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Château La Cave-Monteil

Dossier IA33004597 réalisé en 2013

Fiche

Genre de maître
Appellations Château La Cave-Monteil
Parties constituantes non étudiées chai, remise, chenil, parc, portail
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Blaye
Lieu-dit : Adresse : 27, 29 rue André-Lafon
Cadastre : 1832 B1 312, 313 ; 2017 AR 181

Le plan cadastral de 1832 montre une grande propriété située en périphérie de la ville, le long de l'un des principaux axes dans un secteur encore rural, composée de vignes et de "joualles", d'un jardin et de 2 bâtiments alignés sur la voirie. Selon la matrice, l'ensemble appartient à cette époque à Jean-Baptiste Peychaud.

Le bien passe probablement dans les années 1840 à la famille Vinaud : le registre des augmentations et diminutions signale la reconstruction de la maison pour Léonard Vinaud en 1844. Une démolition partielle intervient sur les anciens bâtiments en 1854, ainsi qu'une nouvelle construction la même année pour Joseph Vinaud, connu à cette époque comme propriétaire et entrepreneur de travaux publics. Ce chantier, vraisemblablement réalisé par Joseph Vinaud lui-même, correspond sans doute à la construction de la demeure, ainsi que le suggère le monogramme JV en façade. Par ailleurs, la date 1856 est graffitée sur le linteau d'une fenêtre des dépendances agricoles.

La propriété semble acquise vers 1860 par le magistrat Joseph-Marcel Daudin-Clavaud, juge au tribunal civil de Blaye, puisqu'une augmentation de construction est enregistrée à ce nom en 1862. Devenu président du tribunal civil de Blaye en 1868, il est également à la tête du domaine viticole dit de La Cave, produisant de 15 à 25 tonneaux d'un cru référencé dans le Cocks et Féret parmi les 2e bourgeois et 1er artisan. C'est pour lui qu'est construit le bâtiment abritant buanderie, serre et logement du régisseur, daté de 1875 par une plaque apposée sur la façade ; le chenil voisin semble dater de la même époque. Le style de ces bâtiments, les effets de polychromie en particulier, inciteraient à attribuer ces réalisations à l'architecte blayais Aurélien Nadaud.

Après la crise du phylloxéra et la mort de Joseph-Marcel Daudin-Clavaud en 1886, le vignoble de 8 hectares est reconstitué en plans américains. Le domaine, maintenu dans la famille Daudin-Clavaud, apparaît désormais sous le nom de Château La Cave-Monteil et produit une trentaine de tonneaux (la famille détient par ailleurs à la même époque le domaine de Rivereau à Pugnac, celui des Possessions à Braud, et le vignoble de Nadau à Civrac). La production n'est plus que de 25 tonneaux en 1922, puis décline avec l'arrachage de la majeure partie des vignes dans l'entre-deux-guerres, pour laisser place dans les années 1950 au premier lotissement de la ville.

La demeure a servi de décor au tournage de l'adaptation cinématographique du roman de Marguerite Duras Modérato Cantabile en 1960.

Période(s) Secondaire : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1875, porte la date
Auteur(s) Auteur : Vinaud Joseph,
Joseph Vinaud

Mentionné comme propriétaire et entrepreneur de travaux publics à Blaye (Gironde) en 1852, puis comme propriétaire, ancien entrepreneur de travaux publics en 1859.


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entrepreneur, auteur commanditaire, attribution par travaux historiques

La propriété, située sur le versant sud d'un coteau descendant vers le ruisseau de la Cave, à la jonction de la vieille ville et des secteurs de lotissements du Monteil, est composée de plusieurs bâtiments disséminés dans un parc. La clôture est assurée par une grille côté rue, ouverte par un portail central entre des piliers en pierre de taille et par deux portillons latéraux. La cour d'honneur, dont le milieu est occupé par un parterre de gazon, est délimitée à l'est par l'aile des dépendances agricoles. Un escalier extérieur droit permet d'accéder à une terrasse haute, placée au-devant de la demeure en position dominante et flanquée à sa droite par des communs.

Le corps de logis d'un étage, double en profondeur, comporte une façade en pierre de taille de 5 travées particulièrement soignée : l'élévation est rythmée verticalement de chaînes à bossage et soulignée horizontalement par divers cordons et par l'entablement. Toutes les ouvertures, inscrites dans un arc déprimé, sont à chambranle et plate-bande à soffite surélevé adouci de cavets, agrémentées d'un riche décor sculpté. Les autres élévations sont simplement enduites. Leurs ouvertures sont rectangulaires à arêtes vives, des jours en losange assurent l'aération du surcroît. Une corniche couronne chacune des élévations, la toiture à croupes est masquée en façade par un attique. A l'intérieur, un large couloir central dessert les pièces de part et d'autre.

L'aile de dépendances, en moellon enduit, est composée de 3 bâtiments juxtaposés d'un étage mais de différentes hauteurs de toiture, comprenant remise, chai et cuvier. Une petite étable, isolée, est établie à mi-pente entre la cour d'honneur et la terrasse. Ses ouvertures harpées sont en arc segmentaire. Le bâtiment des communs, en soubassement, abrite serre, buanderie et logement du régisseur à l'étage. Sa façade sous pignon est en briques industrielles et bicolores. Le chenil voisin présente également des effets de polychromie par son enduit d'imitation de la brique.

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
brique
Toit tuile creuse, tuile mécanique
Étages 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
pignon couvert
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Jardins parterre de gazon
Techniques sculpture
Représentations tête de femme, ornement végétal, coquille, corne d'abondance, fruit, raisin, rinceau, cuir découpé, monogramme
Précision représentations

Seule la façade a bénéficié d'un décor abondant. La porte d'entrée est surmontée par un cuir découpé avec monogramme, encadré de cornes d'abondances d'où sortent fruits et rinceaux de vignes chargés de raisins. Les dessus de fenêtre du rez-de-chaussée sont sculptés d'une tête de femme rayonnante, ceux de l'étage d'ornements végétaux variés.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Extraits de différentes éditions du Cocks et Féret concernant le Château La Cave-Monteil

    - 1868 : A la Cave (Claveau) : cru 2e bourgeois et 1er artisan, 15 à 25 t.

    - 1874 : A la Cave (Claveau) : cru 2e bourgeois et 1er artisan, 20 t.

    - 1893 : Ch.-La Cave-Monteil (Daudin-Clavaud) : 35 t. [illustration] "Le domaine de La Cave-Monteil comprend 8 hectares consacrés à la vigne. Il est situé sur des coteaux argilo-calcaires exposés au midi, sur une pente qui descend du Monteil à la Cave. Il est reconstitué en américains greffés depuis quelques années, et les vins de ce cru, cotés, sont comme un des 1ers bourgeois du Blayais."

    - 1898 : Ch.-La Cave-Monteil (Daudin-Clavaud) : 30 t. "[... le domaine] a été un des premiers reconstitués en américains greffés de nos meilleurs cépages, aussi les vins sont cotés comme des meilleurs 1ers bourgeois du Blayais."

    - 1922 : Ch.-La Cave-Monteil (Daudin-Clavaud) : 25 t. [ni illustration, ni commentaire].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Matrice cadastrale et états de sections, 1834-1973.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 58/8-18
  • Matrice cadastrale, registre des augmentations et diminutions, 1836-fin du 19e siècle.

    Archives municipales, Blaye : non coté.
  • Dossier d'attribution de la Légion d'honneur à Joseph-Marcel Daudin-Clavaud, 1877-1886 [dossier en ligne dans la base de données LEONORE].

    Archives nationales, Paris : LH/666/83
Bibliographie
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    P. 334.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    P. 420.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    P. 564-565.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    P. 611.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    P. 846.
Périodiques
  • L´ESPERANCE. Journal de l´arrondissement de Blaye, littérature, beaux-arts, commerce, agriculture et annonces, 1836-1904.

    [exemplaires en ligne sur le site Gallica.fr : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32768861f]

    6 juin 1852, p. 2 ; 8 mai 1859 ; 13 novembre 1859, p. 4.

Liens web

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