Rosemont-Geneste (P. Skawinski) : 25 tonneaux.

    Cocks, 1893.

    p. 142-144 (avec illustration)

    Le château Rosemont-Geneste est partout limitrophe du célèbre cru de Château-Giscours. Son vignoble est donc admirablement situé et planté avec les deux cépages les plus fins du Médoc : cabernet-sauvignon, cabernet franc. Son vin fin et délicat est très recherché, il est classé en tête des bourgeois supérieurs. M. Skawinski est également propriétaire de Cante-Laude.

    Cocks, 1908.

    p. 152

    Il récolte aussi un vin tout spécial, le Château-Rosemont-Rosé, vin des Dames. Pour l’obtenir, le jus de la grappe ne passe pas par la cuve, il se transforme naturellement en un vin rose, léger, délicat et élégant qui tient un très grand succès. M. Skawinski expédie tous ses vins directement aux consommateurs.

  • Archives privées

    Archives conservées au Château Rosemont-Geneste :

    -Vente par Marguerite Marginier à Jean Giron, 9 ventôse an 3 / 27 février 1795.

    Marguerite Marginier, veuve de Laurent Faget vend à Jean Giron, ancien capitaine de navires, un domaine ou bien de campagne situé à Labarde, consistant en une maison pour le propriétaire, logement des cultivateurs, chay, cuvier et autres bâtiments, jardin, vignes, bois, prairie, vimiaire, aubarède et autre nature de fonds, le tout avec ses appartenances et dépendances ; héritage de son mari suivant le testament du 7 juillet 1762, acte du 9 juillet 1762, Me Banchereau ; vente pour la somme de 70 000 livres.

    -18 ventôse 3e année.

    Le citoyen Jean Giron, ancien capitaine de navires demeurant audit Bordeaux rue Catherine section de la révolution ;

    Le citoyen Pierre Geneste, courtier d’assurance demeurant audit Bordeaux susdite rue Catherine même section ;

    Et le citoyen Joseph Deyme, aussi courtier d’assurance demeurant audit Bordeaux, rue Judaïque susdite section de la révolution ;

    Lequel dit citoyen Giron en conséquence de la faculté qu’il s’est réservée par le contrat ci-après mentionné a déclaré nommer comme il nomme pour propriétaires jusqu’à concurrence des deux tiers et dans la proportion d’un tiers chacun dans le domaine ou bien de campagne situé dans la commune de la Barde en Médoc par lui acquis le neuf ventoze présent mois par contrat au rapport de Mailleres, l’un des dits notaires de la citoyenne Marguerite Marginier veuve de Laurent Faget, moyennant soixante dix mille livres dont trente mille livres sont payées par le dit contrat et les quarante mille livres servent de fonds perdu à une rente viagère de quatre mille livres en faveur de la dite citoyenne veuve Faget, les citoyens Geneste et Deyme ci-dessus nommés ce acceptant (…).

    -1er janvier 1817 : Vente d’un bien de campagne situé commune de Labarde consentie par MM. et dames Giron, Deyme et Geneste en faveur de M. M. Lassus, ancien négociant à Philadelphie demeurant commune de Macau : 26000 frcs. Bizat, notaire.

    Jean Giron, ancien capitaine de navires ;

    Dame Marie Giron, veuve de sieur Pierre Geneste, courtier d’assurance ;

    M. Joseph Deyme, courtier d’assurance ;

    Dame Marie Geneste, épouse du dit sieur Deyme ;

    M. Pierre Geneste, courtier d’assurances ;

    M. Pierre Léon Geneste Demoiselles Jeanne et Rose Geneste ;

    Agissant en leur qualité d’enfants héritiers du dit sieur Geneste ;

    Vendent à Dominique Maurice Lassus, ancien négociant à Philadelphie demeurant sur la paroisse de Macau : Un domaine situé sur la paroisse de Labarde dont le chef-lieu est près l’église et consiste en une maison pour le logement de maître, bâtiments pour les servitudes, pour le logement des cultivateurs et pour l’exploitation, jardin, vignes, preries [sic], bois, vimière, aubarède et autre nature de fonds dont la contenance totale est d’environ 52 journaux de l’ancienne mesure bordelaise et duquel il n’a pas été fait une plus ample désignation attendu que l’acquéreur a dit en avoir une parfaite connaissance.

    Ce domaine a appartenu précédemment à Dame Marguerite Marginier, veuve de sieur Laurent Faget, laquelle en consentit la vente au dit sieur Giron pour lui et pour compte d’ami suivant un acte du 9 ventôse an 3, au rapport de M. Mailleron, notaire de cette ville.

    Inventaire du mobilier.

    -Quittance par les sieur et dame Deyme à M. Dominique Maurice Lassus, 11 décembre 1821, Me Macaire à Bordeaux.

    Jean Giron, ancien capitaine de navires demeurant à Bordeaux, agissant tant en son nom personnel qu'au nom et comme fondé des pouvoirs spéciaux que M. Jean-Guillaume Auguste Geneste, son neveu, habitant la Nouvelle Orléans lui a donnés par acte passé devant M. Gallien Préval, juge de paix de la 2e section de la ville de la Nouvelle Orléans, le 12 avril 1819, contenant en outre approbation et ratification pleine et entière de la part de M. Geneste, du contrat de vente ci-après daté et énoncé ; donne la somme correspondant au tiers du domaine vendu au dit sieur Lassus par le sieur Giron, Joseph Deyme et Marie Giron, Marie Geneste, Pierre Geneste fils, Pierre Léon Geneste, Jeanne et Rose Geneste, enfants et héritiers conjointement avec Jean Guillaume Auguste Geneste.

    - Vente par Maurice Lassus à Pierre Geneste, 28 octobre 1821, Me Macaire à Bordeaux.

    Domaine situé sur le territoire de la commune de Labarde, près l'église (…) consistant en une maison de maître avec tous les bâtiments de servitude et autres, nécessaires pour l'exploitation, jardin, vignes, prairies, vimière, aubarèdes, bois et autres natures de fonds, le tout de la contenance d'environ 16 arpents 60 perches représentant 52 journaux de l'ancienne mesure bordelaise ; domaine acquis par le sieur Lassus des sieurs Giron et Deyme et de la famille Geneste ; sont compris dans la présente vente les vaisseaux vinaires, les instruments aratoires et tous les objets généralement quelconques qui, étant réputés immeubles par destination, se trouvent placés en ce moment sur le domaine vendu ; il est expliqué que les vaisseaux vinaires consistent en deux pressoirs avec leurs gargouilles, deux douils et cinq cuves écoulant ensemble 230 hectolitres ou 24 tonneaux, la plus grande ayant deux cercles de fer et toutes les autres étant cerclées en bois (...).

    -Echanges entre Arnaud Dutruch et Pierre Geneste, 12 décembre 1834.

    Le sieur Geneste a acquis les propriétés du sieur Maurice Labatut dans les graves de Labarde et Macau provenant du partage du bien qui appartenait aux ancêtres du sieur Dutruch dont Labatut avait épousé une fille et en a hérité ; ce qui a amené le morcellement de presque toutes les pièces dont le bien primitif se composait, et nuit actuellement aux 2 propriétaires des fonds ainsi enclavés les uns dans les autres : échanges.

    -Cahier des charges Geneste-Dusolier, 4 juin 1849 : vente par licitation, jugement ; mort de Pierre Toussaint Geneste le 18 avril 1845 : sa veuve (Marie Cécile Mézas) et deux enfants (Pierre fils et Marie Léandre Geneste, veuve en 1ères noces de Jacques Capbern, épouse d'Antoine Félix Dusolier (...) ; 9e lot : maison d'habitation, bâtiments, cours et jardin, la grange et dépendances 29-30-31-57-58-59 + vignes.

    -Extrait des minutes du greffe du tribunal de première instance de Bordeaux, 28 août 1849, Adjudication Geneste, 9e lot ; Licitation en 9 lots des biens de Pierre Toussaint Geneste et Marie Cécile Mézas ; 9e lot : bien de Geneste au bourg et dans la commune de Labarde et dans celles de Macau, Arsac et Cantenac en Médoc, près château Giscours : cette propriété consiste en maison de maître, chais, cuvier et autres bâtiments d'exploitation, cours, jardins, logements de prix-faiteurs, vignes, prés, acacias, bois, taillis, pins, semis, marais ; maison de maître double comprenant cuisine, salle à manger, salon de compagnie, 7 chambres à coucher, chambre de domestique et caveau, éclairée et ouvrant de trois côtés sur cours et parterres, un cuvier assorti de 7 cuves de diverses capacités, toutes cerclées en fer, un pressoir à trois compartiments avec vis en fer, cage, trappe et tous les ustensiles de la vinification, un grand chai à la suite du cuvier, un petit chai à vin vieux, une tonnellerie, un autre grand chai, une salle de billard, une orangerie, une dépêche, une fosse d'aisance avec deux cabinets, un chai à bois, une chambre pour le régisseur, deux cours ayant chacune un puits garni, entourées de bâtiments, plantées de tilleuls, acacias, arbustes et clôturées par une claire-voie donnant vue sur les vignes de la propriété, une vaste basse cour dans laquelle sont des hangars, tous ces articles sont en un tenant et confrontant du couchant par la basse cour la veuve Roy, du midi aux vignes du levant au chemin de Cantelaude et du couchant au chemin qui va à Château Giscours sur lequel est une promenade formée par une rangée de vieux acacias longeant les bâtiments, contenant ensemble 33 a 65 ca ; en face de l'allée d'acacias, une grange et écurie, une cour, un jardin planté de raisin de table et d'arbres fruitiers, une charmille magnifique, une source et un lavoir, le tout en un tenant confrontant du couchant à Rossignol, haie entre deux appartenant au jardin, du nord à M. Jeanty Gondat et au fossé du marais, du levant à M. La Chapelle, haie entre deux et du midi au chemin du château Giscours sur lequel est un mur de clôture contenant ensemble 58 a 65 ca ; aussi en face de l'allée d'acacias, deux logements de prix-faiteurs, jardins, vignes, acacias, érables en un seul tenant confrontant du couchant à la veuve Roy, haie mitoyenne entre deux, du nord-ouest au fossé du marais, du levant à Rossignol, mur séparatif d'une chambre mitoyenne avec lui et du midi au chemin du château Giscours ; dans le bourg, au lieu-dit de Mailleau, un logement de prix-faiteur avec jardin au derrière et emplacement au devant confrontant du nord-est à Furt, mur mitoyen avec lui, du sud-ouest à veuve Armand et du sud est à un chemin de service ; un autre logement de prix-faiteur confrontant du nord-est à veuve et héritiers Renouil, du sud-ouest à veuve Armand et du nord ouest à Rossignol, mur mitoyen dans tous les points contigus et un jardin confrontant à Renouil, à Cardime, à Furt et à la place commune sur laquelle est un puits auquel ces deux logements ont droit de communauté ; pièces de vigne (7 ha 77 ares 70 centiares + vignes + pièces d'acacias + pièces de marais + aubarède + oseraie + au village de Cantelaude deux logements de prix-faiteurs, une grange, un parc à vaches, un chai à vin, une fournière, un hangar sur les deux côtés d'une aire commune avec Dutruch murs mitoyens partout où il y a contiguïté avec leur puits? également commun, un jardin derrière avec des chambres, vignes ;

    Origine de propriété : le corps principal ou noyau primitif du domaine a été acquis de Dominique Maurice Lassus, ancien négociant à Philadelphie et qui habitait alors sur la propriété par contrat du 22 octobre 1821 : il comprenait alors la maison d'habitation, les bâtiments, les cours et jardins, la grange et dépendances (plan 29, 30, 31, 57, 58, 59, 27, 33, 24, 41, 23, 45, 46, 73, 68, 60, 61, 76, 10, 11, 62, 63) ; Lassus décède à Labarde le 9 janvier 1823 ; acquisition du domaine par Lassus le 1er janvier 1817, contrat chez Me Bigat, de Jean Giron, ancien capitaine de navires, de Joseph Deyme courtier d'assurance, de Marie Giron, veuve de Pierre Geneste aussi courtier d'assurances et de Marie Geneste épouse de Joseph Deyme, de Pierre Geneste ainé acquéreur postérieur, de Pierre Léon Geneste, de Jeanne Geneste, de Rose Geneste, ces 5 derniers ayant agi en qualité d'enfants et héritiers de Geneste père, dont ils avaient recueilli la succession conjointement avec Jean Guillaume Auguste Geneste leur frère résidant à la Nouvelle Orléans et avec Marie Colombe Geneste, leur sœur.

    - Echange entre M et Mme Dusolier et M. de la Chapelle, 30 juillet 1851.

    Entre Dame Marie Léocade Geneste et sieur Felix Antoine Dusolier son mari et Henry Augustin de La Chapelle : M. de La Chapelle est propriétaire d'un terrain situé dans le bourg de Labarde, entre la maison de Louis Tessier dit Cluet (?) forgeron, qui le limite au levant et la grange et la cour de Mme Dusolier qui lui sont contigus dans toute la longueur de son côté couchant. Pour faciliter M. et Mme Dusolier dans leurs projets de construction d'une habitation de paysan et dépendances sur le côté levant de leur cour, M. de la Chapelle leur abandonne à titre d'échange toute la partie de son terrain qui se trouvera mise de leur côté pour le prolongement de la ligne formée par le parement extérieur du côté du levant de leur grange allant aboutir à la voie publique à 4m76 de l'angle extérieur de la pile levant du portail de leur cour. Cette ligne formera désormais la séparation dans cette partie de leurs terrains respectifs. M et Mme Dusolier pourront quand bon leur semblera se clôturer sur cette ligne par un mur de telle hauteur et épaisseur qu'ils jugeront utile, mais à leurs frais exclusifs et en prenant de leur côté tout le terrain nécessaire à sa construction, de manière à ce que le parement extérieur de ce mur du côté de M de la Chapelle forme suite au mur de la grange dans lequel il s'élèvera à l'angle sud-est, sans pouvoir dépasser la ligne de séparation nouvelle (...).

    -Bassins à sangsues dans les marais de Labarde, 11 octobre 1854.

    M. Dusolier, propriétaire de terrains situés dans les marais de Labarde, où ont été établis des bassins à sangsues désignés au plan parcellaire des marais de Labarde n°2 ; l'établissement de ces bassins constituait une violation de l'ordonnance royale du 1er février 1839 qui prescrit le partage des marais de Labarde pour les assainir par le dessèchement, de l'ordonnance du 10 février 1841 instituant l'administration du dessèchement et de l'article 27 de la loi du 16 septembre 1807 qui confie à l'administration la garde des travaux de dessèchement et qui ordonne de poursuivre les délinquants, des lois du 20 août 1790, 6 octobre 1791 et de l'arrêté du 19 ventôse an VI, sur la direction artificielle des eaux.

    -Marie Gondat et Pierre Blanchard , fils son mari, et Jean Gondat, boulanger, Arnaud Gondat, tonnelier et Pierre Gondat, tonnelier à Margaux, Soussans et Cantenac avec Marie Léocadie Geneste et Antoine Felix Dusolier, janvier 1864.

    Mme Blanchard et son mari vendent à M. et Mme Dusolier les bâtiments consistant en maison d'habitation, cuvier, parc à vaches, toit à cochons, hangards et emplacements de devant et de derrière leur appartenant au bourg de Labarde, en face de la maison de M. et Mme Dusolier avec le droit de communauté ou servitude au puits existant sur la place derrière la veuve Arnaud, Métayer, héritiers Renouil et autres ; et le jardin qui leur appartient aussi situé derrière la charmille des mêmes et le jardin de M. de la Chapelle au bas même du bourg de Labarde, ayant son entrée par le chemin du marais (...). Dans la vente, ne sont pas compris le vieux chai qui est au levant des objets ci-dessus désignés entre ceux-ci et la maison de Métayet ainsi que les terrains qui sont au devant et au derrière du dit vieux chai dans sa longueur selon la direction du mur séparatif des bâtiments d'un côté et de l'autre lesquels derniers objets appartiennent à tous les enfants Gondat y compris la dame Blanchard (...). Dans la vente est également compris le four adossé aux bâtiments vendus, du côté du midi, lequel pourra être également démoli en entier quoique attenant au chai réservé (...) ; M. et Mme Dusolier ayant l'intention de démolir le cuvier et l'écurie et peut-être tous les autres bâtiments pour dégager leur propriété du côté du bourg ou de la grand route, il est interdit aux propriétaires du chai non vendu d'élever aucune construction ni ouvrages à plus de 4 m sur le devant et qui ait plus de 2,60 de hauteur. Tout le surplus restera entièrement vide de constructions (...) ; le principal but de Monsieur et Madame Dusolier en faisant cette acquisition étant d'étendre leur claire voie de manière à la mettre de ce côté en prolongement du mur du levant de leur cuvier et parallèlement à la façade de leur maison et leur but ne pouvant être atteint que moyennant le changement de l'assiette du chemin qui longe leur claire voie, il n'acceptent cette vente qu'autant que le déplacement du dit chemin aura été autorisé par l'administration de manière à ce que leur claire voie soit éloignée de leur façade selon les indications précédents.

    -Inscription prise d'office pour la conservation du privilège résultant d'un contrat de vente passé devant Me Brachet, notaire à Margaux, le 22 novembre 1879, 16 décembre 1879, au profit de M. Léon Léonard Dusolier, avoué près le tribunal de première instance de Bordeaux, y demeurant, rue Vital Carles, n°18, de Dame Marie Léocadie Geneste, sa mère, veuve Félix Antoine Dusolier, avoué honoraire et M. Pierre Albert Dusolier de Delle Blanche Marie Dusolier, ces trois derniers demeurant ensemble à Bordeaux rue Dufour Dubergier, n°2 et de Dame Marguerite Coiffard, épouse dudit sieur Léonard Dusolier, demeurant avec lui domicile élu à Bordeaux en l’étude dudit Me Dusolier, cours Victor Hugo, 184.

    Contre M. Paul Skawinski, régisseur des domaines de M. Armand Lalande, demeurant sur le domaine de Brown, commune de Cantenac.

    Pour sûreté de la somme de 41000 francs solde du prix de ladite vente, cette somme stipulée payable le 1er mai 1885 avec intérêt à 5% à partir du 1er novembre 1879.Sur le principal corps et la plus grande partie du domaine Château Rosemont Geneste situé commune de Labarde et par extension dans les communes de Macau et de Cantenac :

    1- La maison d’habitation avec cour et jardin et diverses bâtisses d’exploitation, cuvier, chai, logement de l’homme d’affaires, logement de vignerons et autres dépendances en un tenant ;

    2- Et le parc séparé de la maison avec logement de vigneron, bâtisses d’exploitation, remise, écurie, grange, cour et autres dépendances ;

    3- Un logement de vignerons avec chai, cour et emplacement en un tenant ;

    4- Une parcelle de vigne appelée de Clairevoie (…)

    19- une maison de vigneron avec d’autres bâtisses, chai, grange et hangar, jardin et une parcelle de vigne au village de Cantelaude et une autre maison de vigneron au même lieu.

    Contenance totale : 26 ha, 22 ares, 20 centiares.

    -Ratification d'un acte de vente par Jean Jolibert jeune, tonnelier demeurant à Jean-Fort à Cantenac, 20 décembre 1879. Acte de vente du 18 octobre 1862 de Jean Jolibert, père, à M. et Mme Dusolier, propriétaires du domaine de Geneste à Labarde, d'une maison et d'un jardin au Mayne de Jean Brun, enclavés dans le parc du domaine de Geneste.

    -Vente par la famille Dusolier à Paul Skawinski, 22 novembre 1879, Me Brachet notaire à Margaux.

    Léon Léonard Dusolier, agissant en son nom personnel et comme mandataire de Madame Marie Léocadie Geneste sa mère, de sieur Pierre Albert Dusolier, son frère et de Marie Blanche Dusolier sa sœur, a vendu à Paul Skawinski, régisseur des domaines d'Armand Lalande demeurant sur le domaine de Brown, commune de Cantenac, le principal corps de logis et la plus grande partie du domaine appelé Château Rosemont Geneste soit :

    1-la maison d'habitation avec cours et jardin anglais et avec diverses bâtisses d'exploitation, cuvier, chai, logement de l'homme d'affaires, logement de vigneron et autre, dépendances, le tout en un tenant confrontant du nord-est au chemin de Cantelaude, du sud-est aux vignes du domaine, du sud-ouest à Roy et du nord-ouest au chemin de Giscours (B 114, 115, 116), contenance de 42 ares, 9 ca ;

    2-le parc séparé de la maison par le chemin de Giscours, formant un jardin anglais avec prairies, rivière, charmilles et ombrages et autres agréments et comprenant aussi dans son enceinte le jardin potager, le logement du jardinier et deux logements de vignerons et à son extrémité nord une autre partie des bâtisses d'exploitation, remise, écurie, grange, cour et autres dépendances, le tout confrontant du nord partie à Teyssier, partie à M. Gasqueton, partie à la Carreyre d'entrée du marais, partie au rais de Gondat (Gaugas), fossé mitoyen, du couchant partie à une carreyre du marais, partie au marais de Birot, fossé et service d'un mètre en dehors compris dans la vente, partie à Giscours, aussi fossé compris avec un service d'un mètre en dehors, du midi à Giscours, bornes entre deux et du sud-est au chemin de Giscours (B 82, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 95bis, 96, 97, 98, 99, 100 et 101 et comprend en outre les n°25 et 26 du plan du marais, d'une contenance de 2 ha 82 a 42 ca ;

    3-un logement de vigneron avec un chai, cour et emplacement, le tout en un tenant séparé de la cour d'entrée de la maison d'habitation par le chemin de Cantelaude et confrontant du nord ouest au chemin de Giscours, du nord-est aux héritiers Gondat, du sud-est au chemin qui relie le chemin de Cantelaude à la grande route en passant derrière les maisons et du sud-ouest au chemin de Cantelaude (B38) + vignes ;

    19-une maison de vigneron avec d'autres bâtisses, chai, grange et hangar et jardin et une parcelle de vigne au couchant, le tout en un tenant situé au village de Cantelaude et confrontant du levant partie à Dutruch jeune, partie à la place commune avec Dutruch, du couchant au chemin de Cantelaude à Labarde, du midi à Dutruch aîné et du nord à Dauzac ; et un autre logement de vigneron au même lieu, tenant du levant au chemin qui conduit de Cantelaude à la grande route, du midi à la place commune, du couchant à Dutruch jeune et du nord à Baziadoly (B315, 316, 322, 328, 338 et 339) ;

    26-parcelle de bois de chêne et oseraie ; total de la contenance du domaine vendu 26 ha, 22a et 20 ca ; 91578 frcs.

    -Rappel d'un acte d'achat, non daté : par acte des 2 et 17 février 1896, Paul Skawinski a acquis une maison d'habitation et ses dépendances située à Labarde de Mme Marie Gondat, veuve de M. Pierre Blanchard et d'Armand Gondat et Mme Françoise Lagunegrand son épouse et de Jean Anselme Gondat et de Jeanne Héloise Gondat pour une somme de 2000 frcs.

    -Partage entre Mme Flouch et M. Claude Skawinski, 16 juillet 1953, Me G. Brisson, Bordeaux.

    Plan de 1952 ; partage de la succession de Paul Skawinski, propriétaire négociant au château de Rosemont, décédé le 1er août 1939 ; il a été laissé en indivision des parcelles de baugières mais partage du domaine de Rosemont, comprenant maison de maître, dépendances, parc-agrément, jardin, chai, cuvier, divers bâtiments d'habitation et d'exploitation, luzernières, vignes et terres en friche d'une contenance totale de 22 ha 14a 22 ca ; il a été attribué à Mme Flouch (= Marguerite Skawinski) : une partie de la maison d'habitation appelée "le Pavillon" et la moitié indivise avec Melle Skawinski et MM. Skawinski ses frères du parc d'agrément, du terrain de tennis, et du jardin potager ; le surplus de la maison d'habitation a été attribué à concurrence de moitié à Melle Skawinski et à concurrence de l'autre moitié indivisément entre eux à MM. Maurice Skawinski, Paul Emile et Roger et bâtiments d'exploitation ; cession suite au décès de Marie-Louise Skawinski ; vente de certaines parties du domaine après le décès de Maurice en 1946 ; 7 janvier 1950 partage entre Paul Emile, Roger et Claude : ce dernier conserve la maison d'habitation (sauf le pavillon à Mme Flouch), les bâtiments d'exploitation et le droit aux appellations, crus, marques et étampes du Château Rosemont et Château Cantelaude attachés au dit domaine ; mention d'un puits perdu dans la propriété de M. Skawinski, côté ouest, à proximité des habitations.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection particulière : archives conservées au Château Rosemont-Geneste, XVIIe-XXe siècles.

  • AM Bordeaux. 150 S 229 Recueil 28 à 65 : Fonds Minvielle.

  • AD Gironde. 3P 329 1 4. Matrices cadastrales. 1881-1891.

Documents figurés
  • COCKS, Charles. Médoc et ses vins. Bordeaux et ses vins. Bordeaux : Féret, 1908.

    p. 65
Bibliographie
  • STEIMER Claire. "Les Skawinski, une dynastie de régisseurs au service de la modernisation des domaines viticoles en Médoc au XIXe siècle", La construction de la grande propriété viticole en France et en Europe, XVIe-XXe siècles, actes de colloque sous la direction de Marguerite Figeac-Monthus et Stéphanie Lachaud. Bordeaux : Féret, 2015.

    p. 136-151
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