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Château Eyquem

Dossier IA33008764 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, remise agricole, grange, logement, jardin d'agrément, puits
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Hydrographies Gironde la Dordogne la
Adresse Commune : Bayon-sur-Gironde
Lieu-dit : Eyquem
Adresse : R. D. 669E1
Cadastre : 1820 B1 27 ; 2015 B 1019

Au 17e siècle, Louis de Larroque d'Eyquem (1595-1664), conseiller à la Cour des Aides de Bordeaux, est mentionné pour avoir restauré le chœur de l'église de Bayon. A sa mort, il est inhumé dans l'église de Bourg, tandis que son épouse Marguerite de Labrousse est enterrée "dans le presbitère et sanctuaire de nostre église" en 1686.

Leur fille, Anne d'Eyquem (1621-1692), est dite veuve en 1681 de feu noble Jean de Pommié, sieur de Lamothe. Elle possède la maison de noble de Bernescut "cy devant du Petit Tayac et à présent d'Eyquem". Elle est inhumée dans la chapelle Saint-Joseph de l'église de Bayon le 18 septembre 1692.

Louis de Larroque, seigneur de Lassalle d'Eyquem (1649-1707) est décrit "homme très pieux et très charitable pour l’église et pour les pauvres". C’est certainement lui qui fait restaurer l'église de Bayon en 1660. Il est marié à Catherine de Chassaing : leur fille Françoise de Larroque épouse Pierre François de Lassalle, marquis de Roquefort (contrat du 5 juin 1721, Me Lacoste à Bordeaux). A la mort de Françoise en 1759, sans descendance, l'inventaire de ses biens est dressé (4 novembre 1760). La maison noble des Eyquem est alors décrite : il s'agit d'un "grand bâtiment régulier composé au milieu d'un vestibule et pavillon au-dessus couvert d'ardoise" avec un "grand corps de logis attenant de chaque côté, dans chacun desquels corps de logis est un escalier en pierre, par lequel on monte dans les appartements qui communiquent tous les uns avec les autres". Pierre François de Lassalle de Roquefort est chargé de liquider la succession. Il meurt lui-même en 1767. Par testament (24 septembre 1767, Me Perrens), il répartit ses biens entre ses frères et sœurs et nomme héritier universel son frère Jean-Louis,écuyer, seigneur, baron de Castendet, conseiller au parlement de Bordeaux, et, à défaut le fils de celui-ci, Jean Martin (voir acte du 17 mai 1777, Me Morin à Bordeaux) ou encore si ces derniers meurent sans descendance son plus jeune frère François.

Le 18 juin 1840, la propriété est rachetée par Jean Viaud, marchand de pierres, à Jeanne Sophie de Lassalle, fille de Jean Martin de Lassalle et veuve de Armand Augustin Jean comte de Calvimont Saint-Martial.

D'après les augmentations et diminutions des matrices cadastrales, une maison est construite en 1852 sur la parcelle B30 (maison de gardien près du portail d'entrée nord-est?) pour le compte de Jean Viaud.

A partir des années 1850, Jean Viaud y produit 50 tonneaux de vin. Sa fille Marie Alexandrine Viaud hérite du domaine par donation partage du 13 mai 1865. Le 13 septembre 1857, elle avait épousé le docteur Pierre Henri Bichon. En 1874, ils y produisent 80 tonneaux. En 1893 puis 1898, la production s'élève à 130 tonneaux. En 1883, leur fille, Irène Bichon épouse Fernand Bonnefon. Au début du 20e siècle, alors que ce dernier est devenu maire de la commune, 200 tonneaux de vin rouge et 15 tonneaux de vin blanc y sont produits.

Des bâtiments figurent à cet emplacement, au lieu-dit Eyquem, sur le plan cadastral de 1820. La demeure a sans doute été remaniée à plusieurs époques. D'après la description de 1760, il s'agissait à l'origine d'une maison avec pavillon central et deux "corps de logis" de part et d'autre, qui correspondent peut-être aux extrémités traitées en léger avant-corps dont les angles sont soulignés par un bossage en table (17e siècle?). La partie centrale a probablement été augmentée d'un étage dans la 2e moitié du 18e siècle ; les fenêtres et la porte ont probablement été remaniées à cette époque. Les baies d'une même travée sont ainsi inscrites dans un encadrement continu formant ressaut jusque dans la corniche. Les deux ailes basses en retour, délimitant la cour d'entrée, datent également probablement du 18e siècle : elles sont décrites dans l'inventaire de 1760, l'une abritant "des offices, cuisine et dépence", l'autre "la fournière et un grand logement pour les valets et les manœuvres". Cette cour était fermée par un muret surmonté d'une clairevoie en bois et accessible par une allée depuis la route de Bourg à Bayon, au nord-ouest, dotée d'un portail.

Côté estuaire, deux autres ailes de dépendance abritaient des chambres et une chapelle. Elles délimitaient les parterres du jardin fermé par une balustrade. Puis en descendant un escalier, on accédait au jardin potager, "ledit jardin renfermé de muraille terminé par une seconde balustrade en pierre à hauteur d'apuy qui domine sur la rivière, aux deux coins et extrémités de laquelle sont deux petits pavillons couverts d'ardoises". Les dépendances étaient organisées autour de la cour dite de la ménagerie, au sud-est : écuries, remise, grange, greniers à foin, puits. Le chai était situé "au pied de la côte pratiqué sous le rocher et le cuvier, baty à neuf au devant", donc au bord de l'estuaire.

Le plan cadastral représente ainsi un long bâtiment en bordure de Gironde (parcelle n°24 : chay). La parcelle 26 accueillant les jardins semble être encore en partie conservée, et la disposition des bâtiments correspond à peu près à la description de 1860.

Les bâtiments viticoles ont été construits à la fin du 19e siècle, en 1893, si l'on se fie à la date inscrite sur le pignon nord-est du cuvier. Le domaine est alors détenu par Fernand Bonnefon, maire de la commune.

La demeure a été profondément endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, puis restaurée à la fin du 20e siècle.

La route départementale qui passe au sud-ouest n'est aménagée qu'en 1965 : une partie du jardin est alors amputée. c'est à cette époque que la terrasse belvédère est construite et que la balustrade du jardin est donc également remaniée. Auparavant l'accès au domaine s'effectuait par la route reliant Bourg à Bayon, au nord-est.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1893, porte la date

Le château se situe sur le coteau planté en vigne dominant la confluence de la Dordogne et de la Garonne. On y accède par l'ancienne route menant de Bourg à Bayon : une longue allée avec portail mène à la cour formée par le logis et deux ailes basses en retour d'équerre. Les bâtiments de dépendance sont disposés au sud-est, tandis que le jardin se trouve au sud-ouest, côté estuaire, délimité par une balustrade.

Le corps de logis de plan rectangulaire et à étage présente, vers le jardin et la Gironde, une façade avec avant-corps à fronton triangulaire, encadré de part et d'autre de deux travées ; celles aux extrémités sont également traitées en ressaut et soulignées d'un chaînage d'angle à bossage à table. Les baies du rez-de-chaussée sont en arc segmentaire, celle de l'étage à plate-bande. La porte principale à tore et gorge est surmontée d'une corniche et encadrée de deux fenêtres étroites.

Côté cour, au nord-est, la façade reprend le même ordonnancement : elle semble toutefois plus homogène, avec l'ensemble des ouvertures en arc segmentaire. La porte principale présente un encadrement mouluré encadré de deux pilastres avec corniche. Les travées d'ouvertures présentent un ressaut continu qui se prolonge au niveau de la corniche moulurée. Aux extrémités, deux ailes forment pavillon. La cour est formée par deux bâtiments en rez-de-chaussée en retour d'équerre percés de baies en arc segmentaire à clé saillante.

Le bâtiment très remanié et restauré a été également largement transformé à l'intérieur.

Les bâtiments de vinification sont composés de deux vaisseaux accolés, abritant les cuviers et les chais. Le cuvier est doté d'un double niveau de cuves en béton.

Murs calcaire pierre de taille
moellon enduit
Toit tuile creuse
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans croupe
États conservations restauré

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; gorge (porte) ; tore (porte)
POSRUE en alignement
POSPARC en retrait
POSTOPO rebord
ORIENT sud-ouest
VUE vue sur estuaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documentation conservée au château

    Collection particulière, Aveux et dénombrements des biens des anciens présidents trésoriers de France, généraux des finances de Guyenne, relevant du roi, 1680/10/12.

    Dame Anne d'Eyquem veuve de feu noble Jean de Pommié, vivant excuyer sieur de Lamothe : maison noble de Bernescut cy devant du Petit Tayac et à présent d'Eyquem (...) consistant en maison, basse cour, offices, bois de haute futaie, prés, jardins et vignes en un tenant confrontant du levant aux vignes dépendantes de la maison noble du Grand Tayac, du couchant au chemin appelé de rue pelouze, du nord au chemin qui va et vient de l'église de Bayon à Bourg, du midi à la rivière de Dordogne ; plus une pièce de vigne en la paroisse de Comps susdite prévosté appelée au Haut Vins confrontant du levant aux prés du sieur Farfal, du couchant au chemin qui va de Bayon à Comps, du midi au susdit chemin et à celui qui descend aux prés et du nord aux vignes du sieur Desanger un chemin de servitude de la dite dame dénombrante entre 2 (...).

    [mentions : chemin qui conduit de la ville de Bourg à l'église de Bayon et au pré de la Railhe ; la vigne des héritiers de Carpena vigne du nommé Levive, fossé entre deux, au cimetière de la chapelle St Elloy et terre du sieur de Marine ; moulin de la Ruilhe, port de la Ruilhe].

    Collection particulière, Traité ou accord passé entre Messire Jean Louis de Lassalle écuyer seigneur Baron de Castendet et Messire François de Lasalle aussi écuyer seigneur baron de Saraziet concernant la succession de feu M. le marquis de Roquefort leur frère chevalier d'honneur au parlement de Bordeaux, 1767/09/24.

    (...) la maison et biens nobles appelés Dyquem, situés dans la paroisse de Bayon en Bourgès consistant en bâtiments pour le logement du maître, maison pour les métayers, vignerons et batteliers, vignes, terres labourables, vimenières, carrières, bois, port sur la rivière de Garonne, quints (?) et agrères, fiefs, cens, rentes, maison en ladite île de Bourg.

    Collection particulière, Article extrait de Feuille d'affiches, 1840/07/17.

    Vente en faveur de M. Viaud par Madame Jeanne-Sophie de Lassalle, veuve de M. Armand-Augustin-Jean comte de Calvimont Saint-Martial d'un domaine appelé Eyquem ou Laroque : maison de maître, bâtiments d'exploitation, jardin, vignes, terres et autres natures de fonds : 75000 francs ; propriété qui vient de Jean-Martin Lassalle père de Mme Lassalle, et de Jean-Louis de Lassalle (Me Morin à Bordeaux, 17 mai 1777) ; son père Jean-Louis de Lassalle de Castendet, son père : arrangements avec son frère François de Lassalle de Sarraziel, relativement à la succession de M. le marquis de Roquefort, leur frère aîné (Me Perrens, notaire à Bordeaux, 24 septembre 1767 (...).

    Collection particulière, Dépôt dans l'intérêt de M. Viaud, déposant, 1841/03/11.

    Me Castéja et Macaire, Bdx : vente d'Eyquem par acte du 18 juin 1840 ; indique la redevance d'une barrique à payer à l'église de Bayon pour une messe établie à perpétuité pour la famille de Calvimont.

    Collection particulière. Généalogie de la famille Eyquem.

    En 1840, la famille de La Salle vend le domaine à Jean Viaud le 18 juin 1840 ; à la famille Bonnefon, par mariage, à partir de 1883 ; mention d'une ancienne église Saint-Eloi vers Carpena.

  • Mentions dans la série E supplément des Archives départementales de la Gironde

    E suppl 2454 – GG1

    -Inhumation dans la chapelle St Joseph d’Anne d’Eyquem, veuve de M. de Pomiez (18 sept 1692).

    -Inhumation de Françoise d’Eyquem de Latour 17 avril 1693.

    -Inhumation de Louis de Larroque d’Eyquem, « homme très pieux et très charitable pour l’église et pour les pauvres » (5 décembre 1707).

    E suppl 2455 – GG2

    -Bénédiction des trois autels de l’église, « remise et restaurée par M. Eyquem, conseiller aux Aydes (21 octobre 1660).

    -Décès à Bordeaux de Louis Eyquem, conseiller à la Cour des Aides ; son corps est transporté à Bourg et inhumé dans l’église des Récollets. "Comme il avait restauré le cœur de nostre église, il a esté convenable de mètre icy en mémoire le jour de son trespas, veu mesme qu'il avoit esté de nostre confrérie, joint les charités et bienfaits que nostre dite église a souvent receu de sa maison (24 février 1664).

    -Inhumation "dans le presbitère et sanctuaire de nostre église" de Marguerite de Labrousse, veuve de Louis Eyquem, conseiller à la Cour des Aides ; le droit de sépulture dans ce lieu a été accordé à M. Eyquem et à ses descendants par Mgr de Béthune, "en conséquence de la despense que feu Monsieur et Madame d'Eyquem avoient fait pour restaurer le cœur de nostre église, lequel menassoit ruine par trois grandes crevasses, depuis le toit jusques aux fondements, et laquelle réparation et dépense peut avoir bien cousté 3000 francs (18 avril 1686).

    -Inhumation de Gérard Berthon, huissier, « dans la chapelle St Joseph de Madame de Pomiez d’Eyquem (17 nov 1686).

  • Extrait des Châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, Edouard Guillon, 1866

    p. 215-216

    (...) Anne d'Eyquem en hérita de son père et le porta en dot à Jean de Pommiers, écuyer, dont elle était veuve en 1681, époque où elle fit faire légalement le dénombrement de ses terres et redevances. Il résulte de ces actes que ses droits féodaux s'étendaient sur des fractions de huit paroisses environnantes, et que le lieu dont elle était habitante se nommait "la maison noble du Petit-Tayac".

    Cette maison noble a eu depuis plusieurs noms et s'est tour-à-tour appelée Château d'Eyquem, Château de Larroque et Château Viaud-Eyquem : on peut suivre ainsi la liste de ses principaux propriétaires.

    Eyquem se compose d'un grand corps de logis rectangulaire isolé sur le sommet du coteau ; il est bien distribué et ses appartements sont encore décorés de peintures du XVIIe siècle. En avant du logis s'avancent vers le fleuve des jardins en terrasses entourés de balustrades en pierres, et d'où la vue s'étend sur le Médoc et l'Entre-deux-Mers.

    La propriété qui entoure le château de Viaud-Eyquem est très-grande et contient quarante journaux de vignes exposées partie à l'Est et partie à l'Ouest ; il s'y récolte de 40 à 50 tonneaux vins rouges, classés par Franck dans les premiers crus du Bourgeais ; et par M. Joubert, courtier à Bourg, dans les deuxièmes crus de cette contrée.

    Cette belle propriété vinicole appartient aujourd'hui à M. Bichon, gendre de M. Viaud.

  • Documentation complémentaire

    AD Gironde. 2 E 1142. Titres de famille. Eyquem (d') : maison noble en Bourgès, seigneur de Bernescut. 1663.

    AD Gironde. G 3074. Baron, Bayon et Bégadan.

    Bayon. Collation d'une chapellenie par Anne d'Eyquem, veuve de Jean de Promis, seigneur de Lamothe, fille et héritière de Louis Eyquem, conseiller à la Cour des Aides et seigneur de la maison noble du Petit Tayac, en faveur de son neveu, noble François de Larocque, écuyer, curé de Coimères et « directeur de la chapelle de Nostre-Dame de la Croix en Bazadois » (10 janvier 1686).

    AD Gironde. C 4768. Dénombrement par Louis de Laroque d'Eyquem, écuyer, seigneur de Lassalle pour les biens nobles qu'il possède à Bourg, 1691.

    AD Gironde. 3 E 20307 (Me Gattelet). Inventaire des biens de Françoise de Larroque, marquise de Roquefort, 11 mars 1760.

    (...) Nous avons fait la visite des batiments de ladite maison des Eyquems, consistant en un grand bâtiment régulier composé au milieu d'un vestibule et pavillon au-dessus couvert d'ardoises ayant deux girouettes, un grand corps de logis attenant de chaque côté, dans chacun desquels corps de logis est un escalier en pierre, par lequel on monte dans les appartements qui communiquent tous les uns aux autres ; les deux ailes du bâtiment qui renferment la cour d'entrée sont composés d'un côté des offices, cuisine et dépence, et de l'autre de la fournière et d'un grand logement pour les valets et les manœuvres, ladite cour d'entrée clôturée par un mur baty à hauteur d'apuy, au-dessus duquel est un clairvoir (sic) en bois peint en ver, fermé par un portail à clairvoir dans le même gout qui se trouve en face du portail d'entrée de la dite maison, qui donne sur le chemin qui conduit de Bourg à l'église de Bayon, depuis lequel portail d'entrée jusque audit clervoir, est une charmille entourée de muraille divisée en allées, salles, [issues?] et autres desseins. Au derrière de ladite maison en face de la sortie du vestibule (?) du côté de la rivière est le parterre renfermé par deux ailes de bâtiments et terminé par une balustrade en pierre à clairvoir de hauteur d'apuy, l'aile droite des dits bâtiments est composée de plusieurs chambres et aisances, et la gauche de la chapelle et de quelques cabinets, les dits cabinets ayant communication au principal corps de logis ; à la suite duquel parterre, allant vers la rivière est le jardin potager où l'on dessend par un double escalier en pierre, ledit jardin renfermé de muraille terminé par une seconde balustrade en pierre à hauteur d'apuy qui domine sur la rivière, aux deux coins et extrémités de laquelle sont deux petits pavillons couverts d'ardoises. A gauche, vers le levant et midi est la cour de ménagerie, où l'on rentre par un grand portail, dans laquelle cour sont les écuries, la remise, grange, greniers à foin et le puits et autres bâtiments. Et du côté droit tirant vers couchant, est une autre charmille d'une distribution négligée ; plus la füi ou colombier dépendant de ladite maison bâtie dans les vignes sur la cotte allant vers la rivière ; plus le chay situé au pied de la côte pratiqué sous le rocher et le cuvier, baty à neuf au devant, et à gauche dudit chay, vis à vis lequel cuvier est un autre petit chay, le passage de l'entrée du premier chay entre deux ; dans lesquels chays et cuvier se sont trouvés les vaisseaux vinaires dont le détail suit.

    Vaisseaux vinaires de la maison noble des Eyquems : une mait bâtie en pierre dure, quatre pressoirs montés, six cuves, une écoulant trente deux barriques, deux écoulant chacune environ vingt barriques, et les trois autres écoulant chacune environ douze barriques, toutes cerclées en cercles de bois, quatre gargouilles, deux petits douils, deux échelles pour les cuves, quatre paniers pour les pressoirs, deux canes et quatre douzaines barriques, futailles vuides servant pour le breuvage (...)

    Détail des fonds, terres, vignes, fiefs et autres dépendances de ladite maison noble des Eyquems, scavoir :

    Premièrement nous sommes transportés sur un grand plantier de vigne contigu et tout en un tenant, environnant ladite maison des côtés du nord, midy et couchant, faisant le circuit de la côte et s'étendant jusques à l'extrémité du rocher qui borde la rivière (?)

    Plus sur un bourdieu ou métairie appelée du Carpana (...).

    Plus sur une pièce de terre labourable attachée à ladite métairie du Carpana scituée dans ladite paroisse de Bayon au lieu appelé la Croix.

    plus sur une pièce de vigne aussy attachée à laditte métairie du Carpana située dans la paroisse de Comps (...)

    Sur le port de la Reuille dépendant de ladite maison noble des Eyquems, situé sur la rivière de Gironde au continant (?) des possessions des Eyquems, et dans une maison bâtie sur ledit port et qui en dépend, consistant en chambres basses et hautes, chay, petit caveau pratiqué sous le rocher, fournière, parc à cochon, petite cour fermée d'une muraille, à côté de ladite maison une grange servant d'écurie, grenier à foin au-dessus, le tout affermé à Jacques Quimeau battelier (étant ladite maison et bâtiments en fort mauvais état).

    Plus sur deux mines ou carrières de pierre appartenant à ladite maison noble des Eyquems dont une est actuellement pratiquée et en exploitation et la deuxième vacante, toutes deux scituées au pied de la côte et à (?) vers le couchant, régnant sous les vignes et possessions des Eyquems.

    Plus, nous sommes transportés dans un moulin à eau appelé le moulin de Lassalle scitué sur la paroisse de Pugnac en Bourgès (...).

    Dépouillement des fiefs attachés à la maison noble des Eyquems fait sur les terriers, lèves et papiers censifs trouvés dans ladite maison (...).

    AD Gironde. 3 E 5534 (Me Duprat, Bordeaux) : Inventaire des effets de feu M. de la Salle, marquis de Roquefort. Avril 1767.

    Extraits permettant de restituer la distribution.

    -Chambre sur le fond appelée chambre de Monsieur, prenant jour sur le parterre

    -Autre chambre à suite de la précédente

    -Salle à manger prenant jour sur la cour

    -Vestibule

    -Salle de compaignie à la suite du dit vestibule

    -Chambre à coucher à suite de la précédente salle

    -Chambre à suite de la précédente

    -Chambre ou cabinet à côté de la précédente prenant jour des deux côtés sur le parterre ; dans la même chambre sur des rayons en planche s'est trouvé savoir : Bibliothèque, livres de la maison d'Iquem

    -Chambre des servantes sur l'aile droite de la cour en entrant par le parterre

    -Cuisine sur l'aile gauche

    -Chambre du cuisiner à côté de l'office

    -Au premier : chambre prenant jour sur le parterre

    -Autre chambre à suite de la précédente

    -Collidor prenant jour sur la cour

    -Chambre à la droite du colidor

    -Autre chambre à suite du colidor

    -Autre chambre dans le fond prenant jour sur le parterre

    -Chapelle

    -Chambre ouvrant sur le parterre : une bêche, deux rateaux, deux raclets, deux pelles, une paire de grands scizeaux, un volan, un plantoir, deux arrosoirs de fer blanc et autres petits outils servant à l'ueage du jardin, le tout estimé douze livres

    -Ecurie

    -Cuvier sur le bord de la rivière : une cuve écoulant trente deux barriques, deux autres écoulant vingt barriques chacune, une autre écoulant douze barriques, quatre pressoirs avec chacun leurs douze bastes, quatre comportes, deux antonnoires avec leur canelle [?] de cuivre rouge, cinq gargouilles, soixante barriques pour le brevage tant pleines que vuides

    -Chay : cinq barriques vin rouge pour la table, dont quatre de la récolte dernière et l'autre de celle de 1765, huit barriques aussy de vin rouge pour les domestiques, deux cents bouteilles tant pleines que vuides

    AD Gironde, 3 E 31574. Vente du domaine d'Eyquem à Jean Viaud, 18 juin 1840.

    Me Castéja et Me Macaire, notaires à Bordeaux

    Sophie de Lassalle veuve de M. Armand Augustin Jean comte de Calvimont Saint Martial, demeurant à Bordeaux rue du Hâ, n°56 vend à Jean Viaud, propriétaire demeurant dans la commune de Gauriac : un domaine appelé Eyquem ou de Laroque (...) consiste principalement en une maison de maître, bâtiments d'exploitation, jardin, vignes, terres et autres natures de fonds (...) ; origines de la propriété (...).

  • Extrait de l'article de Xavier Roborel de Climens consacré à l'hôtel des Lassalle de Roquefort cours de l'Intendance à Bordeaux, 2015

    Revue archéologique de Bordeaux, tome CVI, année 2015 : p. 123-124

    "La maison consiste en un grand bâtiment régulier composé au milieu d'un vestibule et pavillon au-dessus couvert d'ardoises ayant deux girouettes. Ce bâtiment est encadré de deux corps de logis renfermant deux escaliers en pierres par lesquels on monte dans les appartements qui communiquent les uns aux autres. Ces corps de logis sont prolongés par des constructions en rez-de-chaussée contenant, l'une l'office, la cuisine et la dépence, l'autre la fournière et un grand logis pour les valets et les manœuvres. L'espace ainsi délimité forme la cour d'entrée clôturée par un mur baty à hauteur d'appui au-dessus duquel est un clairvoir en bois peint en ver fermé par un portail à clairvoir dans le même gout qui se trouve en face du portail d'entrée et qui donne sur le chemin qui conduit de Bourg à l'église de Bayon. Entre le portail d'entrée et la clairevoie se trouve une charmille entourée de muraille divisée en allées salles et autres dessins. La façade postérieure, vers la Gironde, est encadrée par deux ailes renfermant à droite plusieurs chambres et aisances, et, à gauche, la chapelle et quelques cabinets. Le parterre ainsi délimité est clôt par une balustrade en pierre de hauteur d'appuy au-delà de laquelle se trouve le potager où l'on accède par un double escalier de pierre. Une autre balustrade de pierre aux deux coins de laquelle sont deux petits pavillons couverts d'ardoises, ferme le tout. A gauche, vers le levant, se trouvent les bâtiments d'exploitation et le puits. A droite on peut apercevoir une autre charmille d'une distribution négligée et le colombier basti dans les vignes sur la cote allant vers la rivière. Le chai est pratiqué au pied de la cote sous le rocher. Le cuvier, bati à neuf sur le devant, contient six cuves d'une capacité de 27 tonneaux environ.

    Au bord de la Gironde, au port de la Treille [la Reuille], se trouvent une maison batie sur le port un chai et un caveau pratiqué sous le rocher avec grange et fournière le tout en mauvais état. A cet ensemble, il faut ajouter deux mines ou carrières de Pierre... dont une est actuellement pratiquée et en exploitation et la 2e vacante, situées au pied de la cote vers le couchant reignant sous les vignes. Un moulin à eau, appelé le moulin de Lassalle, à Pugnac en Bourgès, fait partie de l'exploitation".

Références documentaires

Bibliographie
  • COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984, réédition.

    p. 263
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1868 (2e édition).

    p. 315
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p. 399
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1893 (6e édition).

    p. 538
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    p. 586
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1922 (9e édition).

    p. 814
  • GUILLON Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, tomes 1 à 4.

    tome 2, p. 215
Périodiques
  • ROBOREL DE CLIMENS Xavier. "A propos de I'hôtel Lassalle de Roquefort à Bordeaux et de ses possesseurs". Revue archéologique de Bordeaux, tome CVI, année 2015, p. 119-137.

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