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Château Ducru-Beaucaillou

Dossier IA33004815 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées chai, parc, cuvage, logement, mur de clôture, serre, jardin potager
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Pauillac
Adresse Commune : Saint-Julien-Beychevelle
Lieu-dit : Château Beaucaillou
Cadastre : 1825 D1 72 à 75 ; 2011 D1 1915, 1916, 60 à 65

Le domaine est propriété de la famille Bergeron en 1720. En 1795, il est vendu à Bertrand Ducru. Certains auteurs indiquent que ce dernier aurait confié à l'architecte Paul Abadie la restauration de la demeure, avec l'ajout d'un étage notamment (il y a peut-être confusion avec son fils également architecte ; aucune mention des Abadie n'a été retrouvée dans les archives). Sa fille épouse Antoine Ravez, avocat bordelais, député de 1816 à 1829 et secrétaire d'Etat.

Le plan cadastral de 1825 représente au lieu-dit Maucaillou un bâtiment en L, présentant une terrasse avec escalier donnant vers l'estuaire, deux petits pavillons, une pièce d'eau et probablement un bâtiment de dépendance.

En mars 1866, la propriété est vendue à Lucie-Caroline Dassier, épouse du négociant et faïencier bordelais Nathaniel Johnston. Ce dernier fut maire de la commune de 1903 à 1908. Il fait appel à l'architecte Louis-Michel Garros pour transformer le château : deux pavillons viennent flanquer la chartreuse et deux ailes sont ajoutées pour former une cour en U. L'ensemble du décor intérieur est également refait. Une grande serre est construite le long de l'aile nord. Un parc est aménagé avec trois niveaux de terrasse, donnant vers l'estuaire. Une photographie dans l'ouvrage d'Alfred Danflou (1867), une lithographie dans l'ouvrage de Charles de Lorbac ainsi qu'une illustration dans l'ouvrage de Cocks en 1874, permettent de voir le château avant les transformations de Garros. Les plans de Garros conservés aux archives municipales de Bordeaux témoignent des différents projets proposés par l'architecte : les plus anciens sont datés 1866 et montrent l'ajout des deux ailes et le projet de modifier la toiture. En 1874, plusieurs transformations sont apportées dans la distribution intérieure du château. En 1879, Garros propose de réhausser le château et de coiffer la travée centrale et les travées latérales de toits en pavillon, le tout étant flanqué de deux pavillons carrés. Finalement le château restera en rez-de-chaussée surélevé et seuls les pavillons carrés viendront encadrer la chartreuse initiale. En 1929, les Johnston vendent le domaine à Desbarat, négociant en vins. En 1941, il est acquis par Francis Borie et appartient encore à cette famille aujourd'hui.

Un nouveau chai est construit au nord du château en 2001 par les architectes Alain Triaud et Luc Arsène-Henry.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1866, daté par source
1874, daté par source
1879, daté par source
2001, daté par source
Auteur(s) Auteur : Abadie Paul, architecte, (?), attribution par travaux historiques
Auteur : Garros Louis-Michel,
Louis-Michel Garros (1833 - 1911)

Louis-Michel Garros (1833-1911) est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris. Il installe son agence au 14 rue Lecoq à Bordeaux. Son fils Alexandre (1867-1953) prend sa suite, suivi par son propre fils Louis (1895-1956). Michel, fils de Louis, né en 1923, fait de même.


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architecte, attribution par source
Auteur : Triaud Alain, architecte, attribution par source
Auteur : Arsène-Henry Luc, architecte, attribution par source

La demeure est disposée selon un axe nord-sud et présente sa façade occidentale sur cour, en un simple rez-de-chaussée, et sa façade orientale, côté jardin, vers l'estuaire en un rez-de-chaussée surélevé laissant apparaître un niveau de soubassement abritant les chais. Le bâtiment s'adapte donc à la dénivellation naturelle du terrain, en pente douce jusqu'aux rives de l'estuaire.

C'est cette façade côté estuaire qui est traitée de manière monumentale : elle est ouverte par 10 baies, les trois portes-fenêtres centrales en plein-cintre, encadrées de pilastres, formant un avant-corps surmonté d'un fronton triangulaire. Les fenêtres et portes-fenêtres latérales présentent des chambranles moulurés et sont surmontées d'une corniche. Une corniche à modillons règne sur l'ensemble de la façade, le tout étant surmonté d'une toiture en ardoise à pans brisés dotée de lucarnes à frontons triangulaires.

Ce rez-de-chaussée surélevé est accessible par un vaste escalier droit permettant d'atteindre une terrasse bordée d'une balustrade, sous laquelle se trouve le niveau de soubassement traité en bossage continu et ouvert de quelques baies carrées et de baies cintrées. Deux pavillons de plan carré et à étage carré, dotés de bow-windows et surmontés de terrasses à balustrades, encadrent le corps de bâtiment principal. Côté cour, la façade est ouverte de baies surmontées de corniches et présente un comble à surcroît percé de jours rectangulaires. Elle est surmontée d'une toiture en tuiles creuses. A l'ouest, la maison du gardien marque l'entrée de la propriété.

La cour est aménagée de parterres, tandis que le parc se déploie à l'est, vers l'estuaire. Il se compose de parterres puis d'allées sinueuses, d'une pièce d'eau et d'un ancien jardin potager entouré de murs en moellons.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée surélevé, étage de comble, étage de soubassement, comble à surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans brisés
toit à longs pans
croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations pilastre fronton

Estuaire

TRAVEE 17
FORBAIE arc plein-cintre (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; corniche (fenêtre) ; pilastres (porte)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO versant
ORIENT est
VUE vue étendue ; vue panoramique ; vue sur estuaire
CLOT mur de clôture

Propriété non visitée. C'est dans cette propriété que les premiers essais de bouillie bordelaise contre le mildiou ont été tentés.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Extraits des ouvrages Bordeaux et ses vins (Cocks et Féret)

    COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132

    Ce domaine, acheté en 1866 par M. Nath. Johnston Junior à Mme Ducru-Ravez, moyennant un million de francs, comprenant 82 hectares, dont 48 sont consacrés à la vigne, et produisent des vins très renommés.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1874 (3e édition).

    p.151

    Le cru du Château-Beaucaillou est aussi appelé Ducru-Beaucaillou, du nom de son ancien propriétaire, M. Ducru, qui y apporta de grandes améliorations et en fit un des deuxièmes crus les plus recherchés du Médoc. Le domaine comprend 45 hectares de vignes et 20 hectares de prairies sur le bord du fleuve. Son vignoble est admirablement situé sur les premières croupes graveleuses parallèles à la Gironde. La grave y est très grosse et s'étend à une grande profondeur. Les meilleurs cépages fins le composent seuls et produisent des vins séveux et corsés des plus appréciés du Médoc. Vu du fleuve, entre le ponton de Beychevelle et Saint-Julien, le Château Ducru-Beaucaillou, récemment restauré par son nouveau propriétaire, M. Nath. Johnston, produit un effet grandiose.

    COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1893 (6e édition).

    (...) Nous en reproduisons la vue d'après une photographie de M. Terpereau.

    Propriétaires successifs et production mentionnés dans les éditions successives de Bordeaux et ses vins :

    Cocks 1850 : Ducru, 110 tonneaux.

    Cocks 1868 : Nath. Johnston 80 à 100 tonneaux.

    Cocks 1874 : Nath. Johnston 110 tonneaux ; illustration p. 151.

    Cocks 1881 : Nath. Johnston 100 tonneaux ; illustration p. 180.

    Cocks 1893 : Nath. Johnston 100 tonneaux ; illustration p. 194.

    Cocks 1898 : Nath. Johnston 100 tonneaux ; illustration p. 198.

  • Augmentations et diminutions relevées dans les matrices cadastrales

    D71, construction nouvelle d'une maison en 1869.

    D72, construction nouvelle d'une maison en 1869.

    D74, augmentation de construction d'un château en 1876.

    D74, augmentation de construction d'un château en 1880.

    D77, construction nouvelle d'une maison en 1887.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plans du domaine de Ducru-Beaucaillou. Papier, calque, encre, crayon, aquarelle, par Garros, Louis-Michel (architecte), 1866-1879 [AM Bordeaux, Fonds Garros, 208 S 678].

  • Dessin du château Maucaillou. Papier, crayon, par Stahl, vers 1878 [BNF, Collection Destailleur].

Bibliographie
  • Château Ducru-Beaucaillou, Grand Cru Classé en 1855, Saint-Julien. William Blake and Co. édit., 1992.

  • BERNARDIN, Eric, LE HONG, Pierre (Photogr.). Crus classés du Médoc : le long de la route des châteaux. Bordeaux : Editions Sud Ouest, 2010.

    p. 80-87
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p. 132
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 136-137
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 323-324
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867].

    tome 1, p.65-66
  • LORBAC, Charles de. Les richesses gastronomiques de la France. Les vins de Bordeaux. I partie. Crus Classés, illustré par Charles Lallemand. Paris : Hetzel, [vers 1868].

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