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Château de Ségonzac

Dossier IA33004411 inclus dans Hameau de Ségonzac réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Parties constituantes non étudiées logement, château d'eau, chai
Dénominations demeure
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive droite)
Adresse Commune : Saint-Genès-de-Blaye
Lieu-dit : Ségonzac
Cadastre : 1832 B 1246 ; 2013 OB 1472-1473

Le site de Ségonzac, dominant l'estuaire, inciterait à penser qu'une maison noble existe de longue date lorsqu'elle est citée pour la première fois, semble-t-il en 1666, en possession des Bellot, famille noble du Blayais. A la suite du mariage, célébré en 1788 dans la chapelle domestique du château, de Marguerite-Thérèse de Bellot, fille de Pierre de Bellot, avec Anne-François-César de Beaupoil de Saint-Aulaire, le domaine passe dans les biens des Beaupoil de Saint-Aulaire. Des parties anciennes du château ne sont conservées que les dépendances, dont l'aile des chais au sud et celle des étables au nord, difficilement datables mais qui ne paraissent pas antérieures à la 2e moitié du 18e siècle (baies cintrées en arc segmentaire). D'après le plan cadastral de 1832, l'ancienne demeure, plus proche des dépendances qu'elle ne l'est aujourd'hui, se composait d'un corps de logis de plan carré doté d'un tour (d'escalier ?) sur la façade ouest et d'une extension rectangulaire à l'est. Le registre des augmentations de la matrice cadastrale mentionne une construction nouvelle en 1861, qui semble correspondre au bâtiment du logements des ouvriers, à l'écart au nord-est.

Les remaniements les plus importants interviennent à la fin du 19e siècle, après l'acquisition en 1887 de la propriété, ravagée par le phylloxéra et presque à l'abandon, par Jean Dupuy, sénateur des Hautes-Pyrénées et homme de presse. Ce dernier décide de créer à Ségonzac un domaine viticole modèle. Entouré du régisseur Alexandre Faure et du maître de chai Achille Laborde, il entreprend des travaux considérables de terrassement, de drainage et de plantations nouvelles de vigne. Il fait également reconstruire la demeure, mais mobilise surtout ses moyens dans la construction d'un nouveau cuvier et d'un chai à barriques, confiée à l'architecte blayais Aurélien Nadaud. L'ensemble est rapidement opérationnel puisque les nouvelles installations, notamment le cuvier mécanique à vapeur, sont récompensées par la Société d'agriculture de la Gironde en 1892. Cette réalisation expérimentale, qui traduit tout l'intérêt de Jean Dupuy pour l'agriculture, aura sans doute compté dans le choix de sa nomination au poste de ministre de l'agriculture en 1899. Durant la 1ère moitié du 20e siècle, son fils Pierre, homme politique, poursuit l’œuvre paternelle ; c'est probablement à lui qu'est due la construction du château d'eau en béton dans les années 1930.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle , (?)
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Dupuy Jean,
Jean Dupuy (1844/10/01 - 1919/12/31)

Sénateur des Hautes-Pyrénées (1891-1919), ministre de l'agriculture (1899-1902), ministre du Commerce et de l'Industrie (1909-1911), ministre des Travaux publics et des P.T.T. (1912-1913).


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commanditaire, habitant célèbre, attribution par source

La demeure et ses dépendances occupent l'extrémité de la dorsale d'un coteau s'avançant vers l'estuaire. Les bâtiments sont disposés sur une cour fermée, hormis les chai et cuvier construits a novo en contrebas. L'aile sud, qui correspond probablement aux anciens chais, est en rez-de-chaussée sur un niveau en soubassement, alors que l'aile nord, vraisemblablement les anciens communs, comporte un niveau en surcroît ; cette aile est prolongée par un logis d'un étage pour le régisseur. Une autre dépendance en rez-de-chaussée, située au nord de la précédente, constitue les anciennes étables. Plus à l'écart au nord et au delà d'un château d'eau en structure béton, se trouve un ensemble de 5 logements d'ouvriers agricoles d'une travée à étage, dont un double en profondeur. Enfin, près de l'entrée, un autre logement (de régisseur ?) est séparé de la rue par un mur de clôture. Toutes les dépendances sont couvertes en tuile creuse.

La demeure, isolée sur le rebord du coteau et tournée vers l'estuaire, est établie sur un niveau en soubassement et compte un étage carré et un étage de comble. Elle est de plan carré. La façade sur cour comporte un avant-corps de 3 travées et 2 travées de part et d'autre. les deux ailes perpendiculaires sur l'arrière encadrent un corps central en léger retrait précédé d'une terrasse à l'étage, offrant une vue sur l'estuaire. Les toitures des différents corps, individualisées, sont à croupe brisée et couvertes d'ardoise.

Murs calcaire moellon enduit
béton
Toit ardoise, tuile creuse
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe brisée
toit à longs pans croupe
Techniques sculpture
Représentations guirlande
Précision représentations

La porte d'entrée de la demeure, côté cour, est ornée de guirlandes sur son couvrement.

Enquête de terrain réalisée en 2008.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Documents divers concernant la famille de Bellot en Blayais

    AD Gironde, 2 E 220 : dossier de Bellot (1782-1790)

    - Contrat de mariage entre Antoine de Bellot, écuyer, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien capitaine d’infanterie et ancien maire de la ville de Blaye y habitant paroisse Saint-Sauveur, veuf de Charlotte de Romezay, fils légitime du défunt François de Bellot et Charlotte Chanteraine, et Jeanne Morel, veuve d’Etienne Rauquil, major du Fort-Médoc (31 août 1782).

    - Règlement de compte de Jeanne Morel, veuve Bellot, chevalier de Saint-Louis, habitant Blaye paroisse St-Sauveur, avec Jean-Baptiste Joseph Bellot aîné major de vaisseaux pour lui et ses frères mineurs (23 frimaire an III).

    - Testament de Pierre de Bellot, écuyer et chevalier de Saint-Louis et ancien capitaine au régiment Dauphin [...] habitant ordinairement en son château de Ségonzac paroisse de Saint-Genès en Blayais, lequel étant retenu au lit malade de certaine maladie de corps grâce à Dieu saint d’esprit, mémoire et entendement [...] prévenu de la certitude de la mort [...]. Demande : à être enterré dans l’église de Saint-Genès où il a sa sépulture. [...] Déclare que de son mariage avec feu Jeanne de Saincric il a été procréé deux demoiselles ses filles Marguerite Thérèse de Bellot l’aînée (mariée depuis peu à Anne-François César de Beaupoil de St-Aulaire, écuyer, officier au régiment de Champagne infanterie) et Marie Adélaïde Pontet de Bellot. Déclare instituer Marguerite comme son héritière générale et universelle à charge de payer à sa sœur 250 000 L en argent, billets ou autres effets de la succession [...]. Fait au château de Ségonzac, domicile du testateur, dans sa chambre où il est malade auprès de son lit [...] (15 novembre 1788).

    - Accord sur procès entre Marguerite-Thérèse de Bellot aînée, épouse de Anne-François-César baron de Beaupoil de Saint-Aulaire écuyer, officier au régiment de Champagne Infanterie, agissant comme héritière générale et universelle de feu Pierre de Bellot [...] et Roch François-Antoine de Bellot de Ramezay, lieutenant des vaisseaux du roi habitant de cette ville et paroisse de Saint-Sauveur, agissant pour lui et pour son frère Jean-Baptiste-Joseph de Bellot, aussi lieutenant de vaisseaux du roi, celui-ci agissant tant en son nom personnel que comme curateur aux causes de Pierre de Bellot officier du régiment de Bourbonnais, et François Xavier de Bellot officier de celui d’Austrasie, Infanterie, les deux frères les plus jeunes et Charles-Joseph de Bellot aussi écuyer officier au régiment d’Anghin aussi infanterie, habitant de la paroisse de Saint-Sauveur.

    Par ces parties ont été dit que feu Joseph Antoine de Bellot écuyer chevalier de l’ordre de St-Louis et ancien capitaine du régiment de Guienne Infanterie, fit son testament mystique en secret le 28 avril 1785, par lequel il nomma pour curateur à Jean-Baptiste-Joseph, Roch-François-Antoine, Charles-Joseph, Pierre et Xavier de Bellot ses enfants [un mot] feu Pierre de Bellot son frère, père de la dame de Beaupoil comparante ; lequel il décharge de toute attestation, attendu sa solvabilité notoire, même de faire inventaire des effets mobiliers qu’il délaisserait si le feu sieur de Bellot curateur ne le jugeait à propos. Que Joseph-Antoine de Bellot étant décédé dans cette intention le 7 mai de la même année, feu Pierre de Bellot fit procéder à l’ouverture du testament et fit procéder à l’inventaire des meubles et effets, or, argent, titre et papiers qui se sont trouvés au décès de feu Joseph-Antoine de Bellot son frère, dans la maison où il est décédé rue de la Tannerie, le 10 mai 1785 ; et autre inventaire séparé les 27-28 juillet, tant des biens trouvés dans la maison que dans les biens de campagne aussi délaissés par le feu de Bellot. A administré les biens des Bellot comparant jusqu’au jour où ils ont été pourvus de lettres de bénéfice d’âge.

    Que Pierre de Bellot étant venu à décéder le 3 décembre 1788, Charles-Joseph, Pierre et Nicolas-Xavier de Bellot encore mineurs nommèrent comme curateur Jean-Baptiste-Joseph de Bellot leur frère aîné [...].

    En conséquence rendit assignée la dame de Bellot épouse de Beaupoil, aux fins de la reprise de l’instance en reddition de compte qu’il avait intentée contre feu Pierre de Bellot par son exploit du 7 avril 1787. Que la dite dame de Beaupoil voulant éviter la suite de toute les comminations qui avaient déjà été obtenu contre le feu sieur de Bellot son père relativement à la reddition de compte ; par le résultat du compte il s’est trouvé que la recette excédait la dépense [...]. Volonté de faire régner la paix et la tranquillité. Traité. Dédommagements et solde de tout compte de curatelle (1790).

    AD Gironde, 4 E 3699 : état civil, mariage de Marguerite de Bellot avec Anne-François-César de Beaupoil de Saint-Aulaire (13 novembre 1788)

    "Aujourd’hui 13 novembre 1788 après avoir publié au prône de la messe paroissiale un ban de mariage entre messire Anne François César de Beaupoil de St Aulère, fils légitime de messire haut et puissant seigneur messire Philippe François Beaupoil de St Olère de Montplaisir comte de Montplaisir, baron de la Luminade, seigneur en partie de Condat et autres lieux, habitant de la susdite terre de Montplaisir en Périgord et très haute et puissante dame Breard habitant avec madame sa mère à Marene d’une part, et d’autre Marguerite Thérèse de Bellot fille aînée et légitime de très haut et très puissant seigneur messire Pierre de Belot, écuyer, chevalier de [...] Saint-Louis, ancien capitaine au régiment dauphin infanterie habitant de son bien noble de Segonzac près Blaye paroisse de St-Genès [...] et de dame haute et puissante seigneuresse Jeanne de Cincric d’autre part, faite suivant la permission signée Boudin, du 3 du courant avant les fiançailles ayant prévenu mon peuple que les parties voulurent se pourvoir pour obtenir la dispense de deux autres bans à proclamer sans avoir découvert aucun empêchement [...] et étant dispensés de 3 bans à proclamer dans la paroisse St-Rémy de Bordeaux domicile de fait du Sr contractant lieutenant dans le régiment de Champagne infanterie en garnison au château Trompette à Bordeaux [...] qui porte permission de fiancer et tout de suite d’épouser dans la chapelle du château de Ségonzac en cette paroisse [...]. Je soussigné prieur curé de la paroisse de St-Genès me suis transporté chez messire Pierre de Bellot et dans sa chapelle domestique ay reçu les promesses mutuelles de leur futur mariage et tout de suite ayant observé les dits du diocèse et usages prescrits par l’Eglise leur ay cosenti [?] la bénédiction nuptiale [...] en présence de Jean Jacques François Pourey de Palentine capitaine au régiment de Champagne infanterie, de Charles François Poulin, chevalier de Ceintre lieutenant au même régiment, de Sieur Joseph Lalande docteur de l’université de Montpellier, médecin du roi à Blaye, d’Antoine Candelon maître en chirurgie demeurant à Blaye, soussignés."

    AD Gironde, 4 E 011 : registre de l’état civil de Saint-Genès, table décennales, an XII-1812

    Table des décès : Bellot Jean, acte du 20 octobre 1809 (acte n° 12).

  • Famille de Bellot. Extrait du Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables par Chaix d'Est-Ange

    BELLOT (de) et BELLOT de RAMSAY (t. 3, p. 308-309)

    Armes : d'or à deux lions affrontés de gueules ; au chef d'azur chargé de trois étoiles d'argent.

    La famille de Bellot appartient à la noblesse de Guienne. On trouvera une partie de sa généalogie dans le Nouveau d'Hozier, au Cabinet des Titres. Elle a eu pour auteur François Bellot, sieur du Marché-le-Vuarde et de Lavergne, capitaine et sergent-major en la garnison de Blaye, qui fut anobli d'abord par lettres patentes de juin 1660, enregistrées le 11 août 1661 en la Chambre des comptes de Paris, puis par nouvelles lettres patentes en mars 1664. Un édit du mois de septembre de cette même année ayant révoqué tous les anoblissements concédés depuis 1611, François Bellot se fit accorder en mars 1665 de nouvelles lettres patentes qui l'exceptaient de cette mesure et qui le confirmaient dans sa noblesse. Son fils, Robert de Bellot, écuyer, Sgr de Marchais et de Segonzac, en Blayais, marié d'abord en 1686 à Jeanne Voysin, fille d'un conseiller en la Cour des aides de Bordeaux, était capitaine d'une compagnie au régiment de Vignolle quand il se remaria en 1690 avec Jeanne Brun de Gadeau. Il fit enregistrer son blason à l'Armorial général de 1696 (registre de Bordeaux) et fut maintenu dans sa noblesse d'abord le 27 mai 1697 par jugement de M. de Bezons, intendant de Bordeaux, puis en 170... par arrêt du Conseil d'Etat. Il fut lui-même père de François de Bellot, écuyer, Sgr de Segonzac, né le 24 mars 1693, qui épousa le 9 juillet 1718 Marguerite Cherpentier de Chanterenne, fille d'un commissaire des guerres, sénéchal du marquisat de Barbézieux, grand-père d'Antoine-Joseph de Bellot, né à Barbézieux en 1724, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Guienne, qui épousa à Québec, au Canada, en 1758, Charlotte de Ramsay, et arrière-grand-père de Pierre de Bellot, né à Blaye en 1765, qui fit en 1775 des preuves de noblesse pour être admis à l'École militaire de la Flèche.

    Jean-Baptiste de Bellot, lieutenant des vaisseaux du Roi, prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Bordeaux.

    La famille de Bellot était représentée de nos jours par plusieurs rameaux. L'un de ces rameaux, fixé en Ecosse, est connu sous le nom de Bellot de Ramsay. Un représentant d'un autre rameau, né en 1850 à Alger où son père était trésorier payeur, marié en 1874 à Mlle de Wimpffen, a été autorisé par décret du 1" septembre de cette même année à joindre à son nom celui de la famille de Chardebœuf de Pradel. Il a été connu depuis lors sous le titre de comte que portait le chef de cette famille.

    La famille de Bellot a fourni des officiers.

    Principales alliances : du Choyron du Pavillon 1833, de Ségur-Cabanac, de Wimpffen, de Beaupoil de Saint-Aulaire de la Luminade 1788, de Beaupoil de Saint-Aulaire de la Dixmerie 1757, etc.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mariage entre Anne-François-César de Beaupoil de Saint-Aulère et Marguerite-Thérèse de Bellot, dans la chapelle domestique du château de Ségonzac, 13 novembre 1788.

    Archives départementales de la Gironde : 4 E 3699
  • Dossier de la famille de Bellot (1782-1790).

    Archives départementales de la Gironde : 2 E 220
  • Matrices cadastrales et états des sections, 1834-début du 20e siècle.

    Archives départementales de la Gironde : 3 P 405/01-06
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, 1832.

    section B Archives départementales de la Gironde : 3 P 405
  • Vue d'ensemble du domaine de Ségonzac. Gravure publiée dans Bordeaux et ses vins [...], édition de 1898, p. 627.

Bibliographie
  • CHAIX D'EST-ANGE, Gustave. Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle. Evreux : imprimerie de Charles Hérissey.

    T. 3, p. 308-309.
  • COCKS Charles, FERET Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1898, revue et augmentée de 450 vues de châteaux viticoles (7e édition).

    P. 626-628.
  • COTTON DE BENNETOT Arlette. Petit dictionnaire des rues de Blaye. Bordeaux : Imprimerie Biscaye, 1983.

    P. 101-102.
  • GUILLIER Henry. Les grands vins de la Gironde illustrés. Libourne-Bordeaux, s.d. [vers 1910].

  • SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE LA GIRONDE. Fête de la Société célébrée à Bourg-sur-Gironde le 4 septembre 1892. Liste des lauréats. Bordeaux : imprimerie générale E. Crugy, Vve Riffaud successeur, 1892.

    P. 3-5.

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