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Château Escalette

Dossier IA33007143 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
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  • Parties constituantes

    • cour
    • fournil
    • écurie
    • chai
    • cuvage
    • puits
Précision dénomination château viticole
Appellations château Escalette
Parties constituantes non étudiées cour, fournil, écurie, chai, cuvage, puits
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite) - Bourg
Adresse Commune : Villeneuve
Lieu-dit : Escalette
Cadastre : 1819 A 285, 656, 657, 663 ; 2011 A1 1088

Ancienne maison noble, le château de l´Escalette appartient à la famille de Sauvanel au 17e siècle et est porté en dot à Issac de Lescalette qui y meurt en 1697. Au cours du 18e siècle, le domaine appartient aux Dehalis. Selon Edouard Guillon, la demeure est composée à cette époque d´un corps de logis rectangulaire flanqué de deux tours ; cette configuration est confirmée par les cartes de 1751 et 1759. En 1782, le tonnerre s´abat sur l´une des tours qui est probablement remaniée dans la première moitié du 19e siècle. Sur le cadastre de 1819, le château est constitué d´un corps de logis en L doté de tours et de bâtiments de dépendances à l´ouest. La famille Goize prend la tête du domaine au cours de la première moitié du 19e siècle, jusqu´à la fin du siècle. Selon les différentes éditions de Cocks de 1850 à 1886, Louis Goize produit en moyenne 40 tonneaux. Une lithographie publiée dans l´ouvrage de Marc-Henry Lemay de 2001 et datant très probablement de la seconde moitié du 19e siècle montre la partie ouest du domaine, notamment la tour remaniée, le puits dans la cour et l´ancienne "boulangerie". Cette configuration est restée la même aujourd’hui. A partir de 1893, toujours selon l´ouvrage de Cocks, le château passe entre les mains de différents propriétaires et ce jusqu´au début des années 1960 où il appartient désormais à la famille Richard. Le vignoble est ainsi reconstituée et les bâtiments viticoles rénovés.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 1ère moitié 19e siècle

Le château est implanté sur une colline au sud de la commune, dominant une vallée qui sépare Villeneuve de Gauriac. Les bâtiments sont composés, d´une part, d´un corps de logis accompagné de tours et de dépendances à l´ouest et, d´autre part, des bâtiments viticoles à l´est. Ils donnent sur une vaste cour fermée par un muret soutenu par des contreforts. Un portail de cette cour, flanqué de piliers maçonnés, permet d´accéder à la partie située en contrebas du château. Le corps de logis est constitué de deux bâtiments construits en pierre de taille, coiffés d´une croupe et disposés en L. Le premier comprend deux étages carrés. Sa façade principale tournée vers l´est est rythmée de deux travées et est percé de baies en arc segmentaire. Une tour hors-œuvre bâtie en moellons est adossée à droite de cette façade. En retour d´équerre, un second bâtiment à étage carré présente sa façade principale orientée au sud. Les deux bâtiments donnent sur une cour formant terrasse à l´italienne, délimitée par une balustrade. Dans cette cour se trouve un puits coiffé d´un toit à l´impérial en ardoise qui est soutenu par quatre piliers maçonnés et sommé d´une girouette métallique ornée de fleurs. A l´est de la demeure se dresse une tour circulaire massive, sommée d´un haut toit conique en ardoise surmonté d´un épi de faitage et percé d´une lucarne encadrée de volutes. Une corniche à modillons fait le tour de l´édifice. De l´autre côté, au sud, se trouve un ancien fournil. Les bâtiments viticoles sont contigus les uns aux autres et conservent des cuviers en ciment et inox.

Murs calcaire moellon enduit
pierre de taille
Toit tuile creuse, ardoise
Étages 2 étages carrés, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe
toit conique

Estuaire

TRAVEE 2
FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; arc segmentaire (porte) ; arc segmentaire (fenêtre)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO coteau
ORIENT sud-est
VUE vue étendue
CLOT piliers de portail
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extrait de l'édition de 1929 de l'ouvrage Bordeaux et ses vins

    COCKS, Charles, FERET, Édouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 10e éd. Féret, 1929, p. 1038.

    "Le Château Escalette produit un vin dont la réputation est depuis longtemps établie.

    Il la doit à sa situation tout à fait particulière et tant aux choix de ses plants choisis parmi les meilleurs qu´aux soins apportés par son propriétaire à la vinification.

    Il produit un vin fin et généreux ; le commerce bordelais le recherche toujours en primeur".

  • Extrait de l'ouvrage d'Édouard Guillon sur les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde

    GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 2, p.261-262.

    Esclalette, que l´on trouve aussi écrit Lescalette, est une ancienne maison noble assise sur une colline d´où elle surplombe le petit vallon qui sépare Villeneuve de Gauriac. Escalette appartenait au XVIIe siècle à la famille de Sauvanel ; Melle de Sauvanel la porta sans doute en dot à messire Issac de Lescalette, qui y mourut vers 1697, et fut enterré dans l´église de Villeneuve. Le château se composait alors d´un corps-de-logis rectangulaire flanqué de deux tours qui remontaient bien au-delà du XVIIe siècle.

    En 1725, Jean-Luc Dehalis se qualifiait "seigneur d´Escalette en Bourgeais" ; il fit faire le dénombrement de ses redevances féodales et de ses droits seigneuriaux ; et il résulte de ce terrier qu´ils s´étendaient sur des fractions de toutes les communes avoisinantes. Les successeurs de Dehalis gardèrent longtemps Escalette, et en 1782, le tonnerre abattit une de ses tours. Enfin, le dernier des Dehalis étant mort, ses nombreux héritiers vendirent le domaine à M. Goize, qui l´a gardé longtemps et l´a transmis à son fils, M. Louis Goize, le propriétaire actuel.

    L´une des anciennes tours existe encore reliée à des constructions plus modernes ; l´autre a été complètement refaite, et son faitage domine l´édifice principal qui est un grand corps-de-logis flanqué de servitudes devant lequel règne une terrasse à l´italienne dominant un vallon fertile, sur le bord opposé duquel s´élève le château de Thau. La tradition raconte que, pendant l´époque féodale, ces deux manoirs échangèrent souvent de nombreux coups de canon.

    A côté d´Escalette est un vaste jardin et une charmille qui était autrefois un labyrinthe ; plus loin, sur le penchant du coteau, est un bois de chênes-verts assis sur des rocs, des grottes et des carrières, et sur le plateau s´étend un vignoble bien tenu qui rapporte de 40 à 50 tonneaux de vins rouges "qui réunissent les qualités propres à ceux de Blaye et de Bourg".

    A l´ouest du château et sur les flancs escarpés du coteau qui le supporte, est creusée une vaste grotte aérée qui n´a rien de sinistre et qui cependant jouit d´une terrible réputation... ; on l´appelle la "Grotte des Fées", et la légende rapporte qu´un de ces êtres mystérieux en a fait son habitation... Cette fée était devenue l´épouse d´un seigneur d´Escalette ; or un jour qu´elle se faisait trop attendre pour sortir, son époux, en colère, s´écria : Que le diable emporte les fées qui sont si longtemps à leur toilette ! [...].

(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Riberolle Jennifer