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Château Le Tertre

Dossier IA33004725 réalisé en 2014

Fiche

Précision dénomination Château viticole
Appellations Château Le Tertre
Parties constituantes non étudiées logement, chai, orangerie, jardin, pièce d'eau
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Arsac
Lieu-dit : Le Tertre
Adresse : 14 allée du Tertre
Cadastre : 1827 A1 332 ; 2012 AH 178
Précisions

L'histoire du château commence avec l'achat en 1724 par Pierre Mitchell de "deux maisons" au lieu-dit du Tertre.

Suite à de nombreux achats de terres, Mitchell commande la construction du château en 1736 à "l'architecte de l'Intendance" Étienne Buissière. Les travaux intérieurs s'achèvent en 1738.

Au cours du 19e siècle, le château développe sa dimension viticole et intègre les 5e grands crus dans le classement de 1855. Un cuvier à étage (?), aujourd'hui transformé en chai, et des logements pour les ouvriers en contrebas du château sont construits, peut-être sous l'égide de la famille Koenigswarter (1870-1920).

Le 20e siècle ne voit pas d'évolutions majeures jusqu'à l'arrivée d'Eric Albeda Jelgersma en 1997. Il entreprend la construction de l'aile nord et perce les deux corps en retour de portiques en rez-de-chaussée, conférant à la façade côté cour homogénéité et symétrie. En 1999, un plan d'aménagement confié à l'agence d'architecture bordelaise l'Arsenal (Pierre Lapalus et Christophe Massie) aboutit à la construction de l'orangerie, du bassin de 68m ainsi que les agréments alentours. Le cabinet d'architecture paysagère "Wirtz International" a conçu l'ensemble des espaces de jardins.

En 2001, les architectes sont à nouveau sollicités pour une salle de réception et des chambres d'hôtes venues en parallèle de la création d'un nouveau cuvier et des chais en béton enterrés (Mazières et Massie).

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle
Dates 1736, daté par source
Auteur(s) Auteur : Buissière Etienne, architecte, attribution par source
Auteur : L'Arsenal,
L'Arsenal

Agence d'architecte de Bordeaux fondée en 1983 : Pierre Lapalus et Christophe Massie, architectes fondateurs.


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agence d'architecture, attribution par source
Auteur : Wirtz International,
Wirtz International

Entreprise d'architecture paysagère belge, dirigée par Martin et Peter Wirtz et fondée par leur père Jacques en 1950.


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agence d'architecture, attribution par source

Le château, campé sur une croupe graveleuse, domine son vignoble qui l'entoure. Ce dernier est percé de chemins dont les principaux à l'est et à l'ouest lui donnent un accès dans l'axe des façades du château. Une succession de deux portails mène à la demeure à l'est. Le château s'inscrit dans une parcelle qui comprend l'ensemble de ses bâtiments de dépendances : chais dont deux en sous-bassement et qui reprendrait un ancien cuvier, cuvier, logement du gardien, accueil, salle de réception, chambre d'hôtes au nord, et orangerie précédée d'un grand bassin au sud.

La partie habitation, le château à proprement parler, est un bâtiment de plan en U : un corps de logis flanqué de deux ailes en retour. La porte principale se trouve centrée côté cour, une autre porte est percée dans l'aile nord dont l'accès est donné par un escalier droit parallèle à la façade.

Côté cour, la façade est surmontée d'un fronton triangulaire avec armoiries, les deux corps en retour sont percés de portiques en rez-de-chaussée : l'ensemble a été réalisé lors d'une campagne de travaux menée dès 1999. La façade sur jardin, qui domine les vignobles, est rythmée par sept travées séparées horizontalement par un large bandeau mouluré. Au rez-de-chaussée, des porte-fenêtres donnent sur une terrasse règne sur l'ensemble de la façade. La travée centrale forme un léger avant-corps traité en bossage continu et encadré de pilastres. La porte en plein cintre à claveaux à crossettes présente un léger ressaut. Elle est surmontée à l'étage par un balcon avec garde-corps en ferronnerie. La porte-fenêtre lui donnant accès possède un arc segmentaire avec une agrafe double, récemment restaurée. L'ensemble est couronné par un fronton triangulaire qui accueille des armoiries en partie buchées.

Les ouvertures de l'étage sont toutes similaires : les linteaux droits forment bandeau continu comme les appuis moulurés, les allèges sont en ressaut ; exceptée la fenêtre la plus à droite qui reçoit un traitement particulier : un linteau en arc segmentaire mouluré en ressaut interrompant la corniche.

Murs calcaire pierre de taille bossage
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, étage de soubassement
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit en pavillon noue
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
États conservations restauré, remanié
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations pilastre, fronton, armoiries, agrafe
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Liste des propriétaires du Tertre

    16 mars 1666 : Gabriel d'Arrérac, baron d'Arsac, concède un bail à fief à Philippe Lafon au lieu dit du Tertre.

    24 juillet 1672 : hommage de Jeanne Beussaq, veuve de Pierre Lafon.

    22 octobre 1682 : vente du domaine par Philippe Lafon à Jean Dastugue, curé d'Arsac.

    18 septembre 1724 : les héritiers Dastugue vendent à Pierre Mitchell, bourgeois, négociant à Bordeaux.

    1782 : vente à Joseph Guy, notaire à Bordeaux.

    Octobre 1809, la veuve Guy vend à Pierre Conil Ducluzeaux, avocat à Périgueux pour 78 794 francs.

    1821 : Bernard de Brezets se porte acquéreur puis le cède à sa femme Marthe-Françoise Dufresne.

    1842 : Saisi du domaine sur demande de la veuve Sentout, principale créancière des époux De Brezets, et vente au profit du négociant bordelais Charles-Hugues Henry de Vallandé.

    1870 : la famille Koenigswarter acquiert le Tertre.

    1920 : la société Bernheim frères le rachète puis plusieurs propriétaires jusqu'en 1948.

    1948 : création de la Société Civile du Château du Tertre.

    1960 : la famille de viticulteurs bordelais Gasqueton rentre en possession.

    1997 : Eric Albada Jelgersma propriétaire.

  • Achat par la veuve Mitchell de moulins et vignes. 7 juillet 1748. AD Gironde, 3 E 27749.

    Achat par Jeanne Hocky, veuve Mitchell "savoir est la moitié de tout iceluy moulin à vend avec sa meule et vergier, tous les outils nécessaires pour faire moudre ledit moulin avec lavec les communaux quy en dépendent ; ensemble une petite maizon contenant deux chambres et le jardin au levant avec les appartenances et dépendances d'iceux sans réservation. Le tout situé dans la parroisse d'Arssac au lieu appelé au Bègue. [...] Plus un moulin à eaux avec ses meules et autres outils nécessaires, compozé de deux chambres basses, une écurie et un apend avec les places qui en dépendent, ensemble les vinières, aubarèdes et bernèdes, le tout d'un tenant apelé à Hourtonneau [...]

  • Historique développé

    Les origines du Tertre remontent au milieu du 17 siècle au moment où Gabriel d'Arrérac, baron d'Arsac concède un bail à fief à Philippe Lafon le 16 mars 1666, date de la prise de possession. Ce dernier le revend en 1684 à Jean Dastugue, curé d'Arsac.

    En 1723, l'ingénieur du roi Claude Massé lève sa carte sur le secteur (1723), il y mentionne le château d'Arsac mais ne fait pas apparaître le Tertre, ce qui laisse supposer un domaine encore modeste.

    Pierre Mitchell, expatrié irlandais, négociant et créateur d'une verrerie en 1723 à Bordeaux va faire l'acquisition le 18 septembre 1724 de "deux maisons, moulin à eau, terres labourables, vignes, bois, landes[...]" pour un total de 12000 livres.

    Il passe près de 25 actes notariés entre 1724 et 1749 qui confirment des achats le plus souvent de vignes et de terre. Sa veuve complète ces acquisitions en 1748 par l'achat d'un moulin à vent, d'une petite maison, et bon nombre de vignes.

    Entre 1736 et 1738, Pierre Mitchell fait appel à Étienne Buissière, "architecte de l'Intendance" demeurant à Bordeaux, pour la construction du château. La famille Mitchell conserve le Tertre jusqu'en 1782 où elle décide de vendre le domaine pour 135 000 livres au notaire bordelais Joseph Guy.

    Au cours du 19e siècle, les propriétaires se succèdent, notamment la famille Henry de Vallandé entre 1842 et 1870 ou encore les Koenigswarter jusqu'à la fin du siècle qui développent l'activité. Le château est classé 5e grand cru en 1855 et connaît un moment de prospérité : ces vins s'exportent et s'apprécient tout particulièrement aux Pays-Bas. Cette période prospère peut être propice à la construction du grand cuvier médocain dont il reste quelques traces.

    En 1920, la société Bernheim frères et fils le rachète puis il passe de main en main jusqu'en 1948, date à laquelle est créée la Société Civile du Château du Tertre. En 1960, la famille de viticulteurs bordelais Gasqueton en fait l'acquisition et met en place une rénovation du domaine qui est en mauvais état : la principale évolution est la construction, dans les années 1980, d'un chai en béton armé en sous-bassement.

    En 1997, le Tertre est racheté par l'homme d'affaires néerlandais Eric Albeda Jelgersma à qui l'on doit de nombreux travaux, notamment sur le corps de logis : reconstruction de l'aile gauche en retour, ouverture du rez-de-chaussée par des portiques et construction -toujours côté cour- du fronton avec les armoiries de la famille ou encore de l'orangerie avec bassin au sud et l'aménagement des jardins. En 2001, les nouveaux cuviers, chais et bâtiments de réception sont réalisés par l'association Christophe Massie et le cabinet Mazières, architectes à Bordeaux.

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte géométrique de la Guyenne dite Carte de Belleyme, planche 19, levée vers 1760, éch. 1/43200 env.

  • Collection particulière, illustrations anciennes, 20e siècle.

    Collection particulière
  • Atlas du Département de la Gironde, 22 planches, 67,5 x 93 cm à l'échelle de 1/40 000, 1888.

    p. 8 Archives départementales de la Gironde : 1 Fi 1046
Bibliographie
  • CLARKE DE DROMANTIN Pierre. Les réfugiés jacobites dans la France du XVIIIe siècle. Pessac : Presses universitaires de Bordeaux, 2005.

    p. 137-138
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian