Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château Geneste

Dossier IA33005441 réalisé en 2014

Fiche

  • Ensemble.
    Ensemble.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • parc
    • écurie

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées parc, écurie
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Sud Médoc Estuaire
Adresse Commune : Le Pian-Médoc
Lieu-dit : Geneste
Adresse : 9041 chemin des Hameaux
Cadastre : 1820 C3 960 - 962 ; 1843 C5 664 - 668 ; 2012 BO 14
Précisions


Le château Geneste est l'un des plus anciens bâtiments de la commune, siège de l'ancienne seigneurie du Pian et de la famille éponyme.

Vraisemblablement bâti au début du 16e siècle par la famille D'Alesme, il conserve, sur sa façade sud, des fenêtres à chanfrein droit avec appuis de fenêtres moulurés. Ces dernières semblent être d'anciennes croisées au vu des traces de cabochons (ayant disparues sous les derniers enduits).

L'ensemble est représenté sur un plan de 1755 qui montre une organisation du logis en U, avec tour et pavillons, ainsi que de grandes servitudes délimitant une cour, accessible par un portail d'entrée, rejeté à l'ouest. Clos par un mur, des jardins d'agrément sont implantés au plus près de la façade sud et, dans le prolongement à l'est, s'étend le vignoble divisé en plusieurs parcelles. Au-delà du mur de clôture, après les vignes, se trouve la chapelle.

Cet état persiste jusqu'au début du 19e siècle, moment où la famille D'Alesme finit par vendre le domaine.

En 1821, Armand-Joseph Ivoy, riche négociant et horticulteur bordelais achète Geneste et procède à de profondes transformations : il fait abattre la chapelle, les jardins, et ne conserve du corps de logis que la partie en fond de cour au sud, avec sa tour d'angle. Une partie des servitudes semble préservée, quoi que transformée.

Le second cadastre de 1843 laisse apparaître l'ampleur des travaux opérés, notamment sur le plan paysager. M. Ivoy créé un arboretum après avoir acheté 78 hectares à la commune (en 1824, le domaine compte 300 hectares), sème des essences rares de résineux, draine l'ensemble de ses terres par un système de fossés encore visibles.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, la famille Ivoy réaménage une partie agricole à l'est, lieu de l'actuelle ferme avec écurie.

En 2012, la façade du logis, débarrassée du lierre, a été réenduite.

Période(s) Principale : 1ère moitié 16e siècle , (?)
Principale : 1er quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

Le château Geneste est isolé entre le hameau de Louens et du Poujeau.

Le corps de logis est un grand bâtiment rectangulaire de 9 travées et étage. Il est flanqué, sur le pignon ouest, d'une tour circulaire coiffée d'un toit en poivrière.

Au nord-est se trouve les bâtiments agricoles (hangar, ancienne écurie) ; devant le corps de logis au nord subsistent quelques ruines. Une partie du parc paysager a été préservé.

Murs calcaire pierre de taille enduit
Toit tuile creuse, tuile plate
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrements
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique
Énergies
Techniques

L'analyse du bâti in situ n'a pas pu être effectuée.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait du bail à ferme de la seigneurie du Pian, 1787.

    Pardevant les conseillers du roi, notaires à Bordeaux, soussignés fut présente

    Dame Honorine-Étiennette Dalesme, épouse de messire Jean-Raimond de Lalande, marquis de Saint Pierre de Limeuil, avocat général au Parlement de Bordeaux, y demeurant en son hôtel sur le cours d'Albret, paroisse Saint Christoly : ladite dame de Lalande duëment autorisée par ledit seigneur son mari à l'effet de consentir le bail à ferme ci-aprèz suivant le plein pouvoir sous signature privée [...]

    Laquelledite dame de Lalande, audit nom a fait bail à ferme et prix d'argent pour neuf années entiéres et consécutives, qui ont commencé à courir depuis [fol. 1V] novembre dernier et promis pendant les tems faire et laisser jouir, audit titre de ferme pleinement et paisiblement, sieur Guillaume Pieck, négotiant de cette ville, y demeurant à la Palu du Chartrons, paroisse Saint Rémi, à ce présent et acceptant, c'est à savoir :

    La terre et seigneurie du Pian, en médoc, avec le château et autres et bâtiments et tous les domaines, fonds et possessions de quelle nature et de quelle espèce qu'ils soient ; qui composent ladite terre tant dans la parroisse du Pian, que dans celle de Parempuyre et autres circonvoisines [...]

    [fol. 2]

    Se réserve expressément ladite dame de Lalande pour ledit seigneur son mari le droit de chasse dans l'étendue de ladite terre, avec prohibition à toutes personnes d'y chasser à moins d'une permission par écrit dudit seigneur, à raison de quoi, ledit seigneur de Lalande tiendra des garde chasses, qu'il fera recevoir à ses frais la maîtrise des eaux et forêts, auxquels il donnera la bandolière, s'il le juge à propos.

    Sont encore compris dans la présente [fol. 2V] ferme tous les meubles meublants, effets, mobiliers, et ustensiles de ménage et de cuisine qui sont dans les bâtiments de ladite terre, ensemble les cuves, pressoirs et autres vaisseaux vinaires grands et petits, même tout le bétail gros et menu, charretes, charrues et autres outils aratoires, de quelle espèce qu'ils puissent être, qui sont sur lesdits lieux et le tout apparténant audit seigneur de Lalande, de tout quoi il a été ci-devant dressé état double entre madame Dalesme , belle-mère dudit seigneur de Lalande et sieur François Raimbaux, négotiant, ci-devant fermier de ladite terre, auquel état ledit sieur Pieck sera tenu de se conformer pour être par lui remis en égalle valeur et quantité à la fin du présent bail [...]

    [fol. 3]

    Pour par lui en jouir audit titre de ferme pendant lesdites neuf années en bon ménager et père de famille : ce faisant cultiver les vignes, dépendantes de ladite terre; comme elles ont accoutumé de l'être et pour cet effet les faire tailler, ouvrer, fumer, bêcher et labourer en saison convénable et tout autant qu'elles en auront besoin, y faire faire les provins nécessaires pour remplacer autant qu'il le faudra les pieds qui manqueront, et généralement tous les travaux accoutumés et d'usage dans le païs pour le meilleur entretien possible.

    Ledit sieur Pieck sera également tenu de cultiver les autres fonds, dépendant, de ladite seigneurie, ensemencier les terres qui ont accoutumé de l'être et tenir récurés les fossés des prairies, dépendantes [fol. 3V] de ladite terre et administrer le tout, sans pouvoir rien dégrader ni détériorer, il entretiendra aussi, tant qu'il se pourra les orangers qui sont dans ladite terre, qui sont compris dans l'état desdits meubles et effets, et au cas qu'il en mourut quelqu'un, il ne sera point obligé de le remplacer ; mais il sera tenu de maintenir en bon état les caisses des susdits orangers.

    Demeure aussi compris dans ledit état la même quantité de paille que ladite dame Dalesme laissa audit sieur Raimbaux, que ledit sieur Pieck s'oblige de laisser également à la fin du présent bail. De son côté ledit seigneur de Lalande s'oblige d'entretenir les bâtiments de ladite terre clos et étanches ainsi que tout propriétaire y est tenu mais cependant il demeure convenu que ledit sieur Pieck se charge de les entretenir au point qu'ils sont actuellement [fol. 4] de faire recrépir le murs à mesure qu'ils en auront besoin et d'entretenir toutes les clôtures, et pour le dédomager, ledit seigneur de Lalande consent qu'il se retienne sur le prix de ferme, ci-arpèz fixé, une somme de cinq cents livres, annuellement, et au cas que par quelque événement extraordinaire ou par la vétusté des bâtiments, il venait à s'en écrouler quelque partie, ledit sieur Pieck s'oblige de les faire relever et mettre sur bon état, pourvu que la dépense qu'il faudra faire n'excède pas trois cent livres. Et dans le cas que les réparations desdits écroulements se montassent au-delà de ladite somme, ledit seigneur de Lalande s'oblige de fournir le surplus auqueldit cas ledit sieur Pieck sera tenu de prévenir ledit seigneur de Lalande avant de commencer les réparations et enfin ledit sieur Pieck s'oblige de laisser à [fol. 4V] l'échéance desdites neuf années tous les susdits meubles, vaisseaux vinaires et généralement tout ce qu'il aura trouvé dans ledit château et autres bâtiments, en même et semblable état qu'ils sont actuellement, sauf l'usage ordinaire.

    Aura ledit sieur Pieck la faculté de faire couper à son profit, pendant le cours du présent bail, aux temps qu'il trouvera à) propos, le Pignada, destiné à faire de l’œuvre pour la vigne, excepté les gros pins, à la charge par lui d'exécuter en entier la clause [...]

    [fol. 5]

    Par lui de fere ensemencer avec la graine de pin une quantité proportionée et suffisante de glands, conformément et de la mpeme manière que de pratiquent les personnes qui font de ces espèces de semences et d'en couper le pin quand il lui plaira pendant le présent bail [...]

    Pourra de même ledit seigneur faire semer quand bon lui semblera sur les landes que ledit sieur Pieck n'aura pas fait défricher, en faire défricher lui même pour son comte et à son profit telle portion et quantité [fol. 5V] qu'il jugera à propos pour y faire semer de la graine de pin et du gland, sans que ledit sieur Pieck en puisse rien retirer à son profit, ni laisser aller ni vaquer des bestiaux de quelque espèce qu'ils soient, dans lesdits terreins défrichés et ensémencés, de même il ne pourra laisser aller lesdits bestiaux dans les pièces de pins coupées et dans lesquelles il se trouvera de jeunes chênes qui commenceront à paroître.

    Pourra ledit sieur Pieck faire couper les bois taillis à mesure qu'ils seront de coupe...

    [fol. 6]

    Pourra ledit seigneur faire couper dans toute l'étendue de ladite terre tous les gros arbres verts ainsi que les anciens baliveaux qui seront dans les taillis en observant seulement de ne le faire que dans les tems et à mesure que ledit sieur Pieck fera couper lesdits taillis sans que sans aucun prétexte il puisse faire couper les arbres qui servent d'agrément audit château.

    Pourra ledit seigneur donner à fief nouveau quand et à qui il trouvera à propos de landes de ladite terre, excepté celles qui sont auprez dudit château et celles qu'aura fait ensémencer ledit sieur Pieck.

    Se réserve en outre ledit seigneur de Lalande ses appartements dans [fol. 6] le château de ladite terre, pour en jouir pendant un mois seulement de chacune desdites neuf années, dans le tems et saison qu'il trouvera à propos, sauf et excepté seulement les environs et le tems des vendanges.

    Tout le tems que ledit seigneur sera dans sondit château, ledit sieur Pieck sera tenu de lui fournir une vache laitière pour l'usage et service de son ménage. Il pourra aussi prendre pendant son séjour tout le jardinage dont il aura besoin.

    Ce bail aisni fait aux susdites conditions moyennant la somme de cinq mille livres de prix de ferme pour chacune desdite neuf années [...]

    [fol. 7V]

    Fait et passé à Bordeaux en l'hôtel dudit seigneur de Lalande sur le grand cours d'Albret, l'an mil sept cent quatre vingt sept, le vingt-quatre décembre...

  • Lettre de M. Ivoy au préfet de la Gironde, 12 février 1825.

    Au Pian le 12 février 1825

    Ivoy, propriétaire au Pian

    À monsieur le baron d’Haussez, préfet du département de la Gironde.

    Pour augmenter les cultures et favoriser les défrichements, j’ai donné mon assentiment à la vente de 100 hectares de landes dans la commune du Pian, ce que j’ai cru faire pour l’avantage des habitans a tourné contre moi, et absolument à mon détriment… La commune s’est amentée, on écrit une lettre incendiaire au maire, enfin on a pris la délibération que la vente seroit faite en prenant les 100 hectares sur la façade de mon domaine.

    Si on s’étoit borné à le masquer sur un point, j’en aurai peut-être pas fait de réclamations, mais on m’a entouré, et l’ancienne baronnie de Dalem qui avoit toujours été libre…seroit bornée au levant, au midi et à l’ouest.

    La chose étoit trop révoltante pour que je ne fasse pas des recherches pour exercer les droits des anciens propriétaires. Je viens de me mettre en possessions de plusieurs titres qui prouvent que le seigneur de Geneste étoit propriétaire des landes, puisqu’il donnoit l’autorisation à ses fermiers de les clore, ou qu’il fesoit des concessions. Les actes que [V] j’ai ; prouvent que les habitans en ont souvent profittés.

    Malgré mes droits, je vous prie, monsieur le préfet, d’avoir la bonté d’observer que je mets la commune à même d’effectuer les réparations de l’église, et de travailler promptement à celles des chemins vicinaux.

    Je fais surtout ces sacrifices pour éviter qu’on dévaste les semis que j’ai l’intention de faire. J’ai pensé que c’étoit un moyen de tout concilier.

    J’ai l’honneur de me dire avec respect

    Monsieur

    Votre très humble serviteur Ivoy

  • Seconde lettre de M. Ivoy au préfet de la Gironde, le 18 février 1825.

    Au Pian, le 18 février 1825.

    Ivoy propriétaire du domaine de Geneste au Pian, à monsieur le Baron D’Haussez, préfet du département de la Gironde.

    Monsieur,

    Le soussigné à l’honneur de vous exposer que l’ancienne baronnie de Geneste, commune du Pian, a été possédée depuis 1570, jusqu’en 1821 par la famille Daleme, époque où je l’aye acquise des héritiers avec toutes ces dépendances.

    Ce domaine possédoit des droits sur environ 6000 journaux de landes par suite de la vente primitive faite en 1373 par la veuve Doupia et son fils Bernard de Doupian, donzel.

    Jusqu’à la Révolution, cette maison avoit fait des concessions de landes aux petits prorpiétaires, et des échanges (j’en fournirai les pièces). Et en 1778, elle avoit autorisé son fermier à en clore à son profit pour faire des semis, avec certaines réserves (bail de 1778).

    L’irrégularité du domaine dans toutes ces limites sont une preuve que le fermier a clos à son choix, dans le plateau des landes, et qu’il a suivi les pentes et cours d’eau.

    En 1791, une pièce appelée le Pignon a été renfermée par le malheureux monsieur de Lalande, qui préparoit d’autres clôtures, mais la Révolution a atteint le propriétaire, son épouse la marquise Dalem a été trainée dans les prisons, et les landes qu’on alloit clore sont restées à l’abandon : depuis elles ont servies de pacage du domaine de Geneste et aux habitants…

    La maison de Dalem sans chef, n’a pas fait de réclamations, j’ai pourtant une pièce écrite par monsieur Dualé, mon homme d’affaire, qui demande une restitution de 6000 journaux.

    La commune ayant des besoins pour la cure et l’église, monsieur Baour, maire, a demandé au conseil municipal de vendre 200 hectares de landes sur environ 1400 qui sont en pacage, sa demande a été réduite à 100 hectares et par suite à 78 parce que le conseil n’a voulu les prendre qu’au levant, midi et ouest du domaine de Geneste. J’ai fait sentir combien cela seroit injuste, mais la majorité du conseil ayant décidé, la chose s’est exécutée suivant son reçu.

    L’employe qu’on devoit faire des fonds a été pour moi un motif pour ne pas être en opposition avec le maire, qui avoit l’intention d’augmenter les cultures et par suite de faire cesser les troubles qui avoient été au moment de devenir graves.

    On a entouré mon domaine, mais comme cela me [V] grève seul, que cela me nuit absolument qu’à moi, qu’on ruine ma propriété, j’ai fait des démarches, j’ai réunis les contrats, tout m’a prouvé, que ces landes faisoient partie du domaine de Geneste et que la commune sans aucun titre ne les possédoient que par le fait de la Révolution et par la mère du véritable propriétaire, dont les enfans m’ont vendu les droits.

    Je m’adresse à vous, monsieur le préfet, en toute confiance pour vous prier de suspendre la vente de ces landes et pour vous demander de consulter le conseil municipal sur les réclamations que je veux élever.

    Mon intention n’est pourtant pas de rentrer dans mes droits sans faire un avantage à la commune, elle a déjà fait avant 1814 une transaction avec la famille Baour pour les landes du domaine de Sénégeac, je désire en faire une pour la terre de Geneste, j’observe que puisqu’on avoit destiné le produit de la vente pour réparer l’église et le presbytère, j’offre de verser la même somme de 2057 francs pour que les réparations puissent s’effectuer de suite.

    J’ajoute à cette offre conciliatoire (la commune étant sans revenu depuis plusieurs années) de fournir 500 francs au conseil municipal pour la réparation des chemins vicinaux, d’acquitter 300 francs qu’on a promis au curé pour 1825 et de solder les frais qu’on a fait pour l’appointement.

    Je fais ces sacrifices pour que le domaine de Geneste resté intact pendant plusieurs siècles, ne se voit pas violer ses droits au moment où le gouvernement Royal fait des efforts pour tout réparer.

    Je les fais surtout pour avoir la Paix dans la commune et afin de ne pas demander qu’on porte ailleurs la vente.

    J’attends de votre justice, monsieur le préfet, j’ose espérer que vous me serez favorable, en faisant respecter le droit de propriété.

    J’ai l’honneur de vous saluer avec respect. Ivoy

  • Description du domaine par Armand-Joseph Ivoy en 1859.

    "Enfin, la quatrième grande propriété de la commune est le domaine de Geneste, dont je suis propriétaire.

    Je l'ai acquis en 1821 ; il renferme maintenant 300 hectares, dont plus de 60 ont été défrichés par moi sur la lande.

    J'ai déjà, une première fois, exploité à blanc les semis de pins que j'y avais faits : je les ai ensemencés une seconde fois, et déjà j'ai recommencé l'exploitation de cette seconde coupe. Grâce aux perfectionnements apportés par moi à la manière de préparer la terre, elle est infiniment plus précoce et plus abondante que la première.

    L'honorable M. Charles Des Moulins, accompagné de la Société Linnéenne, a fait la visite de mes travaux et en a rendu compte d'une manière beaucoup trop bienveillante, mais qui explique avec une grande clarté les travaux auxquels je me suis livré.

    Depuis, la Société d'agriculture de la Gironde, après avoir également fait une visite dont M. Clémenceau a rendu compte, fut tellement surprise des résultats obtenus, qu'elle fit des démarches actives pour doter le pays d'une école d’acclimatation et d'une première pépinière impériale forestière, dont elle demandait la création à Geneste, pensant que les démonstrations ne pourraient être mieux données qu'au milieu d'une forêt déjà existante de beaux arbres exotiques.

    Jusqu'à présent, son vœu n'a point été exhaussé.

    Il a été dit et écrit beaucoup pour et contre la mise en culture des landes. Mon expérience personnelle, longue et laborieusement acquise, me met à même d'affirmer que, soit pour la charrue, soit surtout pour la culture forestière, on peut, dans la majeure partie des terres de landes qui ont une bonne profondeur, arriver à des produits satisfaisants, pourvu, et c'est là la condition essentielle, qu'on les délivre de l'humidité stagnante, soit par des transports de terre, soit par le drainage, mais surtout par une opération que je pratique et qui draine le terrain, tout en l'exhaussant.

    Cette opération est minutieusement décrite dans les rapports présentés par MM. Clémenceau et Des Moulins, et je ne puis mieux faire que d'y renvoyer.

    Quant à mon domaine de Geneste, je vais déposer un plan de mon école forestière que j'ai tracé pour en faire comprendre la disposition.

    J'ai fait aussi une note étendue de tous les pins, chênes et autres arbres exotiques que je cultive en grand sur mon domaine. Je vais la remettre également.

    Je ne peux pas finir sans faire une remarque, très-digne d'être prise en considération par les forestiers. Je l'avais faite depuis long-temps ; mais elle m'a été confirmée par plusieurs personnes, notamment par M. de Reignac, grand propriétaire forestier du Lot-et-Garonne ; c'est que les chênes d'Amérique ont d'abord une croissance supérieure aux chênes d'Europe, mais de plus que le bois de quelques-uns a une dureté et une force de résistance bien plus grandes.

    M. de Reignac m'a assuré également que l'écorce de Magnolia acuminata, dont je pourrais faire des forêts, est employée en Amérique comme fébrifuge.

    Il y a sept ans ou huit ans, les fièvres intermittentes désolant la ville d'Agen, il en fit l'essai et l'expérience réussit complètement".

  • Extrait des châteaux historiques de la Gironde, 1867.

    p. 107-108

    "Ce monument, le plus grandiose et le plus élégant de la commune, est situé à côté du bourg du Pian, sur le petit côteau [sic] qui domine la Jalle. Bien que moderne, il a déjà été remanié plusieurs fois.

    Au XVIIe siècle, c'était un Bourdieu qui fut acheté par M. le président de Basterot, lequel le fit démolir pour élever à sa place un petit château genre Louis XV, avec perron, pavillons, surmontés de girouettes aux armes des Basterot, reliés par une grille semi-circulaire. -Cet édifice coûta beaucoup à M. de Basterot, qui avait fait apporter la pierre de fort loin ; aussi ne tarda-t-il pas à le vendre à M. Barthez quelques temps avant la Révolution, puis émigra en 1792.

    M. Barthez, négociant à Bordeaux, garda le château de Malaret jusqu'en 1830, créa le vignoble et le crû Barthez, bien connu à l'étranger ; puis, il le vendit à M. Barde. Celui-ci le garda neuf ans, et le revendit à un riche notaire, nommé M. Sicard, qui démolit en partie le corps-de-logis et éleva au-dessus, vers 1842, une espèce de villa d'un style un peu lourd, ce qui fit dire à un homme d'esprit que cet édifice ressemblait "à un bourgeois greffé sur un gentilhomme."

    M. Sicard mourut dans son château en 1859, et l'année suivante sa veuve le vendit à M. Closman, riche négociant en vins, qui remania la construction, l'exhaussa et en fit le château moderne, qui est un des plus beaux du canton. Il dessine fièrement ses façades blanches, sculptées, son toit ardoisé, son perron moderne gardé par deux lions, et ses deux motifs octogones surmontés de terrasses.

    Devant la façade sud se déroule un tapis de verdure ; au nord s'avancent des servitudes et les anciens pavillons supportant les armes rouillées des Basterot ; puis à l'entour s'étend le vignoble, au milieu duquel viennent d'être élevés les bâtiments pour l'exploitation viticole.

    Le château de Malleret est un des meilleurs crûs de la commune ; il récolte de 60 à 80 tonneaux.

    (Renseignements fournis par M. de Maignol et par M. Closmann.- Visité en 1867.)".

  • Description de l'arboretum de Geneste, 1936.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Terrier de la seigneurie du Pian, plan et bail à ferme, 18e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : 4 E 497-500
Périodiques
  • HICKEL R. et BACON DE LA VERGNE H. « Une visite à Geneste et Catros », Revue des Eaux et Forêts, Paris, 1910.

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Communauté de communes Médoc-Estuaire - Grollimund Florian