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Château Mouton-Rothschild

Dossier IA33005638 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations Mouton-Rothschild
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Mouton
Cadastre : 2012 OB 522 ; 1825 A2 1699 à 1703

La terre de Mouton est attestée dès le 15e siècle. Nicolas Alexandre de Ségur (1697-1755), le célèbre "prince des vignes", réunit entre ses mains les domaines de Latour, Lafite, et y ajoute, en 1718, Mouton et Calon-Ségur. Pour peu de temps, puisque Mouton est vendu en 1720 à Joseph de Brane (mort en 1749). Ce dernier est mentionné comme écuyer, seigneur de Mouton, Le Pouyallet et autres lieux lorsqu'il est reçu conseiller du roi en la grand' chambre du Parlement de Bordeaux le 31 janvier 1727. Son fils, Joseph-Hector de Brane, est seigneur, baron de la terre de Mouton et du Pouyallet, en la paroisse de Pauillac, et seigneur de Budos : il rend foi et hommage au roi le 17 avril 1769 pour la baronnie de Mouton. Selon Paul Butel, un plan représente le domaine en 1787.

En 1791, Joseph-Hector de Brane émigre en Espagne quelques mois, puis revient en France où il est emprisonné. Il est libéré puis émigre à Hambourg avant de revenir à Bordeaux. En 1794, il avait épousé Laure de Fumel, qui rachète l'année suivante Château Margaux qui avait été saisi par l’État (elle le vend en 1802 au marquis de La Colonilla).

Selon Édouard Féret, c'est à leur fils Jacques-Maxime que "l'on doit l'encépagement parfait du cru de Mouton à Pauillac, qui rivalise avec les premiers crus et celui de Gorce à Cantenac, qui est appelé aujourd'hui Brane Cantenac".

Joseph-Hector de Brane porte toute son attention sur son domaine de Brane-Cantenac et vend Mouton en 1830 au banquier Isaac Thuret, originaire des Pays-Bas ; en 1850, il y produit 130 tonneaux mais n'y réside pas. Il s'agissait encore d'une seule et même propriété, séparée par la suite en deux ensembles, Mouton-Rothschild et Mouton-d'Armailhacq.

En 1853, le baron de Nathaniel de Rothschild (1812-1870) acquiert ainsi la partie qui devient Mouton-Rothschild, tandis que l'autre partie appartient à Armand d'Armailhacq.

Sur le plan cadastral de 1825, les bâtiments sont composés d'un vaste ensemble disposé en T, accompagné de trois autres constructions dans une cour.

D'après les augmentations et diminutions des matrices cadastrales, plusieurs modifications sont apportées par Nathan James Édouard de Rothschild (1844-1881) dans les années 1870, notamment sur la parcelle A 1699. Les bâtiments sont représentés dans l'édition de 1881 de l'ouvrage de Cocks et Féret : situés dans le village du Pouyalet, ils se composent d'une maison en rez-de-chaussée encadrée de deux ailes de dépendance. L'ouvrage mentionne la construction d'un cuvier à étage par l'architecte Alfred Maître. Dans l'édition de 1886, on note que la maison en rez-de-chaussée a été remplacée par un logis à étage dans le style néo-gothique également construit par Alfred Maître.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Maître Louis-Alfred, architecte, attribution par source

La demeure se trouve à l'extrémité occidentale du village du Pouyalet. Elle présente un plan massé avec des décrochements de toiture en ardoise. On accède au rez-de-chaussée surélevé par un escalier à double volée. La travée de la porte d'entrée forme pignon et se trouve à l'angle formé par les deux corps de bâtiment qui composent le logis. Les ouvertures présentent des encadrements en pierres de taille harpées. La façade-pignon sud est dotée d'un bow-window ; le fronton à pignon découvert est souligné de rampants assisés en sifflet. Les bâtiments de dépendance encadrent la demeure à l'est et à l'ouest.

Murs calcaire
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert

Mouton Rothschild ne fait pas partie du classement des vins de Bordeaux établi en 1855. Il sera finalement intégré au prestigieux classement par arrêté ministériel du 21 juin 1973 et promu au rang de "Premier cru".

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Archives non consultées

    AD Gironde. C 4160.

    -Vente par Robert de Saint-Martin à Gaston de Foix fils en comptat de Buch de la terre de Mouton dans la paroisse de Pauillac, 29 mai 1499.

    -Hommage par Raymond Gaillard, acquéreur de cette seigneurie, 22 août 1701.

    -Saisie de la dite terre au préjudice de Gassiot-Joseph Gaillard, qui prétend la tenir en franc alleu (1725-1726).

    Paul Butel, dans son article, mentionne un plan du domaine de Mouton dans la liasse notariée, terriers E 930 (document non retrouvé) ; plan daté 1787.

  • Documentation complémentaire
    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 137

    Le cru de Mouton qui était dans la famille de Branne depuis plus d'un siècle, fut acheté en 1830 par M. Thuret, au prix de 1 200 000 fr. En 1853, M. le baron N. de Rothschild l'a payé, à la barre du tribunal de Paris 1 175 000 fr, prix bien inférieur à sa valeur actuelle (...).

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1881 (4e édition).

    p. 188

    avec illustration

    Appartient au baron James Ed. de Rothschild (fils de N. de Rothschild).

    (...) La culture de la vigne et l'installation vinicole de cet excellent cru, dont la gestion est depuis longtemps confiée à M. Galos, y ont été l'objet d'améliorations constantes, et, tout dernièrement, le cuvier vient d'être reconstruit sur les plans de M. Maître, architecte, avec les aménagements les plus perfectionnés. Ce cuvier, où tout a été organisé en vue d'une surveillance complète et facile, comprend, au 1er étage, 3 pressoirs mobiles sur rails et plaque tournante, avec tous les outils et engins propres à activer et perfectionner les divers travaux relatifs à ces pressoirs ; le rez-de-chaussée, entièrement cimenté avec pente douce vers une citerne pouvant recevoir 15 tonneaux de vin, en cas de rupture d'une des cuves, offre 19 grandes cuves entourées de tous les accessoires les plus commodes. Ce vignoble a obtenu, pour sa culture, en 1863, la médaille d'or ministérielle.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 187

    avec illustration

    (...) Feu M. le baron James-Edouard de Rothschild a créé et ses héritiers entretiennent à leurs frais une salle d'asile sur le domaine de Mouton pour tous les enfants du pays qui de là vont à l'école de Mousset dont nous avons parlé plus haut.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1929 (10e édition).

    p. 246-247

    avec illustration.

    (...) Au centre du vignoble se trouve le groupe de bâtiments composés du château et des bâtiments d'exploitation, chais, caves et cuvier. D'importants travaux d'agrandissement et de perfectionnement ont été effectués ces derniers temps et, à l'heure actuelle, les splendides aménagements des chais seront certainement parmi les plus remarqués du Médoc. Un progrès important a aussi été apporté au cuvier, mais toujours dans le plus strict respect des coutumes et traditions qui ont fait de Mouton-Rothschild un cru aussi réputé.

    La récolte 1924 de château Mouton-Rothschild a été mise en bouteilles au château en totalité. Il en sera de même des récoltes suivantes.

    A partir de la récolte de 1924, sur les bouteilles de toutes contenances, on trouvera la nouvelle étiquette (en rouge, or, bleu et gris) dont nous donnons ci-dessous la reproduction en noir.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1949 (11e édition).

    p. 194-195

    avec photo du chai

    (...) Dominant le vignoble, les bâtiments d'exploitation qui encadrent le château sont un centre d'attraction pour l'homme de l'art comme pour le touriste et reçoivent sans cesse un flot de visiteurs.

    Les splendides installations de Mouton-Rothschild, son chai grandiose, son cuvier modèle, ses caves, le tout complété par une salle de banquet et l'original salon, dit "Salon des Négociants", ont rehaussé l'éclat de ce grand cru dans le monde entier, contribuant ainsi, avec une particulière efficacité au maintien du prestige des vins de Bordeaux.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1969.

    p.342-343

    (...) Signalons toutefois la réalisation la plus récente du baron et de la baronne Philippe : le musée d’œuvres d'art, ouvert en 1962, comparable aux grands musées de tous pays.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1982.

    p. 570

    Par arrêté ministériel du 21 juin 1973, Mouton-Rothschild est promu au rang de "Premier cru".

  • Augmentations et diminutions du cadastre

    1865 : Rothschild, maison convertie en bâtiment rural (parcelle A 1695).

    1873 : Rothschild, construction nouvelle d'une maison (parcelle A 1699).

    1875 : Rothschild, maisons démolies (parcelles A 1698-1699).

    1876 : Rothschild, construction nouvelle d'une écurie et d'une remise (parcelle A 1701).

    1884 : Rothschild, château reconstruction (parcelle A 1524??).

Références documentaires

Bibliographie
  • BUTEL, Paul. Grands propriétaires et production des vins du Médoc au XVIIIe siècle. In Fédération Historique du Sud-Ouest, XVIe congrès. Le Médoc. 1964.

    p. 143
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1881 (4e édition).

    p. 188
  • FERET Edouard. Personnalités et notables Girondins de l'antiquité à la fin du XIXe siècle. Bordeaux : Féret et L'Entre-deux-mers, 2009, fac-similé de l'édition de 1889.

    p. 95
  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

  • O'GILVY Henri Gabriel. Nobiliaire de Guienne et de Gascogne. Revue des familles d'ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces antérieures à 1789. Bordeaux : éditions Gounouilhou, 1856.

    volume 2, p. 433
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