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Château Desmirail, aujourd'hui château Marquis d'Alesme-Becker

Dossier IA33003129 réalisé en 2010

Fiche

Précision dénomination château viticole
Appellations château Desmirail
Destinations château Marquis d'Alesme-Becker
Parties constituantes non étudiées cuvage, chai, tonnellerie, écurie, remise agricole, portail
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Margaux
Cadastre : 1826 B 77 ; 1960 AC 138

Desmirail faisait autrefois partie du domaine de Rauzan, et en fut séparé pour servir de dot à une demoiselle Rauzan de Ribail, qui épousa Jean Desmirail, alors avocat puis conseiller, et enfin président au Parlement de Guyenne. Ce sont eux qui firent construire le château qui figure sur le cadastre de 1826. Le nom d'Alesme fait référence à une importante famille noble de Guyenne ; on retrouve une famille Dalesme, propriétaire au début du 19e siècle et qui vend à Jean Bekker-Terling. En 1836, la propriété Dalesme appartient à Joseph-Amédée Rolland. Le lien entre Jean Desmirail et la famille Dalesme puis Bekker n'est toutefois pas clair. L'édifice actuel conserve des éléments anciens mais l'ensemble a été rhabillé et transformé entre 1860 et 1866 par le propriétaire, Joseph Sipière. Un plan daté 1859 montre la façade du château avant transformations : on y retrouve les mêmes proportions, le même nombre de travées : Joseph Sipière, comme en témoigne Édouard Guillon en 1866, "le restaura à la moderne, y ajouta les deux tourelles en pendant qui le flanquent, l'horloge qui décore sa façade, le belvédère qui la surplombe". Les plans de ce belvédère furent publiés vers 1881 dans un ouvrage de J. Ferrand, architecte, consacré aux constructions en fer et en bois. Dans l'édition de 1886 de l'ouvrage de Cocks et Féret, l'illustration de la demeure est accompagnée d'un commentaire confirmant l'attribution des plans à M. Ferrand. L'existence d'un puits artésien est également mentionnée.

Des augmentations de construction sont mentionnées en 1860 et 1866 et la construction nouvelle d'un chalet est indiquée en 1867. Ce dernier correspond-t-il à la partie latérale ouest ? Le château Desmirail devient château Marquis d'Alesme en 1938, lorsque la moitié des vignes et la marque commerciale Desmirail sont vendues à château Palmer (Cantenac) par le propriétaire de l'époque la société Chaplin and Co. L'autre moitié des vignes et le château désormais appelé Marquis d'Alesme Becker sont acquis par Edmond Ritz puis c'est la famille Zuger qui prend le relais à partir de 1955. Elle cède en 2006 la vigne, les dépendances et le nom à Hubert Perrodo, déjà propriétaire de Labégorce, Labégorce-Zédé et l'abbé Gorsse. Des bâtiments de dépendance, ne sont conservés qu'une partie de l'écurie, l'ensemble du cuvier et des chais ayant été remaniés en 1998 (Digneaux et Maurice, architectes). La "vacherie" octogonale, mentionnée par Édouard Guillon, a été détruite après 1975.

Un bâtiment de dépendance avec des encadrements en brique et pierre correspond peut-être à la cuisine des vendanges construite en 1872.

Le bâtiment où figure l'inscription "maître de chais" conserve sur sa façade occidentale une porte à l'encadrement mouluré, datant probablement du 18e siècle.

Les deux pavillons donnant sur la rue correspondent aux deux constructions nouvelles mentionnées sur cette parcelle en 1866. Le décor porté par l'une d'elle a été ajouté par Roger Zuger au milieu du 20e siècle.

Enfin, un édifice en brique et pierre peut correspondre à une maison de gardien et à la construction nouvelle indiquée en 1866.

Le parc a été planté en vignes, quelques arbres sont encore conservés ; les fontaines et puits artésien mentionnés dans les textes ne sont plus visibles aujourd'hui.

Dépendances et parcs ont été largement transformés au cours des années 2013-2014, englobées dans le vaste projet de construction de la famille Perrodo, confié à l'architecte Fabien Pédelaborde. De nouveaux chais sont en cours de construction à cet emplacement pour devenir le siège de la marque Marquis d'Alesme.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Ferrand J.
J. Ferrand

Architecte et auteur de l'ouvrage Le charpentier-serrurier au XIXe siècle. Constructions en fer et en bois. Charpentes mixtes en fer, fonte et bois. Charpentes décoratives pour ateliers, magasins, halles, hangars, pavillons, galeries, passerelles, terrasses, planchers, portes, etc. Cent planches en couleurs et texte. Librairie polytechnique de J. Baudry, éditeur. Paris, s.d. [1881].


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Le logis se compose d'un corps central de bâtiment de six travées, encadré de deux pavillons de trois travées chacun, flanqués de tourelles en encorbellement. L'ensemble s'organise en un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. Un espace médian séparé par deux bandeaux est rythmé par des tables en tuffeau et en brique. On retrouve ces tables en brique séparant chaque fenêtre du rez-de-chaussée et de l'étage, ainsi que sous la corniche à modillons. Celle-ci est surmontée d'une balustrade en pierre qui se prolonge par les lucarnes, simples pour les pavillons et doubles au-dessus des deux travées centrales. Ces dernières forment un fronton orné d'une horloge factice, entourée de guirlandes de fruits et surmontée des initiales JS (Joseph Sipière) inscrites dans un cartouche, entouré de pampres de vigne.

Le faîte des toits est orné d'épis de faîtage en zinc. Le pavillon oriental est doté d'un belvédère, plateforme rectangulaire avec garde-corps et guérite surmontée d'un toit à l'impérial. La façade latérale occidentale composée de trois travées est complétée par deux travées supplémentaires en pierre de taille de calcaire coiffées d'un toit à longs pans débordant. La façade postérieure du château est quasi aveugle. L'accès au château s'effectue par une allée encadrée par deux pavillons, dont l'un porte des lettres (SD ?) et des raisins.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse mécanique, tuile creuse
Étages en rez-de-chaussée surélevé, sous-sol
Élévations extérieures élévation ordonnancée sans travées
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit conique
croupe
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations cartouche guirlande monogramme balustre fronton raisin vigne

Estuaire

TRAVEE 12
FORBAIE linteau droit (fenêtre) ; linteau droit (porte) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; bossage (fenêtre) ; agrafe (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) ; plate-bande (porte)
POSRUE perpendiculaire
POSPARC en retrait
VUE vue bornée
CLOT mur de clôture maçonné ; grille ; piliers de portail
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • DOCUMENTATION COMPLÉMENTAIRE

    - GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p.274

    "Desmirail est situé dans le bourg même de Margaux, près des bords du petit ruisseau qui traverse la commune ; il faisait autrefois partie du domaine de Rauzan, dont il fut distrait pour servir de dot à une demoiselle Rauzan de Ribail, qui épousa Jean Desmirail, alors avocat, puis conseiller, et enfin président au Parlement de Guyenne : il habitait souvent Margaux, et Mme Desmirail, qui était une dame de bonne compagnie, y recevait avec élégance les familles nobles des environs. Le fils se lança aussi au barreau, s´y rendit célèbre, et fut procureur-général sous la Restauration. Ce furent ces deux propriétaires qui firent construire le château ; mais lorsque M. Sipière, son propriétaire actuel l´acheta, il le restaura à la moderne, y ajouta les deux tourelles en pendant qui le flanquent, l´horloge qui décore sa façade, le belvéder [sic] qui la surplombe, et en fit enfin l´édifice actuel.

    Le château Desmirail est le plus élégant de Margaux ; c´est un vaste rectangle, élevé de plusieurs étages et dont la façade est formée de panneaux de briques rouges, avec encadrement de pierres blanches d´un fort bel effet ; cette façade est rehaussée par des sculptures, balustres, des fenêtres à la Mansard ; le tout surmonté par des faîtages ardoisés, des pavillons, des belvéders [sic], des girouettes et une multitude de pointes métalliques, surmontées de boules dorées, comme les palais orientaux.

    Les servitudes sont en rapport avec le château ; elles sont élégantes et bien distribuées, et M. de Lorbac a donné la description de la Vacherie, qui est un octogone assez original. On arrive au château par des entrées grillées, entre lesquelles sont des baraques en vieilles planches qui en cachent tous les agréments. Cependant ses massifs, ses pelouses, ses kiosques, ses ruisseaux, ses ponts et son puits artésien, de 75 mètres, méritent d´être vus par l'étranger... A côté de ce puits est une fontaine, bâtie en 1866 par M. Sipierre, et dont il a fait hommage au bourg de Margaux (...)".

    - COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 205-206

    "C´est par le mariage d´une demoiselle Rauzan de Ribail avec un Desmirail qu´une partie du domaine de Rauzan, détachée à titre de dot, prit le nom du nouvel époux (...). Monsieur Sipierre ayant acquis le domaine de M. Desmirail, ancien procureur du roi et régisseur du cru limitrophe de château Margaux, fit restaurer le vieux château vers 1860, dans le style Louis XIII, et ne cessa d´apporter les soins les plus assidus à ce beau vignoble."

    - COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 203-204

    "Le vignoble du château Marquis-d´Alesme est l´un des trois premiers créés dans la région de Margaux en 1585 par le marquis d´Alesme, apparenté à la famille Raymond de La Roque, écuyer de Budos, seigneur de Tastes et de La Tour, décédé le 21 avril 1594. Sa veuve, Jehanne d´Alesme, prit le titre de dame de Tastes.

    Le marquis d´Alesme était un des promoteurs dans la création des vignobles du Médoc et a fait enregistrer son cru en 1616 (...).

    L´ancienne demeure a été agrandie et restaurée en 1859, et les visiteurs peuvent admirer le château style Louis XIII, situé au centre de la commune de Margaux".

    - COULON, Robert. Documents concernant le château Marquis-d'Alesme-Becker à Margaux. Bulletin et Mémoires de la société archéologique de Bordeaux, 1978, tome LXX. p. 211-214.

    Résumé :

    Le 6 vendémiaire an VIII, contrat qui mentionne le nom des propriétaires : Jean-Baptiste-François Dalesme et sa soeur Marie-Apolonie-Chantal ; demeurant 59 cours de Tourny à Bordeaux.

    Le 1er mai 1809, un contrat de gestion du domaine, passé entre Jean-Baptiste Moureuil, époux de Marie Dalesme et le Hollandais Jean Bekker-Terling nous apprend que ce dernier avait acheté la part de Jean-Baptiste Dalesme. Il semble que rapidement, il devint propriétaire de l´ensemble.

    En octobre 1832, Bekker-Terling mourut laissant six-huitièmes de ses biens à sa nièce Sophie-Fanny Terling, qui six mois après, épousera Joseph-Amédée Rolland, négociant papetier demeurant 34 quai de Bourgogne à Bordeaux. Autres cohéritiers : le capitaine Van Crimpen et Mme Van Bel.

    Le 18 janvier 1836, Rolland devint le seul détenteur de la propriété Dalesme en rachetant les parts des deux autres.

    Mention des frais pour le maçon Mellet et le peintre Boudet en 1837 et 1838 pour des travaux d´embellissement de la maison, et ceux occasionnels du jardinier du château Margaux qui traça le jardin et planta les arbustes du domaine Dalesme en 1837.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan du parc et château de Monsieur Sipière, situé commune et bourg de Margaux, dressé en février et mars 1859.

    Collection particulière
  • CARDOZE, Edmond. La carte postale des châteaux de la Gironde. Pierre Fanlac, 1985.

    p. 129
  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux, s.d. [1867], t. 1.

Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 113
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils, 1886 (5e édition).

    p. 150
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 82
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 205
  • FERRAND J. Le charpentier-serrurier au XIXe siècle. Constructions en fer et en bois. Charpentes mixtes en fer, fonte et bois. Charpentes décoratives pour ateliers, magasins, halles, hangars, pavillons, galeries, passerelles, terrasses, planchers, portes, etc. Cent planches en couleurs et texte. Librairie polytechnique de J. Baudry, éditeur. Paris, s.d. [1881].

    p. 6
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux, 1866. Tome 3.

    p. 273-274
Périodiques
  • COULON, Robert. Documents concernant le château Marquis-d'Alesme-Becker à Margaux. Bulletin et Mémoires de la société archéologique de Bordeaux, 1978, tome LXX. p. 211-214.

    p. 211-214
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