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Château Lanessan

Dossier IA33001664 réalisé en 2008

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • parc
    • kiosque
    • chai
    • cuvage
    • ferme
    • écurie
    • roseraie
    • serre

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations château Lanessan
Parties constituantes non étudiées parc, kiosque, chai, cuvage, ferme, écurie, roseraie, serre
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cussac-Fort-Médoc
Lieu-dit : Lanessan
Cadastre : 1827 D2 1529, 1552 ; 2010 AB 113

Le lieu-dit Lanessan et des bâtiments organisés autour d'une cour en U apparaissent sur des cartes anciennes dès 1716. Le plan cadastral de 1826 montre des bâtiments organisés selon un plan en T, qui doivent correspondre à la lithographie de l'Album vignicole de Gustave de Galard vers 1835 : on y voit un logis en rez-de-chaussée, avec une tour circulaire, encadré par deux ailes. Les bâtiments de dépendance formaient une cour fermée par un portail.

Ces bâtiments font l'objet de remaniements en 1844 : l'architecte G. J. Grellet les transforme dans un style néogothique. Une gravure, signée et datée, montre le rhabillage de la tour existante et l'ajout d'une deuxième, couronnées de créneaux. Les ouvertures sont cintrées et agrémentées de frises d'arceaux. Édouard Guillon mentionne ces travaux en 1866 : "une simple maison bourgeoise qui (...) a été flanquée, il y a quelques années de deux tours surmontées de pierres isolées imitant des créneaux". L'illustration publiée dans l'ouvrage de Cocks de 1874 permet également de voir ce château avant la reconstruction a novo de 1876-1878. La famille Delbos en est propriétaire depuis 1793. En 1874, il comprend 277 hectares dont 99 hectares de bois de pins et de chênes, 72 de prés, 49 de terres labourables, 47 plantés de cépages fins. Si des constructions sont mentionnées dans les matrices cadastrales dès 1866 (construction nouvelle d'une maison en 1866, parcelle D1529, et en 1875, parcelle D1554), le château actuel, de style néo-élisabéthain, est édifié à la demande d'André Delbos par l'architecte Henri Duphot en 1876-1878. Les matrices cadastrales indiquent la construction nouvelle du château achevée en 1878 (parcelle D1552, Pierre Delbos). Toutefois les travaux semblent se poursuivre jusqu'en 1881 (R. Coustet). L'aménagement du parc se prolonge jusqu'en 1883, date à laquelle le porche est élevé et le mobilier intérieur installé. La terrasse de la façade nord-est aurait été ajoutée en 1905, dans le prolongement du grand salon. Le nouveau château est représenté dans l'édition de l'ouvrage de Cocks en 1886. L'éolienne, qui était installée le long du chemin menant au château La Chesnaye, a été détruite lors de la tempête de 1999.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1876, daté par source
Auteur(s) Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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attribution par source
Auteur : Grellet aîné G. J., architecte, attribution par source

Le château, à étage carré et étage de comble, est composé d'un noyau central flanqué de deux corps de bâtiment couverts de toits à longs pans en ardoise avec pignons découverts à rampants chantournés. La façade principale (sud-ouest) est composée de trois travées ouvertes de fenêtres à traverse et meneau. Dotée d'un porche hors-œuvre, la travée centrale en ressaut forme un pignon dont les rampants sont chantournés. Des lucarnes passantes éclairent l'étage de comble. La façade sud-est reprend les décrochements des différents volumes de l'édifice : le noyau central est en retrait par rapport aux pignons des deux corps de bâtiment ; sur l'un d'eux se greffe un bow-window surmonté d'une terrasse avec garde-corps en pierre. La façade nord-est, également composée de trois travées, laisse apparaître plus nettement le niveau de soubassement. On accède au rez-de-chaussée surélevé par un escalier à double volée. La travée centrale forme un avant-corps avec un porche hors-œuvre constitué de quatre colonnes soutenant une terrasse à balustrade. Les ouvertures sont plus larges que sur la façade principale : certaines présentent des doubles meneaux. Les toitures en ardoise supportent de hautes souches de cheminée octogonales en pierre, groupées en tuyaux d'orgue. A l'intérieur, le niveau de soubassement est réservé au personnel (cuisine, lingerie, chaudières du chauffage central, logement des domestiques). Le vestibule, auquel on accède par le porche de la façade sud-ouest, abrite l'escalier qui conduit au niveau d'une galerie de part et d'autre de laquelle se répartissent les pièces de vie privée et officielle. Le premier étage est celui des chambres de la famille. L'étage de comble n'est desservi que par l'escalier de service qui s'élève du niveau de soubassement. On y trouve les chambres des enfants, des domestiques ainsi qu'une chapelle privée. Le château est entouré d'un parc planté d'arbres aux essences variées, agrémenté d'allées, de pelouses et de parterres. Un kiosque en ciment rustique, servant également de réservoir d'eau, y est installé. Une roseraie et une serre complètent l'ensemble.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages en rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour
Techniques sculpture
Représentations raisin couronne feuille chêne
Précision représentations

Couronne de raisin au-dessus du porche ; couronne de feuilles de chêne sur la façade opposée au-dessus de la fenêtre qui domine la terrasse.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p.222-225

    Lanessan, qui est qualifié du nom de château, est une ancienne maison noble dont on trouve des traces dans le 15e siècle, époque où Thomas de Blaignan la possédait ; il se présenta à la convocation faite en 1491 au château de Puy-Paulin et offrit de bailler un archier, parce qu'il était sexagénaire. On trouve au 15e siècle un Guilhem de Fronsac, seigneur de Lanessan et d'Uch en Médoc ; puis il résulte d'un dénombrement fait en 1567, que Lanessan était alors à François Rodier, qui s'en qualifiait seigneur. Au 17e siècle, il avait encore changé de maître et appartenait à la famille de Souligean, dont l’héritière Anne de Souligean en rendit hommage au duc d'Epernon le 16 novembre 1647. Marc et Marie Duverger ses enfants, lui succédèrent, et le 16 avril 1674, rendirent à leur tour hommage à Henri de Foix pour leur maison noble, "au devoir d'un fer de picque doré".

    Lanessan passa ensuite à la famille de Jautard, puis à Pierre Joly, Jean de Lanessan, écuyer, qui fut enterré dans l'église de Sainte-Gemme, sa paroisse aujourd'hui détruite, car le château de Lanessan est dans cette partie occidentale de la commune et s'élève comme a dit le poète, "Au bout de ce marais, au versant du coteau".

    Lanessan est une simple maison bourgeoise qui appartient à Mme Vve Delbos, et qui a été flanquée, il y a quelques années de deux tours surmontées de pierres isolées imitant des créneaux. Cet édifice qui ne manque pas d'élégance, est entouré de quelques agréments et d'un vignoble dans une position heureuse où il se récolte année moyenne de 80 à 100 tonneaux de vins rouges placés dans les Bourgeois Supérieurs. C'est le premier crû de la commune.

    COCKS, Charles, FERET, Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    (...) Le même propriétaire a créé depuis 1878, dans les palus de Cussac, un vignoble de 20 hectares appelé : Cru Fort-Medoc, complanté en cépages fins : cabernet, malbec et verdot, dont les vins, malgré la jeunesse des vignes, ont atteint en 1884 le prix de 850 fr. le tonneau, prix supérieur à celui des vins des palus analogues.

    La Société d'Agriculture de la Gironde a accordé en 1884 au Château-Lanessan la médaille d'or ministérielle offerte au vignoble le mieux tenu du département.

  • Extraits de l'ouvrage Vignobles en Bordelais en 1900

    "La route qui mène de la gare de Moulis à Lanessan traverse le Vieux-Cussac, le bourg et le Grand-Cussac, trois gros villages faisant partie de la commune. Puis elle s'engage dans un sous-bois charmant. On a dès lors le pied sur le domaine. Au delà du bois la route gravit la grande croupe sur laquelle s'élève le château, laissant à gauche la vaste métairie où se trouvent sept paires de bœufs et une demi-douzaine de chevaux de labour. Le personnel chargé de la culture habite cette métairie.

    Dès l'orée du bois le château détache sur le ciel bleu sa masse imposante et claire. un vignoble de 60 hectares l'environne, couvrant l'immense croupe.

    Au delà du château toutes les dépendances sont groupées : on dirait une petite ville. Une jolie tour, de lierre vêtue, est placée devant les longs bâtiments des chais. Ces bâtiments et ceux du cuvier ont des pignons en forme de chalet du côté de la rue qui descend vers le potager. L'habitation du régisseur, l'usine d'électricité et d'autres bâtiments font face.

    Une autre rue, presque parallèle à la première, est bordée par des maisons d'habitation, des ateliers et des magasins. A droite se trouvent de magnifiques écuries, dont la visite intéressante révèle chez le maître du château le sportsman accompli. Écuries, boxes, sellerie, équipages, sont d'un goût parfait, d'une tenue impeccable.

    La petite ville improvisée, le château et le vignoble sont autant de créations de M. Delbos. Ils remontent à plus de vingt-cinq ans : et, déjà en 1884, le vignoble de Lanessan recevait de la Société d'agriculture de la Gironde la médaille d'or offerte par le Ministère au vignoble le mieux tenu du département.

    Fièrement campé sur le sommet de la grande croupe, le château fait face de tous côtés. Du côté de la terre, il montre ses pignons, les façades et les hautes cheminées à Moulis, à Listrac, à Saint-Laurent et à Saint-Julien. Il regarde la belle Gironde vers l'est, avec un au-delà de rivière suggestif pour son propriétaire. Car, là-bas aussi, sur les côtes du Blayais, M. Delbos possède également l'étonnant domaine du Virou, gigantesque enclos de 94 hectares entourés par un mur de près de 4 kilomètres de longueur. Depuis plus d'un siècle le Virou est la propriété de la famille Delbos.

    Imposant par sa masse, le château Lanessan est fort intéressant aussi par la beauté de ses lignes architecturales et par la remarquable exécution des détails. Le porche qui protège l'entrée principale est un morceau d'architecture très réussi.

    M. et Mme Delbos ont fait de l'aménagement intérieur une œuvre de goût et d'art digne de l'extérieur.

    Le vignoble reconstitué par M. Delbos, il y a vingt-cinq ans, peut produire 350 tonneaux de vin rouge et une dizaine de tonneaux de vin blanc. le vin rouge de Lanessan est un excellent type de ces vins d'élite classés sous la dénomination de "bourgeois supérieur" du Médoc. Sa belle couleur, son bouquet et la finesse de son goût le rangent dans la famille si distinguée des Saint-Julien (...).

    L'administration des trois domaines médocains de M. Delbos se trouve centralisée à Lanessan entre les mains de M. Mahic, son gérant. Leurs produits sont logés et soignés séparément dans un cuvier qui compte 24 grandes cuves servies par un outillage perfectionné et dans des chais immenses. La connaissance approfondie de M. Mahic en tout ce qui touche à la vigne et au vin, lui a valu à juste titre toute la confiance de M. Delbos.

    M. Delbos a créé un type particulier de bœufs de labour par un croisement des races garonnaise et bazadaise : type plus agréable à l’œil et plus ardent au travail que celui de la race garonnaise pure. Là encore le goût du sportsman éleveur s'est révélé nettement".

Références documentaires

Documents figurés
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

    9e livraison n°2
Bibliographie
  • DES GROTTES Florence. Deux siècles d'histoire à Lanessan, 1793-1993, doc. datyl., 1996.

  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p. 229
Périodiques
  • COUSTET, Robert. Lanessan, un château en Médoc. Revue Archéologique de Bordeaux, tome XCVI, 2005. p. 225-246.

  • LALLEMAND Charles. "Vignobles de M. André Delbos en Gironde. Château Lanessan, Château Veyrin-Domecq, Cru Fort-Médoc, Château Le Virou". Les Vignobles bordelais en 1900, revue mensuelle illustrée. Bordeaux : Imprimerie de G. Delmas, 1898.

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