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Château Mouton-d'Armailhacq

Dossier IA33005636 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations Mouton-d'Armailhacq
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Pauillac
Lieu-dit : Mouton
Cadastre : 2012 OB 589 ; 1825 C1 125, 130, 131

La baronnie de Mouton qui réunissait Mouton d'Armailhacq et Mouton-Rothschild (anciennement Branne Mouton) appartenait à la famille de Gramont puis de Branne. Les bâtiments apparaissent sur le plan cadastral de 1825 au lieu-dit Mouton : ils sont organisés autour d'une cour avec un autre bâtiment de plan rectangulaire au sud.

La demeure est représentée dans l'album vinicole de Gustave de Galard, vers 1835 : elle appartient à cette époque à M. d'Armailhacq. Cette famille est attestée à Pauillac au 17e et 18e siècles.

La demeure est probablement construite au début du 19e siècle mais semble ne jamais avoir été terminée, comme le laisse supposer un témoignage datant de 1855 : selon Pierre-Charles de Saint-Amant, "la première aile en fut promptement élevée ; mais tout est resté depuis à ce brillant début". Les investissements réalisés dans le vignoble ont endetté les propriétaires, ce qui a conduit à l'arrêt du chantier. La façade est donc encore aujourd'hui coupée en son milieu, l'autre partie n'ayant jamais été construite.

Armand d'Armailhacq (1789-1868) est l'auteur en 1855 d'un ouvrage intitulé : "La culture des vignes, la vinification et les vins dans le Médoc, avec un état des vignobles après leur réputation". Il était membre de la Société d'agriculture de la Gironde. D'après Edouard Féret, "son cru de Mouton d'Armailhacq, on ne peut mieux encépagé, est un des plus recherchés de sa classe". Son ouvrage est "considéré comme le meilleur de tous les écrits publiés sur la viticulture et la vinification". Mouton d'Armailhacq est mentionné dans l'édition de 1850 de l'ouvrage de Cocks et Féret comme produisant 120 tonneaux.

La construction nouvelle d'une maison est attestée dans le registre des augmentations et diminutions en 1860 pour M. d'Armaillac (parcelle C130) ; d'autres aménagements sont faits au nom de M. Ferrand entre 1860 et 1879, notamment la construction d'une chapelle en 1860 (parcelle C130).

En 1868, il appartient à de Ferrand et d'Armailhac et produit 130 à 170 tonneaux. En 1857, la fille d'Armand d'Armailhacq avait épousé Adrien de Ferrand (1828-1907). Dans l'édition de 1874, une illustration de la demeure est fournie. A partir de 1878 et pour cause d'indivision, Adrien de Ferrand se porte acquéreur du domaine. En 1893, il atteint une production de 200 tonneaux. Dans l'édition de 1908, il est indiqué que le domaine a été divisé en château Mouton-d'Armailhacq et le cru des Carruades d'Armailhacq. En 1933, il est acheté par le baron Philippe de Rothschild.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle

Les bâtiments sont voisins de ceux de Mouton-Rothschild, situés au nord. La demeure est entourée d'un vaste parc et de bâtiments de dépendances organisés autour de deux cours.

Le bâtiment à étage carré n'est composé que de trois travées : toute la partie sud n'a pas été construite. Seule l'amorce de la travée centrale et le départ du fronton triangulaire sont visibles avec des pierres d'attente. La toiture est également inachevée : elle est percée de lucarnes et dotées de hautes souches de cheminée en pierre de taille.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
croupe
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documents d'archives non consultés concernant la seigneurie de Mouton

    AD Gironde. C 4160.

    -Vente par Robert de Saint-Martin à Gaston de Foix, fils du captal de Buch, de la terre de Mouton, dans la paroisse de Pauillac (29 mai 1499).

    - Hommage par Raymond Gaillard, acquéreur de cette seigneurie (22 août 1701).

    - Saisie de lad. Terre au préjudice de Gassiot-Joseph Gaillard, qui prétend la tenir en franc alleu (1725-1726).

  • Extraits d'ouvrages
    • COCKS, Charles, FERET, Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898 (7e édition) avec supplément de 1901, réédition 2009.

    p. 208 (avec illustration)

    Le domaine de Mouton-d'Armailhacq et celui de Mouton-Branne, ou Rothschild, étaient autrefois la même propriété. Divisés depuis environ deux siècles, l'un au Nord, l'autre au Midi, ils forment actuellement deux vignobles et deux crus différents, Mouton-d'Armailhacq conservant le parc et le château.

    Le vignoble contenant environ 67 hectares est classé parmi les meilleurs 5e crus. Admirablement exposé, contigu aux vignobles de Pontet-Canet et de Mouton-Rothschild avec lesquels il ne forme qu'un seul bloc, il produit comme moyenne environ 250 tonneaux d'un vin très fin et très distingué.

    Le vignoble de Mouton d'Armailhacq est un des mieux tenus de Pauillac. M. de Ferrand y conserve les vieilles traditions, héritage précieux de l'agronome distingué qui a donné son nom à ce cru.

    Viticulteur passionné et expérimenté autant que savant magistrat, M. d'Armailhacq écrit dans les journaux ou revues du temps divers articles d'agronomie fort remarqués. Mais ce qui a établi sa grande réputation, c'est le gros volume in-8° qu'il publia vers 1850 sous ce titre : De la culture des vignes, de la vinification et des vins dans le Médoc, avec un état des vignobles d'après leur réputation.

    Cet excellent ouvrage est encore considéré comme le meilleur de tous les livres écrits sur la viticulture et la vinification en Médoc. Il a eu trois éditions, néanmoins il est devenu très rare et très recherché. Nous faisons des vœux pour qu'une 4e édition mise à jour soit bientôt publiée.

    • COCKS, Charles, FERET, Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 240

    (...) Feu M. le comte de Ferrand a, lui aussi, travaillé sans cesse au perfectionnement de la viticulture médocaine, ce qui lui a valu, en 1905, l'objet d'art décerné par les membres de la société des Agriculteurs de France du Sud-Ouest au viticulteur de la région ayant rendu le plus de services à la viticulture.

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1949 (11e édition) .

    p. 204

    Mouton-Rothschild et Mouton-d'Armailhacq formaient jadis un unique domaine : la seigneurie de "Mothon". Un acte successoral, au XVIIIe siècle, divisa le domaine en deux propriétés. Il appartint alors, pendant de nombreuses années, à la famille d'Armailhacq, dont l'un des membres, viticulteur passionné autant que savant magistrat, écrivit en 1850 un gros ouvrage sur la viticulture, qui fait encore autorité.

    Mouton d'Armailhacq fut cédé en 1930 par le comte de Ferrand, héritier de M. d'Armailhacq, à une société constituée par le propriétaire de Mouton-Rothschild, de telle sorte que, maintenant, ces deux grands crus sont de nouveau réunis, tout en conservant une complète autonomie de production (...).

    Le vignoble, dont la superficie a été réduite de 75 hectares à 45 hectares, est contigu à celui de Mouton-Rothschild, de telle sorte que les deux propriétés, tant par leurs vignes que par leurs chais, constituent maintenant un ensemble unique que l'on peut qualifier de "chef-d'oeuvre des vignes de France".

    • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1982.

    p. 577

    1956 : Mouton-d'Armailhacq devient Mouton-Baron-Philippe.

    1976 : changement de nom, le domaine devient Château Mouton-Baronne-Philippe.

    • SAINT-AMANT, Pierre-Charles de. Le vin de Bordeaux. Promenade en Médoc (1855) . Paris-Bordeaux, 1855.

    p. 96

    (...) Peut-être aussi, mais nous ne faisons que hasarder timidement notre pensée, M. d'Armailhacq, avec l'élévation qui lui est propre, embrasse-t-il parfois un horizon un peu trop vaste sans s'être au préalable rendu un compte précis des moyens pratiques à sa disposition. C'est ce que nous avons cru entrevoir dans l'édification de sa propre habitation. Il avait voulu, dans le temps, remplacer le vieux manoir des Gramont par un château moderne dont le plan était élégant et grandiose. La première aile en fut promptement élevée ; mais tout est resté depuis à ce brillant début. Peut-être avait-il trop embrassé... Nous devons, dans l'entreprise de nos œuvres, agir avec la prudente circonspection dont la divine providence nous fournit l'exemple en mesurant le vent à la brebis tondue.

    Les pierres d'attente du château d'Armailhacq subissent déjà les ravages du temps, et tel qu'il subsiste, il est l'image d'un château comme on en voit peu, je puis même ajouter comme on n'en voit pas. Nous avions eu le dessin de le photographier comme singularité, mais nous y avons renoncé, préférant donner cours à de plus généreuses pensées à l'endroit d'un homme de mérite, qui présente de si brillants côtés et comme viticulteur et comme oenologiste.

  • Augmentations et diminutions du cadastre

    1860 : Ferrand, logement, construction nouvelle (C 125)

    1860 : Ferrand, chapelle, construction nouvelle (C 130)

    1860 : D'Armailhac, 2 constructions nouvelles de maison (C 130)

    1871 : D'Armailhac, château, augmentation de construction (C 130)

    1877 : Ferrand, château, augmentation de construction (C 130)

    1879 : Ferrand, château, augmentation de construction (C 130)

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • ARMAILHACQ Armand (d´). La culture des vignes, la vinification et les vins dans le Médoc avec un état des vignobles après leur réputation. Paris : [s.n.], [s.d.].

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 2.

    p. 51-52
  • FERET Edouard. Personnalités et notables Girondins de l'antiquité à la fin du XIXe siècle. Bordeaux : Féret et L'Entre-deux-mers, 2009, fac-similé de l'édition de 1889.

    p. 22
  • SAINT-AMANT, Pierre-Charles de. Le vin de Bordeaux. Promenade en Médoc (1855) . Paris-Bordeaux, 1855.

    p. 96
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