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Château Lagrange

Dossier IA33004554 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Destinations demeure
Parties constituantes non étudiées parc, fontaine
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Blaye
Lieu-dit : Lagrange
Cadastre : 1832 A1 154-155 Ajouts de numéros en bis : 154, 155, 156, 158. ; 2013 AB 11

L'ancienne maison noble de Lagrange n'apparaît que tardivement dans la documentation. Selon une description et des vues anciennes, la demeure comportait un corps de logis rectangulaire flanqué de tours quadrangulaires aux angles opposés et d'une tourelle circulaire, datée 1641. Une fontaine s'écoulant dans un bassin, autrefois attenante à des bâtiments mais aujourd'hui isolée dans le parc, paraît datable de la fin du 17e siècle. Les cartes du 18e siècle qui donnent une représentation du site montrent que la demeure était entourée d'un enclos. Le domaine, dit de La Grange du Gar, est détenu par la famille Deluc (ou de Luc) à la fin de l'Ancien Régime, propriétaire par ailleurs du château de Romaneau à Saint-Dizant-du-Gua en Saintonge. La famille s'illustre localement après la Révolution, le comte Antoine Deluc de Lagrange, chevalier de Saint-Louis, étant connu pour être maire de Blaye entre 1810 et 1819, date de sa mort.

Le plan cadastral de 1832 montre un ensemble de bâtiments organisés sur une cour en U, fermée à l'ouest par une vaste bâtiment séparé de la cour ; d'autres dépendances figurent isolées plus au nord. Un plan du domaine, daté de 1847, levé après l'acquisition de la propriété par Édouard Lelièvre, marquis de La Grange, détaille la fonctions des différents bâtiments, qui comprennent alors, outre le "château" : des communs, chais, maison de régisseur, des logements pour vignerons dits "de construction récente", ainsi que la maison du fermier accolée à une vaste grange-étable. Par ailleurs, l'aile sud sur la cour, ancien chai de garde, a disparu au profit d'un parterre alors qu'un "jardin anglais" occupe l'emplacement de l'ancien potager.

Une nouveau château est édifié à l'emplacement des communs d'après un projet de l'architecte bordelais Gustave Alaux ; les travaux sont achevés en 1856, ainsi que l'atteste la date figurant sur un cul-de-lampe près de l'entrée. Il est raccordé à l'ancien château par une chapelle néo-gothique mentionnée en 1859. L'ensemble du décor sculpté est probablement dû à l'ornemaniste Octavien Belloc, travaillant par ailleurs sous l'autorité de Gustave Alaux sur le chantier de restauration de l'église de Saint-Ciers. Des travaux sont effectués à la même époque afin d'améliorer les dépendances agricoles du domaine.

Le vignoble est, pour sa part, classé en premier cru bourgeois et en second bourgeois pour les vins de palus, ainsi que le mentionnent les différentes éditions de Bordeaux et ses vins dans la seconde moitié du 19e siècle.

Après la mort sans postérité directe du marquis de Lagrange en 1876, le domaine, légué à une petite nièce, passe dans les biens de la famille des comtes de Luppé qui en conserve la jouissance jusque dans les années 1930.

L'entrée et le portail actuels, créés en brèche dans le mur d'enclos, datent des environs de 1970, probablement après la distraction de la ferme de la propriété. Le château, laissé sans entretien, a été amputé de sa partie ancienne, démolie vers 1985.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle , (détruit)
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1856, porte la date
Auteur(s) Auteur : Alaux Gustave,
Gustave Alaux (1816 - 1882)

Jean-Paul Louis Gustave Alaux, né à Bordeaux le 29 novembre 1816 à Bordeaux, mort dans la même ville le 23 mars 1882 ; fils du peintre Jean-Paul, dit Gentil-Alaux.


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architecte, attribution par source
Personnalité : Lelièvre Edouard, dit(e) marquis de La Grange,
Edouard Lelièvre , dit(e) marquis de La Grange (1796 - 17 janvier 1876)

Marquis de La Grange et de Fourille.


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commanditaire, attribution par source
Auteur : Belloc Aristide,
Aristide Belloc (1827 - 1888/1908)

Sculpteur né à Nantes le 23 août 1827, mort entre 1888 et juillet 1908 (dates des premier et second mariages de son fils), fils d'Aristide Philémi Belloc et de Jeanne Eugénie Rousseau. Il épouse à Saint-Paul-lès-Dax, le 6 juillet 1858, Françoise dite Francine Lamaison (Laurède 1829 - ?), nièce du Père Antoine Lamaison, supérieur du sanctuaire marial de Buglose près de Dax, et belle-sœur depuis 1854 du sculpteur bordelais Vincent Saint-Sébastien (1829-?).

Élève des sculpteurs nantais Suc et Grootaers, puis de Rude, Aristide Belloc fut d'abord actif dans sa ville natale, où il travailla pour le Théâtre, pour plusieurs églises et pour l’hôtel de Ville (tête colossale de Judith), œuvra ensuite à Bordeaux dans les années 1850 (deux Renommées tenant les armes de la ville au Grand-Théâtre), avant de s'installer à Perpignan (où il semble faire faillite en 1866-1867), à Angers (rue des Deux-Haies, où naît sa fille Eugénie Néméa en juin 1870), à Niort (avant 1877), enfin à Reims (50, rue du Faubourg de Laon), où il est signalé en 1885 (renseignements biographiques communiqués par l'abbé Dominique Bop, 2019). Il exposa à Toulouse en 1858 et à Bordeaux en 1859. Sur l'artiste, voir : Émile Maillard, L'art à Nantes au XIXe siècle (E. Monnier, 1888), et Pauline Carminati, "Enquête sur la vie et l’œuvre du sculpteur Aristide Belloc", Raffl & Cie [en ligne], 08/08/2017. URL : https://raffl.hypotheses.org/810 (consulté le 09/11/2017).


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sculpteur, attribution par analyse stylistique

Le château, en bordure de la zone de palus des rivages estuariens, est environné d'un parc et séparé de la route de Blaye à Saint-Ciers par un mur d'enclos. Le plan originel comprenait une aile du bâtiment ancien, prolongée par la chapelle raccordée en retour d'équerre au nouveau corps de logis, de plan rectangulaire et flanqué d'une tour polygonale à mâchicoulis sur l'angle sud-ouest. L'édifice est établi sur un sous-sol semi-enterré formant un niveau pour le service. Un avant-corps à l'est, à pignon découvert, est précédé d'un escalier droit donnant accès au rez-de-chaussée surélevé. Un escalier en vis hors-œuvre est aménagé dans une tourelle en encorbellement sur cul-de-lampe, dans l'angle formé avec le corps de logis au nord-est. Sur l'élévation opposée côté parc, un porche surélevé voûté d'ogives soutient un balcon à l'étage. Les travées irrégulières reflètent l'organisation intérieure. Des cordons soulignent les niveaux. Les fenêtres, croisées ou demi-croisées, sont à rouleau d'archivolte, en accolade à l'étage. Les lucarnes de l'étage de comble sont en pierre à croisée pendante et fronton-pignon, à l’exception de trois lucarnes à encadrement bois du côté parc. Le toit d'ardoises est à croupes et pignon découvert pour l'avant-corps ; les tours sont couvertes de flèches, l'une polygonale et l'autre conique.

A l'intérieur, le vestibule est voûté d'ogives. La distribution d'origine est connue par des documents : contrairement au parti habituel de ces demeures, les chambres sont situées au rez-de-chaussée surélevé. Un escalier en charpente assure la desserte de l'étage où se trouve la salle à manger, la bibliothèque, le petit et le grand salon, équipé d'une cheminée monumentale à façade de bois à décor Renaissance (éléments de remploi ?). Une pièce de la tour adjacente au salon est voûtée d'ogives. Les chambres des domestiques occupent les deux étages de combles.

Le parc arboré comporte une fontaine en pierre de taille, décorée de volutes, de pilastres et couronnée d'un fronton cintré. Un mur d'enclos longeant un chemin menant vers le marais, bordé de platanes, sépare le parc des dépendances agricoles au nord.

Murs calcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
Toit ardoise
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements voûte d'ogives
voûte en berceau
Couvertures toit à longs pans croupe
pignon découvert
flèche conique
flèche polygonale
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations armoiries, homme, femme, cheval, chèvre, singe, chouette, aigle, lion, chauve-souris, animal fantastique, griffon, oiseau, tête d'homme, tête de femme, pinacle, fleuron terme, colonne, corne d'abondance
Précision représentations

Le foisonnant décor sculpté est développé sur l'ensemble des élévations. Les angles de l'avant-corps sont décorés de pinacles et le pignon à crochets est fleuronné, de même que pour les lucarnes. De petits personnages, représentant semble-t-il des ouvriers maçons, sont accrochés aux parties saillantes des cordons. Les fenêtres de l'étage ont des appuis sculptés d'ornements végétaux, d'animaux et de personnages divers ; leur couvrement est en accolade à fleuron. Les lucarnes sont cantonnées de personnages et d'animaux réels ou fantastiques. Le blasonnement est généralisé sur les lucarnes et sur les clés de voûte : les principales armoiries sont celles des familles Lelièvre de La Grange et Nompar de Caumont. Les culots des voûtes sont sculptés de têtes humaines, de personnages et d'animaux.

Le poteau de l'escalier intérieur est sculpté de têtes d'hommes. La façade de la cheminée du grand salon à l'étage est sculptée d'un riche décor de termes, de colonnes torses, de chapiteaux corinthiens, de cornes d'abondance et d'armoiries.

Estuaire

TRAVEE non applicable
FORBAIE non applicable
POSRUE non applicable
POSPARC non applicable
POSTOPO palus
ORIENT sud-est
CLOT non applicable

Château néogothique précoce pour le Sud-Ouest, remarquable par l'originalité de sa distribution, par la qualité de son décor sculpté et du décor intérieur, en particulier de la cheminée du grand salon.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cheminée

Annexes

  • Note accompagnant "l'Ancien plan du château de La Grange [...]", 1847

    [Note non datée]

    "Les seuls changements opérés par le Mis de La Grange sont :

    - 1/ Sa nouvelle maison bâtie pour les prix facturés.

    - 2/ La distribution des cours [...] près du château et d'un chai de garde qui fermait le carré où est le massif du midi du château.

    - 4/ La substitution d'un jardin anglais relié au labyrinthe au potager qui bordait le fossé de séparation.

    - 5/ Le fossé élargi et transformé en canal dans lequel on a substitué deux ponts à chaque extrémité à celui qui se trouvait au milieu.

    - 6/ Les allées du labyrinthe élargies et limitées en nombre.

  • Château Lagrange dans l'édition de 1898 de Bordeaux et ses vins

    P. 610 :

    Le Château-la-Grange est situé au nord-ouest de la ville sur la route de Blaye à Saint-Ciers. Il présente deux corps de logis : l'un, appelé le Vieux-Château, est formé d'un petit rectangle remanié à plusieurs époques et dont la partie la plus ancienne est une tourelle portant la date 1641. A côté s'élève un pavillon de la même époque couvert de tuiles plates. A côté encore, M. le marquis de La Grange, sénateur et membre de l'Institut, grand officier de la Légion d'honneur, fit bâtir en 1856 un délicieux château dans le style du XVIe siècle. Il comprend un vaste corps de bâtiment flanqué d'une tour octogone à mâchicoulis et d'une petite tourelle. Les fenêtres sont à meneaux, le toit est conique.

    Le Vieux-Château a été prolongé par une chapelle sur les dessins de Lassue [sic], décorée de peintures et de verrières du meilleur goût. C'est là que reposent les restes du marquis et de la marquise de La Grange, née Caumont de la Force.

    Avant la Révolution, la maison noble de La Grange appartenait à la famille Deluc. Vers 1847, les Deluc la vendirent à M. le marquis de La Grange, heureux de trouver dans cette riche contrée un domaine portant son nom.

    Le propriétaire actuel, M. le marquis de Luppé, est son arrière-petit-neveu.

    Il a fait reconstituer en américains greffés son excellent 1er cru de côtes qui produit 40 à 50 tonneaux, et agrandir considérablement son vignoble de palus, à la veille de produire 200 tonneaux en moyenne. Ses vins, exposés pour la première fois à l'Exposition universelle de Bordeaux 1895, y ont obtenu la plus haute récompense décernée dans l'arrondissement de Blaye.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Courrier du maire de Blaye Victor de Beaupoil de Saint-Aulaire au marquis de La Grange à propos de l'acquisition du domaine de Lagrange, le 30 avril 1845. Archives privées de la famille de Luppé [photocopies].

    Collection particulière
  • Devis [?] de construction du château Lagrange, par Gustave Alaux, le 3 février 1855. Lieu de conservation du document original inconnu [photocopies].

    Collection particulière
  • État du Château de la Grange, le 5 novembre 1859. Lieu de conservation de l'original inconnu [document photocopié].

  • Déclaration des mutations suite au décès d’Édouard Lelièvre en 1876. Lieu de conservation du document original inconnu [photocopies, mention : Bureau de Blaye, volume 34].

  • Papiers personnels et de fonction d'Adélaïde-Edouard Lelièvre, marquis de La Grange (1814-1863).

    Archives nationales, Paris : 341 AP 27
  • Matrice cadastrale et états de sections, 1834-1973.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 58/8-18
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions, 1836-fin du 19e siècle.

    Archives municipales, Blaye : non coté.
Documents figurés
  • "Ancien plan du Château de La Grange et de ses dépendances en 1847 après l'avoir acheté de Mlles du Luc". Dessin non signé. Lieu de conservation du document original inconnu [photocopie].

    Collection particulière
  • "Plan général des bâtiments, des dépendances et des jardins du Domaine de La Grange". Dessin non signé, 1847. Lieu de conservation du document original inconnu [photocopie].

    Collection particulière
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    P. 333-334.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    P. 419-420.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    P. 562-563, 567.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    P. 610, 613.
  • COTTON DE BENNETOT Arlette. Petit dictionnaire des rues de Blaye. Bordeaux : Imprimerie Biscaye, 1983.

    P. 74-75.
  • FERET Edouard. Statistique générale du département de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1878.

    T. II, p. 358 et 415.
  • HAUSSMANN Georges Eugène. Mémoires. Nouvelle édition, Paris : Éd. du Seuil, 2000.

    P. 205-206.
  • RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Épisodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1855.

    P. 542-543.
Périodiques
  • COUTURA Johel. « Une source fondamentale pour l'étude de Blaye et du Vitrezais : le fonds La Force aux Archives Nationales (XIIIe-XXe s.) ». Les Cahiers du Vitrezay, 1982, n° 39.

    p. 15-84
  • DROUIN Jean-Claude. « Deux carrières politiques au XIXe siècle : Lagrange et Lamartine ». Les Cahiers du Vitrezay, 1991, n° 79.

  • DROUIN Jean-Claude. « Un grand notable dans le Blayais au XIXe siècle, le marquis de La Grange et ses alliances ». Les Cahiers du Vitrezay, 1999, n° 92.

  • DROUIN Jean-Claude. "Documents nouveaux sur le Marquis de Lagrange, Député et Sénateur". Les Cahiers du Vitrezais, 97, 2005, p. 77-82.

Liens web

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