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Château Palmer

Dossier IA33003099 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations château Palmer
Parties constituantes non étudiées logement, jardin d'agrément, portail, mur de clôture
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cantenac
Lieu-dit : Issan
Cadastre : 1826 F 1 à 25 ; 2009 AB

Le château existant au 18e siècle et appartenant à la famille de Gascq, produisait des vins admis alors à la cour de Louis XV. Le château de Gascq est vendu, en 1814 au colonel anglais Charles Palmer qui lui laissa dès lors son nom. Il agrandit la surface du domaine dans les communes de Cantenac, Margaux, Soussans (vignoble de Boston). Sur le plan cadastral de 1826, les bâtiments sont disposés autour d'une cour en U, complétés par un ensemble formant deux ailes en V à l'ouest. De ces bâtiments, seule l'aile est de la cour semble être conservée.

Charles Palmer ne pouvant plus gérer sa propriété la laisse aux mains de la caisse hypothécaire entre 1844 et 1853. Puis en 1853, le domaine est acheté par Émile Pereire, homme d'affaires, banquier, à la tête notamment de la Compagnie du chemin de fer du Midi, avec son frère Isaac. Il fait construire le château actuel dès 1854, probablement sur les plans de Charles Burguet (Charles de Lorbac le date de 1855, Édouard Guillon indique 1856, tandis que René Pijassou propose quant à lui 1857 : pourtant les augmentations et diminutions des matrices cadastrales indiquent bien la construction nouvelle d'un château achevée en 1854 ; c'est également la date que donne Alfred Danflou). Les matrices cadastrales indiquent également la conversion d'une maison en bâtiment rural sur la parcelle F2, de même sur la parcelle F9 pour un chai et une maison. En 1863, une maison est construite sur la parcelle F8, modifiée en 1875.

Entre 2004 et 2005, le château est rénové avec la création d´un jardin devant la façade principale (sud). La toiture est refaite entre 2007 et 2008. L´ensemble des réaménagements du chai de second vin, de la salle de réception, du cuvier et de lieux de stockage est réalisé par l´agence d´architectes bordelaise, L´Arsenal, entre 1995 et 2005.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Dates 1854, daté par source
Auteur(s) Auteur : Burguet Charles,
Charles Burguet (1821 - 1879)

Élève de son oncle Jean Burguet (1783-1848), architecte à Bordeaux et auteur de l'hôpital Saint-André, puis d'Hippolyte Lebas (à l'atelier le 8 octobre 1842), il est admis en 1843 à l’École des Beaux-arts de Paris. Il devient architecte de la Ville de Bordeaux en 1850, et architecte des Monuments historiques et des Bâtiments civils de Gironde ; membre fondateur de la Société des architectes de Bordeaux, président en 1870 et 1871.


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architecte, (?), attribution par source
Personnalité : Pereire Emile, commanditaire, attribution par source

Bâtiment conçu comme un pavillon rectangulaire flanqué de tours d´angles, circulaires pour la façade antérieure et polygonales pour la façade postérieure. La bâtisse se prolonge à l´ouest par un bâtiment carré et à l´est par un bâtiment plus ancien formant une aile en retour d´équerre.

Les élévations du château sont rythmées de cinq travées et animées de bandeaux moulurés et de frises sculptées. Chaque façade est dotée d´un avant-corps, à pans coupés pour la façade principale et arrondi pour la façade postérieure. Pour l´élévation antérieure, un soin est apporté au décor de la porte d´accès et celle des tours, surmontées d'éléments sculptés (notamment les initiales du propriétaire EP sur la tour sud-ouest) et de pierres dures colorées. La porte-fenêtre centrale de l´étage s´ouvrant sur un garde-corps métallique est couronnée d´un fronton cintré orné d´une table décorative avec pierre dure de couleur incrustée et de motifs végétaux.

L´ensemble des façades est coiffé d´une balustrade en pierre. La toiture à croupes en ardoise est ouverte d'une lucarne principale au nord et au sud, ainsi que des chiens-assis en zinc. Les quatre souches de cheminées disposées sur les croupes sont en pierre de taille. Une crête en zinc couronne le faîte du toit.

L´intérieur de la demeure est composé d´un vestibule d´entrée s´ouvrant latéralement sur une salle à manger et l´escalier de distribution, puis dans le prolongement, sur le salon lui-même encadré par un fumoir et une petite salle à manger. Un couloir transversal dessert l´ensemble des pièces. L´étage conserve la même distribution des pièces.

La bâtisse est précédée au sud d´un jardin agrémenté de massifs traités en topiaire. Côté nord, une pelouse est plantée de quelques arbres. Un muret de clôture avec grille métallique est doté à l'ouest d'un portail à piliers à bossage un-sur-deux, alternant la pierre de taille vermiculée et la brique. Il est accompagné d'une porte piétonnière.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit en pavillon
toit conique
toit à longs pans croupe
flèche polygonale
Escaliers escalier intérieur
Jardins parterre, pelouse, arbre isolé
Techniques sculpture
Représentations guirlande raisin fronton corbeille fruit ove rinceau balustre fleuron
Précision représentations

Le décor se situe principalement sur la porte d'entrée et les portes des tours, de la façade principale. La porte d'entrée est ornée d'un entablement décoré de motifs végétaux encadrant une pierre dure de couleur. Les portes des tours sont encadrées d'oves et de dards. Une agrafe sculptée et un fronton circulaire coiffent les portes. L'entablement et le tympan sont ornés d'un médaillon portant chacun les initiales des frères Pereire, encadré de motifs végétaux et de vignes. Les baies en arc plein cintre du rez-de-chaussée sont surmontées d'un fronton triangulaire.

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE baie cintrée ; chambranle mouluré ; cartouche
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
ORIENT sud
CLOT mur de clôture ; grille ; piliers de portail ; portail ; portail en ferronnerie ; portail en ferronnerie
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    HUGON P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton, 1857 (rééd. Paris, res universis, 1992), p. 101 :

    "Lorsqu’à la suite des évènements de 1814, une partie de l’armée anglaise occupa le pays bordelais et le Médoc, M. le colonel Palmer ayant pris goût aux vins du cru, il acquit dans Cantenac un domaine vignoble ayant appartenu à la famille de Gasq. Quelques années après, ce domaine a été vendu à M. Pereire, banquier de Paris, qui y a fait édifier un château qui fait l’admiration des connaisseurs. Quoique son architecture tienne du genre gothique, deux avant-corps d’usines dans le goût moderne sont au midi, et laissent entre eux la cour d’entrée qui ouvre sur la route départementale, n°18. Ce château est flanqué de quatre pavillons : sa façade vers nord a vue sur un jardin anglais et sur le fleuve de la Gironde".

    DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    p. 97-99 :

    "Palmer est d'origine toute moderne, beaucoup plus jeune que Kirwan, que Branne, que Chavaille, et autres crus de Cantenac depuis longtemps célèbres. Ce cru, aujourd'hui très renommé, fut créé dans les premières années de la Restauration par le général anglais Palmer, qui réunit, à cet effet, plusieurs vignobles très estimés dans Cantenac et dans Margaux.

    Quant au château, construit en 1854, il est l’œuvre de MM. Pereire, qui n'ont rien épargné pour créer sur leur vignoble une habitation digne de leur fortune et du cru distingué dont la propriété leur est d'autant plus chère qu'ils ont su conquérir dans toute la Gironde une popularité des plus honorables, par des entreprises destinées à augmenter la prospérité de ce riche et beau pays (...).

    Regardez Palmer et vous direz avec nous : "Voila une habitation digne de loger un grand vin. A vignoble distingué, magnifique château!".

    GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Tome 3, Bordeaux, 1868 :

    "Le cru célèbre qui porte le nom de Palmer, ne date que d´un demi-siècle (...). Le colonel Palmer l´arrondit en achetant d´autres vignes sur ce beau plateau qui est partie de Margaux, partie dans Cantenac, et créa le vignoble de Palmer, qui fut classé dans les troisièmes grands crus.

    M. Palmer n´ayant pas fait de brillantes affaires fut exproprié et son vignoble resta longtemps dans les mains de la caisse hypothécaire (...).

    Heureusement il fut acheté en 1853 par MM. Péreire frères, qui le payèrent 425 000 francs et firent bâtir en 1856 le château Palmer, qui est situé sur le bord de la route et fait l´admiration des étrangers, avec ses élégantes tourelles et sa façade si coquette et si gracieuse, qui le fait ressembler aux villas des environs du lac de Côme ...

    Le château Palmer est un rectangle élégant recouvert d´un faîtage ardoisé, flanqué de quatre tourelles, meublé avec luxe, précédé de servitudes et de pavillons, et dont la façade Nord a vue sur un jardin l´anglais et sur la Gironde".

    COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils éditeurs, 2e édition entièrement refondue par Édouard Féret, enrichie de 73 vues des principaux châteaux vinicoles de la Gironde, 1868 :

    "Le cru Palmer se compose de 53 hectares, situés dans les communes de Margaux et de Cantenac, qui produisent, sous l´habile gestion de M. Lefort, propriétaire à Cissac, un des vins les plus recherchés du Médoc. Palmer a été acheté par M. E. Péreire, en 1853, moyennant 425 000 fr".

    COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 5e édition, 1886 :

    "Le vignoble de Palmer, auquel le général Palmer, sous la Restauration, a donné son nom, était autrefois connu sous le nom de Château-de-Gasq, du nom de son propriétaire, qui fit connaître ses vins au palais du maréchal Richelieu, plus tard, la cour de Louis XV, et contribua beaucoup à étendre la réputation des vins des communes de Cantenac et de Margaux. Au vignoble de Palmer est joint celui de Boston, qui en est éloigné d´environ 4 kilomètres. C´est encore une création du général Palmer. A la suite des ravages de l´oïdium, ce vignoble fut complètement détruit. Depuis 1858, il a été entièrement rétabli avec un choix de cépages qui lui assure les meilleurs produits ; il compte aujourd´hui 30 hect. 16 ares de vignes en un seul tenant, et en parfait état, dont la production augmente tous les ans. Palmer et Boston réunis produisent une moyenne de 170 tonneaux, qui sera dépassée ; leur vin, un des meilleurs de leur classe, a souvent rivalisé avec celui des 2e crus".

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales de la Gironde, 3 P 091 : Plan cadastral, 1826.

Bibliographie
  • COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils éditeurs, 2e édition entièrement refondue par Edouard Féret, enrichie de 73 vues des principaux châteaux vinicoles de la Gironde, 1868.

  • COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 5e édition, 1886.

  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    p. 97-99
  • DETHIER Jean (dir.). Châteaux Bordeaux. Paris : Centre de création industrielle [Centre Georges Pompidou], 1988.

    p. 252
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868.

  • HUGON, P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, réed. Res Universis, 1992.

  • LORBAC Charles (de). Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • PIJASSOU, René. Un château du Médoc : Palmer. Fédération Historique du Sud-Ouest, 1963-1964. p. 227-247.

    p. 227 à 231.
  • PIJASSOU René. Château Palmer. Noblesse oblige. Paris : Éditions Stock, 1977.

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