Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château Malleret

Dossier IA33005436 réalisé en 2014

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées puits, maison, pavillon, parc, parc de chasse
Dénominations château
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Le Pian-Médoc
Lieu-dit : Malleret
Adresse : 1 chemin de Malleret
Cadastre : 1820 A1 417 ; 1843 A2 et A3 960 , 962 , 963 ; 2012 AV 12
Précisions


Le château de Malleret semble être un simple bourdieu au début du 18e siècle, propriété de la famille Février. Par le truchement d'une dot, le domaine passe aux mains de Jean-Baptiste de Basterot (branche de Listran), président de la cour des aides au Parlement de Bordeaux, qui aurait construit une demeure, vers 1770. De cette époque, et d'après les deux cadastres des années 1820 et 1843, des deux rangées de servitudes qui venaient en retour et portaient les armes de la famille, seules subsistent les deux extrémités nord avec tour circulaire, le reste ayant été abattu dans les années 1870. Suite à d'importantes dettes, Malleret est vendu en deux fois : une partie en 1782, l'autre à la Révolution après mise en séquestre ; le négociant Jean-Jacques Barthez en fait l'acquisition pour 140 000 livres, et le conserve jusqu'aux années 1830.

Au 19e siècle, le château est modifié à deux reprises : vers 1842 tout d'abord, par le négociant Sicard (le nouveau corps de logis est visible sur le cadastre de 1843), qui semble également établir l'écurie au nord-est avant 1846 ; puis après sa mort en 1859, par le nouvel acquéreur et autre négociant en vin, d'origine anglaise, Paul Closmann. Ce dernier semble y réaliser quelques transformations. La bâtisse s'inscrit dans la mode de l'époque : variation de quelques motifs décoratifs, pavillons légèrement saillants avec des jeux de volumes en façades et de grands toits ardoisés, caractéristiques à rapprocher de celles du château d'Arsac.

Les décennies 1870-1880 sont une phase de réaménagement du domaine par Closmann. Il fait édifier de nouveaux bâtiments vinicoles (chais, cuvier) au nord du château et de son parc, en lieu et place de parcelles de vigne. Il créé un haras en 1875 dont le bâtiment est réalisé selon les plans de l'architecte Louis-Michel Garros, puis agrandi quelques années plus tard au nord (23 box en tout). S'ajoute à ce complexe chevalin une piste d'entraînement dont l'emplacement est encore visible au-delà de la route, au nord.

Lors du passage de Guillon en 1867, l'auteur des Châteaux vinicoles de la Gironde note que "devant la façade sud, se déroule un tapis de verdure". Il mentionne le parc, qui est aménagé "à l'anglaise", disposition bien visible à la fois sur le cadastre de 1843 comme sur les gravures de la fin du 19e siècle (Cocks et Féret 1874, 1898). En 1873, Closmann fait appel au célèbre architecte paysager Eugène Bühler qui dresse un plan du jardin et des bâtiments. Le projet n'est pas réalisé même si quelques idées sont conservées, dont une pièce d'eau. Sont semées à cette époque de nombreuses graines d'essences rares au nord et sud de la bâtisse : cyprès chauves de Louisiane, séquoias gigantea, chênes lièges, chênes rouges d'Amérique, ginkos, etc.

Le domaine comporte quelques dépendances et métairies : Andride, une maison de résinier à l'est du château qui porte la date de 1895, ainsi qu'une maison de garde à l'entrée du domaine à l'est datant de la même époque.

Dans les années 1970, un vestibule d'entrée couvert en terrasse vient remplacer l'ancienne véranda sur la façade nord du logis.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle

Le château Malleret se situe au centre d'une grande parcelle avec parc et jardin, à l'est de l'église. On y accède depuis la route par une grille.

Le logis se présente comme un grand corps de logis quadrangulaire dans lequel s'articule plusieurs pavillons.

Au nord, quatre volumes se distinguent, avec notamment un corps central en retrait et flanqué de deux pavillons, eux-mêmes prolongés d'un pavillon plus bas. L'ensemble forme treize travées qui respectent une parfaite symétrie ; les pavillons et le corps central ayant chacun une lucarne à fronton triangulaire. La travée centrale est accessible depuis la cour par un vestibule couvert en terrasse.

