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Château Lascombes

Dossier IA33003136 réalisé en 2010

Fiche

  • Façade sud-est.
    Façade sud-est.
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  • Parties constituantes

    • cuvage
    • chai
    • cellier
    • parc
    • atelier de conditionnement
    • logement de contremaître
    • mur de clôture
    • portail
Précision dénomination château viticole
Appellations château Lascombes
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, cellier, parc, atelier de conditionnement, logement de contremaître, mur de clôture, portail
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Margaux
Lieu-dit : Segones
Cadastre : 1826 D3 1223 à 1229 ; 2008 AD 1, 2, 3, 5, 253, 254, 258

Les origines de Lascombes seraient liées à la châtellenie de Blanquefort détenue par la famille Durfort de Duras au XIVe siècle. L'historique du château est issue de l'étude menée en 2015-2016 par l'archiviste Nicolas Rubisiak (conservée au château).

C'est Jean de Lascombes, fils d'Antoine de Lascombes, qui donne son nom à ces terres de Segonnes. L'ascension sociale de cette famille de parlementaires bordelais se traduit par le mariage de Jean, le 26 août 1679, avec Louise de Rauzan, fille de Pierre Desmesures de Rauzan et Jeanne Moncourier. Et le 22 juillet 1681, il achète à Marie de Raymond, veuve du Bourgeois de Bordeaux François Freychinet, le domaine de Segonnes à Margaux pour 12000 livres. Jean, qui est d'abord procureur du roi au Parlement de Bordeaux par héritage de son père, devient procureur du roi en l'Amirauté de Guyenne et siège à la Table de marbre du palais de la dite Amirauté.

En 1728, son fils également dénommé Jean hérite du domaine qui est au milieu du 18e siècle divisé entre ses 4 enfants : Pierre Ogier, Jean-François, Jean Pierre Ogier et Anne.

En 1760, la moitié du domaine de Segonnes est vendue à Georges Ainslié : s'agit-il de l'actuelle chartreuse de Segonnes ? Est-ce ce partage qui a entraîné la construction d'une autre demeure, aujourd'hui correspondant au château Lascombes ?

Le 13 thermidor de l'an IV (31 juillet 1796), une maison et 31 journaux de vignes sont vendus comme biens nationaux à Jacques Bonie. Au début du 19e siècle, le domaine de Lascombes (également appelé de Segonnes) passe entre les mains de négociants, Walter Johnston puis Jean-Baptiste Loriague.

Le 2 juillet 1844, Louis Anselme Hue devient propriétaire du Domaine de Lascombes par adjudication judiciaire, qui revient par la suite à sa fille, Marie Hue, épouse Petit.

Sur le plan cadastral de 1826, la demeure est accompagnée d'un long bâtiment en retour abritant les chais. Vers 1866, Édouard Guillon indique que "c´est une construction très modeste, précédée d´un petit jardin". L'illustration publiée dans l'ouvrage de Cocks en 1868 ne permet pas de découvrir le bâtiment dans son ensemble : il semble toutefois que la demeure en rez-de-chaussée correspondait alors au modèle de la chartreuse. De ce bâtiment serait conservés le rez-de-chaussée accolé à la façade sud ouvert de baies à arc segmentaire et une partie de l'aile des chais en retour d'équerre.

L'ensemble est remanié et agrandi dans la 2e moitié du 19e siècle : Gustave Louis Chaix d'Est-Ange (1800-1876), célèbre bâtonnier, Vice-Président du Conseil d’Etat, sénateur et Grand Officier de la Légion d'honneur, achète le domaine le 13 septembre 1867. A sa mort, son fils, Gustave Gaspard Chaix D'Est-Ange (1832-1887), en hérite.

Des travaux sont confiés à l'architecte Louis-Michel Garros, qui propose un projet dans un style néo-anglais, habituellement daté de 1875.

Toutefois, les plans de l'architecte ne portent pas de date et l'illustration de la nouvelle demeure n'apparaît que dans l'édition de 1893 de l'ouvrage de Cocks et Féret ; dans l'édition précédente, en 1881, c'est encore l'ancienne chartreuse qui est représentée.

