Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château Léoville-Lascases

Dossier IA33004824 réalisé en 2011

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • portail
    • mur de clôture
    • chai
    • cuvage
    • logement
    • cour
    • jardin
    • ferme

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées portail, mur de clôture, chai, cuvage, logement, cour, jardin, ferme
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Saint-Julien
Cadastre : 1825 C1 159 à 162 ; 2011 C3 573, 575 ; 2011 C2 507, 513

L'origine du domaine de Léoville, divisé aujourd'hui en trois domaines distincts (Léoville-Poyferré, Léoville-Barton et Léoville-Lascases) remonte au 17e siècle, époque à laquelle Maître Jean de Moytié, bourgeois anobli bordelais et conseiller au Parlement de Bordeaux, possédait un vignoble planté sur un mont de graves proche de la Rivière, alors appelé "Mont-Moytié". Le domaine reste aux mains de cette famille pendant un siècle, puis passe par alliance à la famille de Gascq : Alexandre, frère d'Antoine, premier président de la Chambre de la Tournelle et propriétaire du futur domaine de Palmer à Cantenac, épouse en 1740 l´arrière-petite-fille de Jean de Moytié. Il renomma Mont-Moytié en Léoville (dit aussi Lionville), du nom de son premier domaine, situé sur la rive droite. La chartreuse de Léoville est probablement construite à cette époque. Toutefois, certaines parties plaident pour une datation plus ancienne du 17e siècle : le pavillon sud-est notamment avec ses lucarnes et ses chaînages d'angle à bossage à chanfrein. Les héritiers d´Alexandre de Gascq conservent l´intégralité du domaine dans le cadre de l´indivision. Néanmoins, à partir de 1775, les vins de Léoville se négocient sous quatre marques différentes : d´Abadie, "Lacaze", Chevalier et Monbalon. Le marquis de "Lascaze" émigre en 1793 et, sa part est vendue en bien national en 1794 (qui sera par la suite achetée par Hugh Barton). En 1826, Hugh Barton achète les domaines de Chevalier et de Monbalon. Le reste du domaine, encore aux mains des descendants des héritiers Lascase, représentait les trois-quarts de la superficie du domaine initial de Léoville. Le partage foncier de 1840 respecte une répartition équitable du vignoble et des terres. L´aîné, Pierre Jean de "Lascases", reçoit la part qui devait constituer le domaine originel de Château Léoville-Lascases. Sa sœur, Jeanne, cède ses droits à sa fille mariée au baron Jean-Marie Poyferré de Cerès, issu d´une maison noble d´Armagnac. Au partage de 1840, les bâtiments du château Léoville-Poyferré et Léoville-Lascase furent divisés en deux parties et le sont toujours. Le portail du domaine porte la date 1790 ; des bâtiments annexes - l'actuelle salle de dégustation et les bâtiments de conditionnement - portent respectivement les dates 1912 et 1986.

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Principale : 17e siècle , (?)
Dates 1790, porte la date
1912, porte la date
1986, porte la date

Les bâtiments sont disposés autour d'une cour en U, celle-ci étant séparée de la route par un portail avec deux piliers dotés chacun de deux colonnes engagées supportant un entablement à métopes et triglyphes, surmonté d'une corniche denticulée et d'un couronnement à volute supérieure rentrante et portant la date 1790. Le corps de logis en fond de cour est en rez-de-chaussée et percé de quatre fenêtres, disposées deux par deux de part et d'autre de la porte. Celle-ci à chambranle mouluré est encadrée de deux pilastres à bossage qui soutiennent un entablement couronné d'une table décorative avec un lion sculpté. Le corps central est flanqué de deux pavillons couverts de toitures brisées en ardoise et percées de lucarnes à frontons cintrés ou triangulaires à volutes avec des boules d'amortissement.

La travée sud du corps de logis ainsi que le pavillon et l'aile en retour sud constituent le château Léoville-Poyferré. Tandis que le château Léoville-Lascases conserve la plus grande partie du corps de logis (nord), le pavillon et l'aile nord. Cette dernière à étage carré devait abriter des logements secondaires.

Disposés parallèlement et de manière contiguë à cette aile, les chais complètent l'ensemble. Côté jardin, vers l'estuaire, la façade est centrée autour du pavillon nord ; une terrasse et un escalier permettent de rattraper la dénivellation naturelle du sol. D'autres bâtiments dépendent du domaine, situés de l'autre côté de la route départementale : une salle ouverte de larges arcades et datée 1912, ainsi que des bâtiments plus récents (1986) formant une cour en U et abritant les espaces de conditionnement et d'expédition.

Murs calcaire
enduit
Toit tuile creuse, ardoise
Étages en rez-de-chaussée, en rez-de-chaussée surélevé
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
croupe
croupe brisée
Techniques sculpture
Représentations lion pilastre colonne volute

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE plate-bande (fenêtre) ; plate-bande (porte) ; corniche (porte) ; pilastres (porte)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
ORIENT ouest
VUE vue bornée ; vue étendue
CLOT piliers de portail

Gascq de (propriétaire).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • ARCHIVES

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de 1792 : contributions mobilières et foncières.

    -6 fructidor an 2 (23 août 1794), mise sous scellés des biens du sieur Dabadie ; régisseur de feu Dabadie = le citoyen Javoyat ; Jeanne Beauvoir Dabadie, nièce du dit Dabadie : salle à manger, salon, chambre du bout du pavillon côté nord occupée par la femme de chambre de la demoiselle Dabadie, chambre du pavillon côté nord (à l´étage), à côté une antichambre (du côté du couchant), chambre de garde-meuble donnant dans le corridor qui va à la cuisine, deux chambres du pavillon côté midi donnant sur le collidor (sic) du dit pavillon ; le restant de la maison étant habité par les domestiques de feu Dabadie n´avons pu mettre des scellés attendu qu´il a fallu les laisser une habitation libre ainsi que le chay et cuvier vu qu´on a même fait les réparations nécessaires aux vaisseaux vinaires pour recevoir la récolte.

    -23 vendémiaire an 3 : Etat des vins existant dans les chais de feu Dabadie commue de St Julien, année 1794 (1er vin, second vin, 3e vin).

    Municipalité autorisée à vendre les vins qui sont dans les chais dépendant du bien de feu Dabadie qui est indivisis avec autre Dabadie surnommé le marquis de Lascase émigré, son héritier.

    -25 vendémiaire an 3 (14 octobre 1794) : Idem, municipalité autorisée à vendre les vins du cru de Léoville commune de Julien appartenant au feu citoyen Joseph Dabadie dont la nation est en possession des dits biens pour cause d´émigration de Jean-Pierre Beauvau ? ci-devant marquis de Lascase neveu et co héritier du dit feu citoyen Dabadie : vente au négociant Bearton (sic) des vins du cuvier de Léoville année 1794 : 70 tonneaux 1er vin et 10 de 2e vin pour le prix de 1600 livres le tonneau pour le premier et 750 livres pour le second, promettant au dit Bearton de lui faire ouiller le dit vin jusqu´au jour de la livraison, qui sera dans le courant du mois de novembre prochain.

    -27 brumaire an 3 (17 novembre 1794) : Autorisation de la vente du vin du cru Léoville susdite commune de Jullien appartenant ci-devant à feu Joseph Dabadie dont la nation est en possession des dits biens pour cause d´émigration, de Jean, Pierre Beauvois ses devants (?) marquis de Lascase, neveu et co-héritier du dit feu citoyen Dabbadie.

    Vente à Pierre Javerjat (?) des 3e vins du dit cru de Léoville de l´année 1794, au nombre de 3 tonneaux logés en boy vieu (?) composé de vin blanc passé sur rape et autres résins en propres à entrer dans le 1er et second vin pour prix et somme de 400 livres le tonneau (...).

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre de délibérations du conseil municipal 1793-1794.

    -18 messidor an 3 (6 juillet 1795) : division du partage du mobilier de la maison de Dabbadie dite Léoville, situé en la susdite commune, délaissé par feu Joseph Dabbadie pour être applicable à chaque partie, suivant :

    -1er : un quart à la nation comme héritières de Pierre Lascase Beauvais

    -2e : une moitié au citoyen Bernard Dabbadie jie (?) comme héritier de feu Cn Dabbadie.

    -3e : un quart à la citoyenne Lascaze Beauvais femme Dabbadie héritière de feu Joseph Dabbadie son oncle.

    Bernard Dabbadie jie : lot 1 et 3

    Citoyenne femme Dabbadie : lot 2.

    -Arrêté de la municipalité 19 thermidor an 3 (6 août 1795) : estimation pour réquisition d´une charrette et d´une paire de bœufs chez feu Dabbadie.

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1844-1848.

    -2 janvier 1846, demande de M. le Marquis de Las Cases pour faire clôturer des propriétés bordant au nord et au midi le chemin du port de Saint-Julien.

    L´alignement de la façade (de la clôture ?) nord (?) sera déterminée en suivant une courbe régulière par l´angle sud-est d´un petit parc nouvellement construit et par le mur de ? d´un petit lavoir établi près la barrière de la prairie lui appartenant.

    -31 janvier 1846 : autorisation donnée à Mr le Marquis de Lascazes de clôturer les propriétés de la traverse du bourg de St Julien.

  • Extraits des ouvrages de Cocks et Féret, Bordeaux et ses vins

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132

    Le domaine entier de Léoville est un des plus vastes et des plus anciens crus classés du Médoc. Il s'étend depuis Beychevelle jusqu'au château La Tour, commune de Pauillac, en se déployant sur une plus ou moins grande largeur le long de la rive gauche du fleuve.

    La portion appartenant au marquis de Lascases (descendant de la présidente de Léoville, morte en 1769) comprend la moitié du domaine, et s'étend depuis le bourg de Saint-Julien jusqu'au château La Tour, qui la borne au nord ; à l'est elle est bornée par le fleuve, et à l'ouest par la route départementale dont elle est séparée par un mur. On y compte 50 hectares de bonnes prairies que les habitants de Saint-Julien possèdent grâce à la libéralité des aïeux du propriétaire actuel, et 50 hectares de vignes, cultivées avec le plus grand soin, dont le vin exquis a valu au marquis de Lascases une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1867.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 579

    (...) En conséquence de la Révolution française (expropriations de biens d'émigrés, création de partage égalitaire), il fut divisé entre les années 1826 et 1840. Par une sorte de survivance du droit d'aînesse, Léoville Las Cases qui représente les trois cinquième et le cœur de l'ancien domaine fut alors créé.

    Liste des propriétaires et des productions mentionnés dans les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks, 1850 : Léoville de Lascazes : 120 tonneaux ; Poyferré de Cérès : 90 ; H. Barton : 60.

    Cocks 1868 : marquis de Lascases, 100 à 150 tonneaux.

    Cocks 1874 : marquis de Lascases, 125 tonneaux.

    Cocks 1881 : héritiers du marquis de Lascases, 125 tonneaux.

    Cocks 1893 : comte de Lascases, 160 tonneaux.

    Cocks 1898 : comte de Lascases, 140 tonneaux.

  • Site internet du domaine Léoville-Poyferré : http : //www.leoville-poyferre.fr

    Historique

    Sous le règne de Louis XIII, en 1638, Maître Jean de Moytié, bourgeois anobli bordelais et conseiller au Parlement de Bordeaux, possédait un vignoble planté sur un mont de graves proche de la Rivière. Ce qui valut à ce lieu le nom de "Mont-Moytié", selon l´usage du temps de désigner un lieu par le nom de son détenteur.

    Le cru de Mont-Moytié fit partie de ces premiers crus historiques du Médoc, tous nés avant la Fronde (1648-1653), comme le "Château de Margaux", la "Tour de Saint-Lambert" ou le "Château de La Fitte" à Pauillac ou bien le Château de Calon, à Saint-Estèphe.

    Le domaine resta dans le giron de la Maison de Moytié pendant un siècle, puis échut par alliance à la Maison de Gascq. Sous Louis XV, cette puissante famille de parlementaires bordelais compta un premier président de la Chambre de la Tournelle, Antoine, détenteur d´un cru de Margaux qui fut à l´origine de Château Palmer. Son frère, Alexandre, épousa l´arrière-petite-fille de Jean de Moytié et entra en possession du cru familial en 1740. Influencé par les idées des physiocrates et rompu aux choses de la terre, Alexandre préférait le dédale des chais à celui des couloirs du palais.

    Riche d´ambition pour son cru, Alexandre De Gascq renomma Mont-Moytié en Léoville (dit aussi Lionville), du nom de son premier domaine, "propriété modèle" située en rive droite.

    Alexandre de Gascq voulait que son cru de Léoville soit un modèle et qu´il occupe le premier rang des crus de Médoc. Pour ce faire, le domaine fut planté en cépages à petits grains, les vignes palissées avec des lattes de pin, des "vaisseaux vinaires" construits pour les nouveaux chais et les "vins de goutte" mis en barrique méchées au soufre, puis soutirés au fin.

    Le Château de Léoville vit aussi le jour avec de beaux jardins à la mode et de vastes dépendances.

    Au décès d´Alexandre de Gascq, après 35 ans d´acquisitions et de défrichements, le domaine de Léoville à Saint-Julien était devenu le plus important du Médoc, regroupant 120 hectares.

    Les héritiers d´Alexandre de Gascq conservèrent heureusement l´intégralité du domaine dans le cadre de l´indivision. Néanmoins, à partir de 1775, les vins de Léoville se négocièrent sous quatre marques différentes : d´Abadie, "Lacaze", Chevalier et Monbalon. Deux de ces familles avaient la fibre vigneronne depuis des lustres : le président d´Abadie détint un temps la baronnie de Beychevelle tandis que la famille Chevalier possédait une partie du vignoble de la maison noble de Gassies, à Margaux.

    Plus versé dans l´épée que dans la robe, le marquis de "Lascaze" suivit les Bourbons dans leur exil en 1793. Naturellement, sa part se trouva vendue en bien national en 1794 (qui sera par la suite achetée par Hugh Barton). Cependant, le reste de sa famille s´accommoda plus ou moins de la situation et se maintint à la tête du domaine jusqu´à la Restauration Monarchique.

    En 1826, Hugh Barton se porta à la tête des domaines de Chevalier et de Monbalon. Le reste du domaine, encore aux mains des descendants des héritiers Lascase, représentait les trois-quarts de la superficie du domaine initial de Léoville.

    Le partage foncier de 1840 respecta une répartition équitable du vignoble et des terres. L´aîné, Pierre Jean de "Lascases", reçut la part qui devait constituer le domaine originel de Château Léoville Lascase.

    Sa soeur, Jeanne, céda ses droits à sa fille mariée au baron Jean-Marie Poyferré de Cerès, issu d´une maison noble d´Armagnac. Typiquement gascon, ce nom de Poyferré signifie un "point ferré", c´est-à-dire une partie de chaussée empierrée où chevaux et véhicules se doivent de porter des fers.

    Au partage de 1840, la marque de Léoville-D´Abadie avait déjà été abandonnée au profit de la marque du baron de Poyferré. Les bâtiments du château Léoville Poyferré et Léoville Lascase furent divisés eux aussi en deux parties et le sont toujours. Cette situation est tout à fait exceptionnelle en Médoc, comme en Bordelais.

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

  • Dessin (crayon noir) du château Léoville, collection Destailleur, 3e quart 19e siècle (?). [en ligne sur Gallica]

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris : EST RESERVE VE-26 (M)
Bibliographie
  • Site internet du domaine : leoville-poyferre.fr.

  • BERNARDIN, Eric, LE HONG, Pierre (Photogr.). Crus classés du Médoc : le long de la route des châteaux. Bordeaux : Editions Sud Ouest, 2010.

    p. 112-119
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132-133
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 134-135
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 318-319
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 1, p. 45-46
  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

    planche 48

Liens web

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire