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Château Priban

Dossier IA33005454 réalisé en 2014

Fiche

  • Vue d'ensemble, depuis les vignes.
    Vue d'ensemble, depuis les vignes.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • chai
    • vivier
    • mur de clôture
    • poulailler
    • château d'eau
    • écurie
    • serre
    • logement d'ouvriers
    • pavillon

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, vivier, mur de clôture, poulailler, château d'eau, écurie, serre, logement d'ouvriers, pavillon
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire - Blanquefort
Adresse Commune : Macau
Lieu-dit : Priban
Adresse : avenue de la République
Cadastre : 1843 B3 1024-1026 ; 2012 B 2793
Précisions


Dès les années 1740, Priban est cité comme une demeure appartenant à l'aristocratie bordelaise. La carte du Cours de la Garonne de 1759 ne représente pas le domaine, contrairement à celle de Belleyme (1762-1778) qui le montre entouré de vignes.

Il passe de main en main jusqu'à la Révolution, époque à laquelle les Roborel en sont propriétaires.

En 1810, le plan cadastral représente un logis en fond de cour flanqué de deux ailes en retour dont les pignons s'alignent sur la route.

Au milieu des années 1830, Pierre Andrieux Chadeuil, maire de Macau (1852 à 1859), l'acquiert ; on lui doit sans doute des aménagements mentionnés par Édouard Guillon en 1867 : corps de logis d'un étage surmonté de trois pavillons. C'est la même configuration donnée par une gravure de 1874 (Cocks et Féret).

En 1879, le négociant Théodore Bellemer rachète et rénove, voire reconstruit. En 1881, le plan dressé du domaine ne montre a priori aucune modification de la demeure. En 1886, le registre des augmentations/diminutions désigne une fin de construction, ce qui précise une fourchette chronologique pour la construction de deux nouveaux pavillons d'angle. Le domaine est modernisé : nouvelles dépendances agricoles, logement d'ouvriers, pigeonnier, réservoir d'eau...

Au cours du 20e siècle, les pavillons sont détruits (avant l'enquête d'Inventaire de 1976) et la demeure retrouve l'emprise d'avant 1886.

Période(s) Principale : 1ère moitié 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

Château Priban est situé à l’entrée de la commune de Macau, au sud du bourg, sur la route reliant Ludon à Macau.

Il s’étend sur plusieurs hectares et consiste en un ensemble de quatre bâtiments : un corps de logis principal, ou maison de maître, et trois rangs parallèles de dépendances agricoles, deux au nord et un au sud.

Le corps de logis de plan quadrangulaire est composé d’un corps central formant pavillon flanqué aux extrémités de deux demi-pavillons en saillie aux extrémités nord et sud. La façade principale est la seule à être décorée, scandée par une alternance de portes et fenêtres à encadrements et de pilastres à bossage. Le rez-de-chaussée est continu et légèrement surélevé. Chaque pavillon est percé d’une porte à laquelle une volée de marches permet d’accéder. Enfin, une corniche moulurée couronne la totalité du rez-de-chaussée. L’étage du pavillon central se compose de trois fenêtres à balustres plaquées sur l’allège. Le tout est surmonté de corniches à motifs denticulés supportées par des consoles à volutes. Le toit des trois pavillons est recouvert d’ardoise et percé d’une lucarne à volutes et à fronton triangulaire. Les demi-pavillons ne comportent, quant à eux, au second niveau, qu’une seule fenêtre en façade.

La façade orientale donne sur un grand jardin où se trouvent une serre, un château d’eau et un poulailler octogonal en pierre et brique, signalé ,notamment par des motifs d'animaux de basse-cour (poule, coq, canard et lapin) sur des carreaux de céramique.

Les dépendances agricoles, en retour par rapport au logis, se répondent symétriquement avec un pavillon donnant sur la rue, un muret surmonté d’une grille les rejoint. De section rectangulaire, ces deux constructions sont aujourd’hui des habitations individuelles sur deux niveaux, revêtues d’un toit à double pente surmonté d’un clocheton. La façade est décorée d’un jeu de bandeaux délimitant l’ordonnancement intérieur des deux architectures et traçant un fronton triangulaire en partie supérieure.

Le chai/cuvier au sud, a conservé un enduit rose, caractéristique de la région.

Les dernières dépendances, au nord, sont les anciens logements d'ouvriers donnant sur la rue. Le fronton triangulaire est marqué de l’inscription « PRIBAN ». Dans le prolongement, viennent d’autres dépendances agricoles et des hangars.

Les agréments font face aux deux façades de la demeure :

- le jardin pourvu d’un bassin avec enrochement est visible de la façade principale ;

- un grand parc aboutissant à un vivier s'étend côté postérieur.