Au sud, le corps central fait saillie et les pavillons sont accolés d'un bâtiment polygonal couvert en terrasse avec balustres. Le comble est éclairé par les mêmes lucarnes qu'au nord. Le rez-de-chaussée surélevé est percé au centre d'une porte-fenêtre avec chambranle à crossettes surmontée d'une agrafe et d'un fronton en arc segmentaire, le tout donnant sur une terrasse qui permet l'accès au jardin, puis au parc.

Une variation du décor se note pour les corniches : ornées de simples moulures pour les pavillons extérieurs, à denticules pour les pavillons et à modillons pour le corps central.

Murs calcaire pierre de taille enduit
bossage
Toit ardoise
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit en pavillon
toit à longs pans croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Énergies
Techniques sculpture
Représentations denticule, pilastre, agrafe, volute, balustre, fronton
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait des châteaux historiques de la Gironde, 1867.

    p. 107-108

    "Ce monument, le plus grandiose et le plus élégant de la commune, est situé à côté du bourg du Pian, sur le petit côteau [sic] qui domine la Jalle. Bien que moderne, il a déjà été remanié plusieurs fois.

    Au XVIIe siècle, c'était un Bourdieu qui fut acheté par M. le président de Basterot, lequel le fit démolir pour élever à sa place un petit château genre Louis XV, avec perron, pavillons, surmontés de girouettes aux armes des Basterot, reliés par une grille semi-circulaire. -Cet édifice coûta beaucoup à M. de Basterot, qui avait fait apporter la pierre de fort loin ; aussi ne tarda-t-il pas à le vendre à M. Barthez quelques temps avant la Révolution, puis émigra en 1792.

    M. Barthez, négociant à Bordeaux, garda le château de Malaret jusqu'en 1830, créa le vignoble et le crû Barthez, bien connu à l'étranger ; puis, il le vendit à M. Barde. Celui-ci le garda neuf ans, et le revendit à un riche notaire, nommé M. Sicard, qui démolit en partie le corps-de-logis et éleva au-dessus, vers 1842, une espèce de villa d'un style un peu lourd, ce qui fit dire à un homme d'esprit que cet édifice ressemblait "à un bourgeois greffé sur un gentilhomme."

    M. Sicard mourut dans son château en 1859, et l'année suivante sa veuve le vendit à M. Closman, riche négociant en vins, qui remania la construction, l'exhaussa et en fit le château moderne, qui est un des plus beaux du canton. Il dessine fièrement ses façades blanches, sculptées, son toit ardoisé, son perron moderne gardé par deux lions, et ses deux motifs octogones surmontés de terrasses.

    Devant la façade sud se déroule un tapis de verdure ; au nord s'avancent des servitudes et les anciens pavillons supportant les armes rouillées des Basterot ; puis à l'entour s'étend le vignoble, au milieu duquel viennent d'être élevés les bâtiments pour l'exploitation viticole.

    Le château de Malleret est un des meilleurs crûs de la commune ; il récolte de 60 à 80 tonneaux.

    (Renseignements fournis par M. de Maignol et par M. Closmann.- Visité en 1867.)".

  • Extrait d'Edouard FERET, Statistique générale, 1878

    Parc splendidement émaillé de corbeilles de plantes à feuillage diversement coloré, avec une combinaison de dessins et de coloris très remarquable. M. Gautier, jardinier en chef.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan du parc et des jardins, dressé par Mr. Bülher le 21 novembre 1873, encre et aquarelle sur calque (64.1 x 80.2 cm).

    Archives municipales, Bordeaux : 208 S 674
Bibliographie
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    t. 2, p. 107-108
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    p. 565
  • HIGOUNET, Charles (dir.). Histoire de Bordeaux. Bordeaux : Delmas, 1962-1964, tome 5.

    p. 711
  • MERIC jean-Pierre. De Ségur à Phélan. Histoire d'un vignoble du Médoc. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.

    p. 39-40
  • COUDROY DE LILLE Pierre. "Le château de Malleret au Pian". Revue archéologique de Bordeaux, tome C, 2009.

    p. 195-200
Périodiques
  • PETIT-LAFITTE. "Solennités agricoles". L'agriculture comme source de richesse, comme garantie du repos social. 9e année, 1846.

    p. 365
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian