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Château Langoa et château Léoville-Barton

Dossier IA33004822 réalisé en 2011

Fiche

  • Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • chai
    • cuvage
    • ferme
    • parc
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    • vivier
    • serre
    • écurie
    • logement
    • four à pain

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, ferme, parc, cour, portail, vivier, serre, écurie, logement, four à pain
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Château Langoa, la Mouline
Cadastre : 1825 C2 203 à 210 ; 2011 C1 159, 752

Selon l'ouvrage d'Anthony Barton et de Claude Petit-Castelli, la chartreuse de Langoa aurait été construite en 1758 par Bernard de Pontet. Son fils, Pierre-Bernard de Pontet la vend en 1821 à Hugh Barton. Le domaine consiste alors "en maison de maître à plusieurs pavillons, écurie, remise, logements de paysans et d'hommes d'affaires, chais, cuvier, caves voûtées, parcs à bœufs et à vaches, granges et autres bâtiments de servitudes, cours, parterres, jardins, fontaine, vivier, lavoir, charmilles, garenne à l'entour du principal manoir ; le tout formant une contenance de trois hectares quarante neuf ares quatre vingt douze mètres carrés ou onze journaux ancienne mesure". En 1826, Hugh Barton agrandit ses possessions avec l'acquisition d'une partie du domaine de Léoville. Deux domaines cohabitent donc, Langoa et Léoville-Barton. Le plan cadastral de 1825 représente les bâtiments organisés autour de deux cours, disposition qui a été conservée jusqu'à nos jours. Une augmentation de construction du château est mentionnée en 1865 dans les matrices cadastrales. En 1880, une maison est démolie (parcelle C207) correspondant à une aile de la cour des dépendances. Les témoignages iconographiques représentent le château tantôt façade est (dans l'ouvrage de Cocks en 1874), tantôt façade ouest (dans l'ouvrage d'Alfred Danflou en 1867 et dans celui de Charles de Lorbac vers 1868). La cour des bâtiments de vinification, notamment le cuvier et le chai contigu, date probablement de la 2e moitié du 18e siècle. Une description précise du cuvier dit "ancien système", en rez-de-chaussée, est donnée par Paul Ferrouillat dans son ouvrage de 1896. Il attribue la construction de ce dernier à l'architecte bordelais, Gérand. Les baies de décharge du cuvier sont aujourd'hui obturées ; la plus ancienne cuve en bois conservée date de 1963.

Le logement situé à l'ouest de la cour semble également dater du 18e siècle avec ses baies à arc segmentaire (sur la façade ouest) et la vaste cheminée abritant deux fours à pain. Un bâtiment figurant au centre de la cour sur le plan cadastral de 1825 a été détruit au cours de la 2e moitié du 20e siècle.

L'aile sud a subi de nombreux remaniements à la fin du 20e siècle avec l'aménagement de bureaux. Un petit cuvier inox a été installé ainsi que des chais, dont le chai Thomas construit en 1990 en hommage à Thomas Barton, fils d'Anthony Barton décédé accidentellement.

Une salle de dégustation a été aménagée à la fin du 20e siècle dans la partie orientale du cuvier. Certaines ferrures du 18e siècle ont été conservées (porte donnant accès à l'actuelle salle de dégustation). Le jardin a subi plusieurs remaniements : la partie basse, située à proximité d'un ancien vivier, était utilisée comme potager et verger, comme semble l'attester l'album photographique d'Henry Guillier. Le domaine est complété par un ensemble de bâtiments de dépendance (ferme) construits de l'autre côté de la route par l'architecte G. Gérand en 1880.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

La demeure, en rez-de-chaussée surélevé, est composée d'un corps principal de logis dont la façade orientale présente sept travées. Les trois travées centrales forment un avant-corps surmonté d'un comble à surcroît ouvert d'oculi et couvert d'un toit en pavillon en ardoise. Ce corps de logis est flanqué de deux pavillons de plan carré, larges de trois travées et couverts d'un toit à longs pans et croupes brisés. Les toitures des pavillons sont dotées de lucarnes en plein-cintre, tandis que l'ensemble des baies sont en arc segmentaire. Deux corps de bâtiments encadrent enfin l'ensemble. Ils sont surmontés d'une balustrade et sont ouverts de fenêtres à chambranles moulurés à crossettes. Une terrasse avec un escalier à double volées donne accès au jardin en contrebas. Le niveau de soubassement de la demeure abrite les cuisines et les chais. Deux ailes en retour, en rez-de-chaussée, forment une cour en U délimitée par un mur de clôture et un portail à piliers. Au sud, l'aile communiquant avec la cour des bâtiments de vinification abrite le chai et le cuvier bois. Ces deux bâtiments communiquant sont toutefois séparés par un espace sur toute leur longueur. L'aile nord devait abriter des écuries et des logements secondaires. Si la façade postérieure de la demeure reprend le même ordonnancement que la façade principale, on note toutefois que les pavillons n'ont que deux travées et que l'escalier d'accès et la terrasse se limitent au corps central.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée surélevé, sous-sol, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans brisés
toit en pavillon
toit à longs pans
croupe brisée
croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier symétrique

Estuaire

TRAVEE 21
FORBAIE arc segmentaire (fenêtre) ; arc segmentaire (porte) ; oculus (jour) ; plate-bande (fenêtre)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO vallée
ORIENT est
VUE vue bornée
CLOT piliers de portail ; grille

Barton (propriétaire). C'est à Langoa au début des années 1880 que le régisseur du domaine Daniel Jouet expérimenta des produits (chaux et sulfate de cuivre) pour lutter contre le mildew.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des ouvrages de Cocks et Féret, Bordeaux et ses vins

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132-133

    Le cru Léoville-Barton comprend aussi un quart de l'ancien Léoville. Il est dans les mains de M. Barton depuis 1826, et a son centre d'exploitation au cru de Langoa (...).

    Le domaine de Langoa fut acheté en 1821, par M. Hugh-Barton, 650 000 fr. Par suite de nouvelles acquisitions, d'échanges et de grandes améliorations, il a acquis une bien plus grande valeur. Les domaines Léoville-Barton et Langoa ont une contenance de 234 hectares, et sont exploités d'une façon commune quoique le vin soit parfaitement séparé.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 153

    Le domaine de Langoa, dont nous donnons ci-après le dessin, acheté en 1821 par M. Hugh. Barton, au pris de 550 000 fr., a été depuis cette époque l'objet d'agrandissements et d'améliorations qui en ont considérablement augmenté l'importance et la valeur. Sa production moyenne est de 125 tonneaux de vins classés parmi les 3e crus les plus recherchés. Son exploitation est réunie à celle du quart de l'ancien domaine de Léoville acquis par M. Barton, en 1826 et produisant 75 tonneaux d'un vin séparé de celui de Langoa et classé au rang des 1ers deuxièmes crus.

    Les deux domaines réunis ont une superficie de 233 hectares dont la vigne en occupe 103 ; les prés et les marais, 67 ; les bois et les pins, 62 ; maison et jardin, 1. Les chais et cuviers de Langoa sont certainement des plus beaux du médoc, par leurs vastes proportions et leur agencement (...).

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1893 (6e édition). Idem dès 1886.

    p. 194

    (...) Le cru de Léoville-Barton, comme celui de Langoa, appartient indivisis à MM. B.-F. Barton, de la maison Barton et Guestier, H.-L. Barton, son frère et MM. F. et C. Barton, leurs neveux.

    Les chais et cuviers de Langoa ainsi que les bâtiments de servitudes : parcs, granges, etc., sont certainement des plus beaux du Médoc par leurs vastes proportions et leur agencement. Ils sont dus aux plans de M. G. Gérand (...). Le domaine de Langoa, comme celui de Léoville-Barton, est géré, ainsi que celui de Château-la-Tour, à Pauillac, de la façon la plus éclairée, par M. D. Jouet, ancien élève de l'Institut national agronomique de Paris.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 580

    Après avoir acquis le château Langoa en 1821, Hugh Barton acheta en 1826 une partie du château Léoville qui devint Léoville Barton.

    Propriétaires et production mentionnés dans les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks, 1850 : Barton, 150 tonneaux.

    Cocks 1868 : Léoville-Barton (Barton) : 60 à 80 tonneaux ; Langoa (Barton) : 120 à 140 tonneaux.

    Cocks 1874 : Léoville-Barton (Barton) : 75 tonneaux ; Langoa (Barton) : 125 tonneaux ; illustration p.152.

    Cocks 1881 : Léoville-Barton (Barton, de la maison Barton et Guestier) : 75 tonneaux ; Langoa (Barton) : 125 tonneaux ; illustration p.181.

    Cocks 1893 : Léoville-Barton (Héritiers Barton, de la maison Barton et Guestier) : 90 tonneaux ; Langoa (Héritiers Barton de la maison Barton et Guestier) : 130 tonneaux.

    Cocks 1898 : Léoville-Barton (Héritiers Barton, de la maison Barton et Guestier) : 90 tonneaux ; Langoa (Héritiers Barton de la maison Barton et Guestier) : 130 tonneaux ; illustration p. 199.

  • ARCHIVES

    AC Saint-Julien-Beychevelle, Registre délibérations du conseil municipal 1844-1848.

    -11 avril 1846, autorisation clôture (par des fossés) à M. Barton propriétaire à Langoa.

    Le long des morceaux de terrain qu´il a acquis de la commune, ainsi qu´à démolir le pont existant à l´extrémité sud au chemin du Taste à la Mouline et à le transporter à ses frais ainsi que le chemin à petite distance plus à l´ouest, de manière qu´il se trouverait faire suite à celui du Tasta, abrégerait la distance à parcourir et se trouverait en face d´un sentier conduisant à Beychevelle.

  • Augmentations et diminutions des matrices cadastrales

    C205, augmentation de construction du château, 1865 (Barton).

    C207, démolition d'une maison en 1880 (Barton).

    C211 (?), démolition d'une maison en 1880.

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • BARTON, Anthony, PETIT-CASTELLI, Claude. La saga des Barton. Levallois : Editions Manya, 1991.

    p. 187
  • BEDORA, Jean-Yves. Châteaux Langoa et Léoville Barton. Bordeaux : J. Y. Bédora R. C., 1987.

  • BERNARDIN, Eric, LE HONG, Pierre (Photogr.). Crus classés du Médoc : le long de la route des châteaux. Bordeaux : Editions Sud Ouest, 2010.

    p. 92-101
  • BROICHOT, Christophe. Etre et paraître : bâtir des châteaux en Bordelais. Bordeaux : Ecole d'architecture et de paysage de Bordeaux, juin 2000.

    p. 58
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 138-139
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 153
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 194
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 323-324
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 580
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 1, p.79-80
  • FERROUILLAT, Paul, CHARVET, M.. Les celliers du midi, du bordelais, de la Bourgogne et de l'Algérie. Paris : Masson, 1896.

    p. 346
  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

    planche 72
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 76-77
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Steimer Claire