Les travaux se sont peut-être déroulés en deux temps : la chartreuse d'origine aurait été doublée sur la façade nord-ouest avec l'ajout d'une tourelle (peut-être en 1875?) ; puis une chambre et une bibliothèque sont ajoutées à l'ouest. Les travaux sont probablement interrompus en 1887, à la mort de Gustave Gaspard Chaix d'Est-Ange, ce qui explique l'inachèvement du pavillon sud-est (pierres d'attente). Par ailleurs, la déclaration de succession datée du 7 novembre 1887 indique que "la valeur de cette propriété autrefois considérable est réduite à une importance moindre" à cause du phylloxéra. Louis-Michel Garros propose également les plans pour un logement secondaire, un bâtiment abritant probablement une écurie et le portail du château. En 1889, le domaine est aux mains de Jean-Jules Théophile Chaix d'Est-Ange, puis en 1923, du comte Emmanuel du Bourg de Bozas (fils adoptif de Chaix d'Estange). En 1952, la société appartient à Alexis Lichine. Suite à divers rachats et remembrements, la propriété se compose alors de 88 hectares lui permettant de produire de 200 à 270 tonneaux. Alexis Lichine y ouvre en 1961 une exposition contemporaine internationale de peinture et de sculpture, ayant pour thème la vigne et le vin. En 1971, l'ensemble est vendu à un groupe anglais, Bass Charrington. Le vaste cuvier est construit en 1986 puis restructuré sur quatre niveaux en 2001, époque à laquelle le domaine est racheté par le groupe américain Colony Capital. C'est également en 2001 qu'est construit le vaste chai à barriques.

Le château Segones qui appartient aujourd'hui à château Lascombes ne semble pas appartenir à la propriété au début du 20e siècle (voir plan). Il est peut-être rattaché au domaine lors de l'achat de Marquis d'Alesme Becker (14 ha) en 1919. C'est ainsi qu'il est dénommé sur des cartes postales de la même époque.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , (?)
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates 2001, porte la date
Auteur(s) Auteur : Garros Louis-Michel,
Louis-Michel Garros (1833 - 1911)

Louis-Michel Garros (1833-1911) est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris. Il installe son agence au 14 rue Lecoq à Bordeaux. Son fils Alexandre (1867-1953) prend sa suite, suivi par son propre fils Louis (1895-1956). Michel, fils de Louis, né en 1923, fait de même.


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architecte, attribution par travaux historiques

Situé dans le quartier de Segones et entouré d'un parc, le château est accompagné des bâtiments de vinification et de logements secondaires.

La façade nord est composée de dix travées irrégulières et marquée par un avant-corps formant pignon à redents auquel est accolée une tour polygonale demi-hors-œuvre. Sur le rez-de-chaussée sont greffées des extensions, l'une donnant accès au vestibule, l'autre surmontée d'un toit terrasse avec un garde-corps à motifs polylobés donnant accès à la cuisine. Les baies du rez-de-chaussée présentent des formes variées (bow window, à traverse et meneaux, allèges avec tables décoratives, plates-bandes surmontées de tores, accolades). A l'étage, elles sont traitées de manière régulière avec un encadrement en pierres de taille harpées. La tour composée de trois niveaux est ornée de faux mâchicoulis. Les lucarnes présentent des frontons triangulaires à redents avec un motif de rond sculpté. La façade sud, inachevée, est composée d'un avant-corps formant pignon à redents sur lequel vient se greffer une tourelle circulaire avec des pierres d'attente, correspondant au pavillon prévu par Louis-Michel Garros mais jamais réalisé. Un rez-de-chaussée couvert d'un toit terrasse à balustrade est greffé sur le volume principal. Il est ouvert de larges baies en arc segmentaire et chambranle mouluré. La toiture du corps de logis est dotée de lucarnes, l'une d'elles étant traitée en baie géminée. Les pignons découverts présentent des redents. Le pignon oriental est aveugle exceptées deux baies qui encadrent le conduit des cheminées traité en ressaut. Le pignon occidental est percé en rez-de-chaussée d'une large baie à trois meneaux et traverse, à l'étage de deux baies à linteau droit mouluré et à accolade, surmontées d'une baie géminée. Un écu avec un lion dressé et couronné est sculpté au-dessus de la fenêtre du rez-de-chaussée. Les souches de cheminée sont en pierre de taille et présentent une forme polygonale. A l'intérieur, les tours n'abritent pas d'escalier : celui-ci, en bois, est situé au centre du bâtiment. Les anciens chais abritent aujourd'hui des locaux techniques (chaufferie, atelier, local du jardinier). Le nouveau chai est un vaste bâtiment de onze travées, la travée centrale formant pignon. A l'intérieur a été aménagé un espace accueillant les meilleures bouteilles du domaine. L'ensemble de style néoclassique est éclairé d'une lumière bleutée. Au sud-ouest se trouve le cuvier organisé selon quatre niveaux : le sous-sol avec cuves enterrées, le 2e niveau avec la zone de tri, le 3e niveau avec les cuves en inox et en bois et le 4e niveau permettant l'accès au haut des cuves. Un autre bâtiment abrite les machines permettant le conditionnement et l'expédition des bouteilles. Un logement secondaire de plan carré et couvert de tuiles plates présente des façades composées de trois travées, celle au centre formant pignon. Les encadrements de baies, les bandeaux, les jambes et chaînes d'angle sont traitées en pierre de taille. Le bâtiment, ayant peut-être abrité des écuries, est traité en rez-de-chaussée avec du moellon, le reste des maçonneries étant enduit. Ce bâtiment est doté d'une tour carrée et couvert de tuiles plates. Le parc qui se développe au nord du château est accessible par un portail à piliers maçonnés. Statues et bancs agrémentent cet espace arboré.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
moellon
Toit ardoise, tuile mécanique, tuile plate
Étages 1 étage carré, étage de comble, en rez-de-chaussée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
toit polygonal
pignon découvert
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations armoiries cercle accolade balustre fronton

