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Château Morin

Dossier IA33008626 inclus dans Hameau de Saint-Corbian réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Morin
Parties constituantes non étudiées portail, mur de clôture
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Saint-Corbian
Adresse : R.D. 2
Cadastre : 1825 A1 13, 14 ; 2015 OA 2267, 2284, 2285, 2286

D'après les recherches menées par Daniel Frugier, les origines du château Morin sont liées à la famille Dast : Jean Dast, notaire, épouse vers 1620 Marie Dufau, cousine germaine d'Arnaud Capdeville.

Par ailleurs, le nom Morin apparaît à plusieurs reprises dans les archives, sans que l'on puisse établir un lien direct avec le domain de Saint-Corbian. On trouve en 1705 la mention à Saint-Corbian d'un certain Bertrand Morin, propriétaire de forêts aliénées par le Chapitre de Saint-André en 1579-1580, qui est assigné car le Chapitre souhaite reprendre ces forêts. Plus tard, en 1756, un procès est attesté contre Jean-Pierre Morin, notaire royal, au sujet du non paiement des rentes qu'il doit dans la seigneurie de Vertheuil ; en 1758, un arrêt de la chambre des requêtes du palais ordonne que les fruits et revenus saisis au préjudice du sieur Morin, notaire, soient vendus.

Les ferronneries du châssis de porte sont ornées de la date 1738 et d'initiales entrelacées parmi lesquelles un M et un D sont nettement identifiables. Est-ce la famille Morin qui est propriétaire à cette époque ou bien la famille Dast ?

En 1732, la comptabilité du chapitre de Saint-André mentionne également des "réparations à la maison noble de Saint-Corbian" et le 15 août 1748 la "réparation du chai de Saint-Corbian" ou encore la 7 juin 1764 ou 1765 "de petits travaux à la maison de Saint-Corbian". De quelle maison s'agit-il ?

Les bâtiments sont indiqués sur le plan cadastral de 1825.

En 1850, le cru Morin appartient à De Camiran et Couput et produit 110 tonneaux. En mai 1862, Constant Alibert (1820-1882) médecin, marié à Marie-Marguerite Liquard, achète le château Morin. En 1874, Château Morin produit 50 tonneaux. Il est illustré dans l'édition de 1898.

D'après l'édition de 1908 de l'ouvrage de Cocks et Féret, le Château Morin appartient depuis 1894 à Paul Alibert, fils de Constant. "Le château et ses dépendances (chai et cuvier) sont situés dans un clos de deux hectares et demi et forment un ensemble des plus agréables. Ses chais sont construits en forme de cave, et les vins s'y trouvent dans les meilleures conditions".

L'ensemble des bâtiments ont été détruits en 2015.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Dates 1738, porte la date

Le domaine se trouvait au nord du hameau de Saint-Corbian. Il se composait d'un logis accompagné de bâtiments viticoles au nord et agricoles au sud. Plusieurs logements secondaires y étaient associés.

Propriété des Champagnes Roederer, l'ensemble a été détruit en 2015.

La demeure à étage présente sa façade principale à l'est. Elle se compose de 5 travées, la travée centrale étant soulignée de deux jambes à bossage et surmontée d'un fronton triangulaire percé d'un oculus. La porte principale et la fenêtre de l'étage sont en arc segmentaire avec encadrement mouluré. La porte est surmontée d'une corniche intégrée au bandeau médian de la façade. Les autres fenêtres de l'étage sont à plate-bande, avec encadrement mouluré et allèges en ressaut. Une corniche à modillons règne sur la façade et souligne le fronton.

La façade postérieure sur cour est en pierre de taille, en partie enduite d'un ciment récent ; les ouvertures sont irrégulières. La porte en arc segmentaire est accessible par un degré en pierre.

Ce corps de logis principal communique au sud avec un autre corps de bâtiment disposé en L. Construit en moellons et couvert de tuile, il est doté d'un comble à surcroît et d'une partie en rez-de-chaussée. L'aile en retour est dotée d'un étage. Ces deux logis secondaires sont percés de deux fois une porte associée à une fenêtre, indiquant certainement plusieurs unités d'habitation. L'aile en retour a été doublée au nord par un bâtiment à étage construit en pierre de taille qui alterne fenêtres et baies aveugles.

A l'intérieur, un grand vestibule donne accès à deux salons de part et d'autre, et à un couloir avec l'escalier en pierre pour mener à l'étage. Sous cet escalier, une porte conduit au caveau. Au sud, en passant dans le bâtiment adjacent, on accède à une cuisine (avec passe-plat) et à un escalier de service.

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à deux pans noue
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
États conservations détruit après inventaire
Techniques ferronnerie
sculpture
Représentations chronogramme, monogramme, fronton
Précision représentations

La porte principale (façade est) présente un châssis de porte en ferronnerie avec la date 1738 et des initiales entrelacées (MD?).

La porte de l'élévation latérale nord présente également un châssis de porte en ferronnerie avec les initiales MD entrelacées.

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO plateau
ORIENT est
VUE vue sur estuaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire

    COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908, p. 197.

    M. Paul Alibert fait depuis 1896 des vins mousseux avec les raisins rouges les plus fins de son vignoble de Château-Morin. Ses vins mousseux sont faits par les mêmes procédés et avec les mêmes soins que ceux donnés aux vins de Champagne. Ils sont livrés à la consommation par paniers de 12 ou de 24 demi bouteilles, et rien n'a été négligé au point de vue du conditionnement.

  • Références Archives départementales de la Gironde sur Saint-Corbian

    AD Gironde, G 3270 : Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Seigneurie de Vertheuil.

    -Bail à fief nouveau de la palu de Saint-Corbian, 1401 (copie).

    -Copie d'un bail à fief nouveau de la palu de Saint-Corbian, 1491.

    -Hommage de Noël Soulart du village de Saint-Corbian pour le tènement de La Ruade, 1589.

    -Nécessité d'un arpentement pour la paroisse de Saint-Corbian, 1639 : ce travail sera confié à Raymond Duprat et fait à la "mesure du journal de Bordeaux" ; ordre aux seigneurs tenant fief dans la seigneurie de Vertheuil de bailler leur dénombrement, 1639.

    -Reconnaissance féodale et bail à fief nouveau, 1639.

    -Reconnaissances pour des biens à Saint-Corbian, 1641.

    -Dîme de Saint-Corbian, 1642.

    -Assignation à Bertrand Morin et à Jean Bourin propriétaires de forêts qui ont été aliénées par le chapitre en 1579 et 1580 et que celui-ci veut reprendre, 1705.

    AD Gironde, G 3266, Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Saint-Estèphe.

    -Reconnaissances pour des maisons situées au village de Saint-Corbian, 1641.

    -Sommation à Marie Morgues de payer le prix de l'afferme de la dîme de Saint-Corbian, 1737.

    -Bail à ferme des revenus appartenant au chapitre dans le village de Saint-Corbian, 1757.

    AD Gironde, G 425, Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Vertheuil.

    -Procédure entre le chapitre et les habitants de Saint-Corbian, de Listrac, Cessac, Verteuil, au sujet des droits et des agrières qu'il revendiquait sur ces paroisses et sur la palu de Péterlan.

    -État des revenus du château de Verteuil, non compris le revenu de Saint-Corbian et de ses dépendances, s'élevant à quatre cent dix livres (1647).

    AD Gironde, G 427, Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Vertheuil.

    -Extraits des reconnaissances féodales faites par divers pour tènements relevant de la seigneurie de Verteuil et situés dans les paroisses de : Pauillac, Saint-Estèphe, Saint-Julien et Saint-Laurent, aux lieux dits : au Vigneau, aux prairies de Mapon, à Marbuis, à Radet, à la Gargota, à Saint-Corbian, à la Bia maresquayre ou Via magesquayre, etc. Ces reconnaissances sont faites jusqu'en 1489 au nom de Charles, comte d'Albret, et depuis cette époque au nom du chapitre Saint-André, devenu seigneur de Verteuil.

    -Acte par lequel vingt-huit habitants de Saint-Corbian, « subjects et questaux de messieurs de Saint-André de Bourdeaux ont présenté une grand requeste à messieurs du chapitre de ladicte esglize aux fins qu'il leur pleust avoir commisération d'eux et les vouloir affranchir, et pour cest effect, lesdits sieurs du chapitre intervenant, et ayant esgard à leur requeste, auroient depputé MM. De Savary et de Borda pour traicter dudit affranchissement, pour lesquels les dictz questaux auroient donné une certaine somme qui auroit esté employée à la réparation du chasteau de Verteuil ; plus se seroient chargés de payer annuellement une barrique de vin, rendue au chasteau, le tout assigné sur tous leurs biens » (22 novembre 1520).

    -Plusieurs autres affranchissements de serfs questaux pour lesquels ceux-ci paient annuellement une barrique de vin, fût neuf, un boisseau froment, deux manoeuvres, l'une à boeufs et l'autre à corps, et, de plus, les droits, agrières et rentes qu'ils ont l'habitude de payer pour les biens qu'ils possèdent (21 et 24 novembre 1520). Donzeau, notaire.

    AD Gironde, G 428, Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Vertheuil.

    -Notification au chapitre, seigneur de Verteuil, par Arnaud de Capdeville, procureur d'office du duc d'Épernon, sire de Lesparre, des travaux de recurement de fossés et du grand chenal dans les marais qui sont dans les seigneuries de Lesparre et de Verteuil (1651).

    -Constitution d'arbitres en fin de procès entre : Jean-Baptiste de Lauvergnac, chanoine et syndic du chapitre Saint-André, d'une part, et Jean de Constantin, seigneur de Romefort, etc., conseiller au Parlement, au nom et comme mandataire d'Antoine duc de Grammont, pair de France, sire de Lesparre, au sujet des limites des palus de Verteuil et de Saint-Corbian (1723).

    AD Gironde, G 429, Chapitre métropolitain de Saint-André, biens et revenus, Vertheuil.

    -Protestation de Charles Lombard, bourgeois de Bordeaux, et fermier de la baronnie, contre Gaillard de Capdeville et autres tenanciers du village de Saint-Corbian, qui s'étaient approprié les fruits revenant audit fermier (1649).

    -Mémoire contre les possesseurs de la palu de Verteuil et de Saint-Corbian, exposant les faits de la cause et rappelant que : Me Pierre de Bosco, chanoine et chantre de l'église Saint-André, avait fait donation entre vifs, au chapitre, le 20 octobre 1489, du château, de la baronnie et de tout le domaine de Verteuil en Médoc et ses dépendances, sous certaines conditions dont le non-accomplissement rendait la donation nulle ipso facto : le chapitre donataire devait payer une rente annuelle et perpétuelle de cinquante livres au chapitre Saint-Seurin et autant à l'église Saint-Jacques ; il ne devait sous aucun prétexte, pas même de nécessité absolue, vendere, donare neque permutare in toto, nec in parte, neque aliquid de membris suis dictum castrum seu castellaniam, ladite baronnie devant toujours rester dans le patrimoine de l'église Saint-André. Une palu de plus de deux mille journaux, près du village de Saint-Corbian, fut plus tard concédée par bail emphytéotique à douze habitants dont les successeurs continuèrent d'en jouir jusqu'en 1639, époque à laquelle ils firent des reconnaissances au chapitre ; mais depuis, la plus-value avait été indument retenue par ces divers habitants à titre de propriété, contre la volonté du donateur ; le mémoire conclut à la revendication, par le chapitre, de ladite palu et de tous les fruits depuis le jour de l'occupation (1680).

    -Reconnaissances par divers habitants du village de Saint-Corbian, paroisse Saint-Estèphe, en faveur du chapitre Saint-André, seigneur de Verteuil, de divers tènements, terres, prés, vignes situés audit village (17e siècle).

    -Bail à ferme par le chapitre à Joseph Colomb, prêtre, des fruits et revenus, consistant en agrières, cens, rentes, lods et ventes et autres devoirs seigneuriaux, dans le village de Saint-Corbian, pour le prix de mille trois cents livres par an et pour le terme de sept ans (1740).

    -Procès contre Jean-Pierre Morin, notaire royal, au sujet du non-paiement des rentes qu'il doit dans ladite seigneurie (1756).

    -Arrêt de la chambre des Requêtes du Palais ordonnant que les fruits et revenus saisis au préjudice du sieur Morin, notaire, seront vendus (1758).

    AD Gironde, G 482, Chapitre métropolitain de Saint-André, Procès contre divers

    -Requête à la Cour par Gaillard Capdeville, commis au greffe, au sujet de l'exécution d'un contrat d'affranchissement de questalité fait autrefois aux auteurs dudit Gaillard Capdeville, au village de Saint-Corbian, moyennant certaines redevances en nature et en argent indiquées au contrat (1551).

    AD Gironde, G 487, Chapitre métropolitain de Saint-André, Procès contre divers.

    -Mémoires et procédures contre divers au sujet des agrières et fruits décimaux des paroisses de Saint-Corbian, Eysines, Pompignac et du lieu de Mont-ferrand, paroisse de Bassens (1765-1775).

    AD Gironde, G 488, Chapitre métropolitain de Saint-André, Procès contre divers.

    -Procès au sujet des baux à ferme du lieu de Saint-Corbian (XVIIIe siècle).

    AD Gironde, G 3316, Chapitre métropolitain de Saint-André, Comptabilité.

    Pièces comptables : réparations à la maison noble de Saint-Corbian, 31 août 1731.

    Estat des réparations que moy Marie Morgue, dernière des messieurs du chapitre Saint-André ay fait en leur maison noble de Saint-Courbian, payé premièrement

    Acheté 800 tuiles pour recouvrir

    Payé aux bouviers quy ont porté la tuile

    Acheté une pipe ??

    Payé pour le charoy

    Payé au bouvier qui a charoyé le sable (?)

    Payé les massons 20 journées qu’ils ont mis à 25 sols

    Payé 20 sols pour deux tables pour accommoder les fenêtres (?)

    Payé 40 sols pour la latte feuille

    Payé au forgeron 25 sols

    Payé pour 500 clous 50 sols

    Payé pour 4 panneaux vitrés

    AD Gironde, G 3320, Chapitre métropolitain de Saint-André, Comptabilité.

    -Réparation du chai de Saint-Corbian, 15 août 1748.

    AD Gironde, G 3325, Chapitre métropolitain de Saint-André, Comptabilité.

    -Petits travaux au château de Vertheuil et à la maison de Saint-Corbian, 7 juin 1764 (ou 1765).

    AD Gironde, G 3338, Chapitre métropolitain de Saint-André, Correspondance.

    -Lettre du 9 octobre 1708 : padouens de Saint-Corbian.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 221
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 175
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 226
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908, enrichie de 700 vues de châteaux viticoles (8e édition).

    p. 197
  • FRUGIER Daniel. Archives du domaine des Ormes-de-Pez, Historique (volume 1) et Catalogue / Inventaire (volume 2), mai 2008.

    Service du patrimoine et de l'Inventaire, région Aquitaine

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