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Château Le Crock

Dossier IA33008616 inclus dans Hameau de German réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations Le Crock
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : German
Cadastre : 1825 C1 729, 730 ; 2015 OC 21, 42

D'après le Dictionnaire des Personnalités d'Edouard Féret, Pierre Merman acquiert le domaine du Crock en 1788. Il est bourgeois de Bordeaux et courtier en vins. Il est également propriétaire en Médoc de domaines à Lamarque, Ludon et Blaignan. A sa mort en 1818, ses biens sont répartis entre ses enfants : Le Crock revient à son fils unique Antoine (1786-1843).

Des bâtiments figurent à cet emplacement sur le plan cadastral de 1825, au lieu-dit German.

Le château est représenté sur une lithographie de l'Album Vignicole de Gustave de Galard vers 1835. La façade sur jardin n'est ni dotée d'escalier, ni de terrasse et les balustrades de toiture n'existent pas. Le noyau de la construction date donc probablement du 4e quart du 18e siècle, et a été embelli et augmenté dans la 2e moitié du 19e siècle.

En 1852, Marie Caroline dite Coraly Batre, veuve de Antoine Merman, décède. Un partage est organisé entre ses deux fils : Georges reçoit le château du Crock, tandis que Jules hérite du domaine de Marbuzet. Ce sont les initiales GM de Georges qui sont sculptées dans un médaillon sur la façade sud.

En 1850, on produit au Crock 90 tonneaux. Un plan du domaine est levé en février 1862. Les augmentations et diminutions du cadastre indiquent au nom de Georges Merman la construction nouvelle de deux maisons sur la parcelle C730 (correspondant au château) en 1863. Dans l'édition de 1868 de l'ouvrage de Cocks et Féret, le château a été modifié avec ajout d'un escalier à double volées et de balustrades de toiture. Toutefois, on remarque que le couronnement central avec coquille n'est pas construit.

L'illustration publiée dans l'édition de 1893 montre les dernières transformations apportées à la façade côté jardin : l'escalier a été remplacé par une terrasse ; des balcons à balustrades et le couronnement à coquille ont été ajoutés.

En 1903, le domaine est acquis par la famille Cuvelier.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle

Le château du Crock est situé à l'ouest du hameau German, sur le flanc d'une "croupe" de vignes et dominant le parc qui s'étend au sud.

Il est accompagné de bâtiments de dépendances à l'est.

S'adaptant à la dénivellation du terrain, le château présente un étage de soubassement abritant les chais accessibles par les élévations latérales est et ouest.

Coté nord, le rez-de-chaussée surélevé est accessible par un escalier en fer à cheval. Le niveau de soubassement est traité en bossage percé de fenêtres rectangulaires. Les trois travées centrales forment un léger avant-corps avec niveau d'attique percé d'oculus ornés de guirlandes de feuilles de chêne. Une pièce haute distingue la travée principale avec fronton cintré interrompu par une fenêtre, couronnée en amortissement de pots à feu. Les fenêtres présentent des chambranles moulurés à crossettes hautes et basses. Une corniche à modillons et une balustrade d'attique règnent sur l'ensemble de la façade.

L'élévation latérale ouest présente un volume en décrochement.

La façade sur jardin est composée de 9 travées et d'un niveau de soubassement. Les trois travées centrales forment un avant-corps doté d'une terrasse soutenue par des colonnes d'ordre toscan. Trois portes-fenêtres en plein-cintre ouvrent sur cette terrasse ; elles sont surmontées de guirlandes de laurier festonnées ; au centre, un médaillon porte les initiales entrelacées de Georges Merman. On retrouve les mêmes fenêtres à crossettes hautes et basses que sur la façade opposée ; deux d'entre elles sont dotées de balcon à balustrade. Un couronnement vient magnifier les travées centrales, orné d'une table décorative portant le nom LE CROCK, surmontée d'une coquille inscrite dans une arcature en plein-cintre à bossage et fronton triangulaire ; pots à feu, volutes et pommes de pins surmontent l'ensemble en amortissement.

A l'intérieur, le château conserve des décors, notamment dans les salons principaux : deux alcôves avec coquilles et des dessus-de-porte peints représentant les premiers crus classés du classement des vins de Bordeaux de 1855 (Lafitte, Margaux, Latour, Haut-Brion), et le Crock. L'escalier décentré dans la partie est du château donne accès aux combles.

Le caveau voûté en anse de panier avec arcs doubleaux de confortement abrite les chais sous la demeure ; le cuvier se trouvait dans l'aile en retour à l'ouest du château : un espace abrité et ouvert par une série de colonnes d'ordre toscan permettait la réception de la vendange ; de l'autre côté de la cour à l'est, se trouvent les anciennes dépendances agricoles avec notamment des écuries. La façade du bâtiment est rythmée d'arcades aveugles en plein-cintre reposant sur des pilastres.

Murs calcaire pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré, étage de comble, rez-de-chaussée surélevé
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à deux pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations volute, coquille, pot à feu, ruban, guirlande, monogramme, médaillon, fronton

Estuaire

TRAVEE 9
FORBAIE plein-cintre (porte-fenêtre) ; crossettes (porte-fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; plate-bande (fenêtre) ; crossettes (fenêtre)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO plateau
ORIENT sud
VUE vue étendue
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Éléments biographiques sur la famille Merman

    d'après : Famille Merman ou de Meerman (Hollande et France), notice généalogique et biographique 1480-1896, par Ariste Ducaunnès-Duval, Bordeaux : imprimerie G. Gounouilhou, 11 rue Guiraude, 1897.

    -Pierre Merman : fils aîné de Jean-Baptiste Merman et de Catherine Bellacla, né le 28 mars 1750 ; succède à son père dans la qualité de bourgeois de Bordeaux et exerce la profession de courtier.

    9 juin 1785 : mariage avec Marie Tallarie, née le 11 janvier 1758 dans la paroisse de Lamarque en Médoc, fille légitime de sieur Antoine Tallarie, chirurgien-major du fort Médoc et de feu demoiselle Marie-Anne Daron de Maisonneuve ; contrat de mariage le 10 mai 1785, notaire Deyrem à Soussans.

    Le 29 octobre 1785, par lettres patentes du roi Louis XVI, Pierre Merman est pourvu du brevet de courtier royal pour les vins et eaux-de-vie, avec pouvoir d’exercer sa charge dans la ville de Bordeaux et tout le bordelais.

    Le 8 nivôse an II (28 décembre 1793), Pierre Merman figure sur le tableau des 600 plus forts contribuables de la Gironde et est inscrit sur la liste des 550 plus imposés.

    23 fructidor an IX (10 septembre 1801) : ordonnance de Bonaparte, premier consul, portant nomination du citoyen Pierre Merman en qualité de courtier de commerce pour marchandises diverses : vins, eaux-de-vie, assurances et conduite de navires, pour en remplir les fonctions près la Bourse de commerce de Bordeaux.

    Décès de Pierre Merman le 22 août 1818, dans sa maison cours du Jardin Public n°126.

    Il a eu 6 enfants dont Antoine, né le 24 février 1786

    [et Marie-Nancy née le 29 novembre 1791 mariée à Bernard Capdeville, négociant, le 18 mai 1815 ; décédée le 27 octobre 1846].

    Les domaines du Médoc furent attribués : Le Crock à son fils unique Antoine ; le domaine de Gillet, commune de Ludon, à sa fille Thérèse-Delphine, épouse de Frédéric Focke ; le domaine de Lamarque à sa fille Marie-Nancy, épouse de Capdeville ; le domaine de Taffard, commune de Blaignan divisé en deux parts, à Jenny, épouse Peychaud et à Jeanne-Mary-Clary, épouse Gorsse.

    -Antoine Merman (p.76) - portrait

    Né le 24 février 1786

    Le 4 septembre 1816, par ordonnance royale, Antoine Merman fils est nommé courtier de vins pour en remplir les fonctions près la Bourse de Bordeaux, en remplacement du sieur Pierre Merman, son père, démissionnaire en sa faveur.

    Mariage, le 1er avril 1820 avec Marie-Caroline Batré, née à Bordeaux et y demeurant avec son père rue du jardin public, n°46, fille légitime de Charles-Henry Batré et de la feue dame Elisabeth-Félicité Laffiteau de Gimon. Contrat de mariage chez Despiet notaire à Bordeaux : mention du domaine de Saint-Estèphe.

    Le 6 novembre 1824, Antoine Merman, courtier de vins et eaux-de-vie, demeurant à Bordeaux, cours du jardin public, n°80 vend à dame Françoise-Georgette Lawton, sans profession, épouse du sieur Jean-Baptiste-Thomas Mac-Carthy, chevalier de la Légion d’honneur, un domaine avec maison de maître, chai, cuvier, jardin, bâtiments pour les colons, etc, le tout situé au lieu de German, pour la somme de 8000 francs. Ce contrat est signifié le 13 novembre suivant à la dame Marie-Coraly Batré, sans profession, épouse du sieur Antoine Merman, à raison des droits qu’elle peut avoir à exercer sur les biens de son mari.

    Le 19 mai 1843 : testament : Me Despiet, notaire ; décède le 29 mai de la même année.

    6 enfants, dont Charles Henri Georges et Simon-Adolphe-Léon-Paul-Jules.

    -Georges Merman (p.79)

    A la mort de son père, il acheta à ses cohéritiers le brevet de courtier de vins dont il devint titulaire en juillet 1843. A partir de 1892, se consacre à ses deux domaines Le Crock, pour lequel il a obtenu la grande médaille d’or ministérielle donnée au vignoble le mieux soigné du département et le château Clarke à Listrac.

    Mariage le 25 janvier 1853 avec Elisabeth-Clémence Abiet, née le 14 avril 1833 ; 3 enfants.

    -Jules Merman (p. 80)

    Formé aux affaires par son frère Georges ; fonde une maison de commerce Jules Merman et Bernos aîné, puis à la mort de ce dernier continue les affaires de vins sous la raison : Jules Merman.

    De 1872 à 1878, Jules Merman a exercé les fonctions de juge au tribunal de commerce de Bordeaux.

    En 1868, fit l’acquisition d’une propriété située à Marbuzet et à laquelle il a réuni les vignes provenant de sa part dans le domaine du château du Crock, par succession paternelle. Il y a pratiqué d’importantes améliorations et y a fait construire en 1891 une très belle habitation dans le style italien. Cette propriété porte le nom de : Château Marbuzet.

    Mariage en octobre 1856 : Jeanne-Henriette-Louise-Berthe Dubois, fille de Paul Dubois, négociant en vins et propriétaire du Château de Sans à Sainte-Eulalie-d’Ambarès et d’Estelle Francez, de Limoges.

    3 enfants.

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 221
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 142
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 221
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 222-223
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 263
  • DUCAUNNES-DUVAL Ariste. Famille Merman ou de Meerman (Hollande et France), notice généalogique et biographique 1480-1896. Bordeaux : imprimerie G. Gounouilhou, 11 rue Guiraude, 1897.

    Archives départementales de la Gironde : BIB 4 L 1210
  • FERET Edouard. Personnalités et notables Girondins de l'antiquité à la fin du XIXe siècle. Bordeaux : Féret et L'Entre-deux-mers, 2009, fac-similé de l'édition de 1889.

    p. 447
  • GALARD Gustave (de). Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : de Logé, 1835.

  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

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