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Château La Lagune

Dossier IA33007927 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Précision dénomination domaine viticole
Appellations La Lagune
Parties constituantes non étudiées parc, remise agricole, hangar agricole, portail, écurie, pigeonnier, logement d'ouvriers, jardin
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Ludon-Médoc
Lieu-dit : La Lagune
Adresse : 81 avenue de l' Europe
Cadastre : 1843 A2 561 , 562 ; 2013 BH 79
Précisions


Le lieu de la lagune est mentionné dès le 16e siècle comme un village de quelques maisons.

En 1627, le courtier Jean Dalies possède "maisons, grange, courtieux, jardin, terre et bois", le tout acquis de son beau-père le sieur Ayral qui aurait fait construire en 1567.

En 1698, un acte notarié nomme pour propriétaire le "Conseiller du roy et Controlleur des fortifications de Guienne" Jean Lavaud. En 1719, son fils Jean-François muni d'une charge de Trésorier de France, se marie à Marie Videau, fille d'un bourgeois bordelais, qui lui apporte une forte dot et le domaine du Poujeau à Moulis. Après la mort de son beau-père (1729), il entreprend la construction du domaine. Trois dates portées peuvent correspondre à la fin du chantier :

- 1730, sur l'arc du passage de l'aile est et sur la cheminée d'un des appartements de cette même aile ;

- 1734, sur l'arc du passage de l'aile ouest.

On peut supposer que la demeure est achevée entre ces deux dates.

Dans le grand salon, des toiles peintes ornent les dessus-de-porte, avec notamment la représentation de l'Architecture, d'après la décoration conçue par Carle Van Loo pour le Salon de Compagnie du château de Bellevue pour Madame de Pompadour en 1753 (le modèle a été diffusé à travers la gravure d'Etienne Fessard publiée en 1756).

Les plans figurant les lieux vers 1740 puis vers 1770 montrent la connexion entre la demeure et les jardins qui l'entourent. Dans l'axe de la façade sud et de la cour accessible par un portail, des parterres sont disposés symétriquement de part et d'autre d'une allée centrale ; à l'est se trouve un vaste verger, à l'ouest une "ormière". Côté nord, une allée est dessinée dans le même axe. Y est mentionnée une "plateforme" reliée à l'allée plantée d'arbres par un pont dormant (détruit dans les années 1950) qui enjambe un chemin.

En 1775, le neveu de Jean-François de Lavaud, Victor Rozier, reconnaît tenir le domaine, bien qu'il revende avec ses frères et sœurs l'année suivante à un conseiller et secrétaire du roi, Pierre Seguineau. La vente concerne d'autres domaines dont certains au Pian-Médoc, le tout pour 220 000 livres. En 1819, la succession des héritiers Seguineau est actée en faveur de Jacques-Louis-Joseph Malherbes puis le domaine de la Lagune passe dans les mains de la famille Piston.

En 1855, La Lagune figure parmi les 3e crus dans le classement des vins de Bordeaux ; le vignoble produit 50 tonneaux en 1868 et s'étend sur 50 hectares.

En 1886, la vente de La Lagune est réalisée au profit de deux négociants : Nicolas Sèze et Paul Clossmann. Sèze va s'occuper du domaine ludonais et agrandir le vignoble. La famille Sèze possède à la fin du 19e siècle plusieurs domaines dans la commune (Lafitte-Canteloup, Pères-Pomis d'Agassac).

Période(s) Principale : 2e quart 18e siècle
Dates 1730, porte la date
1734, porte la date

Le château est situé à l'écart du bourg au sud-ouest, entouré de son vignoble.

L'ensemble viticole est composé de la demeure et de ses dépendances attenantes organisées autour de deux cours ; un jardin clos, une allée et un parc forment les espaces d'agrément.

Le corps de logis, en rez-de-chaussée surélevé, est de plan allongé à double façade.

Côté cour (sud), un escalier en fer à cheval à garde-corps en fer est percé par une porte qui donne accès au soubassement. Ce dernier est occupé par un vestibule qui distribue les cuisines (cheminée, monte-plat) et un caveau. Au niveau supérieur, le perron précède la porte centrée, encadrée par quatre fenêtres de même gabarit. La porte est traitée en léger ressaut à bossage avec une agrafe moulurée interrompant l'arc segmentaire. Elle mène au vestibule voûté en arc déprimé. L'espace intérieur est séparé par un refend longitudinal séparant les pièces principales (au sud) des espaces communs (au nord).

