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Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande

Dossier IA33005641 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • chai
    • jardin
    • pigeonnier
    • musée
    • étable à chevaux

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations Pichon Longueville Comtesse de Lalande
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, jardin, pigeonnier, musée, étable à chevaux
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Pichon-Longueville
Cadastre : 2012 BI 622, 623, 505, 190 ; 1825 H 207 à 235

L'histoire du château est étroitement liée à celle du château voisin de Pichon-Longueville qui appartient à la fin du 18e siècle à Joseph de Pichon-Longueville. Sa fille Virginie -1798-1882) épouse le 27 mai 1818 Henry Charles, chevalier de Lalande. L'année suivante, son fils Raoul se marie avec la sœur d'Henry, Marie-Marthe-Armande-Félicité-Pétronille de Lalande. A la mort de Joseph de Pichon-Longueville, le 6 décembre 1849, les terres viticoles sont réparties entre ses enfants : les augmentations et diminutions du cadastre indiquent la construction nouvelle d'une maison pour les dames de Pichon et de Lalande en 1851 sur la parcelle H 218 (Karine Texier, dans son mémoire sur Henri Duphot, date la construction "vers 1845" précisant que "la date de 1840 proposée par l'actuelle propriétaire Madame de Lencquesaing semble un peu prématurée"). C'est semble-t-il à Virginie que l'on doit l'initiative de construire cette maison face à la demeure familiale existante au lieu-dit Baderne. Son mari aurait suggéré comme modèle l'hôtel de ses parents à Bordeaux, l'Hôtel de Lalande, actuel musée des Arts Décoratifs. Le château devient le centre d'un nouveau domaine qui compte 42 hectares en 1858.

Dans le château sont conservées plusieurs toiles peintes, notamment quelques tableaux signés de la main de Sophie de Pichon-Longueville (1785-1858), sœur de Virginie, qui fréquenta à Paris l’atelier du peintre François Gérard. Il s’agit de portraits, notamment celui de son beau-frère Henri de Lalande, ainsi que des paysages, parmi lesquels une vue de Lucerne et le col du Saint-Gothard, exécutés en 1820 et 1821. En 1823, elle rejoint l’ordre de Sainte-Anne de Würzburg en Bavière : la Crucifixion, conservée dans l’église de Pauillac, est d’ailleurs signée « La Ctesse Sophie de Pichon-Longueville, chanoinesse, Genève, 16 novembre 1835 ». Elle est également l’auteur d’un recueil de Poésies fugitives, qui témoignent de sa sensibilité et de son romantisme.

L'édition de 1850 de l'ouvrage de Cocks ne mentionne qu'un seul domaine, celui de Pichon de Longueville ; en revanche, l'édition de 1868 fait bien la distinction entre le château de Pichon Longueville appartenant à la baronne de Pichon-Longueville, produisant 50 à 60 tonneaux, et le château Pichon-Longueville appartenant à la comtesse de Lalande, produisant 30 à 40 tonneaux.

La planche photographique de l'album d'Henry Guillier donne des indications sur les dépendances qui accompagnaient la demeure et qui ont en partie disparu aujourd'hui : chai, cuvier, écuries avec pigeonnier, orangerie. On note également la présence d'une tour crénelée qui pouvait servir de citerne.

Un courrier de l'architecte Henri Duphot daté de juin 1856 mentionne les chais et le cuvier en cours de construction. Par ailleurs, la construction d'un atelier de tonnellerie (H 218) est mentionné en 1853 dans le registre des augmentations et diminutions du cadastre ; une écurie et une remise sont édifiées en 1860. En 1925, le château est acheté par Édouard et Louis Miailhe ; en 1978, la fille d’Édouard, May-Eliane de Lencquesaing, en hérite : elle réalise de nombreux aménagements dans les années 1980 : en 1979-1980, un espace de stockage et de conditionnement de 1000 m2 à l'entrée de la propriété, en 1981-1982, la prolongation du premier chai souterrain datant de 1969, en 1983-1984, l'aménagement de l'orangerie et l'extension de la terrasse panoramique, en 1985-1986, la réalisation de deux cuviers, en 1986-1988, la création d'un nouveau chai souterrain et la restauration du château dont la réalisation est confiée à Bernard Mazières, en 1988-1989, le réaménagement du parc. Elle présente également sa collection de verres dans une des salles du château. Depuis 2007, le domaine est entre les mains de la Maison de Champagne Louis Roederer. Un nouveau cuvier est construit en 2015-2016 ; les bâtiments de stockage et les bureaux sont également reconstruits en 2016-2017.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Mazières Bernard,
Bernard Mazières

L’Atelier des Architectes Mazières a été fondé en 1975. Il est structuré autour de Bernard et Jean-Marie Mazières.


