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Château Gruaud-Larose

Dossier IA33004819 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, parc, logement, cour, portail, mur de clôture
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Château Gruaud-Larose
Cadastre : 1825 D2 174 à 184 ; 2011 D3 189

En 1725, l'abbé Gruaud acquiert 50 hectares de parcelles de vignes sur le plateau de Saint-Julien-Beychevelle. A sa mort en 1781, son neveu, Joseph Sébastien de Larose, président au présidial de Bordeaux et lieutenant général de la sénéchaussée de Guyenne, hérite du domaine et accroît la superficie de vignes plantées d'environ 80 hectares. Sa mort en 1795 ouvre une longue période d'incertitude avec ses trois enfants qui doivent se partager ce bien.

Finalement la cour d'appel de Bordeaux ordonne le partage des biens en indivision et la propriété est vendue aux enchères en 1812 à la maison de négoce Balguerie, Sarget et Cie. Suite à la dissociation de la maison de négoce, les vignes sont réparties en 1845 entre les Sarget et les descendants des Balguerie, Mme de Bethman et sa sœur Mme de Boisgérard.

A partir de 1863, une nouvelle étape dans la séparation du domaine est engagée : elle concerne cette fois les bâtiments. Les propriétaires auraient fait appel à l'architecte Duphot pour dresser les plans des constructions et des bâtiments. En 1867, le domaine est divisé entre le baron Sarget d'une part, et MM. Ed. et Ch. de Bethman et A. Faure d'autre part. Deux domaines (Gruaud Larose Sarget et Gruaud Larose Faure) se développent donc parallèlement et se partagent les bâtiments jusqu'en 1917, époque à laquelle Désiré Cordier devient propriétaire de Château Gruaud-Larose-Sarget. En 1935, il rachète Gruaud-Larose-Faure et reconstitue ainsi l'unité du domaine. Un plan du domaine dressé en 1823, montre les bâtiments organisés autour d'une cour plantée d'arbres. Des parterres sont reconnaissables à l'est du château, ainsi qu'un potager. Le plan cadastral de 1825 indique la même disposition des bâtiments. Plusieurs illustrations permettent de reconstituer l'évolution des bâtiments. En 1835, l'album de Gustave de Galard représente le château de Gruaud appartenant à M. Sarget et Me Carrier Balguerie : la demeure est une vaste chartreuse présentant une façade de 8 travées et encadrée de deux pavillons à étage carré, de deux travées, avec deux tourelles carrées. L'ouvrage d'Alfred Danflou en 1867 nous offre une photographie de ce même bâtiment, "Gruau Larose", appartenant alors au Baron Sarget, à de Bethman et à Faure ; vers 1868, c'est une photographie de Stoerk qui représente à nouveau le bâtiment.

L'édition de 1874 de l'ouvrage de Cocks atteste de la division du domaine en proposant deux illustrations : l'une du château Gruaud-Larose appartenant à Ed. et Ch. de Bethman et à Adrien Faure, représentant la partie gauche du château et l'autre du château Gruaud-Larose-Sarget appartenant au baron Sarget et représentant la partie droite du château. L'édition de 1881 propose à nouveau deux illustrations correspondant aux deux domaines. On retrouve la même représentation du château Gruaud-Larose-Bethman ; en revanche, le château Gruaud-Larose-Sarget a changé d'aspect : il a été reconstruit en 1879, comme l'indique la date portée sur la façade postérieure du château. Le nouveau château est également représenté sur un tableau de S. Coloma daté 1883 (conservé au château). L'édition de 1886 mentionne les chais, caveaux et cuviers construits en 1870. Les augmentations et diminutions des matrices cadastrales montrent effectivement plusieurs modifications dans les années 1870-1880. La partie du château Bethman et Faure semble avoir été entièrement détruite après la Seconde Guerre mondiale : les pierres du château auraient été utilisées pour construire la salle des fêtes de Beychevelle. L'illustration publiée dans l'ouvrage de Cocks et Féret en 1949 montre que le bâtiment existe encore à cette époque. Les chais ont été réaménagés en 1996 par le bureau d'architectes bordelais Mazières, avec l'aménagement notamment d'un chai souterrain en béton.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates 1740, porte la date
1879, porte la date
Auteur(s) Auteur : Mazières Bernard,
Bernard Mazières

L’Atelier des Architectes Mazières a été fondé en 1975. Il est structuré autour de Bernard et Jean-Marie MAZIERES.


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architecte, attribution par source
Auteur : Duphot Théodore Henri,
Théodore Henri Duphot (1810 - 1889)

Père d'Abel Valentin Duphot


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architecte, attribution par travaux historiques

Le château présente sa façade principale à l'est et donne sur un jardin composé de parterres et de quelques arbres. Les bâtiments de dépendance sont situés au nord, à l'ouest et à l'est de la demeure. Composée d'un étage carré et coiffée d'un toit à croupes en ardoise, la demeure est dotée d'une façade à 8 travées, les deux travées centrales formant un léger ressaut, délimitées par des chaînes d'angle à bossage et surmontées d'un fronton triangulaire bordé de modillons et sculpté d'un cuir découpé portant l'initiale S du baron Sarget. Les baies du rez-de-chaussée sont à chambranle mouluré et surmontées de tables décoratives. Celles de l'étage présentent une agrafe et sont surmontées d'une corniche à denticules, tandis que les allèges sont agrémentées de balustres. La façade est encadrée de pilastres à bossage au rez-de-chaussée et de pilastres à chapiteaux ioniques à l'étage. Une corniche à modillons règne sur toute la façade et est surmontée d'une balustrade d'attique.

La façade postérieure occidentale reprend le même ordonnancement : seul le fronton sculpté n'a pas été répété. L'angle nord-ouest de cette façade porte la date 1879.

La façade latérale sud est composée de 4 travées, le rez-de-chaussée étant entièrement aveugle. Des jambes à bossage encadrent les deux travées centrales. Les baies sont dotées de corniches et d'appuis saillants soutenus par des consoles. Une rampe donne accès à une cave.

La façade latérale nord est également composée de quatre travées : elle bénéficie d'un traitement soigné avec notamment la présence d'un porche soutenu par trois colonnes à chapiteaux ioniques, supportant une terrasse avec balustrade. Ce déséquilibre dans le traitement des deux façades latérales s'explique sans doute par la présence du château Gruaud-Larose-Faure au sud, la séparation des domaines ayant entraîné une orientation des bâtiments vers l'est et le nord. L'intérieur de la demeure conserve des éléments de décor portant les initiales du baron Sarget (trumeaux de cheminée). La distribution s'organise autour de pièces en enfilade (salon, petit salon, salle à manger) côté est, l'escalier, la cuisine et un bureau se trouvant de l'autre côté d'un couloir traversant à l'ouest. A l'étage se trouvent les chambres qui ont été en partie modifiées. Au nord-ouest de la demeure, la tour de plan carré et à 2 étages est accolée à un bâtiment en rez-de-chaussée couvert en ardoise. La baie orientale du rez-de-chaussée est ornée d'un écu portant l'initiale S du baron Sarget et surmonté d'une couronne. La baie du 1er étage est surmontée d'une table décorative sculptée et d'une corniche. Enfin, le 2e étage est ouvert d'un oculus orné d'une guirlande de feuilles de chêne et d'un ruban. Un escalier intérieur surmonté d'un dôme en pierre donne accès à la terrasse sommitale délimitée par une balustrade et dotée d'une cloche. Les anciens chais et cuviers sont abrités dans deux longs bâtiments disposés parallèlement au nord du château. Ils ont subi de nombreux remaniements comme le laissent supposer les portes et arcades aujourd'hui murées. Un nouveau chai a été installé à l'ouest de la demeure, avec notamment un chai souterrain en béton. Bureaux, logements pour le personnel et bâtiments de stockage et d'expédition complètent l'ensemble.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
croupe
Techniques sculpture
Représentations cuir découpé couronne guirlande fruit feuille denticule monogramme ruban écu

Estuaire

TRAVEE 8
FORBAIE plate-bande (fenêtre) ; plate-bande (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; corniche (fenêtre) ; agrafe (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO sommet
ORIENT est
VUE vue étendue
CLOT grille ; piliers de portail

Cordier (propriétaire).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des éditions de Bordeaux et ses vins Cocks et Féret

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132

    Le cru de Gruaud-Larose est situé sur les belles croupes graveleuses de Saint-Julien. La réputation universelle de ses vins nous dispense d'en faire l'éloge. Nous dirons seulement que le baron de Sarget, l'heureux propriétaire du Gruaud-Larose-Sarget, a toujours obtenu dans les expositions vinicoles, soit en France, soit à l'étranger, les récompenses les plus élevées, et, en 1867, la médaille d'or à l'Exposition universelle.

    Ses vins, vendus à la bouteille, ne sortent du château qu'avec des marques authentiques, telles qu'étampes, étiquettes, bouchons, capsules, et, en Angleterre comme en France, ils sont les heureux rivaux des Château-Lafite et Château-Margaux.

    Le cru de Gruaud Larose est, depuis 1867, divisé en deux parties égales, entre M. le baron Sarget d'une part, et MM. Ed. et Ch. de Bethman et A. Faure.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p.180

    Château Gruaud-Larose-Sarget : Les chais, caveaux et cuviers, construits en 1870 avec tous les perfectionnements et toutes les améliorations apportées à l'art vinicole, sont visités régulièrement par les étrangers, qui chaque année, abondent dans le Médoc, surtout à l'époque des vendanges.

    Une des grandes curiosités du domaine, c'est le caveau particulier du propriétaire qui contient une collection de vins vieux de 1815 à nos jours.

    COCKS, voir quelle édition (photocopie fournie par le domaine) :

    Le domaine de Gruaud-Larose-Sarget a été créé en 1757 par M. Gruaud, grand viticulteur, qui a réuni les propriétés de Ténec Sartaignac et Dumarle, dont il forma le splendide vignoble qui, après avoir porté le nom de Fond Bedeau, prit ensuite, suivant l'usage du Médoc, le nom de son propriétaire. Le premier propriétaire de ce domaine était du reste une figure originale : il vivait en contact avec les ouvriers, s'attachant à leurs travaux. Pour mieux les surveiller, il fit construire une tour du sommet de laquelle son regard embrassait toute l'étendue de ses vastes terres. C'est sur cette tour également, lorsque la récolte était parfaite, que ce viticulteur hissait un drapeau pour marquer sa satisfaction.

    L'héritier de M. Gruaud fut M. de Larose, président présidial, lieutenant-général de la sénéchaussée de Guyenne. Le château prit ainsi le nom de Gruaud-Larose et acquit une renommée considérable (...).

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 582

    (...) C'est en 1725, que l'abbé Gruaud jette les premières pierres du domaine acquérant 50 hectares de parcelles de vignes, toutes situées sur le plateau de Saint-Julien-Beychevelle. A sa mort en 1781, son neveu, le chevalier de Larose, hérite du domaine et passe la superficie de vignes plantées à près de 80 hectares. Faute d'héritiers, la propriété est vendue aux enchères en 1812 pour la modique somme de 210 000 francs à l'époque (soit 32 000 euros) à deux familles, le baron Sarget de Lafontaine, et les sœurs Bethmann. Ne s'entendant pas sur la gestion de la propriété, la résultante est le partage de la propriété en 1865. Cette scission aura pour conséquence la production de deux vins jusqu'en 1935, Gruaud Larose Sarget et Gruaud Larose Faure. Ce n'est qu'en 1934, grâce à la famille Cordier que Gruaud Larose va retrouver sa facture d'origine. Entre 1983 et 1997, le domaine devient filiale de groupes institutionnels comme Alcatel Alsthom en 1993, qui investit des sommes considérables dans l'outil de vinification (cuvier bois et ciment, chais thermo-régulés, station de traitements des effluents vinicoles). Depuis 1997, c'est la famille Merlaut qui a repris les rênes de la propriété en accentuant le travail sur le vignoble par des méthodes organiques et en favorisant la lutte intégrée par le non usage de produits chimiques tels que les insecticides et herbicides.

    Propriétaires et production d'après les éditions de Cocks et Féret :

    Cocks 1850 : Sarget, Bethmann, Boisregard, 160 tonneaux

    Cocks 1868 : Gruaud-Larose-Sarget (baron Sarget) 80 à 100 tonneaux et Gruaud Larose (Ed. et Ch. de Bethman et A. Faure) 80 à 100 tonneaux.

    Cocks 1874 : Gruaud-Larose-Sarget (baron Sarget) 80 tonneaux et Gruaud Larose (Ed. et Ch. de Bethman et A. Faure) 80 tonneaux.

    2 illustrations, p.150.

    Cocks 1881 : Gruaud-Larose-Sarget (baron Sarget) 100 tonneaux et Gruaud Larose (Ed. et Ch. de Bethman et A. Faure) 100 tonneaux.

    2 illustrations, p.179.

    Cocks 1893 : Gruaud-Larose-Sarget (baron Sarget) 120 tonneaux et Gruaud Larose (A. Faure) 100 tonneaux ; 2 illustrations, p.179.

    Cocks 1898 : Gruaud-Larose-Sarget (baronne Sarget) 120 tonneaux et Gruaud Larose (A. Faure) 100 tonneaux.

  • Augmentations et diminutions dans les matrices cadastrales

    D182 : construction nouvelle d'une remise en 1866 (Sarget).

    D173 : construction nouvelle d'une maison en 1870 (Bethman et Faure).

    D172 : construction nouvelle d'une maison en 1870 (Bethman et Faure).

    D175 : augmentation de construction d'une maison en 1880 (Sarget Lafontaine).

    D174 : construction nouvelle d'une cuisine en 1874 (Bethman).

    D174 : construction nouvelle d'une remise en 1874 (Bethman).

  • Archives communales, Salle des fêtes de Beychevelle, historique par Lucien Humbert, 2002

    "Réalisation d´une dalle en béton après la fin de la 2e guerre. A cette époque Jean Cordier souhaitait démolir le château Gruaud Larose Faure et Bethman qui était accolé à Gruaud Larose Sarget et n´avait aucun style. Le frère de Lucien Humbert (trésorier du comité des fêtes), Gabriel alors directeur chez Cordier proposa au Comité des fêtes les pierres du château à récupérer pour réaliser les piliers de la salle. C´est ce qui fut fait".

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan du domaine de Gruaud-Larose situé dans St Julien, Médoc appartenant à MM. Balguerie, Sarget et Verdonnet. Papier, encre, aquarelle, par Richard, J. L. (géomètre), 1823 [Collection particulière].

  • Château Gruaud-Larose. Photographie, par Stoerk, vers 1868 [AD Gironde].

  • Château Gruaud-Larose. Tableau, peinture à l'huile, par Coloma, S. (peintre), 1883 [Collection particulière].

  • Château Gruaud-Larose Sarget St Julien (Médoc). Papier, crayon, par Denant, H. (dessinateur), non daté [Collection particulière].

  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

Bibliographie
  • GUILLIER, Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne, Bordeaux : s.d.

  • BERNARDIN, Eric, LE HONG, Pierre (Photogr.). Crus classés du Médoc : le long de la route des châteaux. Bordeaux : Editions Sud Ouest, 2010.

    p. 72-79
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 180
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 136-137
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1949 (11e édition).

    p. 183
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 319-321
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 2007 (18e édition).

    p. 582
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 1, p. 47-49
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

  • PIJASSOU, René. Gruaud Larose. Le vin des rois, le roi des vins. Paris : Editions Stock, 1997.

  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de la Gironde [...]. Paris : Dentu libraire, 1856.

    p. 75
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