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Château Pichon Longueville

Dossier IA33005642 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations Pichon Longueville
Parties constituantes non étudiées jardin
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Pichon-Longueville
Cadastre : 1825 H 683 à 686 ; 2012 BI 618

Le domaine de Pichon-Longueville appartient à la fin du 18e siècle à Joseph de Pichon-Longueville (1760-1849). Sa fille Virginie (1798-1882) épouse le 27 mai 1818 Henry Charles, chevalier de Lalande. L'année suivante, son fils Raoul se marie avec la sœur d'Henry, Marie-Marthe-Armande-Félicité-Pétronille de Lalande. A la mort de Joseph de Pichon-Longueville, le 6 décembre 1849, les terres viticoles sont réparties entre ses enfants. L'édition de 1850 de l'ouvrage de Cocks ne mentionne qu'un seul domaine, celui de Pichon de Longueville ; en revanche, l'édition de 1868 fait bien la distinction entre le château de Pichon Longueville appartenant à la baronne de Pichon-Longueville, produisant 50 à 60 tonneaux et le château Pichon-Longueville appartenant à la comtesse de Lalande, produisant 30 à 40 tonneaux. Le plan cadastral de 1825 représente des bâtiments organisés en U autour d'une cour, le long de la route Bordeaux-Pauillac, au lieu-dit La Baderne. L'Album vignicole de Gustave de Galard donne vers 1835 une illustration de ces mêmes bâtiments qui se composent d'une maison à étage carré couverte d'un toit à croupes et encadrée de deux ailes de bâtiments de dépendance en retour d'équerre. L'actuel château a été construit entre 1850 et 1855. Le chantier est attribué à l'architecte Charles Burguet. Le nouveau château, comme celui voisin de Pichon Comtesse de Lalande, sont mentionnés par Henri Ribadieu dans son ouvrage en 1856.

Les dépendances, qui accompagnaient le château et qui sont en partie représentées dans l'album photographique d'Henry Guillier, ont probablement été construites en 1860 si l'on se fie aux augmentations et diminutions du cadastre (écurie et remise sur la parcelle H 686). Visibles sur quelques cartes postales, elles ont été détruites dans les années 1980 pour laisser place aux nouveaux bâtiments conçus par Jean de Gastines et Patrick Dillon pour le groupe d'assurances AXA, propriétaire depuis 1987.

En 1867, dans son ouvrage consacré aux Grands crus bordelais, Alfred Danflou se fait le témoin de l’appréciation de cette construction audacieuse, entre admiration et réprobation : « Nous avons constaté que le château de Pichon-Longueville est un des plus beaux de la Gironde. La photographie que nous publions ne laissera à ce sujet aucun doute dans l'esprit de nos lecteurs. Et qu'on ne vienne pas nous dire que ces magnificences architecturales sont superflues ! Ceci est une affaire de goût. Les propriétaires de Pichon-Longueville ont bâti un palais au milieu de leur vigne. Faut-il les en blâmer (?) Non, mille fois non ! ... Au contraire, nous leur devons nos félicitations les plus sincères ».

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Burguet Charles,
Charles Burguet (1821 - 1879)

Élève de son oncle Jean Burguet (1783-1848), architecte à Bordeaux et auteur de l'hôpital Saint-André, puis d'Hippolyte Lebas (à l'atelier le 8 octobre 1842), il est admis en 1843 à l’École des Beaux-arts de Paris. Il devient architecte de la Ville de Bordeaux en 1850, et architecte des Monuments historiques et des Bâtiments civils de Gironde ; membre fondateur de la Société des architectes de Bordeaux, président en 1870 et 1871.


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architecte, attribution par source

Le château présente sa façade principale à l'est. Il est composé d'un niveau de soubassement, d'un étage carré et d'un étage de comble. Le corps principal, large de cinq travées et couvert d'un toit à croupes en ardoise, est encadré de deux pavillons étroits de plan polygonal sur lesquels viennent se greffer 2 tours circulaires à la toiture conique. Un escalier à double volées permet d'accéder au rez-de-chaussée surélevé. La porte principale est encadrée de deux pilastres cannelés soutenant un fronton triangulaire sculpté aux armes de la famille Pichon-Longueville. La travée centrale de la façade est délimitée par des pilastres ornés de tables décoratives ; elle est surmontée d'une lucarne au fronton cintré, flanquée de volutes et de vasques. Les fenêtres du rez-de-chaussée surélevé présentent des allèges traitées avec balustres et sont surmontées d'un fronton cintré soutenu par des consoles sculptées. L'ensemble des baies présentent des chambranles moulurés à motifs de canaux sculptés et de fleurs dans les angles. Sur la façade règne une frise avec modillons et médaillons sculptés, surmontée d'une corniche sculptée de motifs végétaux. Les pavillons présentent un plan polygonal avec deux travées et quatre niveaux. Ils sont surmontés d'une lucarne cintrée. Deux tourelles sont greffées aux angles nord-est et sud-est de ces pavillons. Les baies présentent un dessin et un décor différents : il s'agit de fenêtres étroites et en plein cintre, aux appuis saillants soutenus par des consoles sculptées et surmontées d'un motif d'accolade sculpté avec une pomme de pin. Les corniches sont également sculptées et dotées de faux mâchicoulis décoratifs. Les façades latérales des pavillons sont organisées selon trois travées, le traitement des baies est identique à celles de la façade principale. La façade postérieure, sur jardin, reprend le même ordonnancement ; on note toutefois l'absence d'escalier et la présence d'une porte permettant l'accès au niveau de soubassement. Les pavillons ne sont pas dotés de tourelles d'angle. Les espaces intérieurs se répartissent entre le niveau de soubassement dédié aux espaces de service (cuisine, etc.). Au rez-de-chaussée, un vestibule central donne accès aux salles et salons de part et d'autre ; l'ensemble de la décoration a été refaite au début du 20e siècle ; à l'extrémité sud du bâtiment, dans le salon de billard, on note que la pièce communique avec l'espace exigu de la tourelle d'angle. Un escalier à retour avec jour situé en retrait du vestibule à l'ouest permet de desservir les différents niveaux.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit conique
croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval
escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
Techniques sculpture
Représentations armoiries volute lion médaillon ove pomme de pin fleur feuille balustre fronton pilastre
Précision représentations

Armoiries des Pichon Longueville : d'azur au chevron d'or accompagné en chef de 2 molettes du même et, en pointe, d'un agneau d'argent surmontant un croissant du même ;

Armoiries de la famille de Chauliac : d'argent à un pin de sinople accosté de deux lions grimpant au naturel au chef d'azur chargé de trois molettes d'or.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Acte de partage du domaine de la Baderne, 17 juin 1850 (transcription conservée au château Pichon Comtesse de Lalande)

    Domaine de Badern dévolu à M. Albert de Pichon par son contrat de mariage : estimation réalisée par les architectes Duphot et Benquet : maison de maître avec ses servitudes, appartements et dépendances ; des écuries, remises, parcs à bœufs et à vaches, maisons des ouvriers, volières, etc ; des hangars, tonnellerie, orangerie, murs de clôture, etc ; du cuvier et des deux chais de vins vieux et nouveaux.

    estimation ; 64 500 frcs

    Estimation du terrain sur lequel sont assises ces bâtisses, ainsi que les cours, le jardin et l'ormière, formant un parallélogramme limité à l'est par la route départementale, à l'ouest limité par une haie séparant le jardin de la pièce de vigne dite des Petites Bories, au nord par un mur bordant le terrain du bourg de St Lambert, et au Sud, par une haie séparant le jardin des deux pièces de vigne dites du Cuvier et des Châtaigniers, formant en tout 10 journaux (4 ha 11) que les trois arbitres ont estimé à raison de 100 frs la rège.

    S'étant ensuite transportés dans l'intérieur du vignoble du domaine de Bar, ils ont estimé à la somme de 500 frcs une petite chapelle sise sur la pièce de vigne appelée Ranqui-Rancan.

    Ils ont également estimé à la somme de 1500 frcs une tour située sur la pièce de la Cabane.

    Partage des vignes.

  • Archives communales

    AC Pauillac, Registre de délibérations 1825-1839, Déclaration de Pierre Paul Eleanor Vicomte de Lavaur Ste Fortunade, 15 décembre 1831.

    Renonce au domicile qu'il avait à Bordeaux pour le transférer et l'établir dans la commune de Pauillac sur le domaine de Bader appartenant à M. le baron de Pichon Longueville, son beau-père, où il habite depuis près de 2 ans, où il entend désormais acquitter ses contributions mobilières.

    AC Pauillac, Registre de délibérations 1825-1839, Déclaration de M. le vicomte Henry de Lalande, lequel a déclaré prendre à l'avenir son domicile dans la commune de Pauillac, sur le domaine de Badet, propriété de M. le Baron de Pichon-Longueville, son beau-père, 8 mars 1834.

    AC Pauillac, Registre de délibérations 1893-1910, Don d'un tableau ; biographie municipale de Pichon-Longueville, ancien maire, 20 novembre 1897 ; 28 février 1898.

    Portrait de M. Raoul Jacques Albert de Pichon-Longueville, ancien maire de Pauillac, donné à la commune par Raoul de Pichon-Longueville (cousin).

  • Augmentations et diminutions du cadastre

    -1850 : Pichon de Longueville, 3 constructions nouvelles de maison (H 685).

    -1852 : Pichon de Longueville, construction nouvelle d'une maison (H 687).

    -1855 (pas de date d'achèvement des travaux) : Pichon de Longueville, construction nouvelle d'une maison (H 682).

    -1860 : Pichon de Longueville, construction nouvelle d'une écurie/remise (H 686).

    -1875 : Pichon de Longueville, construction nouvelle d'une maison (H 687).

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais : extrait

    DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 1.

    p. 51

    Quelle est cette magnifique habitation, quel est ce château, nous dirions presque ce palais, qui s'élève avec tant de grâce et de majesté sur une des collines de Pauillac (?)

    Ces tourelles élancées, ces pavillons gracieux, ces galeries, ces rampes, ces colonnades, inspirent une sorte de respect ; on dirait que des sculpteurs florentins ont fouillé à jour cette architecture dentelée.

    C'est le château de Pichon-Longueville, c'est un des palais de la vigne girondine.

    Autrefois, cette terre seigneuriale portait le nom de Bâtisse, et primitivement celui de Baderne ; le seigneur était vassal de celui de Latour et lui payait redevance (...).

    Nous avons constaté que le château de Pichon-Longueville est un des plus beaux de la Gironde. La photographie que nous publions ne laissera à ce sujet aucun doute dans l'esprit de nos lecteurs. Et qu'on ne vienne pas nous dire que ces magnificences architecturales sont superflues ! Ceci est une affaire de goût. Les propriétaires de Pichon-Longueville ont bâti un palais au milieu de leur vigne. Faut-il les en blâmer (?) Non, mille fois non ! ... Au contraire, nous leur devons nos félicitations les plus sincères.

  • Documentation complémentaire

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 160-161

    Château de Pichon-Longueville : baronne Raoul de Pichon-Longueville, 55 tonneaux.

    Château de Pichon-Longueville : vicomtesse de Lavaur, 30 tonneaux.

    Château de Pichon-Longueville-Lalande : comtesse de Lalande, 50 tonneaux.

    Le vignoble du Château-Pichon-Longueville portait autrefois le nom de Bâtisse et plus anciennement celui de Badère, d'après l'Histoire des Châteaux de la Gironde, par H. Ribadieu ; il est situé à l'O. et à côté du vignoble de La-Tour et s'étend sur le haut plateau qui sert de transition entre la commune de Pauillac et celle de Saint-Julien. Ce magnifique domaine appartient depuis plus de deux cents ans à la famille de Pichon-Longueville qui lui a laissé son nom ; il est aujourd'hui divisé en trois parties comme nous l'indiquons ci-dessus. Les deux beaux châteaux que nous reproduisons y ont été construits récemment, l'un en face de l'autre, à droite et à gauche de la grande route de Bordeaux à Lesparre.

    Ces trois parties n'en forment pour ainsi dire que deux, les vignes de Mme la vicomtesse de Lavaur étant exploitées en commun avec celles du baron Raoul de Pichon-Longueville.

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 160
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 2.

    p. 51-54
  • DETHIER, Jean (dir.). Châteaux Bordeaux. Paris : Centre de création industrielle [Centre Georges Pompidou], 1988.

  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [s.d.].

    p. 84-85
  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 73
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