Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château Meyney, ancien prieuré de Coleys ou Couleys

Dossier IA33008622 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Genre de feuillants, de cisterciens
Précision dénomination château viticole
Appellations Meyney, Couleys
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, pigeonnier, château d'eau
Dénominations demeure, prieuré
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : Meyney
Cadastre : 1825 B1 73 ; 2015 OB 332 à 335

D'après les documents d'archives, il semble que les origines du Château Meyney soient liées à deux lieux-dits voisins, Coleys et Meyney.

Le prieuré de Coleys est attesté au 13e siècle, dépendant de l'abbaye cistercienne de Faize (Artigues-de-Lussac), fondée dans le 2e quart du 12e siècle. Les terres relèvent alors de la seigneurie de Lesparre. On trouve les mentions de la "grange" de Coleys et également de la "grave" (peut-être la grève, c'est-à-dire un terrain plat et uni, généralement constitué de sable et de graviers, sis au bord d'un cours d'eau ou de la mer).

Dans les textes plus tardifs, aux 16e et 17e siècles, on distingue le prieuré et la grange Notre-Dame-de-Couleys ou de Coleys, de la maison noble A Meyney.

D'après les Notes historiques de Léonce de Lamothe, Pierre Forton, avocat au Parlement de Bordeaux, seigneur des maisons de Coley et de Meiney lègue ces terres par testament du 26 janvier 1625 (ou 1615?) au monastère des Feuillants de Bordeaux. Le testament imposait, semble-t-il, aux Feuillants de bâtir un monastère à Coley et d'y célébrer plusieurs offices. Mais les religieux prétendirent que cette charge n'était pas en rapport avec la valeur du legs, et ils passèrent une transaction le 13 avril 1646 avec Simon Forton, frère du testateur, d'après laquelle ils devaient seulement bâtir, dans un délai de trois années, une chapelle dans l'église de Bordeaux.

La maison noble aurait été construite par Pierre Girouard et Jean Tisson, maçons de Bordeaux, en 1660 pour les Feuillants (AD Gironde, 2E1909A, titres de famille Luetkens). La date 1662 est inscrite au-dessus de la porte du logis. Une pierre sans doute utilisée en remploi dans la maçonnerie de l'aile ouest de la cour (ancien cuvier) porte la date 1665.

En 1730, parmi les revenus et les dépenses des Feuillants de Bordeaux figure Le Meyney à Saint-Estèphe, rapportant 7389 livres (pour 5804 livres de dépenses), revenu le plus important parmi les possessions des Feuillants.

L'inventaire détaillé de la paroisse de Saint-Estèphe dressé en 1737 à la demande de l'archevêque de Bordeaux (mentionné par Bernard Ginestet) indique à l'article 43 : "Il y a une chapelle chez les Pères Feuillants. Personne n'habitte ny à dessus, ny au dessous. Elle est bâtie et ornée avec décence. On y dit la messe, on ignore depuis quand. On n'y administre point les sacrements".

La date portée 1760 est inscrite sur l'aile sud des chais. Les portes à fronton cintré et oculus sur le pignon est de l'aile nord et sur la façade est du logis correspondent aussi plutôt au 18e siècle.

Sur la carte de Belleyme levée en 1767 figure le lieu-dit Meyney.

L'abbé Baurein mentionne Notre-Dame de Couleys, église ou chapelle qui dépendait de l'abbaye de Faise (sic) puis des Feuillants de Bordeaux. Il indique vers 1784 qu' "il n'y a plus qu'un petit Oratoire, où la procession de Saint-Estèphe s'arrête le second jour des Rogations".

Le 14 février 1791, le domaine de Coley-Meney est vendu comme bien national à Charles Luetkens (1744-1801), ancien conseiller du roi et négociant à Bordeaux. Il se compose alors d'une maison, d'une chapelle, d'un cuvier, d'un chai, d'une grange et de 261 journaux et 26 règes (?) de vigne et prairies.

Sur le plan cadastral de 1825, les bâtiments sont organisés autour d'une cour comme aujourd'hui. On peut toutefois remarquer quelques différences correspondant à des remaniements. L'aile sud communiquait, semble-t-il, avec le logis ; aujourd'hui un passage est ménagé entre ces deux bâtiments. L'aile ouest n'était manifestement pas équipée d'un passage couvert : il n'y a d'ailleurs aucun chemin d'accès à l'ouest ; les chemins sont tracés à l'est et au nord aboutissant à un espace ménagé devant le logis ; un passage permettait d'accéder à la cour au nord-est.

Dans l'édition de 1850 de l'ouvrage de Cocks, le domaine de Meyney appartient toujours à la famille Luetkens et produit 150 tonneaux. A partir de 1855, cette famille engage des travaux de construction de maisons sur des parcelles plus à l'ouest au lieu-dit Boribeille.

En 1868, le domaine est passé par alliances matrimoniales entre les mains du comte de Fumel et des héritiers de Du Sault.

Il est racheté en 1919 par Désiré Cordier, puis en 2004 par CA Grands Crus, filiale du Crédit Agricole.

Les bâtiments ont été remaniés et leurs fonctions ont évolué : la partie sud de l'aile ouest abrite le cuvier béton aménagé en 1945 puis remanié en 1990 ; il communique désormais au sud avec deux cuviers inox. La partie nord de l'aile ouest est occupée par le chai. L'aile nord a été réaménagée en 2002. De nouveaux bâtiments ont été ajoutés au nord en 2008.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 1662, porte la date
1665, porte la date
1760, porte la date

Les bâtiments s'organisent autour d'une cour fermée. Ils se composent :

-d'un logis en rez-de-chaussée à l'est. La façade est est percée de 6 fenêtres et d'une porte à fronton cintré avec oculus. Ces ouvertures ne sont pas régulièrement disposées. On accède au rez-de-chaussée surélevé par un degré en pierre. Certaines fenêtres présentent un linteau chanfreiné.

Côté cour, à l'ouest, la façade est percée de 3 fenêtres rectangulaires, d'une petite baie cintrée et d'une porte au décor soigné. Encadrée de pilastres se détachant sur un bossage, elle est surmontée d'un entablement à triglyphes et métopes avec un fronton interrompu à volutes rentrantes. Au centre, une table décorative ornée d'une boule porte la date 1662.

-d'une aile au sud qui abritait les chais, comme l'indiquent les petites ouvertures qui scandent régulièrement l'élévation. La maçonnerie de moellons est raidie par des jambes harpées.

-d'une aile à l'ouest percée en son centre d'un passage ouvert par une arcade en plein-cintre, surmonté d'un pigeonnier carré (trous d'envol conservés). Au sud de ce passage se trouvait le cuvier comme le laissent supposer les traces d'anciennes baies de décharge par lesquelles la vendange était réceptionnée. Au nord, on remarque également d'anciennes baies condamnées, notamment une baie de décharge. L'ensemble de cette aile n'est pas rectiligne mais adopte un plan légèrement courbé.

L'élévation ouest de cette aile est enduite et ouverte de baies cintrées encadrées en brique et pierre.

-l'aile nord abritait probablement la partie agricole ; les maçonneries sont dissimulées derrière une végétation qui ne permet pas une description plus précise.

Murs calcaire moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
Techniques sculpture
Représentations fronton, volute, pilastre, chronogramme

Estuaire

TRAVEE 4
FORBAIE plate-bande (porte) ; chanfrein (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; corniche (porte)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO plateau
ORIENT est
VUE vue sur estuaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation complémentaire sur le domaine de Meyney

    -Histoire économique de la Révolution française, Vente des biens nationaux, tome 2, 1912, p. 304.

    14 février 1791 : domaine de Coley-Meney (maison, chapelle, cuvier, chai, grange, 261 j. 26 r. vigne et prairies) (Feuillants de Bordeaux). Est. 307567 l. ; adj. 485000 l. à Charles Lutkens, négociant à Bordeaux.

  • Références aux Archives départementales de la Gironde

    AD Gironde, 1 E 48 : Sire de Lesparre (1673 à 1738) : Hommage rendu à monseigneur Anthoine Charles duc de Gramond, pair de France, chevalier des ordres du Roy, sire de Lesparre, gouverneur et lieutenant général pour sa majesté en Navarre et Béarn, de la ville et château de Bayonne, et de la citadelle de Saint-Jean-Pied-de-Port, par les religieux Feuillants pour le fief de Coulleys scis en la paroisse Saint-Estèphe, 22 octobre 1698.

    Mention de "la maison noble de Meyney sise en la paroisse de Saint-Estèphe en Médoc" ; "la dite maison noble de Meyney et Coleys".

    AD Gironde, 2 E 1411 : Titres de famille, De Gramont.

    -Dénombrement de la seigneurie de Coleys rendue au seigneur de Lesparre par Etienne Roux, 26 janvier 1615.

    En premier lieu (…) grange prieuré et fief de Colleys [...] situé en la paroisse de Saint-Estèphe de Calonpnes juridiction de Lesparre consistant en [...] maison haulte et planchéiée [...], basse cour et autres bâtiments et vielles mazures, jardins, terres labourables, vignes, preds, bois et [...], confrontant la plus grande partie dudit fief grange et prieuré de Colleys, de la par du nord [...] de Callon [...] la passe rendue du costé à la rivière de Gironde et par la chapelle Nostre Dame entre deux Arcs [...] à une fontaine appelée four […], une croix qui est sur le grand chemin public par lequel l’on va de [...] dudit bourg Saint-Estèphe au villaige de Leyssac et au villaige de Pirrard, appelée la Croix Dallobert [...] villaige appelé de Canteloup [...] la croix du villaige de Canteloup [...].

    Meyne qui consiste aussi en maisons, granges, [...] pargaux, jardins, vignes, terres labourables, preds, bois

    Une maison couverte de tuiles creuses [...] située audit bourh de Saint-Estèphe [...]

    Dénombrement des frères du prieuré et grange de Coleys et de [...] appartenant au défunt feu François Fourthon [...] heritiers de feue Marguerite Rumuna [...] leur tante dame du dit Colleys baillé à monseigneur de Lesparre par Etienne Roux bourgeois et marchand de Bordeaux (…).

    AD Gironde, H 1332 : Abbaye de Faize et prieuré de Coleys, paroisse de Saint-Estèphe (1276-1756) ;

    1. Charte de Gaucem, archiprêtre de Lesparre, touchant une donation à l'abbaye de Faize ; témoin : Guillaume de Monzerat, prieur de Coleys (Lesparre, 21 novembre 1276 ; copie).

    2. Transaction entre Ayquem Guilhem, seigneur de Lesparre, damoiseau, et frère Arnaud de Lamote, prieur et grangier de la grange de Coleys, dépendant de Fayze (8 mai 1316 ; copie). -

    8. État du personnel et de la mense conventuelle (21 janvier 1756).

    extraits :

    -Ramon Eymon de Coleys de la paroisse Saint-Estèphe : Terre qui est entre le chemin public qui va vers la "grava" de Coleys d’une part et les terres de Raymon Parraut de Coleys d’autre [...].

    -1685 (?) : Priorat et granga de Coleys ; maison priorat et grange de Coleys.

    -Copie de la transaction faite entre Arnaud de Lamothe, grangier de Coleys et le seigneur de Lesparre (…), 8 mai 1516.

    -13 janvier 1528 : Prioré Nostre Dame de Colleys en Médoc (…) ; maisons, jardins, courtieux, casaux, terres, vignes, bosc, landes, aubarèdes, part padoens qui sont en la paroisse St Estèphe au lieu appelé A Mayné ; mention de la grave de Couleys ; mention du chemin qui va de Meyney à la fond de Colleys ; lieu appelé A Meyney ; priourat de Coulleys ; maison de Meyne.

    -Contrat de transaction passée entre Messire Nayquem Guillaume, seigneur de Lesparre et frère Arnault de la Mote prieur et grangey de Coleys et procureur du seigneur abbé et [...] de l’abbaye de Faize en cette cause conformément à la procuration à lui donnée en date du jeudi avant la nativité de St Jean Baptiste 1314 par laquelle il est dit que le dit sieur Nayquem Guillaume, seigneur de Lesparre, confirme audit prieuré et grange de Coleys et à l’abbé de Faize la moitié de l’estageu et terres [...] en Colomeys et tout ce que Aymeric de Bost écuyer, la marquise de Verteuil et Jean de Bost avait donné d’icy en [...] à la dite maison de Coleys, c’est asavoir les tenements et terres cultivées et non cultivées qui sont à son grand confrontant d’une part le long du chemin public par où l’on va [...] jusques à la palu savoir la moitié de la palu Descraon ?? d’autre part […]. Laquelle Eyma de Leysat [...] avoit donné à la maison de Coleys […].

  • Augmentations et diminutions du cadastre : famille Luetkens

    -construction nouvelle de deux maisons, parcelle B48, travaux achevés en 1855.

    -construction nouvelle de deux maisons, parcelle B48, travaux achevés en 1855.

    -construction nouvelle de deux maisons, parcelle B48, travaux achevés en 1862.

    -construction nouvelle d'une maison, parcelle B42 (moulin sur le plan de 1825), travaux achevés en 1878.

    -construction nouvelle d'une maison, parcelle B43, travaux achevés en 1878.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mémoire sur l'histoire de la terre de Lesparre et extraits relatifs à ses revenus, faits en vue d'en préparer la vente, 1501-1600, manuscrit.

    [numérisé et consultable en ligne sur Gallica]

    fol. 11 v° Bibliothèque nationale de France, Paris : Département des manuscrits, Français 5516
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Labottière (frères), imprimeur libraires, 1784, t.1.

    p. 285
  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 221
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 142
  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 161-162
  • LAMOTHE Léonce (de). Notes historiques sur le monastère de Saint-Antoine des Feuillants à Bordeaux. Bordeaux : Paul Chaumas Librairie, 1846.

    (numérisé dans Gallica)

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire