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Château La Hourringue

Dossier IA33007727 réalisé en 2014

Fiche

  • Façade principale (est).
    Façade principale (est).
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • chai
    • cuvage
    • remise agricole
    • pilier
    • portail
    • bûcher
    • logement

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, remise agricole, pilier, portail, bûcher, logement
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Macau
Lieu-dit : La Hourringue
Adresse : 19 chemin de Canteloup
Cadastre : 1810 D2 285-286 ; 1843 C4 644-645 ; 2013 C 788
Précisions


Le lieu de La Hourringue apparaît sur les cartes du 18e siècle (Cours de la Garonne de 1759, Belleyme de 1773). De cette époque, quelques bâtiments agricoles ont conservé des ouvertures en arc segmentaire.

En 1810, le premier plan cadastral indique un logis de plan rectangulaire, et à distance, au sud, les bâtiments d'exploitation organisés autour d'une cour.

En 1843, le second plan cadastral indique quelques modifications des bâtiments agricoles (extension est), voire du logis. Les alentours sont soignés : des jardins d'agréments, un vivier ainsi que des allées de catalpas sont mentionnés dans les états de section. Un notable bordelais, Paul-Victorin Dutau, en est le propriétaire. Ce dernier, puis ses héritiers Burke, le conservent jusqu'en 1870.

En 1874, le riche et célèbre propriétaire du Café Riche à Paris, Louis Bignon, reprend le domaine. Il fait construire une nouvelle demeure en 1876 (registre des augmentations/diminutions). Fort de ses récompenses gastronomiques, il cumule les lauriers agricoles pour ses innovations viticoles, notamment dans la lutte contre le phylloxera. En 1886, le domaine est illustré dans l'édition de l'ouvrage de Cocks et Féret. La tour, autrefois couverte en ardoise, a peut-être été ajoutée dans un second temps, avant 1886. En 1878, le journaliste Bertall témoigne des innovations engagées sur le domaine, notamment en matière d'élevage.

Les cartes postales du début du 20e siècle montrent le logis avec un bâtiment en rez-de-chaussée accolé à la tour au nord. Ce dernier a disparu au cours du siècle dernier.

Le chai et le cuvier ont subi des restaurations au cours des années 2000 : les encadrements des baies de décharge qui alternaient brique et pierre ont été refaits en pierre de taille seule. L'activité viticole est aujourd'hui séparée de l'habitation.

Période(s) Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1876, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Bignon Louis,
Louis Bignon

Restaurateur, propriétaire du café Riche à Paris.


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personnage célèbre, attribution par source, attribution par travaux historiques

La demeure se situe à l'ouest de la commune, entourée de vignes et de landes.

L'ensemble se compose d'une partie habitation au nord et de bâtiments agricoles au sud.

À l'est, une longue allée donne accès à la cour agricole et au logis, avec deux piliers à corniche denticulée.

Le logis est un bâtiment rectangulaire percé de six travées sur sa façade est ; des pilastres à chaîne harpée encadrent chaque angle, les fenêtres du 1er étage sont surmontées d'un larmier puis d'une corniche moulurée et d'une balustrade couronnant l'ensemble.

Sur le pignon sud, la porte d'entrée est dotée d'un porche constitué de deux colonnes à chapiteaux corinthiens supportant un balcon à balustres. Un oculus éclaire le niveau de comble.

Au nord est accolée une tour semi-circulaire surmontée d'une terrasse à balustrade, offrant un belvédère et un panorama sur le domaine environnant.

Au sud, les bâtiments agricoles s'organisent autour de deux cours :

- La cour est, composée des anciens logements d'ouvriers en rez-de-chaussée encadrés de deux logements à étage destinés probablement au régisseur ou à l'homme d'affaires du domaine ; au sud se trouvent le cuvier avec ses 4 baies de décharge et deux (?) chais orientés est/ouest ; à l'ouest, l'écurie donne également sur la cour ouest.

- La cour ouest regroupe l'écurie, les hangars agricoles et remise à foin, un bûcher (à l'est).

Murs calcaire pierre de taille enduit
moellon
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
terrasse
Techniques sculpture
Représentations denticule, acanthe, ove, pilastre
Précision représentations

Décor des chapiteaux des colonnes soutenant le porche formant balcon.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de La vigne, voyage autour des vins de France par Bertall, 1878

    En une heure, un coupé, par un rapide et vigoureux cheval anglais, nous conduit, à travers de jolies routes soignées comme celles d'un parc, jalonnées à chaque détour du chemin par des constructions vinicoles et des châteaux coquets et renommés à différents degrés pour leurs produits, vers une croupe de terrain qui domine un charmant paysage, couronné de bois, la commune de Macau faisant perspective vers le fond, sur le chemin de fer dont les trains fument à l'horizon.

    - Regardez, nous dit-il.

    De nombreux ouvriers creusaient la terre et traçaient, sur une assez longue étendue, une ligne de circonvallation. Les déblais s'accumulaient sur les flancs du coteau, les brouettes circulaient, les pioches s'abattaient sans relâche, et, sur le sommet, un homme, à l'allure réfléchie, donnait les ordres et commandait le mouvement à la troupe.

    - Ah ça, ce bon pays serait-il menacé ? Où est l'ennemi ? Pourquoi donc ce fort ou cette redoute ? Pourquoi cet ingénieur et ces ouvriers ?

    - Non, non, répondit M. Roy, ce pays n'est plus menacé, il n'a plus que des amis. Les Anglais, qui le tenaient jadis, ont cessé d'y penser autrement que pour en savourer chez eux les produits.

    Ceci n'est pas une forteresse ; cet ingénieur n'est pas un soldat. Ces ouvriers sont des viticulteurs, et celui que vous supposiez un officier est tout simplement un bon bourgeois ; regardez-le plus attentivement : c'est une figure connue de tous, vous le reconnaîtrez.

    - Le fait est qu'il ressemble prodigieusement à Bignon.

    - Cela ne doit pas vous étonner ; c'est Bignon lui-même.

    Et, laissez-moi vous le dire, ce Bignon est un type.

    Un type de travail, de volonté, de persévérance, et par conséquent de succès.

    Vous l'avez vu à Paris, la serviette de commandement à la main, guidant des bataillons de garçons au tablier blanc, prenant soin des myriades de consommateurs établis autour de ce qu'il y a de plus recherché et de meilleur dans le monde, parmi ce qui se boit ou ce qui se mange.

    C'est là le café Riche, où se donnent rendez-vous tous ceux qui sont friands de Paris et y accourent de tous les coins connus et inconnus.

    Mais il n'y a là qu'une partie de cet homme ; le reste, le principal, est autre part et souvent ici, comme vous le voyez.

    Ce ne sont plus des garçons de restaurant, ce sont des vignerons et des viticulteurs qu'il mène au doigt et à l’œil, comme autre part, dans une autre propriété qu'il possède à Theneuil, en Bourbonnais, il conduit haut la main une armée de bouviers, de laboureurs et de cultivateurs de toute sorte.

    [...]

    - Chut ! celui-là semble jusqu'ici craindre et ne pas oser venir nous attaquer [le phylloxéra] ; mais ce n'est pas de lui dont il est question ici. Ce que fait Bignon, le voici :

    [...] Un beau jour, nous l'avons vu débarquer ici ; il venait d'acheter cette terre que vous voyez, la terre de Lahouringue.

    Ce que M. Bignon avait tenté, ce qui lui avait si bien réussi en Bourbonnais, il a voulu venir le tenter aujourd'hui en Médoc et y réussir. Nous le regardons avec un vif intérêt exécuter son travail et dépenser son argent, nous proposant tout naturellement de l'imiter, comme ont fait ses voisins en Bourbonnais, s'il réussit, et cela est probable, car tout ce qu'il a entrepris jusqu'ici est actuellement en plein succès.

    Du reste, il ne fait pas de mystère de son travail : il pense que tout progrès doit profiter à la masse, et que chacun se doit à tous.

    Ainsi qu'il avait opéré dans l'Allier, il a commencé par étudier son terrain et celui des environs, sur lesquels mûrissent les crus les plus renommés. Voici, pour cela, comment il s'y prend. Un tube de verre puissant et d'une longueur calculée est enfoncé de force, perpendiculairement dans le terrain que l'on veut étudier.

    Ce tube recueille, naturellement et dans leur ordre, les différentes couches que composent le sol, et en montre facilement la nature, grâce à la transparence de la paroi.

    Il est facile dès lors, non-seulement de se rendre compte des dispositions des couches, mais encore de leur constitution chimique et de celle de ces couches ensemble. L'observation et l'analyse, faites avec soin, donnent des formules des plus intéressantes, et fournissent des éléments de comparaison qui doivent guider à coup sûr l'investigateur.

    Ces diverses études ayant été faites dans les différents terrains renommés, tels que Château-Laffitte, Mouton, Château-Margaux, Latour, Léoville, etc., etc., puis rapprochées de celles faites aux terrains de Lahouringue, qui sont ceux de M. Bignon, il s'est dit : "La composition chimique du terrain est le seul mobile qu'il agisse pour établir les différences et supériorités si remarquables de produits, puisque, à des distances rapprochées, comme celles que l'on observe dans ce petit coin rare du Médoc, où l'exposition est la même, le soleil est exactement pareil, et il n'y a pas de différence appréciable dans la température, qui se conduit dans ces parages d'une manière tout à fait identique. Il faut donc constituer un terrain nouveau qui réunisse, autant que possible, les éléments chimiques de nature à le rapprocher des terrains supérieurs, sur lesquels la vigne donne les produits de premier ordre."

    C'est dans ce but et à l'aide de ces études que le propriétaire de Lahouringue est arrivé à combiner un compost particulier, destiné à compléter les éléments insuffisants du terrain et à y introduire ceux qui lui manquent.

    [...]

    Maintenant que nous avons vu M. Bignon maître de cette armée énergique, de son compost, destiné à fournir au terrain ce qui lui manque, voyons un peu ce qu'il fait.

    Tout d'abord, il a respecté pieusement comme objets d'art, et avec soin pour ainsi dire filial, les vieux ceps qui ont fait la réputation réelle du vignoble ; il s'est contenté de les dégager de tout ce qui pouvait leur nuire, et les nourrit uniquement avec son compost ;

    À côté de ces vétérans de la propriété, il fait de nouvelles recrues ; c'est pour cela que ce bataillon de travailleurs creuse sous ses ordres ces lignes de circonvallation.

    Les meilleurs croupes de la propriété sont ainsi défrichées, et défrichées à une profondeur raisonnée, jusque près du manteau de graviers sablonneux reposant sur les argiles pierreuses des calcaires, qui caractérisent les compositions des terrains les meilleurs du Médoc.

    Sous ce sol végétal actuel, on a établi un véritable sous-sol, en rapportant une couche de 25 à 30 centimètres, uniquement composée de terre neuve fournie par les bois des environs et les détritus végétaux.

    Le sol une fois nettoyé, approprié et constitué en vue de la vigne, on s'occupe de le planter en cépages distingués, choisis parmi les espèces qui produisent les vins fins et appropriés à la nature du terrain, et dans les proportions nécessaires à produire un ensemble supérieur.

    Ces proportions sont étudiées avec soin, d'après celles qui sont en usage dans les plus grands et les plus renommés vignobles, afin de fournir à l'ensemble le bouquet, la finesse, le corps et la couleur, signes distinctifs des vins rares.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrices cadastrales : Augmentations et diminutions, 1853-1890.

    Archives départementales de la Gironde : 3P
Documents figurés
  • Carte de l’embouchure de la Garonne jusqu’au bec d’Embesse. Dessin, encre et aquarelle, par Desmarais, 1759.

    Archives nationales, Paris : F 14 10059/1/
Bibliographie
  • BERTALL Charles-Albert d'Arnould, connu sous le nom de. La Vigne, voyage autour des vins de France, étude physiologique, anecdotique, historique, humoristique et même scientifique. Paris : E. Plon, 1878.

    p. 309-315
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 128
  • SAINTE-FOIX Olivier-Claude-Augustin (comte de). Rapport sur l'exposition internationale industrielle d'Amsterdam en 1883. Paris : Imp. nationale, 1885.

    p. 135
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