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Château Listran

Dossier IA33004387 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • pigeonnier
    • cuvage
    • chai
    • logement
    • puits
    • abreuvoir

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Listran
Parties constituantes non étudiées pigeonnier, cuvage, chai, logement, puits, abreuvoir
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Saint-Vivien-de-Médoc
Adresse Commune : Jau-Dignac-et-Loirac
Lieu-dit : Listran
Adresse : chemin de la Brasserie
Cadastre : 1833 A2 533 à 554 ; 2013 A3 1386

Sur la carte de Masse de 1708, Listran est représenté sous la forme d'un hameau avec une propriété fermée dans un enclos. L'ensemble se trouve au milieu de terres cultivées, en bordure des mattes. Cette même configuration est visible sur la carte de Desmarais de 1759. Sur un tènement de la paroisse de Jau de 1770, Listran est représenté de manière schématique par un corps de logis doté de 4 cheminées, prolongé par une annexe plus basse et complété par d’autres bâtiments secondaires.

D’après l’abbé Baurein en 1784, le village de Listran est "réuni sous une seule main, et appartient en entier à Monsieur de Basterot, président de la cour des Aides". Il s'agit de Jean-Baptiste de Basterot, puis de son fils Bathélémy. C'est probablement le premier qui fait édifier la demeure au milieu du 18e siècle. La carte de Belleyme levée en 1763-1764 situe les vignes autour du village de Jau, au sud-ouest et à distance du château. A la veille de la Révolution, le domaine comprend, d’après Jean-Pierre Méric, 256 hectares dont une grande partie plantée en vignes.

Jean-Baptiste de Basterot décède en 1788. Son fils Barthélémy, endetté, est contraint de vendre une bonne partie du patrimoine familial ; en faillite, il part pour les Antilles abandonnant ses biens à ses divers créanciers. Considéré comme émigré, ses biens sont finalement mis sous séquestre. Le domaine de Listran est estimé à 182 550 livres et est acquis par M. Elie-Christophe Larcher, le 14 ventôse an V (4 mars 1797) : il comprend 111 journaux de terres, 21,5 journaux de vigne et 12 de prés, maison de maître et bâtiments.

Sur le plan cadastral de 1833, Listran, appartenant à la veuve de M. Cazalet, est composé de deux bâtiments disposés en L donnant sur un jardin, complétés à l’ouest par des bâtiments annexes et entourés de parcelles de terres et d’un bois. Vers 1856, le domaine passe entre les mains de Charles Larcher ; dans l’édition de 1868 de l'ouvrage de Cocks et Féret, la production est évaluée entre 15 et 20 tonneaux. Listran est ensuite la propriété de M. Bert au début des années 1870 ; sa veuve prend le relais, mentionnée ensuite dans les éditions 1874, 1881, 1894 et 1898 de l'ouvrage Bordeaux et ses vins, avec une production de 70 tonneaux à la fin du siècle. La production reste stable durant la première moitié du 20e siècle.

En 1899, le domaine est géré par la Société Civile de Listran composée de cinq propriétaires, puis se succèdent Henry Puyo (notaire à Bordeaux) autour des années 1920, M. Arteaga dans les années 1940 (la production baisse sensiblement avec 50 tonneaux), puis Arnaud Crété dans la seconde moitié du 20e siècle. En 2013, le domaine, de 22 hectares, est revendu à Mme Cheng, dirigeante chinoise d'un groupe immobilier. Le domaine prend alors le nom de Château l'Estran.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle

Localisé à proximité des mattes, isolé et accessible par une longue allée bordée d’arbres, le château Listran est composé de bâtiments disposés en L, donnant sur une cour, d’un pigeonnier et de dépendances agricoles et viticoles.

Le corps de logis est en rez-de-chaussée avec comble à surcroît percé de jours ovales. La façade principale donnant au nord-est est rythmée de 5 travées. Elle présente une travée centrale en ressaut, encadrée de pilastres à bossage et surmontée d’un fronton triangulaire mouluré. Les ouvertures sont en arc segmentaire. La porte est surmontée d'une table décorative chantournée et d'une corniche. Les appuis des baies sont moulurés et les allèges sont traitées en ressaut. Un cordon mouluré sépare rez-de-chaussée et comble et une corniche moulurée avec génoises court sur l'ensemble des façades.

Le corps de logis est prolongé à l’ouest par un long bâtiment agricole et, en retour et au sud, par des logis annexes bâtis en moellon.

A l’ouest se trouve un pigeonnier de plan carré et coiffé d’un toit en pavillon : il est ouvert d'une porte en plein-cintre et de plusieurs trous d'envol.

Un long muret en moellon délimite la cour au sud.

A l’est se trouvent le chai, le cuvier et l’espace de stockage.

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
Toit tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à deux pans noue
Typologies IC2
Techniques sculpture
Représentations fronton, pilastre

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; autre (jour) ; corniche (porte)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO palus
ORIENT nord
VUE vue bornée

Annexes

  • Article du journal Sud Ouest, 19 septembre 2013

    Médoc : Château Listran change de nom et de propriétaire

    Discrètement, le château Listran, cru bourgeois de Jau-Dignac-et-Loirac (nord du Médoc), a changé de propriétaire l’an passé. Arnaud Crété, 56 ans et sans héritier, a vendu cette propriété de 28 hectares de vigne en AOC Médoc à une Chinoise, Madame Cheng. Tianna, son groupe minéralier et immobilier, emploie 6 700 personnes. Une soixantaine de châteaux appartiennent désormais à des Chinois.

    Plus original, Listran change de nom et devient, avec le millésime 2010, château L’Estran, terme autrefois utilisé. Il faut dire que la marque « Listran » a été déposée en Chine par de (rapides) filous, espérant la monnayer quand le vrai propriétaire veut lui-même le faire. Une pratique courante.

    A priori, Mme Cheng n’a pas cédé. De plus, comptant vendre son vin dans son pays plus cher que l’ex-château Listran, changer de nom n’était peut-être pas une mauvaise idée…

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte du 9e quarré de la généralle de Médoc. Dessin, encre, couleur, papier, par Claude Masse (géographe), 1708 [IGN, non coté].

    IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, feuille n°6, levés vers 1763-1764, éch. 1/43200 env.

  • Tènement d’une partie de la paroisse de Jau. Dessin à la plume, 1770.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 835
  • Plan cadastral napoléonien, 1833.

    section A Archives départementales de la Gironde : 3 P 208
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 253
  • BENZACAR, CAUDRILLIER. Documents relatifs à la vente des Biens Nationaux dans le Département de la Gironde - districts de Bazas, Cadillac, La Réole, Lesparre et Libourne. Bordeaux : [s.n.], t. 2, 1912.

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

  • MÉRIC jean-Pierre. De Ségur à Phélan. Histoire d'un vignoble du Médoc. Bordeaux : Presses Universitaires de Bordeaux, 2007.

Périodiques
  • MÉRIC Jean-Pierre. « Les Basterot : une famille de propriétaires fonciers en Médoc au XVIIIe siècle ». Les Cahiers Médulliens, 2000, n° 33.

(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Riberolle Jennifer