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architecte, attribution par source
Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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Les bâtiments sont situés le long et à l'est de la route Bordeaux-Pauillac. Ils se composent d'une demeure, entourée d'un jardin et de bâtiments de dépendance au nord.

Le logis à étage carré et étage de comble comprend un corps principal formé de cinq travées et encadré de deux pavillons d'une travée. Sur la façade occidentale, le rez-de-chaussée surélevé et la porte principale sont accessibles par un escalier en fer à cheval. La travée centrale est délimitée par des tables décoratives étroites et en renfoncement et surmontée d'une lucarne à front triangulaire et volutes. L'album photographique d'Henry Guillier, du début du 20e siècle, permet d'observer qu'une marquise surmontait la porte d'entrée. Les baies présentent un chambranle mouluré. Allèges et dessus de baies sont traités en léger ressaut formant des tables décoratives. Outre la lucarne principale, la toiture en ardoise du corps de logis principal est dotée de deux autres lucarnes plus petites, également à fronton triangulaire et volutes, que l'on retrouve aussi sur chacun des pavillons. De hautes souches de cheminées en pierre de taille sont reliées à la toiture par des tirants métalliques. La façade orientale donnant sur l'estuaire de la Gironde se distingue de la façade occidentale par la tour circulaire greffée en son centre. Cette tour, coiffée d'un toit conique en ardoise, abrite un escalier en vis. Elle est percée de fenêtres aux appuis saillants soutenus par des consoles sculptées et surmontées d'une corniche moulurée. Les intérieurs sont organisés avec un niveau de soubassement abritant la cuisine et peut-être un caveau. Au rez-de-chaussée et à l'étage, un long couloir régnant sur toute la largeur du logis, à l'est, dessert les différentes salles et chambres. L'ensemble a été redécoré au début du 21e siècle. Les bâtiments de dépendance situés au nord de la demeure sont composés des anciennes écuries avec une tourelle carrée ayant abrité un pigeonnier : l'ensemble a été réaménagé en bureaux. Le cuvier du 19e siècle présente encore sa façade pignon en moellons avec deux niveaux bien visibles, indiquant une organisation de type "cuvier médocain". On y trouve aujourd'hui des cuves en béton, tandis qu'un cuvier inox lui a été adjoint. Le chai souterrain présente des voûtes en béton coffré et des arcs surbaissés reposant sur des files de colonnes. Une salle de réception offre une belle vue panoramique sur la Gironde. Cet ensemble est en cours de transformation : une grande partie des aménagements des années 1980 seront détruits pour aménager de nouveaux espaces.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit conique
croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
escalier intérieur : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
États conservations restauré
Techniques sculpture
Représentations volute

Le château conserve une collection de tableaux, parmi lesquels certains sont signés de la main de Sophie de Pichon Longueville. On trouve également un portait de la comtesse par Alexis Nicolas II Pérignon, daté 1858. L'ancienne propriétaire, May-Eliane de Lencquesaing, a également réuni une collection de verrerie (plus de 700 pièces).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Acte de partage du domaine de la Baderne, 17 juin 1850 (transcription conservée au château Pichon Comtesse de Lalande)

    Domaine de Badern dévolu à M. Albert de Pichon par son contrat de mariage : estimation réalisée par les architectes Duphot et Benquet : maison de maître avec ses servitudes, appartements et dépendances ; des écuries, remises, parcs à bœufs et à vaches, maisons des ouvriers, volières, etc ; des hangars, tonnellerie, orangerie, murs de clôture, etc ; du cuvier et des deux chais de vins vieux et nouveaux.

    estimation ; 64 500 frcs

    Estimation du terrain sur lequel sont assises ces bâtisses, ainsi que les cours, le jardin et l'ormière, formant un parallélogramme limité à l'est par la route départementale, à l'ouest limité par une haie séparant le jardin de la pièce de vigne dite des Petites Bories, au nord par un mur bordant le terrain du bourg de St Lambert, et au Sud, par une haie séparant le jardin des deux pièces de vigne dites du Cuvier et des Châtaigniers, formant en tout 10 journaux (4 ha 11) que les trois arbitres ont estimé à raison de 100 frs la rège.

    S'étant ensuite transportés dans l'intérieur du vignoble du domaine de Bar, ils ont estimé à la somme de 500 frcs une petite chapelle sise sur la pièce de vigne appelée Ranqui-Rancan.

    Ils ont également estimé à la somme de 1500 frcs une tour située sur la pièce de la Cabane.

    Partage des vignes.

  • Lettre de Henri Duphot à M. Grenier, 7 juin 1856 (conservée au château Pichon Comtesse)

    Bordeaux, 7 juin 1856

    Monsieur Grenier,

    Ayant vu aujourd'hui Madame la Comtesse de Lalande qui doit aller lundi prochain à Pauillac, je lui ai soumis l'idée que j'avais d'élever d'une assise le pourtour du cuvier et du chai afin d'avoir un peu plus de hauteur sous la charpente contre les murs de façade au premier étage.

    Madame de Lalande préférerait qu'on pût se passer de faire cet exhaussement et doit examiner la question sur les lieux. Jusqu'à ce qu'une décision soit prise à ce sujet, il ne faut pas arrêter la position des poutres du cuvier et du chai à vin nouveau, que nous baisserions peut-être s'il le fallait.

    Il a été également décidé avec Madame de Lalande qu'à cause du mauvais temps qui a été si long, il fallait laisser sécher les murs avant de les couvrir. Veuillez donc ne pas encore vous occuper ni du perat (?) non plus de faire couvrir le chai à vin vieux.

    J'ai l'honneur de vous saluer.

    H. Duphot, arch.

  • Augmentations et diminutions du cadastre

    1851 : les dames de Pichon et La Lande : construction nouvelle d'une maison (H 218).

    1851-1852 : Pichon et La Lande : 2 constructions nouvelles de maison (H 218).

    1853 : Pichon et La Lande : construction nouvelle d'un atelier de tonnellerie (H 218).

    1860 : de Lalande : constructions nouvelles d'une écurie (H218 bis) et d'une remise (H 218).

    1865 : de Lalande : construction nouvelle d'une maison (H218 bis).

    1879 : Pichon de Longueville : construction nouvelle d'une maison (H 236-237).

  • Documentation complémentaire

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 160-161

    Château de Pichon-Longueville : baronne Raoul de Pichon-Longueville, 55 tonneaux.

    Château de Pichon-Longueville : vicomtesse de Lavaur, 30 tonneaux.

    Château de Pichon-Longueville-Lalande : comtesse de Lalande, 50 tonneaux.

    Le vignoble du Château-Pichon-Longueville portait autrefois le nom de Bâtisse et plus anciennement celui de Badère, d'après l'Histoire des Châteaux de la Gironde, par H. Ribadieu ; il est situé à l'O. et à côté du vignoble de La-Tour et s'étend sur le haut plateau qui sert de transition entre la commune de Pauillac et celle de Saint-Julien. Ce magnifique domaine appartient depuis plus de deux cents ans à la famille de Pichon-Longueville qui lui a laissé son nom ; il est aujourd'hui divisé en trois parties comme nous l'indiquons ci-dessus. Les deux beaux châteaux que nous reproduisons y ont été construits récemment, l'un en face de l'autre, à droite et à gauche de la grande route de Bordeaux à Lesparre.

    Ces trois parties n'en forment pour ainsi dire que deux, les vignes de Mme la vicomtesse de Lavaur étant exploitées en commun avec celles du baron Raoul de Pichon-Longueville.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 161
  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

  • HAZIOT, David. Château Pichon-Longueville comtesse de Lalande : la passion du vin . Paris : La Martinière, 2007.

  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [s.d.].

  • PEES, Johanna. Les Pichon Longueville, un nom, un patrimoine, à travers un siècle d'histoire 1750-1850. Mémoire de maîtrise d'histoire moderne : Bordeaux 3, 1998.

  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 73
  • TEXIER, Karine. H. T. Duphot et l'architecture privée. D.E.A. d'histoire de l'art : Bordeaux 3, 1994.

Périodiques
  • 101 Châteaux du Bordelais : du Médoc au Sauternais. Bordeaux : Le Festin, 2019 (Le Festin. Hors-série).

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