Murs calcaire pierre de taille enduit
bossage
Toit ardoise, tuile creuse
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Couvertures toit en pavillon
toit à un pan
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Énergies
Techniques sculpture
Représentations balustre, pilastre, denticule, volute, fronton
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compléments historiques

    En 1741, Jacques de Malescot, conseiller du roi, accueille dans la chapelle domestique de sa propriété, à Priban, le mariage de sa nièce Marie-Jeanne Liquart avec Louis François de L’Etaing Pincemaille, employé dans les affermes du roi. C’est là le premier témoignage affirmant l’existence d’une demeure sur le lieu-dit « Priban » à Macau. De ce mariage, nait Thérèse Rose Magdeleine Pincemaille qui épouse à son tour, en 1775, Jean-Baptiste Roborel de Climens. Il est très vraisemblable que Marie-Jeanne Liquart hérite du domaine de Priban par son oncle, et le transmette à sa fille en en faisant dès lors une propriété Roborel. On sait par ailleurs que Thérèse Rose Magdeleine meurt à Priban en 1832.

    Le cadastre de 1810 constitue le premier témoignage permettant d’envisager l’organisation des bâtiments de l’époque : la bâtisse principale est quadrangulaire et semble assez massive, on note la présence de deux avancées, vers l’ouest, qui lui donnent une forme légèrement en « U ». On remarque également deux structures le long de la route à l’emplacement des pavillons actuels qui font l’angle du parc.

    Au milieu des années 1830, peut-être consécutivement au décès de Thérèse, le domaine change de propriétaire. Il est acquis par Pierre Andrieux Chadeuil, maire de la commune entre 1852 et 1859. C’est probablement lui qui donne au château son nouvel aspect. Nous disposons d’une description de cet état publiée entre 1866 et 1870 : « Ce château (…) se compose d’un petit corps-de-logis rectangulaire à un seul étage, surmonté de trois pavillons carrés dont le plus élevé est celui du centre. Devant est un grand parterre flanqué de servitudes et clôturé par une longue grille que longe la route de Macau à Ludon (…). Tout autour du château sont des vignes qui fournissent annuellement de 45 à 50 tonneaux » .

    Le cadastre de 1843 montre qu’à cette époque la disposition des bâtisses était déjà celle-ci. Enfin une gravure publiée en 1874 montre à quoi ressemblait le château avant sa vente par Chadeuil à la fin des années 1870. En mai 1879 par Théodore Bellemer. Ce propriétaire, négociant en vin quai des Chartrons à Bordeaux et maire de Bruges, va non seulement agrandir le domaine vinicole, mais également considérablement modifier l’architecture du château. Un plan, dressé en 1881 par le géomètre H. Braut, détaille la composition du parc : de chaque côté du château on trouve un jardin à l’anglaise, constitué de bassins, d’allées et de parterres. Le parc se poursuit vers l’est par un ensemble potager-verge quadrillé. Enfin, dans son prolongement, on trouve un vivier qu’enjambe une passerelle menant vers une prairie de jardin puis vers le vignoble de Terrefort. On ignore si cette disposition était déjà la même quand Chadeuil était propriétaire. On adjoint au corps de logis deux tours, mitoyennes des pavillons nord et sud. Elles s’élèvent sur trois niveaux et dépassent le corps de logis principal par leurs hautes toitures. On relie également les pavillons entre eux en créant un étage traversant. Les registres d’augmentation et de diminution du cadastre indiquent que ces travaux sont achevés en 1886. Théodore Bellemer fait également construire dans son jardin un château d’eau ainsi qu’une autre structure, octogonale, surmontée d’un clocheton jusque dans les années 1970, qui pourrait être un pigeonnier voire un poulailler. Au cours de son histoire, les dépendances de Château-Priban ont été constamment remaniées. Il est ainsi difficile de reconstituer le détail de ces aménagements. Pour autant, on sait que c’est à Théodore Bellemer que l’on doit la construction d’une seconde ligne de servitudes au nord du domaine. La dépendance sud abritait des chais, une tonnellerie, un cuvier et un pressoir ; au nord, la première ligne de servitude abritait d’est en ouest une habitation dans le pavillon de tête, puis des chais, une orangerie, une écurie et des étables. Dans la seconde ligne, toujours d’est en ouest, se trouvaient des habitations pour les ouvriers, des hangars une porcherie et une étable (témoignage oral + date). C’est le fils ainé de Théodore Bellemer, Louis, qui hérite de Priban. Louis n’ayant pas d’enfant, c’est Henriette Bellemer (sa nièce), avec son époux Jean Bergeon, qui achète, en viager, la propriété vers 1945. La grande gelée de 1956 détruit le vignoble. Jean Bergeon doit se résoudre à arracher la vigne et à privilégier d’autres solutions comme l’élevage. Les propriétaires abandonnent Priban en 1964 et le domaine n’est vendu que le 16 juin 1967 à Jean-Pierre Dumergue et son épouse Gracieuse Marie Pierrette Lestelle. Les agrandissements réalisés par Bellemer sur le corps de logis sont alors détruits, on revient au plan initial : les tours sont démolies ainsi que les étages entre les pavillons. Ces travaux sont déjà effectués en 1973-1974 lors de l’inventaire préliminaire réalisé par les services de l’inventaire. Le couple Dumergue divorce en 1984 et Priban va en partage à Madame Lestelle qui exploite un vignoble réduit. En 2002 la propriété est vendue aux époux Wolff-Berge, actuellement propriétaires.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Macau de 1810.

    Archives communales, Macau
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 106
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 131
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 134 , 135
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