Côté nord, une terrasse accessible par un degré de plusieurs marches avec palier présente un garde-corps à balustres et tables décoratives. Elle donne vers l'allée et les vignes ; l'évacuation des eaux se fait par deux conduits maçonnés en forme de fût de canon. Une pierre d'évier est encastrée à l'angle ouest de la terrasse. La façade compte 7 ouvertures, dont la porte centrée et encadrée de pilastres est traitée en bossage continu et en léger ressaut. L'ensemble est surmonté d'une corniche moulurée.

Le pignon ouest donne sur une extension qui forme une cour intérieure agrémentée d'un puits. La façade supérieure comporte plusieurs ouvertures dont 2 portes-fenêtres ; un pot à feu est semi-engagé dans la maçonnerie du pilastre de l'angle sud-ouest.

En retour d'équerre de la demeure, deux ailes de dépendances, avec comble à surcroît, encadrent la cour d'honneur. Au centre de chaque aile est ménagé un passage ouvert par des arcs portant les dates : 1730 et 1734. Chaque pignon possède un fronton chantourné et des pots à feu en amortissement ; sur l'un d'eux est sculpté un cadran solaire fleurdelisé. L'aile ouest donne sur un jardin clos et un hangar : à l'intérieur une cheminée d'appartement porte la date de 1730 ; l'aile est donne sur la cour des dépendances et abrite une partie du cuvier. Le passage de cette cour à la cour d'honneur se fait par un portail aux extrémités semi-circulaires. La porte à imposte marquée est surmontée d'une corniche à retour soulignant l'extrados de l'arc en anse de panier avec succession de moulures ; des chasses-roues protègent l'entrée de la grille en fer forgé.

La cour des dépendances, à l'ouest, distribue le cuvier-chai percé de ses baies de décharge, dans le prolongement ouest du logis ; un bâtiment en retour, aveugle, est interrompu par un fronton formant pignon avec porte et baie haute ; ces deux constructions sont reliées entre elles par un cordon mouluré continu. Enfin, un bâtiment avec ouvertures semi-circulaires (anciennes étables ?) vient fermer l'ensemble au sud.

Le jardin d'agrément est clos par un muret haut et une grille. Cette dernière est ouverte par deux portails principaux dans l'axe de la demeure ; un portail secondaire donne vers l'allée du parc à l'ouest.

Murs calcaire pierre de taille bossage
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé
Couvertures toit à longs pans croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations pilastre, agrafe, pot à feu, balustre, monogramme, fronton
Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 2011/10/28
Précisions sur la protection

Le château La Lagune, en totalité, ainsi que les communs, façades et toitures (à l'exception des bâtiments modernes), le jardin, les portails, les grilles et l'allée arrière.

Annexes

  • Vente du domaine de La Lagune du 3 août 1776

    Vente Rozier frères et sœurs / Seguineau

    3 aoust 1776

    Pardevant ledit conseiller du roy notaires à Bordeaux et soussignés. Furent présens sieur Ambroize Victor Rozier bourgeois de Bordeaux y demeurant rue Saint Martin faubourg et parroisse Saint Seurin.

    Dame Thérèze Rozier veuve de sieur Pierre de Kater écuyer citoyen, demeurant audict Bordeaux rue du Parlement parroisse Saint Mexent.

    Et dame Marie-Anne-Madeleine Rozier veuve de sieur Jean Roche aussi écuyer citoyen demeurant audit Bordeaux sur le port près la porte de Bourgogne paroisse Saint Michel. Lesdits sieur et dame Rozier frère et seurs lesquels ont par ces présents vendu, cédé, transporté à perpétuité et promis conjointement et solidairement les uns pour les autres un seul pour tout sans renonciation aux bénéfices desdites division, discusion et autres de droit qui leur ont été expliqués par ledit notaire. Garentir de toutes évictions, hypotéques, [fol. 1v] substitutions et de tous troubles arrerages, décen ? et devoirs seigneuriaux et de toutes impositions royales jusques à la présente année esclusivement en fin de tous empêchemens généralement quelconques.

    À messire Pierre Seguineau jeune[1], écuyer conseiller secrétaire du roy maison couronne de France et de ses finances, controleur en la chancellerie près la cour de Parlement de Bordeaux y demeurant en son hôtel sur les fossés du Chapeau Rouge parroisse Saint Rémy à ce présent pour luy et pour ses hoirs et ayans caus à l’avenir acquéreur stipulant et acceptant. SAVOIR

    En premier lieu le bien et domaine appelé de La Lagune situé dans la paroisse de Ludon en Médoc consistant en batimens, jardins, prés, terres labourables et vimières ou ozerayes, avec tous les fonds généralement quelconcques situés en ladite paroisse de Ludon dépendans dudit domaine de La [fol. 2] Lagune.

    En second lieu la maison noble appellée d’Andride et le fief appellé des Carmes l’un et l’autre pocédés en toute noblilité et relevant du roy ainsy qu’une grande partie des fonds, le tout situé dans la paroisse de Pian consistant en batimens, terres labourables, pacages, bois de haute futaye, bois taillis, pignadas et landes ensemble aussi tous les fonds généralement quelconques et en dépendant situés dans la paroisse du Pian au-delà de la Jalle.

    En troisième lieu le fief du lieu relevant de la maison noble du Luc et contigu audit domaine d’Andride même paroisse du Pian consistant en droits d’acapte, lods et ventes, cens, rentes et autres droits seigneuriaux étant compris en cette vente tous les droits généralement quelconques en dépendans et y attachés.

    Les biens ci-dessus désignés en premier, second et troisième lieu obtenus aux sieur et dames [fol. 2v] vendeurs de la succession de fue dame Anne Lavaud leur mère veuve de M. François Rozier décédée ab intestat. Depuis le décès de laquelle tous lesdits biens ont été jusqu’à ce jour jouis et possédé par indivis entre ledit sieur et dames vendeurs qui ont également jouis, possédé par indivis depuis qu’ils en sont propriétaires tous les autres fonds cy après désignés.

    En quatrième et dernier lieu tous les biens qui depuis le décès de ladite dame Lavaud ont été réunis aux susdits domaines par des acquisitions particulières faites conjointement par les sieur et dame vendeurs ou par quelqu’un d’eux séparément des autres et qui sont régis avec lesdits domaines et comme despendances d’iceux, en ce compris nommément un barrail de pred situé au grand pont paroisse de Ludon acquis dudit sieur Saubolle par ledit sieur Victor Rozier un seul par contrat du trente may mil sept cent soixante huict receu par Me [fol. 3] Peroa notaire à Ludon.

    Étant compris de plus en la présente vente les vaisseaux vinaires, bestiaux, outils aratoires, meubles meublans, ustenciles et effets mobiliers quelconques dépendans des domaines et qui sont dans la maison de La Lagune et dans les autres batimens compris en cette vente conformément à l’état détaillé qui m’a été remis par les parties d’accord, qui a été par elles signé certifié véritable signé en marge ne vassiter ? et à leur réquisition signé et paraphé par lesdits notaires et demeure annexé à ces présentes pour être expédié à suite d’icelles.

    Demeurant expressément exceptés de cette vente le domaine dit de Cap de Ramon et ses dépendances, le bourdieu d’Orange situé dans la palu de Gilet et les fonds acquis par ledit sieur Rozier situés dans la paroisse du Pian hors le domaine d’Andride en deçà et au nord de l’ancienne et de la nouvelle jalle lesquels objets appartiennent particulièrement audit sieur Victor Rozier ne forment point [fol. 3v] des dépendances des biens vendus et lui sont particulièrement réservés.

    Est encore exceptée de la vente et réservée aux vendeurs la recette en vins pendante par branches et racines sur lesdits biens vendus sur lesquels ils auront pour la percevoir et autant qu’il sera nécessaire seulement l’usage des vaisseaux vinaires compris en cette vente et durant ladite récolte ils ne tiendront neantmoins lesdits biens qu’à titre de précaire au profit et pour l’utilité dudit sieur acquéreur.

    Ont lesdits sieur et dame vendeurs vendu conjointement comme dit est et promis garantir sur lesdites solidarité et renonciations * à mondit sieur Seguineau et acceptans les fonds, sols, mitoyennetés, entrées, issues, passages, servitudes, droits honorifiques et autres noms, raisons et actions appartenances et dépendances généralement quelconques de tous lesdits biens, pour ceux qui leur sont obtenus de la succession de la dame leur mère tels et ainsi qu’il leur fust échus qu’elle les possédoit et étoit en droit de les posceder [fol. 4] tels et ainsy qu’elle en a joui et du jouir et tant pour ceux cy que pour les acquisitions postérieures comprises en cette vente, le tout tel que les vendeurs en jouissent et sont en droit d’en jouir tel que le tout se poursuit et comporte sous les légitimes limites de l’exportation des fonds que ledit sieur Seguineau a reconnu avoir vus, vérifiés, ragnés ? lesquelles il fest le maitre de constater et établir en présences obtenue ? desdits vendeurs par le verbal qu’il fest faire de sa prise de poscession. Dont et vu tout, lesdits sieur et dames vendeurs se sont pleinement démis, dévêtus et dessaisis en ont vêtu, saizi et mis en poscession verbale mondit sieur Seguineau acquereur concentant qu’en leur présence ou absence il en prenne queand bon lui semblera la possession réelle et personnelle aux fins par lui d’en uzer, faire et dispozer dès ce jour à son plaisir en pleine propriété et usufruit et comme de chere à lui propre et appartenante.

    Ledit sieur Seguineau en a reconnu que lesdits sieurs et dame vendeurs lui ont remis dans cet objet tous titres relatifs [fol. 4v] à la propriété desdits biens et droits dont décharge sauf du terrier du fief du Luc que les vendeurs s’obligent sous lesdites solidarité et renonciations de lui remettre à leur frais à sa première réquisition.

    Étant les biens compris en cette vente dans la censive et directité savoir le domaine de La Lagune de madame de Pommiers sur des prestations annuelles modiques eu égard à la concequence des objets, icelles désignées dans les exporles ou reconnoissances, remises entr’autres papiers audit sieur acquéreur sauf n’y ayant qu’environ un journal de terre labourable sujet envers ladite dame à l’agrière augmente des fruits.

    Partie des autres fonds de Mr. De Villeneufve aussi au devoir de certaines prestations annuelles en argent désignées par les reconnoissances qui sont dans les mains du sieur acquéreur.

    Autre partie, à concurrence de centeine rège de vignes, dudit sieur abbé Teyssier et capelain de la chapelle d’Artiguemale au devoir de l’agrière au quint des fruits et pour une pièce de terre labourable d’environ quatre journaux [fol. 4v] au même devoir de l’agrière au quint des fuits commué neantmoins pour ladite terre en une rente annuelle de dix huit livres.

    Autre partie du fief de Cazalet possédé par madame de Bacalan au devoir désigné par les reconnoissances qui sont aussi dans les mains dudit sieur acquéreur.

    Et les domaines d’Andride savoir les fonds nobles du roy et du seigneur de la maison noble du Luc et ceux en censive pour une petite partie de madame d’Alesme seigneure de la terre du Pian, le reste de madame de Pommiés le tout aux devoirs désignés aussi par les titres qui sont en mains de mondit sieur Seguineau.

    Lesdits biens vendus quittes et chargés comme dit a été de tous arréages de droits et devoirs seigneuriaux du passé jusques et compris l’année courante.

    Cette vente est ainsy faitte à la charge par le sieur acquéreur de payer désormais et à compter des échéances prochaines aux seigneurs susnommés les [fol. 5] cens, rentes, agrières et prestations susdites ensembles lods et ventes de sa présente acquisition.

    Cette vente est enfin faitte pour et moyennant le prix et somme de DEUX CENS VINGT MILLE LIVRES

    - Savoir le mobilier désigné audit état pour vingt mille livres cy 20 000 £

    - Les fonds relevant du roy pour trente deux mille livres 32 000 £

    - Ceux du fief de madame de Pommiers pour cent vingt mille livres 120 000 £

    - Ceux du fief de M. De Villeneufve pour trente un mille huit cens livres cy 31 800 £

    - Ceux du fief de M. Dulamon ? pour dix mille livres cy 10 000 £

    - Ceux du fief d’Artiguemale pour trois mille livres cy 3 000 £

    - Ceux du fief de madame de Bacalan pour deux mille livres cy 2 000 £

    - Et ceux du fief de madame D’Alesme pour douze cent livres cy 1 200 £

    [fol. 5v]

    Recevant tous les articles de cette ventilation à la somme susdite, première de deux cens mille livres, cette distinction ainsy faitte sans que les parties entendent opérer divizion des objets de cette acquisition lesquels sont vendus au contraire indirectement et vendant l’autre pour le susdit entier prix de deux cens vingt mille livres.

    Sur et en déduction duquel prix ledit sieur Seguineau jeune, acquéreur susdit a payé aux vendeurs la somme de cent mille livres en deux billets faits à son ordre le vingt du présent mois par le sieur Seguineau aîné payables tous les deux partout décembre prochain valeur exprimée en l’une et l’autre recue en compte. L’un desdits billets de la somme de vingt neuf mille livres fezant ensemble celle susdite de cent mille livres ; lesquels billets ont été endossés par ledit sieur acquéreur à l’ordre dudit sieur Victor Rozier qui est a la prière des dames ses seurs qui lui endonnent pouvoir, en fera le recouvrement dans l’interest commun pour en compter à l’échéance, et lesdits billets acquittés lesdits sieurs et dame vendeurs conjointement et solidairement sur les renonciations [fol. 6v] susdites tiennent d’autant quitte ledit sieur acquéreur sur le prix de cette acquisition le déchargeant des [deux lignes barrées].

    Et mondit sieur Seguineau a promis et s’engage de leur payer la somme de cent vingt mille livres formant le reste du prix de sa présente acquisition savoir quarante neuf mille livres dans deux ans et soixante onze mille livres dans trois ans les tous prochains à compter du premier janvier prochain dans l’intérêt au denier vingt à compter de ladite époque seulement payable moitié chaque demy année sans préjudice audit sieur Seguineau de la faculté qu’il se réserve de se libérer avant ledit terme pour ce que le moindre payement ne soit pas au-dessous de vingt mille livres auquel cas l’intérêt diminuera à proportion des payements : ledit sieur Seguineau demeurant au surplus déchargé dudit intérêt dudit entier prix de vente jusqu’audit jour premier janvier prochain.

    Convaincu ? le tout a été stipulé sous obligation et hypothèque de tous les biens présens et à venir des parties ceux des vendeur solidairement pris comme dit a été et seulement sans préjudice de la généralité et hypothèque du privilège du vendeur sur les biens vendus jusqu’au parfait payement du prix des présentes le tout promis à justice. Fait et passé à Bordeaux dans la demeure susdésignée de madame de Kater l’an mil sept cent soixante seize le trente aout de relevé et on signé.

    * sans autre exception ni réserve que celles susdites

    ** les a pris et ven_ retirés à la vüe des notaires et lequel rayé sur ces présentes dix hui mots nuls et ce procurant les mots par indivis, changés.

    V Rozier veuve de Kater V. R. Rozier veuve Roche

    V : Rozier Seguineau jeune

    État des meubles et effets de la maison de La Lagune paroisse de Ludon en Médoc

    - Onze lits de maître garnis de leur mattelas, traversin, couverte de laine, courte pointe, housse en bon état, excepté un seul lit dont la housse est usée.

    - Un petit lit à quenouilles garni de mattelas, coitte, traversin, couverte, coutre pointe, housse d’indienne.

    - Un canapé garni d’un mattelats, coissin, courte pointe.

    - Trois lits pour les domestiques garnis chaqu’uns de coette, mattelat, traversin, couverte de laine, housse de cadier jaune.

    - Sept couchettes, deux desquelles sont avec coitte en mattelats et les autres avec mattelats et couverte.

    - Deux sophas.

    - Deux grands miroirs avec leur cadres et chapitaux dorés.

    - Deux commodes ou bureaux avec leur dessus de marbre dont l’un est cassé.

    - Deux grandes tables de marbre avec leurs pieds de biche en bois de chesne sculptés.

    - Un buffet à quatre portes.

    - Une fontaine avec sa cuvette en pierre.

    - Trois grilles ou foyers avec leurs pels et pincettes.

    - Deux paires de chenets.

    - Trente quatre cheses de paille, la plupart de cerisier.

    - Douse fauteuils de bois de noyers garnis de leur couverture antiques.

    - Une tenture en cuir.

    - Deux tentures de Vergame

    - Trois armoires, l’une en bois de chesne / noyer ou cerisier.

    - Cinq tables à manger dont 3 d’Hollande pliants peintes.

    - Deux barriques de vin vieux 1ère qualité.

    - La pendule avec sa boette qui est sur l’escalier [manque] est en bon état garnie d’un velours d’Utrech jaune.

    [fol. 1v]

    LINGE

    - Quarante linseuls fins de maître

    - Trente linseuls bons et usés pour les valets

    - Vingt linseuls de toile de maison bons et usées

    - Treize napes fines

    - Neuf napes de terlis[2]

    - Dix douzaines serviettes fines

    - Une douzaine usées

    - Six douzaines communes pour la cuisine

    - Quatorze serviettes à caffé

    - Deux douzaines torchons

    - Douze napes pour la cuisine

    - Seize sacs bons et usés

    CUISINE

    Un vaisselier de bois de sapin à deux portes garni de

    - Seize plats grand et petits

    - Seize assiettes

    - Deux secoupes

    - Un saladier

    - Un sucrier

    - Une écuelle

    - Deux polettes[3]

    - Deux cassettes de 6

    - Deux chandeliers

    Le tout d’étain

    - Trois chaudières

    - Un grand poelon à pied

    - Deux petits à queue

    - Deux casseroles

    - Deux tourtiers avec leur couverts

    - Une marmitte

    - Un chauffe-lit

    Le tout de cuivre rouge

    - Quatre petits poelons à queue

    - Deux cuillères à pot

    - Un friquet

    - Une platine

    - Un hôpital

    - Deux chandeliers et mouchetes

    Cuivre jaune

    La fayance qui est dans la cuisine et dans le buffet

    [fol. 2]

    SUITTE DE LA CUISINE

    - Deux poeles à frire

    - un Rachaud

    - Un flamboir

    - Cinq couvres plats

    - Cinq fers à lisser avec la grille pour les portes

    - Un tournebroche de fer

    - Trois broches de fer dont 1 petite pour le gibier

    - Deux gros chenets de fer avec la barre pour le foyer

    - Une paire de pincettes à pelé de cuisine

    - Deux trépied de fer

    - Une cramaillère

    - Une cassotte[4] de fer

    - Un grand et petit couteau pour hacher les viandes

    - Un pot de fer. Nota : il y en a 2 autres qui appartiennent à l’homme d’affaires

    - Un mortier de marbre

    - Deux poid à pezer apelées « rouraines ».

    - Deux chandeliers de fer blanc

    - Un moulin à caffé

    - Un banc pour mettre le sel

    - Un soufflet

    - Deux gros robinets pour les cuves

    - Un pour le tirage du vin, 2 petits pour les bariques

    - Une tarière, deux loces[5] pour pezer les cuves et bariques

    - Une haie de tonnelier, deux barrasty ou corbeilles

    - Une grand bugeoir[6] en pierre pour la lessive

    - Un moulin à passer la farine

    CUVIER

    - Neuf cuves écoulant environ 80 tonaux

    - Deux grands pressoirs

    - Trois mets

    - Quatorze douiles de charge

    - Deux gargouilles

    - Trois comportes

    - Quatre antonnoirs, une ouillette

    - Deux cannes et 1 demy canne ferrées

    - Un seceau à puiser l’eau ferré

    - Vingt quatre bastes ?

    [fol. 2v]

    - Deux grands degrés de bois portatifs servant à monter la vendange dans les cuves

    - Une grande dale en planche servant à ôter la rape des cuves.

    - Trois douzaines barriques neuves faites la présente année.

    - Une grande barre de fer pour planter la vigne

    - Un couteau pour couper la paille

    - Autre pour couper le brin pour litière

    BÉTAIL

    - Six gros bœufs

    - Dix neuf vaches ou veaux dont la moitié appartient en propre à Jean Goudat qui en a la garde.

    - Quatre vingts dix brebis y compris le bélier et un chevrau dont la moitié apartient aussi audit Jean Goudat qui en a la garde

    - Cent brebis entre les mains de Guilhaume Lavergne fermier d’Andride qu’il doit remettre à la fin de son bail

    - Deux chevaux avec ses harnois qui servent pour les valets

    CHARETTES et outils arratoires

    - Trois charettes avec leur roües ferrées et leur ramches[7] cable le tout en bon état

    - Deux tomberaux avec leurs roües ferrés viés

    - Sept courbes cabats ou araires pour le labourage garnies de leurs baumes, coutrilles, coutre et même pour rechange. NOTA Il y en a 9 mais on n’en porte dans le présent état que 7. Ledit sieur Rozier sens s’en réservant 2 dans le cas qu’il en aie besoin par la suitte, ainsy convenu avec monsieur Seguineau. Pareillement réservé audit sieur Rozier tous les bois qui sont dans l’eau dans le fossé au levant de la charmille qu’il a achettées pour sa bâtisse qu’il fait faire à la palu.

    SUITTE DES OUTILS ARATOIRES

    - Deux herses garnies de leur pointes de fer

    - Une hace

    - Deux coutaux à 2 manches

    - Une hache

    - Quatre fourches

    - Trois tradeurs[8]

    - Huit jougs dont 5 garnis de leurs jailles ? grognons ?

    - Une picque

    - Un ratteau

    - Trois bouts à vents

    - Un bedouts ?

    - Une ferrée

    - Une pele de fer

    - Trois traines

    Tous ces outils sont entre les mains de Jean Blandin, maître bourrier.

    OUTILS pour le jardin qui sont entre les maine de Pouyereau, jardinier.

    - Deux paires de cizeaux à tondre les hays

    - Un volant

    - Un coqu

    - Quatre arozoirs

    - Trois sarcles

    - Une picque

    - Deux volettes

    - Un grand ratissoir à charrüe

    - Une grande serpe

    - Un banc ou échelle montée sur 4 roües pour tailler la charmille

    - Une brouette

    - Une galere

    - Trois échelles à main

    - Trente six ou 40 pieds d’oranger avec leur caisse

    - Deux cents cinquante bouteilles

    - Quatre vingts onze milier de carasson

    - Trois tonnaux gros bois à brûler

    - Deux cents cinquante feyssonnates

    - Le bled qui est dans le grenier et à Andride

    - Les foins récoltés qui sont dans la grange

    - Le paillé _

    - Deux milliers de merrain[9] garnis de la foucaille ? déposé dans la boutique du tonnelier

    [fol. 3]

    OUTILS qui sont entre les mains de Jean Hiard, garde à Andride

    - Un ratissoir

    - Un ratteau

    - Une pele de fer

    - Une serpe

    - Un hachot

    - Trois picques à déffricher

    - Deux ferrées

    DANS les mains du fermier à Andride

    Une charrette avec ses roues ferrées ranches cable et une courbe garnie, estimée dans l’état ou le tout étoit quand on le lui a remis à la somme de quatre vints dix livres. Finallement tous les fermiers qui sont tant dans la maison de La Lagune qu’au parc de brebis tenu par Jean Goudat et les vingts charettées qu’est tenu de donner chaque année le fermier d’Andride, le tout ne formant pas moins de trois cents charettées.

    Tous lesquels meubles et effets ennoncéz ez autres partis évalués à la somme de vingts mille livres qui seront compris dans la dite vente pour laditte somme, à Bordeaux le 28e aoust 1776.

    V. Rozier. Fesant tant pour moi que pour mesdames veuve De

    Katter et veuve Roche mes sœurs.

    Consigné ? à Bordeaux le 31 août 1776 fol. 143v

    Cens quatorze sols. Dambrun

    [1]

    Fils de Vincent Seguineau et Françoise Guinard, marié avec Catherine Bernard. Teste le 18 mai 1789 devant Michel Barberet (3 E 20548-20630). En 1783, il est dit seigneur du fief des Carmes au Pian (3 E 21718 2 février).

    [2]

    Ou teilliz, en toile (Atilf).

    [3]

    Sorte d’enclume (Atilf).

    [4]

    « Boîte, coffret » (Atilf).

    [5]

    Mot inconnu que l’on peut comprendre par bascule.

    [6]

    Ou bachoir : « petit bac » (Atilf).

    [7]

    Ou ranche : étai (surtout pour supporter la ridelle d'une charrette) (Atilf).

    [8]

    Terme inconnu.

    [9]

    Bois débité en planches pour la tonnellerie (Atilf).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Vente du château de La Lagune et des maisons nobles d'Andride et du Luc au Pian-Médoc, 3 août 1776.

    Archives départementales de la Gironde : 3 E 24065
  • Plan cadastral napoléonien de Ludon levé en 1843.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 256
Documents figurés
  • Plan n°22 comprenant les tenures à l'ouest du bourg de Ludon, dont le bourdieu de La Lagune, vers 1770.

    Archives départementales de la Gironde : 2 Fi 490
  • Carte de Belleyme, planche n°20, levée entre 1762-1778.

Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 101
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 130
  • DUCHESNE Paul. La chronique de Ludon-en-Médoc. Bordeaux : Rousseau frères, 1960.

    p. 103
  • Dossier de classement Monuments Historiques du Château La Lagune. Documentation, photographies et relevés, 2011.

    DRAC Aquitaine, Bordeaux
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian