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Château Le Boscq

Dossier IA33008611 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations Le Boscq
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, clôture
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Hydrographies Gironde la
Adresse Commune : Saint-Estèphe
Lieu-dit : le Boscq
Cadastre : 1825 A1 219, 224 ; 2015 OA 2256, 2258

Les différentes versions de la carte de Masse du début du 18e siècle indiquent un lieu-dit Jouetret ou Jouefret (Geoffret ?).

Selon les recherches menées par Daniel Frugier, un acte de 1749 établit l'appartenance du domaine du Boscq à Jean Geoffret, issu d'une famille de la bourgeoisie marchande bordelaise. Jean Geoffret, propriétaire du domaine du Boscq cède à Thomas Barton, négociant d'origine irlandaise, un bail à ferme de neuf années ; la maison de maître est mise à sa disposition avec le contenu des meubles et ses effets personnels.

En 1756, Jean Geoffret transmet par donation le domaine à sa cousine Anne Capdeville (en 1748, Anne Capdeville avait hérité de son père Nicolas Capdeville, bourgeois de Bordeaux et monnayeur en la Monnaie de cette ville, du domaine de Pez avec ses dépendances) ; le bail à ferme au sieur Barton n’est toutefois pas remis en cause. Un inventaire réalisé à cette occasion donne une idée de la disposition des pièces : une grande salle autour de laquelle se répartissent en plus de la cuisine, quatre chambres dont une avec des commodités ; l’étage en grenier est réservé aux domestiques ; les appartements sont entièrement meublés. Outre les outils aratoires et 3 charrettes, le cheptel comprend 5 paires de bœufs, 11 vaches, 3 veaux de deux ans et trois d’un an, et 8 brebis.

En 1764, le bail à ferme est renouvelé entre Guillaume Pénicaut, avocat en la cour du Parlement de Bordeaux et représentant sa femme Anne Capdeville, et Thomas Barton.

A la mort en 1766 de Jean Geoffret, Anne Capdeville devient pleinement propriétaire du domaine du Boscq.

Le nom du domaine apparaît nettement sur la carte de Belleyme vers 1767.

En 1773, le bail à ferme avec Thomas Barton est renouvelé mais à des conditions moins avantageuses imposées par Guillaume Pénicaut, devenu conseiller en la cour des Aides et Finances de Guyenne. Des travaux sont également prescrits : deux ponts aqueducs pour établir le passage étanche par-dessus les fossés de drainage de deux pièces en palus récemment assainies, avec des barrières fermant à clef (vestiges conservés selon Daniel Frugier). Thomas Barton demande à agrandir la maison de quelques chambres ou bien de les bâtir sur un emplacement laissé vide entre le vestibule et le cuvier. Thomas Barton meurt en 1780.

Le 16 septembre 1776, Anne Capdeville décède en laissant 5 enfants d’un premier mariage (en 1730 avec Jacques Mercier avocat en la cour du parlement de Bordeaux, mort en 1742) et un fils de son mariage avec Guillaume Pénicaut. Le domaine du Boscq, estimé à 130.000 livres, revient aux enfants Mercier ; Guillaume Pénicaut conserve le domaine de Pez.

Après la mort de Thomas Barton (1780), il semble que ce soit Jean Mercier de Terrefort qui administre Le Boscq séparé en 5 parts ; en 1781, il rachète la part de son frère aîné Nicolas Mercier ; il a également la charge du domaine de Garamey qui lui fut dévolu lors de la liquidation de l’héritage de son père Jacques Mercier. Il bénéficie de l’aide de son homme de confiance, le cultivateur Pierre Grazilhon, en poste à Garamey. Jean Mercier de Terrefort décède le 16 décembre 1793 ; une succession difficile s'engage.

Le 8 mai 1801, le tribunal civil de Bordeaux prononce le partage du domaine du Boscq : il est divisé en 12 parts, pour une estimation totale de 200.000 francs. Puis un négociant, François-Désiré Delaveau en devient propriétaire en 1801-1802. A cette époque, le domaine semble convenablement tenu mais les bâtiments, et particulièrement la maison de maître, ont beaucoup souffert depuis la mort de Thomas Barton en 1780.

En 1806, François-Désiré Delaveau fait faillite ; réhabilité en 1824, il décède en 1825, criblé de dettes.

Le plan cadastral de 1825 représente des bâtiments organisés autour d'une cour accompagnés d'un bâtiment au nord.

Le domaine du Boscq est vendu par voie d’adjudication en 1830 et adjugé en novembre 1831 pour la somme de 282.000 francs à la comtesse de Carles, née Catherine Emilie de Verbois, épouse de Jacques-Amédée comte de Carles, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis. La propriété est toujours administrée par la famille Grazilhon.

Les bâtiments sont représentés dans l'Album Vignicole de Gustave de Galard, vers 1835 : on y aperçoit probablement la maison de maître existant au milieu du 18e et agrandie par Thomas Barton. Il s'agit d'une maison en rez-de-chaussée avec comble à surcroît percé d'oculus (logements pour les domestiques). Il est indiqué que le domaine "Le Bosc" appartient à M. Armand Darmaillac.

Michel-Jules de Majance vicomte de Camiran achète le domaine du Boscq à la comtesse de Carles en 1839. Il est déjà propriétaire du domaine voisin de Haut-Vignoble à Saint-Corbian. En 1850, le cru Le Boscq est mentionné dans l'ouvrage de Charles Cocks et produit 130 tonneaux de vin.

Son fils Eugène de Camiran, marié en 1841 à Victoire de Piis, est confronté à des problèmes financiers. En 1847, celle-ci est autorisée par une décision du tribunal de première instance de Bordeaux à gérer et administrer ses biens et affaires comme personne libre et maîtresse de ses droits. Elle est donc séparée de biens avec son époux. Ça n’empêchera pas la vente de parties du domaine, comme la métairie, pour régler les nombreuses créances.

En 1874, le domaine est donc entre les mains de Victoire de Piis et produit 100 tonneaux. Il est "divisé en deux parties bien distinctes, la partie basse comprenant 50 hectares d'excellentes prairies, et la partie haute comprenant 30 hectares de vignes sur de magnifiques croupes graveleuses à sous-sol argileux". Elle y fait également deux augmentations de construction de maisons en 1870 (parcelle A223) et en 1872 (parcelle A219).

Puis en 1875-1876, le domaine du Boscq est racheté par Pierre Seguin et son gendre Jean Grazilhon. Il est précisé dans un acte que le portail existant à l’entrée de la cour des bâtiments sera transporté par les acquéreurs et à leurs frais, sur le chemin de l’estey d’Un où la cour nord aura désormais son entrée.

A la mort d’Eugène de Camiran en 1882, les scellés sont apposés aux portes des appartements qu’il occupait encore au château. Le château est finalement vendu en 1889. La maison est démolie au cours de l’année 1890 et un nouveau château est construit en 1891 (augmentations et diminutions). Il reprend l’emplacement de l’ancienne maison de maître en conservant notamment dans l’élévation est de l’aile nord les traces de l'ancienne maison de maître.

Selon Daniel Frugier, des reprises de maçonnerie sont visibles sur la façade est et le gabarit mouluré d’une fenêtre s’intègrerait encore dans un appareil du 18e siècle ; côté ouest, à la jonction du nouveau bâti du château avec l’ancienne aile nord, apparaissent encore sur l’élévation nord, les vestiges d’une porte d’un ancien logis, dégradée par l’aménagement d’une fenêtre ouverte au 18e siècle. En 1891, Jean Grazilhon devient maire de Saint-Estèphe.

Les bâtiments sont illustrés dans les éditions de 1893 et 1898 de l'ouvrage de Cocks et Féret : "M. Grazilhon vient de créer dans les palus de Saint-Estèphe un vignoble de 40 hectares complanté moitié en petit verdot, cabernet-sauvignon, moitié en gros verdot et Saint-Macaire".

Les bâtiments de dépendance ont également été remaniés voire reconstruits dans la 2e moitié du 19e siècle ; le cuvier est daté 1910.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Dates 1910, porte la date

Le château du Boscq est situé sur une "croupe" de vignes qui domine les terres basses de "palus" vers l'estuaire.

Les bâtiments s'organisent autour de trois cours :

-la cour principale avec le logis à l'est et deux ailes de dépendance en retour à l'ouest. On y accède par un portail à piliers maçonnés.

-la cour de dépendance viticole au sud.

-la cour de dépendance agricole avec logements au nord.

Côté est, le corps de logis principal à étage est encadré de deux ailes basses. Il s'organise selon 5 travées. Les trois travées centrales sont traitées en ressaut avec un avant-corps bas, à pans, surmonté d'une terrasse à balustrade. Les ouvertures du rez-de-chaussée sont en arcs segmentaires tandis que les trois portes-fenêtres de l'étage sont en plein-cintre encadrées de pilastres cannelés à chapiteaux corinthiens. Les parties latérales sont ouvertes au rez-de-chaussée d'une fenêtre en arc segmentaire et à l'étage d'une fenêtre à plate-bande avec chambranle mouluré. Des jambes et chaînes d'angle à bossage animent la maçonnerie en pierre de taille. Une corniche à modillons et une rambarde d'attique avec pots en amortissement couronnent l'ensemble.

Les deux ailes basses sont chacune percées de quatre baies en arc segmentaire inscrites dans un encadrement en ressaut.

L'ensemble de cette façade donnant sur l'estuaire est agrémenté d'une terrasse délimitée par une balustrade avec deux volées d'escalier permettant d'accéder au jardin en contrebas.

Côté cour, à l'ouest, le corps de logis principal présente également 5 travées : au rez-de-chaussée, portes et fenêtres sont en arc segmentaire séparées par des jambes à bossage ; les appuis des fenêtres sont moulurés et les allèges traitées en ressaut. A l'étage, quatre pilastres cannelés à chapiteaux ioniques encadrent les fenêtres à plate-bande et chambranle mouluré à crossettes. Les trois fenêtres centrales présentent une allège à balustres et sont surmontées d'une frise de postes. Les façades des ailes basses sont en partie dissimulées par les deux ailes de dépendance en retour.

Les toitures à croupes sont couvertes d'ardoise avec lucarnes et oeils-de-boeuf en zinc.

Dans la cour, l'aile de dépendance nord à étage semble abriter des logements ; l'aile sud, dissimulée derrière la végétation, doit abriter les chais.

La cour des dépendances viticoles au sud est formée par une aile disposée nord/sud ouverte d'un large passage en plein-cintre. Construite en moellons enduits, elle est ouverte de quelques baies rectangulaires étroites. Un cuvier double l'aile des chais au nord ; un autre chai se trouve à l'est.

La cour des dépendances nord est formée d'une aile de logements au sud (donnant également sur la cour du château) et de hangars agricoles à l'ouest. Un puits est placé en son centre.

Murs calcaire pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble, en rez-de-chaussée
Couvrements
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
Techniques sculpture
Représentations pilastre, postes, pot à feu, balustre

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; crossettes (fenêtre)
POSRUE perpendiculaire
POSPARC en retrait
POSTOPO plateau
ORIENT est
VUE vue sur estuaire
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • BARTON Anthony, PETIT-CASTELLI Claude. La saga des Barton. Levallois : Éditions Manya, 1991.

  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

    p. 220
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 174
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 224
  • FRUGIER Daniel. Château Le Boscq Saint-Estèphe, cru bourgeois, une page d’histoire sur le domaine du Boscq, documents, février-juin 2002.

  • GALARD Gustave (de). Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : de Logé, 1835.

  • GINESTET Bernard. Saint-Estèphe. Paris : Nathan, 1985. (Le Grand Bernard des vins de France).

    p. 145-146
  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

    planche 73
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