Estuaire

TRAVEE 9
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; linteau droit (fenêtre) ; accolade (fenêtre)
POSTOPO coteau
VUE vue étendue
CLOT grille ; piliers de portail ; mur de clôture

Lichine Alexis (propriétaire).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p.277

    "Le château de Lascombes. Il est situé au bourg, dans le quartier de Segonnes, où il est clôturé derrière les murailles de son jardin (...). Lascombes n´a que le nom de château ; c´est une construction très modeste, précédée d´un petit jardin".

  • Documentation historique fournie par le domaine

    Avertissement : ces éléments doivent être examinés à la lumière des nouvelles recherches menées par Nicolas Rubisiak, qui apporte des compléments et des corrections.

    "Lascombes était autrefois rattaché à la maison de Durfort-Duras. Les comtes de Durfort étaient propriétaires de nombreuses terres sur toute la Guyenne, dont un autre second cru, Durfort-Vivens. A travers différentes familles, la propriété échoit à Mademoiselle Hue au moment du classement de 1855. A cette époque, il est vraisemblable que le vignoble ne dépassait pas le tiers de sa superficie actuelle. En 1887, le domaine appartient au bâtonnier Chaix d'Est-Ange ; ce dernier défendit sous Napoléon III la cause de la France contre l’Égypte au procès du Canal de Suez. De ce propriétaire vient la demeure actuelle.

    A la mort de Chaix d'Est-Ange, le vignoble est divisé, il n'en reste plus que 13 hectares. En 1926, le domaine est mis en société. Il repartira sous l'impulsion d'Alexis Lichine qui s'en occupera entre 1952 et 1971, date à laquelle le château Lascombes est vendu au groupe anglais Bass-Charington, déjà propriétaire de la fameuse maison de négoce Lichine et Cie. Poursuivant les efforts d'extension du vignoble, le groupe construira aussi les bâtiments modernes d'exploitation. Pendant la dernière guerre, Lascombes a abrité les travaux secrets du général Burtinel des services de renseignement".

    "Historique du château Lascombes :

    Le plus ancien propriétaire connu est le Chevalier Antoine de Lascombes, né en 1625. A cette époque, le vignoble de Lascombes était réuni à celui de Durfort. Puis le domaine passe aux mains de Jean-François et Anne de Lascombes, mais après séparation de Durfort. Jean-François de Lascombes était conseiller au Parlement de Bordeaux, procureur du roi à l'Amirauté, membre de l'Académie de Bordeaux en 1761. Sans pouvoir certifier les dates, nous trouvons que la propriété passe de Mademoiselle de Lascombes aux familles Johnston-Fabre et Loriague.

    - en 1844, la propriété est vendue à M. L. A. Hue.

    - en 1867, la propriété est vendue à M. Chaix d'Estange. A cette époque, la superficie était de 27 hectares.

    - en 1887, mort de Gustave Chaix d'Estange, laissant deux enfants héritiers : Jean-Jules Théophile et Jeanne Marie. A cette époque, le château n'était qu'un simple rez-de-chaussée.

    - en 1889, on retrouve seul propriétaire Jean-Jules Théophile Chaix d'Estange, mais avec une superficie réduite à 13 hectares environ.

    - en 1919, Jean-Jules Théophile Chaix d'Estange achète le château Marquis d'Alesme Becker, 3ème grand Cru Classé (14 hectares environ). Sur cet achat figure le nom du comte du Bourg de Bozas (fils adoptif de Chaix d'Estange).

    - en 1923, mort de Jean-Jules Théophile Chaix d'Estange, laissant seul héritier le comte Emmanuel du Bourg de Bozas-Chaix d'Estange.

    - en 1926, formation de la Société à Responsabilité Limitée de la Société Viticole du château Lascombes, dans laquelle la famille Ginestet devient majoritaire.

    - de 1926 à 1942, il est particulièrement difficile de suivre le mouvement et la transmission des parts de la Société. Nous trouvons toutefois, le général Brutinel puis M. Gayrin comme majoritaires.

    - en 1942, la Société Anonyme est transformée en Société Civile, avec comme administrateur M. Gayrin (Madame Gayrin, par son second mariage est devenue Madame Jean Cordier).

    - en 1948, M. Mallet père est majoritaire, et il cède ses parts aux Établissements Charles Mallet.

    - en 1952, cession des parts à Alexis Lichine et son groupe d'Américains.

    - en 1971, vente à Bass-Charington".

  • Archives mises au jour par Nicolas Rubisiak

    RUBISIAK Nicolas. Histoire de Château Lascombes, du Chevalier Antoine de Lascombes à Alexis Lichine, Tableau des recherches d'archives. Document pdf conservé au château, décembre 2015-janvier 2016.

    - AD Gironde, 3 E 2467. Contrat de mariage de Jean de Lascombes et de Louise de Rauzan, précédé des articles du mariage, 26 août 1679.

    - AD Gironde, 2 E 1763. Achat du Domaine de Segonnes à la Demoiselle Marie de Raymond, veuve Freyssinet, 22 juillet 1681.

    C'est Jean de Lascombes Père, donné Procureur au Parlement de Bordeaux, qui a fait l'achat et est donc le premier Lascombes sur le domaine : ce n'est pas Antoine ; ce Jean, son fils, était lui aussi Chevalier (puisque ce titre se transmet automatiquement) ; Jean habitait alors à la Réole ; il était absent au moment de la vente et représenté par Pierre de Rauzan, son beau-père ; achat de "tout et chacun les biens immeubles à la demoiselle de Raymond, appartenant avec tous les vaisseaux vinaires étant sur, et situés dans les paroisses de Margaux, Issan, Soussans, Avensan, Marsac et Arcins" ; pour le prix de 12000 livres ; un advenant (août) du contrat enregistre la prise de possession par Rauzan, représentant Jean Père, de la maison ("bourdieu"), chais, cuviers et toutes dépendances situés à Margaux joint un état des paiements faits par Jean Père (de sa main) entre 1681 et 1689 pour raison de son acquisition et quelques quittances.

    -AD Gironde, 3 E 11935. Inventaire après décès de Jean de Lascombes père, 27 janvier 1728.

    Testament du 23 janvier 1727, notaire Treyssac Allose à Bordeaux. Inventaire de Margaux : Jean de Lascombes Fils a déclaré qu'à la mort de son père il y avait 40 tonneaux du grand vin (dont 7 barriques de vin gâté), 9 vaisseaux de second vin ainsi que 7 barriques de vin blanc et 5 barriques de vin de treille ; il a déjà vendu le grand vin 1000 livres/tonneau ; les vaisseaux vinaires du cuvier sont décrits ; 2 chalets de bois et 2 cabinets de bois (logements) ; les meubles de la maison et tous autres bâtiments.

    -AD Gironde, 3 E 13245. Vente de la moitié du Domaine de Segonnes à Georges Ainslie, 12 mai 1760.

    Toutes les raisons de cette vente sont expliquées en détail dans l'acte ; le 3e frère Lascombes, Jean Pierre Ogier, apparaît pour la première fois : il est écuyer, signe "le Chevalier de Lascombes" et est Mousquetaire du Roi, de la 1ère Compagnie de la Garde du Roi ; comprend l'acte de prise de possession par Ainslie de la part à lui vendue réellement, détaillée.

    -AN Paris. MC/ET/CX II/794/B. Testament de Jean-François de Lascombes, 5 mars 1780.

    Il a eu 2 enfants : Jean-Baptiste, mort en octobre 1772 et Anne Valérie ; sa femme est morte en avril 1771 ; son héritière universelle pour tous ses biens meubles et immeubles est sa fille ; le fait qu'il interdise à son frère aîné Ogier Pierre la tutelle de sa fille en dit long sur leurs rapports ; il avait reçu les 2/3 des biens de Margaux et sa sœur Anne, le tiers restant (sur la moitié de la succession margalaise de Jean Fils) ; "je veux que [Anne] fasse seule les vendanges à Margaux (…) seule vende le total des vins (...)" ; en cas de pré-décès de sa fille, Anne est héritière universelle ; notaire Legras à Paris.

    - AD Gironde, 3 E 46303. Testament d'Anne de Lascombes, 7 octobre 1788.

    Ce testament a été fait au domaine ; elle fait la Dame de Galatheau son héritière universelle et lègue à Jean Pierre Ogier, son frère, les 2/3 du domaine (soumis à la Coutume) comme héritier particulier (avec quelques conditions en faveur de la Dame de Galatheau en cas de pré-décès de ce dernier ce qui sera le cas).

    - AD Gironde, 3 E 20489. Vente d'un tiers du Domaine à Joseph Montaigne par Jacques Bonie, 26 ventôse An X (1802).

    Pour 15.000 F.

    - AD Gironde, 3 E 20490. Achat du Domaine de Lascombes en indivision par Walter Johnston, 24 Floréal An X (1802).

    Les 3 propriétaires indivis du domaine, Joseph Montaigne, Jeanne-Marie Bardouin Sansac et Jacques Bonie (chacun pour 1/3) vendent à W. Johnston : une maison basse sans aucun meuble, environ 10 ha de vignes, pour 60.600 F (le prix des immeubles est 48.000 F) ; contient un état des vaisseaux vinaires du Domaine (vendus pour 12.600 F).

    AD Gironde, 3 E 31400. Achat du Domaine de Lascombes par Loriague à Walter Johnston, 20 janvier 1805 (9 Pluviôse An XIII).

    On parle alors du Domaine de Segonnes ou Lascombes ; notamment "une maison basse" ou "maison de maistre" et environ 10 ha de vignes et 153 pieds détachés ; c'est Johnston qui a joint la pinède d'Avensan au domaine ; avec le domaine sont vendues quelques règes de vignes et de terres, pour un prix total de 60.000 F ; comprend un état estimatif des meubles de la maison (comptant pour 7.800 F dans la vente) ; dans cet acte, une origine un peu lointaine du domaine instruit que Anne de Lascombes , qui en possédait déjà un tiers, de la succession de son frère (testament du 10 mars 1780, Legras notaire à Paris), hérite des 2 autres tiers de Anne-Valérie Lascombes, fille de Jean-François, par testament du 1er août 1788 (Despiet, notaire à Bordeaux).

    AD Gironde, 3 U 2378. Adjudication judiciaire à Louis Anselme Hue du Domaine de Lascombes (et cahier des charges partiel de la vente), 2 juillet 1844.

    Explications en début de cahier des charges de la vacance de la succession de Loriague Aîné et du rôle de Fabre pour Lascombes avant cette adjudication ; parties photographiées :

    § 1 énonciation du jugement (22 avril 1844),contient : les explications vues ci-dessus : Edouard Fabre était le légataire universel de Loriague Aîné - et son créancier - mais il renonça à cet héritage après inventaire, de même que les légataires parentaux ; mise à prix de 60.000 F sans expertise préalable ; le fruit de la vente servirait à payer les dettes grévant la succession de Loriague.

    § 2 énonciation des titres de propriété, contient : Loriague a acquis le domaine + quelques vignes de Walter Johnston ; Johnston a laissé Lascombes à Loriague sans aucune hypothèque et ce dernier en a joui sans aucun problème pendant 38 ans.

    § 3 désignation de l'immeuble, contient : Maison de maître (ou manoir), chai, cuvier, atelier de tonnelier, cour, chambres pour le régisseur, Tournières et jardin (le tout formant l'enclos Segonnes, d'une contenance de 31a 65 ca), écurie et parc à bœufs, autres bâtiments, toutes les vignes (pour Soussans, des parcelles à Chigaray, Gahereyre et Rivière du sable), pinède d'Avensan ; inventaire des objets du domaine – on trouvera aussi le PV d'adjudication (pour 75.100 F) à Monsieur L.-A.Hue, le reçu du tribunal à Hue et le reçu d'Edouard Fabre « administrateur provisoire de Lascombes » à Hue.

    - AD Gironde, 3 E 39224. Vente du Domaine de Lascombes à Gustave Chaix d'Est-Ange, 13 septembre 1867.

    Le domaine a été vendu au Sénateur Gustave Louis Chaix d'Est-Ange par Marie Hue et son époux Fernand Petit ; la contenance totale est alors de 23 ha en un seul tenant, qui confronte du levant au domaine d'Alesme-Bekker avec un mur mitoyen entre les jardins ; la maison d'habitation comprise dans cette vente se situait sur l'emplacement actuel du château ;description précise et complète du domaine (104 n°s) ; le vendeur le possédait par la succession de Louis Anselme Hue et son épouse Catherine Violet (leur fille était seule héritière) ; ces derniers avaient d'abord été adjudicataires de la succession vacante de Jean-Baptiste Loriague Aîné (mort à Bordeaux le 4 mai 1843) par un jugement du tribunal de 1ère instance de Bordeaux du 2 juillet.

    AD Gironde, 3 Q 12536. Déclaration de succession de Gustave Gaspard Chaix d'Est- Ange, 7 novembre 1887.

    Il est mort à Paris, 25 rue Saint-Georges, le 22 mai 1887 ; les héritiers sont Gustave et Jeanne- Marie, ses enfants ; il y a dans ses caves pour 10140 F de vins, à Margaux et Arsac ; le Domaine de Lascombes : 28 ha 38 a, une maison et dépendances, vignes (18ha 23 a, à Soussans et Margaux), bois de pins à Avensan (10 ha),vaisseaux vinaires ; « la valeur de cette propriété autrefois considérable est réduite à une importance moindre » à cause du phylloxéra : arrachage de vignes dans de grandes proportions ; à cette date le replant n'a encore rien produit et le revenu maximal est de 8000 F ; capital : 200 000 F.

    AD Gironde, 3 Q 12583. Déclaration de succession de Gustave Théophile Chaix d'Est-Ange (1863-1923), 17 octobre 1924.

    Il est mort le 18 mai 1923, Avenue du Bois de Boulogne, Paris ; rentier, divorcé ; il laisse pour seul héritier Emmanuel de Bourg, Comte de Bozas, son fils adoptif ; le détail du domaine de Lascombes transmis, qui représente la part girondine de son héritage, est dans la déclaration de succession du Bureau du 16e arrondissement de Paris faite le 19 juillet 1924

Références documentaires

Documents figurés
  • AM Bordeaux. Fonds Garros, 208 S.

    208 S 666
  • CARDOZE, Edmond. La carte postale des châteaux de la Gironde. Pierre Fanlac, 1985.

    p. 130
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 1.

  • FRANCK, William. Traité sur les vins du Médoc et les autres vins rouges et blancs du département de la Gironde. Bordeaux : P. Chaumas, 1871 (7e édition).

    Domaine de Lascombes (Margaux) appartenant à Mme Hue, lithographie G. Chariol
Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 112-113
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1881 (4e édition).

    p. 142-143
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 153
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 79
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 200-201
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux, 1866. Tome 3.

    p. 277
  • RUBISIAK Nicolas. Histoire de Château Lascombes, du Chevalier Antoine de Lascombes à Alexis Lichine, Tableau des recherches d'archives. Document pdf conservé au château, décembre 2015-janvier 2016.

Périodiques
  • DANTARRIBE, Cécile. Les communs des châteaux viticoles de Louis Michel Garros en gironde. Reflet d'une culture matérielle du vignoble bordelais. Revue Historique de Bordeaux, 2003, n°2.

  • DANTARRIBE Cécile. Le « Château Garros » en Médoc et Biterrois dans la seconde moitié du XIXe siècle". Livraisons d'histoire de l'architecture, n°4, 2e semestre 2002.

    p. 107-130
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire