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Château Ormes de Pez

Dossier IA33008630 inclus dans Hameau de Pez réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Ormes de Pez
Parties constituantes non étudiées jardin, mur de clôture, portail, puits
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Pez
Cadastre : 1825 F1 1334 ; 2015 OF 3010

L'historique du domaine a été dressé par Daniel Frugier qui a effectué des recherches dans les archives du domaine et des collections publiques.

En août 1603, Arnaud Capdeville, marchand et bourgeois de Bordeaux, se marie avec Marie Soullard dont la famille possède depuis 1596 le domaine de Pez. Dès 1621, Arnaud est également procureur d’office de la juridiction de Castelnau. Veuf en 1627, il se remarie avec Marie La Faye, fille d’une famille de Castelnau. En 1638, il fait reconstruire et bâtir la maison de maître : les exporles de 1638 et de 1685 désignent "une maison haute en planchier" donc une habitation d’un étage. Arnaud décède en février 1645.

Son fils Philippe, né en 1617 du premier mariage d'Arnaud, développe le domaine de Pez, situé au Petit Pez. Vers 1649, Philippe Capdeville épouse Marie Vermis. En 1651, il procède à la liquidation de la succession de ses parents pour détenir l’entière propriété du domaine de Pez. En 1667, il agrandit le domaine, en faisant l’acquisition pour 3000 livres d’une grande métairie située au hameau Aillan, proche de celui de Pez. A partir de 1660, il consent au détournement de l’ancien chemin public établi à l’ouest, vers le bas du vallon du Paluda, où regarde sa maison, pour confirmer l’usage plus commode, contre compensation de terrains, de l’accès au hameau de Pez en traversant ses places situées à l’est. A la fin de sa vie, il devient monnayeur pour le roi en sa Monnaie de Bordeaux et meurt à Pez le 21 septembre 1707.

Son fils, Nicolas Capdeville, est marié à Marguerite Dast. En 1715 et 1717, des transactions témoignent d’un besoin évident de matériaux de construction et de main d’œuvre de maçon : Nicolas aurait donc procédé à la reconstruction ou à l'agrandissement de la maison. Il meurt en 1748, quelques semaines après son fils François ; c’est sa fille, Anne Capdeville (née en 1713, fille de Marguerite Dast), qui hérite du domaine. Elle épouse en 1730 Jacques Mercier, avocat, qui meurt en 1742 ; en 1749, elle épouse en secondes noces Guillaume Pénicaud, avocat à la cour du parlement. Ce dernier prend les rênes de la gestion des domaines ruraux de son épouse et leur maison de campagne devient celle de Pez, le siège du domaine le plus important de leurs possessions.

En 1756, ils reçoivent en donation/vente viagère le domaine du Boscq d’un lointain cousin, Jean Geoffret. Cette propriété est mise en fermage et confiée à Thomas Barton, mais à partir de 1764, des terres en sont amputées pour être mises à profit pour le bétail du domaine de Pez, manquant manifestement de prairies. Guillaume Pénicaud accède à la charge de conseiller en la Cour des Aides et Finances de Guyenne en 1768. En 1763, il avait sollicité Joseph de Fumel pour regrouper, harmoniser et simplifier les redevances seigneuriales en espèces et en natures qui pesaient sur toutes les terres du domaine, dans la dépendance de sa mouvance seigneuriale.

En 1779, le domaine du Boscq est dévolu aux enfants Mercier et le domaine de Pez revient à Guillaume Pénicaud et à son fils Jean-Baptiste Nicolas. Dès 1772, ce dernier acquiert des terres aux alentours de Pez ; mais sans descendance, il vend le domaine par acte du 17 mars 1792 (Me Barberet à Bordeaux) : le domaine s’étend alors sur une superficie de quelque 77 ha, dont 35 ha de vigne. Olivier-Jean Brunaud aîné, négociant bordelais, se porte acquéreur du domaine pour la somme de 160.000 livres ; il en était le régisseur depuis 1791 ; mais il demande rapidement la résiliation de l’acte passé, le 17 mars 1792 ; le domaine mis en fermage reste alors la propriété des Pénicaud/Capdeville.

Néphtaly Lattad de Rose en devient propriétaire en 1802 ; puis endetté, il le vend à Edwards Southard, négociant, consul général de Sa Majesté le roi de Sardaigne, le 27 novembre 1828 : c’est à partir de cette date que le "domaine actuellement connu sous le nom de Pez sera désormais appelé domaine des Ormes de Pez".

Le plan cadastral de 1825 indique un bâtiment avec deux pavillons à l'ouest, une aile au sud et des bâtiments de dépendance au nord.

Une lithographie publiée dans l'ouvrage de Gustave de Galard propose une représentation du château à cette époque : il s'agit de la façade ouest, côté jardin. La maison basse est encadrée de deux pavillons carrés et accessible par un escalier et une terrasse. Elle correspond probablement à la maison construite ou agrandie par Nicolas Capdeville au début du 18e siècle.

En 1850, le domaine des Ormes est mentionné dans l'ouvrage de Cocks et Féret comme appartenant à Southard et produisant 100 tonneaux. Edwards Southard meurt à Bordeaux le 10 avril 1862 ; le domaine reste en indivision. Les augmentations et diminutions indiquent au nom d'Edouard Soutard l'augmentation de construction d'une maison (parcelle F1334) achevée en 1867 (le revenu passe alors de 40 à 60 francs). En quoi consiste cette augmentation de construction ? S'agit-il déjà du corps de bâtiment est et de sa façade ordonnancée ?

Le domaine est vendu les 15 et 26 décembre 1877 à Antoine Berthé, propriétaire demeurant au bourg de Saint-Estèphe et à son gendre Jean Bonifet, époux de Marguerite Berthé, demeurant à Leyssac. Il ne compte plus que 20 ha dont 14 de vigne. Selon Daniel Frugié, c’est cette famille Berthé/Bonifet qui fait construire la demeure actuelle en 1887-1888 (augmentations et diminutions, parcelle F1330 [or le château se situe sur la parcelle 1334], construction nouvelle d'une maison).

A la fin du 19e siècle, le domaine des Ormes de Pez devient propriété de la famille Carrère, banquiers à Pauillac. Par alliance matrimoniale, il revient à Marcel Alibert en 1903. Il est illustré dans l'édition de 1922 de Bordeaux et ses vins et appartient encore à cette époque à ce dernier.

Les Alibert vendent en 1927 à la Société civile du Haut-Médoc, puis en 1942, la famille Cazes se regroupe pour le rachat de 29 parts de la Société (Me Vialard, acte du 24 novembre 1942). La famille Cazes en est encore propriétaire de nos jours.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle

La maison est composée de deux parties : un corps de bâtiment à étage carré, à l'est, greffé à un logis en rez-de-chaussée encadré de deux pavillons, à l'ouest.

Côté jardin (ouest), le rez-de-chaussée est accessible par un escalier droit en pierre menant à une terrasse. La façade percée de 6 ouvertures est en pierre de taille à bossage continu. De part et d'autre, deux pavillons sont en moellons enduits, avec chaînages d'angle en pierre de taille.

Côté cour, la maison à étage présente une façade ordonnancée selon 5 travées. Les ouvertures du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire, celles de l'étage à plates-bandes. Toutes présentent des encadrements moulurés à crossettes et des agrafes ornées. Une corniche à denticules couronne la façade, tandis que la travée centrale est surmontée d'un fronton triangulaire.

A l'intérieur, un vaste vestibule central dessert les pièces et l'escalier permettant d'accéder à l'étage. Un caveau voûté est ménagé sous la demeure.

Le jardin est clos d'un mur ; deux portails avec piliers maçonnés y sont aménagés à l'est.

Murs calcaire moellon enduit
pierre de taille bossage
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, en rez-de-chaussée
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit en pavillon
toit à longs pans croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations fronton, denticule

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; crossettes (porte) ; crossettes (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) ; agrafe (fenêtre) ; agrafe (porte)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO plateau
ORIENT est
VUE vue bornée
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Frugier Daniel. Archives du domaine des Ormes-de-Pez, volume 2 : références des actes concernant Pez

    Sélection d'actes recensés par Daniel Frugier dans les archives des Ormes de Pez

    (34) Acte du 14 octobre 1660 (Me Bernard Minbielle), au sujet d’un accord pour la reconnaissance de l’utilisation d’un chemin. Il est dit que les habitants désignés et d’autres du village de Pez et d’ailleurs, empruntent un chemin qui passe dans les places et entre les masures qui sont à l’est, au devant de la maison du sieur Capdeville, à cause de l’incommodité du grand chemin public qui est entre sa maison et sa grange. Philippe Capdeville accepte l’usage de ce passage à condition qu’il devienne public et de la même largeur que l’actuel chemin public qui ne satisfait personne. Il demande donc en échange la fermeture du grand chemin qui traverse son bien et que la portion du dit chemin devienne alors sa propriété. Tous les habitants concernés adhèrent à cette proposition.

    (42) Acte du 24 février 1666, mentionnant Pierre Cosquail, laboureur et voisin mitoyen de la propriété Capdeville à Pez, et qui a récemment bâti le mur de son chai, empiétant dans la partie nord du jardin de Philippe Capdeville.

    (54) Acte notarié de Chaigneau, notaire à Lesparre (19 février 1673) : vente par Pierre et Jean Grenin frères à Philippe Capdeville de la métairie d’Aillan.

    (125) Acte notarié de François Chevalier, notaire à St Seurin de Cadourne (23 juillet 1757) : prise de possession du domaine du Boscq : Anne Capdeville a reçu par donation viagère le domaine de la part de son cousin Jean Geoffret par acte du 3 juillet 1756 : maison consistant en 6 chambres et cuisine, cuisine, cave, et caveau et autres réduits, chai cuvier, grange à foin, parc à bœuf, écurie, le tout situé au dit lieu du Boscq avec le bois de haute futaie et bois taillis, vignes, verger, jardin et jaugar (…).

    (137) Acte sous seing privé de Joseph de Fumel, seigneur de la Salle de Pez, daté du 26 avril 1772 qui vend un fonds à Guillaume Pénicaut : une pièce de terre, avec les arbres qui s’y trouvent située entre l’ancienne maison de Lheriteyre : confronts à l’ouest la maison de Lhériteyre et à l’est le mur jardin de la maison de Pez.

    (142) Acte notarié de Ichon, notaire à Lesparre, 14 janvier 1638, reconnaissance de fiefs des fonds détenus par Arnaud Capdeville, sieur de Ferran, demeurant au lieu du Petit Pez au profit de dame Anne Duduc (…) : toute une maison haute en planchier (maison à étage), place au-desvant, grange, jardins et bois, en un seul tenant, joignant ensemble, le tout situé au lieu dit du Petit Pez, autrement anciennement dit au bois de Labat, paroisse de Saint-Estèphe. Laquelle maison et grange ledit de Capdeville a faict bastir et construire. Il est dit que la maison et place que tenait autrefois le dit feu Noël Soullard sont à présent du fief de l’abbaye de Vertheuil désigné dans l’exporle précédente de Sainct-Proge.

    (146) Acte notarié de Bernard Minbielle, notaire à St Estèphe (4 janvier 1685), reconnaissance des fiefs des biens détenus par Philippe Capdeville.

    Mention d’une métairie appelée l’enclos de Lignan située au village d’Aillan, consistant en une maison composée de diverses chambres basses et hautes en planches, aire, grange, parcs, jardins, aubarèdes et terre labourable, tout en un seul tenant.

    Actes conservés dans les collections publiques :

    AD Gironde, 2Mi 8012-R8 : mariage entre Arnaud Capdeville, marchand et bourgeois de Bordeaux, et Marie Soullard, 27 août 1603.

    AD Gironde, série 3 E 466 et 471 : mariage d'Anne Capdeville et Jacques Mercier, 1er juin 1730.

    AD Gironde, 3 E 31518 (Me Maillières, Bordeaux), vente du domaine de Pez par Néphtaly Lattad de Rose à Edwards Southard, le 27 novembre 1828.

    AD Gironde, 3 Q 20366, fol.65, n°139 : déclaration de succession d'Edwards Southard, 23 novembre 1862.

    AD Gironde, 4 Q bureau des hypothèques de Lesparre, transcription des actes, vol. 376 : Vente du domaine de Pez par la famille Southard, 15 et 26 décembre 1877 (Me Chêne, notaire à Bordeaux).

    AD Gironde, 4 Q bureau des hypothèques de Lesparre, transcription des actes, vol. 657 : Acte de vente des Berthé/Bonifet à Charles-Eugène Plisson (Me Albert Soula, notaire à Saint-Laurent-Médoc), 5 août 1896.

    AD Gironde, 4 Q bureau des hypothèques de Lesparre, transcription des actes, vol. 684 et 4 Q Inscription des hypothèques, vol. 318, n° 83 à 85 : vente aux enchères publiques ; acquisition par les banquiers Carrère, 13 septembre 1897.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 221
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 275
  • FRUGIER Daniel. Archives du domaine des Ormes-de-Pez, Historique (volume 1) et Catalogue / Inventaire (volume 2), mai 2008.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine
  • GALARD Gustave (de). Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : de Logé, 1835.

  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 148
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