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Château Haut Barrail

Dossier IA33004160 inclus dans Village de Bégadan réalisé en 2013

Fiche

Précision dénomination château viticole
Appellations château du Barrail, château Haut-Barrail
Parties constituantes non étudiées resserre, chai, puits, cuvage, pigeonnier, hangar agricole
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche)
Adresse Commune : Bégadan
Adresse : 8 route du Maquis des vignes Oudides
Cadastre : 1831 C1 902, 904 à 907 ; 2012 C3 1901

L’abbé Baurein signale dans son ouvrage Les variétés Bordeloises la maison noble de la Bernede appartenant à Arnaud Ayquem de Podensac, selon un titre du 10 juin 1362. Elle était située en bordure du marais de Bégadan et de Couquèques, jusqu’aux alentours de 1600. C'est à cet emplacement qu'aurait été édifié le château Barrail.

Sur les cartes du début du 18e siècle, des bâtiments sont représentés accompagnés de jardins.

Sur la carte du cours de la Garonne (1759) et la carte de Belleyme (1763-1764), le domaine est entouré d'un vaste mur de clôture.

Les bâtiments datent probablement de la 1ère moitié du 18e siècle. Le domaine appartient alors à la famille Daux par l'alliance matrimoniale entre Jean Jacques d'Aux et Marie Moneins. Leur fils Simon Pierre d'Aux est dit seigneur de Barrail, titre repris par son fils François d'Aux à la suite du décès de son demi-frère Jean Jacques d'Aux en 1767. Cette famille conserve la propriété jusqu'au début du 19e siècle puis elle passe entre les mains de la famille Lambert.

Sur le plan cadastral de 1831, le logis (parcelle n°907) présente un plan rectangulaire avec les deux pavillons d'angle au sud. Les dépendances (parcelle n°906) sont organisées autour d’une cour à l'ouest.

Entre la fin des années 1850 et le début des années 1860, le domaine viticole est acquis par Ernest Charron qui entreprend des travaux. La production viticole passe alors de 75 tonneaux en 1850 à 90 en 1874.

Au début du 20e siècle, le domaine appartient au négociant Léon Brunet.

Dans les années 1960, la ville de Bègles fait l’acquisition du domaine et y installe une colonie de vacances. Des travaux d’aménagements sont réalisés, notamment dans les anciens chais avec l’installation d’un dortoir avec des chambres desservies par un long couloir. Des traces de ce cloisonnement sont encore lisibles sur le carrelage.

C’est en 1987 que la famille Gillet achète le domaine et rétablit la production de vin ; des travaux de restauration sont engagés : un porche formant terrasse est ajouté sur la façade nord. D'importants remaniements intérieurs sont apportés, notamment à l’escalier, les anciennes cheminées sont démantelées. Le bâtiment perpendiculaire, situé à l'arrière du logis, a été démoli.

Entre la fin du 20e siècle et le début du 21e, les façades du logis sont rénovées.

La tour circulaire construite en moellon au nord-est du château ne figure sur aucune carte du 18e siècle. Elle est en revanche représentée sur le plan cadastral de 1831. Sa fonction - pigeonnier ou moulin à vent - reste indéterminée.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle , (?)
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle

Les bâtiments sont situés à l'est du bourg de Bégadan, accompagnés d'un parc et de parcelles plantées en vigne.

La demeure s’élève sur un étage carré avec toiture en tuile creuse. L’élévation sud, flanquée de tours carrées couvertes d'ardoise, est sous enduit à l’exception des trois travées centrales en pierre de taille couronnées d'un garde-corps d'attique maçonné. Cette partie est rythmée de quatre pilastres se développant sur les deux niveaux. La travée centrale est marquée par un fronton triangulaire portant l’inscription BARRAIL et percée à l’étage d'une porte-fenêtre en plein-cintre avec un balcon. La façade nord est organisée de la même manière, sans fronton ni attique en couronnement, et modifiée par l'ajout d’un porche formant terrasse.

Les dépendances se situent à l’ouest, disposées selon un plan en L. Le bâtiment ouest abrite une salle de réception, un chai à barriques et une salle de dégustation. Perpendiculairement s’appuie un second bâtiment qui abrite le cuvier équipé de cuves inox et un espace dédié au conditionnement des bouteilles.

Au nord-ouest, la tour circulaire est bâtie en moellon et couverte d'un toit conique en ardoise : on repère dans la maçonnerie la trace d'une ancienne porte ; une autre a été conservée, ainsi qu'un trou d'envol (pigeonnier?).

Murs calcaire pierre de taille enduit
Toit tuile creuse, ardoise
Étages 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations blé raisin
Précision représentations

Le pignon ouest est percé d'un oculus orné de gerbes de blé et de grappes de raisins.

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; arc plein-cintre (fenêtre) ; linteau droit (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en cœur de parcelle
ORIENT sud-ouest
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Complément documentaire

    BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1784, t.2, p.62-63 :

    "Il existait dans cette paroisse une ancienne maison noble appelée de la Bernede, qui, suivant un titre du 10 juin 1362, appartenait à Arnaud Ayquem de Podenssac, qualifié Damoiseau. Il mourut cette même année, puisque Noble homme Maynard de Podenssac, filh et héretey deu Senhor n’Arnaud Ayquem de Podenssac, Donzet, qui fos, de la Parropia de Begadan, est qualifié de seigneur de la Bernede, dans un titre du 4 novembre 1362. On ignore combien de temps les Podenssac furent propriétaires de cette maison noble ; on trouve dans un titre de 1467, qu’elle avait passé en d’autres mains, & que la Noble Dame Jeanne Ferrand se qualifie épouse de Noble Amanieu Delboith, Ecuyer, Seigneur de la Bernede. Cette maison appartenait en 1580 à Demoiselle Jeanne de Bordeaux, suivant un titre du 25 juin de cette même année. Cette ancienne maison était située sur le bord du marais de Begadan & de Couqueques, mais il n’en subsiste aucun vestige. Celle qui la représente maintenant est celle du Barrail, située auprès du bourg de Begadan, & construite depuis environ 1600 ; elle appartient à présent aux MM. Daux."

    RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Episodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1856, p.45 :

    "Dans les environs de la vieille demeure du président d’Augeard, on voyait autrefois la maison noble de la Bernède, dont la famille des Podensac fut longtemps propriétaire. – Mais La Bernède et les Podensac se sont plus ; le château déjà ancien du Barrail, et la famille d’Aux, qui possédait encore le manoir dans les premières années de la Restauration, en ont pris la place. Le Barrail, qui appartient maintenant à M. Lambert, est flanqué de tourelles carrées. On voyait jadis autour de ce castel de fort belles eaux et un parc qui embrassait plus de cent journaux ; tout cela est maintenant dans un état presque complet de dégradation."

    Répertoire archéologique dans Société Archéologique de Bordeaux, E. Piganeau, 1897 tome 22, fascicule 3, p. 84 – 1897

    "Maison noble de la Bernède, aujourd’hui château du Barrail."

    Traité sur les vins..., William Franck :

    1824 : Lambert - 20 à 30 tonneaux

    1850 : Lambert - Château du Barrail - 60 à 70 tonneaux

    Bordeaux et ses vins, Cocks et Féret :

    1850 : Château du Barail – Lambert – 75 tonneaux

    1868 : Château du Barail – Charron - 80 à 100 tonneaux

    1874 : Château du Barail – Charron – 90 tonneaux

    1881 : Château du Barail – veuve Charron – 200 tonneaux

    1893 : Château du Barrail – veuve Ernest Charron – 50 tonneaux

    1898 : Château du Barrail – veuve Ernest Charron – 50 tonneaux

    1908 : Château du Barrail – Léon Brunet (négociant à Paris) – 80 tonneaux

    1922 : Château du Barrail – Héritiers Léon Brunet (négociant à Paris) – 80 tonneaux

    1929 : Château du Barrail – Héritiers Léon Brunet (négociant à Paris) – 80 tonneaux

    1949 : Château du Barrail – Mme Eug. Corne – 10 tonneaux

    1982 : Château le Barrail - J. Bibey - à la cave coopérative de Bégadan - 60 tonneaux

    COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1886, p. 220 :

    "Le Château-du-Barrail commande un magnifique vignoble entouré de prairies, de terres labourables et de bois, formant l’un des plus beaux domaines du Médoc, se suffisant entièrement à lui-même. Le terrain argilo-calcaire, complanté de cépages choisis, produit des vins très recherchés du commerce.

    M. Daniel Charron est aussi le propriétaire du domaine le Mont-Blanc, dont le vignoble est situé sur un sol graveleux, complanté en grande partie en cabernet et produit l’un des vins les plus fins, les plus agréables du bas Médoc. Ce vignoble a une étendue de 20 hectares. M. Daniel Charron possède à Civrac le splendide domaine d’Escurac, dont le vignoble produit des vins très estimés."

    COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908, enrichie de 700 vues de châteaux viticoles (8e édition).

    "Le vignoble du château du Barrail est un des plus beaux de l’arrondissement de Lesparre qui possède les crus renommés des communes de Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, Saint-Seurin-de-Cadourne, Saint-Christoly, qui touche à Bégadan, où il est parmi les meilleurs. Grâce au choix parfait des cépages qui composent ce cru, à sa culture très soignée, aux procédés de vinification et d’exploitation du domaine, basés sur les derniers progrès de la science œnologique et viticole, ses vins sont des plus recherchés de Bégadan et des communes voisines, et constituent de grands ordinaires quoique vendus à un prix modéré.

    On peut visiter le château du Barrail ainsi que ses vastes dépendances. On dégustera dans ses chais des vins méthodiquement soignés, généreux, réparateurs, et aussi très appréciés des gourmets quand ils sont vieux. Ecrire au régisseur du château."

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bégadan, matrices cadastrales et état de section, 1853-1879.

    Archives départementales de la Gironde
  • Délibération du conseil municipal relative à la vente de la propriété du Barrail, 31 mars 2017.

    Archives départementales de la Gironde : 2635 W 41
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Bégadan, 1831.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 038
Bibliographie
  • BAUREIN Abbé, MERAN Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2è éd .

    p. 62-63, tome 2
  • COCKS Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908, enrichie de 700 vues de châteaux viticoles (8e édition).

  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1949 (11e édition).

  • RIBADIEU Henry. Les châteaux de Gironde : mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions, légendes, notices archéologiques. Episodes de l´histoire de Bordeaux au Moyen Age et dans les derniers siècles - état actuel des domaines. Paris : Chez E. DENTU (Librairie), 1856.

    p. 45
  • VIGNAU Marc. Le mariage du chevalier Du Périer de Larsan. Lettres inédites de Romain du Périer de Larsan à la famille d'Aux (1789-1790), A2PL, 2018.

Périodiques
  • PIGANEAU Emilien. « Essai de répertoire archéologique du département de la Gironde ». Société Archéologique, 1897, tome 22.

    fascicule 3, p. 84
(c) Conseil départemental de la Gironde ; (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel - Bordes Caroline