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Château Prieuré-Lichine

Dossier IA33003088 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations château Prieuré-Lichine
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, tombeau, cour, boutique, logement, logement d'ouvriers
Dénominations demeure, prieuré
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cantenac
Adresse : 34 avenue de La République
Cadastre : 1826 F2 1789 ; 2009 AC 143 à 147

A l'origine, un prieuré-cure est fondé au début du 11e siècle par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, établis à l´abbaye de Vertheuil, grâce à une donation des seigneurs de Blanquefort. Les chanoines cultivent les terres du domaine, notamment la vigne, et produisent un vin de qualité, mentionné au début de 15e siècle. Dans la 2e moitié du 18e siècle, les revenus sont tels qu´ils permettent au prieur Pierre Authefaud de financer la construction d´une nouvelle église.

Épargné lors de la Révolution, le prieuré est vendu au négociant bordelais, Durand Delains au début du 19e siècle. Le plan cadastral de 1826 représente les bâtiments organisés autour d'une cour ; une pièce d'eau rectangulaire, probablement un vivier, longe l'aile ouest.

En 1855, le domaine, propriété de Mme veuve Pagès, compte parmi les 4e grands crus classés. Après les ravages du phylloxéra à la fin du 19e siècle, les nouveaux propriétaires Victor Rulh et Gabriel Rousseau reconstituent le vignoble.

En 1953, Alexis Lichine, homme d'affaires russe, achète le domaine et entreprend la rénovation des bâtiments et l'extension du vignoble (de 7 ha à 70 ha). Les chais sont agrandis ; une boutique et une salle de dégustation, supportant un héliport, sont construites vers 1989-1990, par l´architecte Philippe Mazières. En 1999, le domaine est vendu au groupe Ballande.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle

Le domaine est constitué d´une demeure, de chais, de plusieurs cuviers et d´un logement d´ouvriers agricoles. L´ensemble de ces bâtiments forme une cour agrémentée de parterres et dotée d´un puits.

Le corps de logis s´élève sur un étage ; la façade en pierre de taille se compose de 5 travées. Un bandeau médian sépare le rez-de-chaussée de l'étage. Les baies sont en arc segmentaire. La porte axiale est encadrée d´un chambranle renfoncé, traité en bossage continu. Le toit à croupes est percé de lucarnes. Le corps de logis se prolonge par des ailes latérales en retrait.

Au nord, reliant la demeure à un pavillon d'angle, une série d'arcades supportant une terrasse avec balustrade abrite des cuves en ciment installées au cours de la 2e moitié du 20e siècle. Dans le prolongement s´élève un corps de bâtiment à étage, couvert d´un toit à croupes en ardoise. Un passage formant porche y a été aménagé ; les fenêtres de l´étage sont en arc segmentaire. A l'ouest de ce corps de bâtiment, le cuvier adopte un plan trapézoïdal, couvert d'un toit à longs pans en tuiles creuses. La façade sur cour conserve une ancienne baie de décharge.

Côté route départementale, au nord, le cuvier est rythmé de jambes harpées et ouvert de petites baies. Le corps de bâtiment formant porche est percé d´une porte charretière surmontée d´un

rouleau d'archivolte.

Le chai à barriques forme l'aile ouest de la cour, disposé perpendiculairement au cuvier. La travée centrale, percée d'une porte à encadrement harpé et surmontée d'une table décorative, forme pignon couvert d'un toit débordant soutenu par des aisseliers.

En retour d'équerre, au sud, un vaisseau abrite un autre cuvier en ciment.

Sur les murs des bâtiments ont été accrochées des plaques de cheminées, issues de la collection d'Alexis Lichine.

Au sud-ouest, une construction en béton de plan circulaire se greffe aux chais. Ouverte en partie basse par de grandes baies vitrées offrant un panorama sur les vignes mais aussi sur l'alignement des barriques des chais, elle abrite une salle de dégustation et une boutique. Sa plateforme sommitale est aménagée en héliport. A l´intérieur, les arêtes rayonnantes retombent sur un pilier central en béton.

Au sud du parc, d'anciens logements d'ouvriers viticoles sont conservés. Un bâtiment en rez-de-chaussée, de plan allongé et construit en moellons, abritait plusieurs petites unités d'habitation.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire ; bossage
POSRUE perpendiculaire
POSPARC sur rue
ORIENT sud-ouest
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux . Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

    "Le prieuré-cure de Cantenac est régulier et dépend de la collation de l´Abbé de Vertheuil en Médoc. Le Prieur est gros Décimateur de la Paroisse, néanmoins celui de Margaux perçoit une portion de dîme dans le quartier ou Village d´Issan."

    DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    "Le Prieuré, qui, possédé pendant de longues années par M. Pagès, appartient actuellement à Mme Rosset. Ce vignoble occupe la partie d´un des coteaux de la commune les mieux exposés. Le terrain est peu fertile, mais il donne de fins produits, comparables aux meilleurs de la commune ; il est facile de les reconnaître à leur moelleux, à leur belle couleur.

    Le Prieuré, ainsi nommé parce qu´il dépendait autrefois de l´abbaye des Bénédictins, ne produit pas plus de vingt à vingt-cinq tonneaux ; mais la qualité supplée largement à la quantité, et Mme Rosset se trouve dignement rémunérée par les prix qu´elle obtient.

    Les vins du Prieuré participent à presque toutes les qualités des meilleurs vins de Cantenac ; on les reconnaît facilement à leur bouquet, à leur moelleux ; dans les années de grande réussite, ils rivalisent avec les troisièmes crûs".

    COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 6e édition, 1893.

    "La réputation de ce cru, créé par les anciens prieurs de Cantenac, remonte à plus de trois siècles. Les vins qu´il produit se distinguent par une exquise finesse et un bouquet des plus suaves".

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales de la Gironde, 3 P 091 : Plan cadastral, 1826.

Bibliographie
  • COCKS, Charles, . Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 6e édition, 1893.

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

    p. 366
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868.

    p. 220-221
  • LAROZA, Olivier. Guide touristique, historique et archéologique de Bordeaux et de la Gironde. Pessac : Féret et fils, 1988.

  • PARISET, François-Georges. L'église de Cantenac, revue historique de Bordeaux et de la Gironde. Bordeaux, 1963.

    Archives départementales de la Gironde : BIB L 229
Périodiques
  • DEGAS, LURTON, Henri, SEYNAT, Jean-Pierre. Cantenac. Les Cahiers Médulliens, 1997, décembre, n°28.

    p. 29
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