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Château de Losse

Dossier IA24004197 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

Le château de Losse

Histoire : les origines d’un lignage et d’un domaine (XIIIe-début XVIe siècle)

Les premières mentions de la famille de Losse, lignage de milites castri rattaché au castrum de Montignac, remontent au XIIIe siècle : en 1248, Guillaume de Lossa est l’époux de Ricarde de Rupe et teste en 1274 avant d’être enterré dans l’église Saint-Pierre de Montignac ; en 1290, Pierre Ier de Losse est le garde du sceau de Renaud de Pons, seigneur de Montignac. Comme de nombreux autres lignages de la châtellenie (les Ferrières, Féletz, Arnauld…), celui de Losse possède alors dans la petite cité sa demeure principale, la domus de Lossa (1299), aussi appelée hospicium et ortus [hôtel et jardin] de Losse (1462, 1484), située dans le canton nord-est du barri du chef du Pont, soit le faubourg de la rive gauche de la Vézère ultra pontem de Montinhaci, dans la paroisse de Brenac. Les Losse y possèdent également à proximité un moulin, au bord de la Vézère, mentionné dès 1210. Cette demeure citadine fut souvent confondue par les auteurs avec le fief situé à Thonac, qui n’apparaît dans les textes que tardivement, d’abord sous le nom de « Peyra Talhada » en 1478, puis sous celui « de Losse » à partir de 1541.

Du XIIIe siècle date sans doute en effet la création d’une seigneurie à Thonac. Au cours de ce siècle, le seigneur-châtelain de Montignac commence à concéder en fiefs des portions de son territoire à des membres de la chevalerie de son entourage, domicelli ou milites castri, afin de protéger par des points d’appui sûrs son organisation castrale. La Bermondie est le premier de ces domaines dans la paroisse de Thonac cité dans les textes, mais Peyretaillade (alias Losse) et Belcayre ont pu être créés au même moment : ce sont les trois plus importantes seigneuries de Thonac. On en veut pour preuve que ces deux dernières occupent des sites éminemment stratégiques, qui fonctionnaient comme des verrous sur la Vézère à la remontée vers Montignac : ainsi placés à l’intersection de cinq anciennes paroisses, Thonac, Saint-Léon, Sergeac, Valojoulx et Montignac, et en surplomb sur la rivière, les deux sites, certainement fortifiés, protégeaient et contrôlaient – par des péages ? – le trafic fluvial en même temps qu’ils verrouillaient l’accès aux paroisses précitées. De ce premier édifice dressé sur le rocher naturellement entaillé qui lui a valu sa première appellation, rien ne semble subsister aujourd’hui.

Réginald de Losse, qui avait épousé Marguerite de Valle, rend hommage à son suzerain pour ses possessions dans la châtellenie de Montignac, sans plus de précision, en 1370, puis après lui son fils Adhémar en 1386, en 1396 et encore en 1400, puis son petit-fils Jean Ier de Losse en 1412. Succède à ce dernier Frénon Ier de Losse, capitaine d’une compagnie de gens d’armes, marié à Marguerite de Ferrières en 1425 et mort à la bataille de Montlhéry, opposant le roi Louis XI à la ligue du Bien public, en 1465. Frénon II de Losse, son fils, lui succède au service du roi comme officier des archers de Louis XII ; il rend à son tour hommage pour tous ses biens dans la châtellenie de Montignac, notamment « de sa maison de Pierretailhade, avec sa boerie » en 1478 et épouse, deux ans plus tard, Antoinette de Carbonnières de Pelvézy. Le 26 juillet 1506, Frénon II apparaît encore, comme témoin, lors du mariage Jean de Bideran à Jeanne des Martres, fille de Jean des Martres, seigneur du château voisin de La Salle, à Saint-Léon-sur-Vézère. C’est peut-être à Frénon II de Losse que l’on doit la construction d’un nouveau logis au nord-est du château actuel, mais qui fut ensuite dérasé lors de la création de la grande terrasse sur la Vézère : quelques vestiges (une croisée et une porte, murées) sont encore en place dans un ancien mur gouttereau, l’actuel mur de soutènement nord de la terrasse. Frénon II de Losse, mort sans doute peu après 1506, semble être le premier membre de la famille à être inhumé dans l’église paroissiale de Thonac.

Pierre II de Losse hérite à son tour et se marie le 15 janvier 1507 (n.st.) à Anne, fille de Jean de Saint-Astier, seigneur de Lieu-Dieu à Boulazac et de Verzinas. Engagé dans les guerres d’Italie auprès de François Ier, Pierre II meurt avec son fils aîné Frénon III de Losse en 1515, près de Milan, sans doute lors des escarmouches qui ont précédé ou suivi la bataille de Marignan.

Histoire : Jean II de Losse, l’honneur et la gloire de la noblesse de Périgord

Les morts inattendues de Pierre II et de son fils aîné placent le cadet encore mineur, Jean II (1504-1579), à la tête de la maison de Losse. Personnage le plus célèbre de la famille, celui-ci connut une carrière militaire et politique exceptionnelle. Selon le chanoine Jean Tarde, il fut « l’honneur et la gloire de la noblesse de Périgord ».

Jean II de Losse commence sa carrière à la cour de France comme page de François Ier, avant de servir dans l’armée de l’amiral de France Philippe Chabot. Celle-ci est envoyée dans le nord de l’Italie en 1535 et conquiert rapidement le Bugey, la Bresse, la Savoie et le Piémont. En 1542, il participe au siège de Perpignan sous le commandement du dauphin, futur Henri II. Dans ses Mémoires, Vieilleville déclare que « dans les dernières guerres de François Ier contre Charles Quint, il [Jean de Losse] réussit par son courage à attirer l’attention de ses chefs », tout spécialement du connétable de Montmorency dont il devient le protégé et qui lui fera obtenir ses promotions militaires et charges à la cour. Ainsi, en 1547, Jean II est-il fait enseigne et, en 1549, capitaine d’une compagnie de chevau-légers ; en 1553, il est nommé gouverneur de Thérouanne. Mais après le siège et la prise de la ville par les troupes impériales de Charles Quint le 20 juin 1553, il est fait prisonnier et enfermé à Utrecht. Libéré, le gentilhomme périgourdin est nommé gouverneur de Mariembourg en 1555. À l’avènement de François II (1559-1560) et avec la conclusion du traité de Cateau-Cambrésis la même année, il est fait gentilhomme de la chambre du roi et reçoit le commandement de la ville de Tours. Il est alors chargé par Antoine de Bourbon de présider l’éducation de son fils, futur Henri IV. Pendant le règne de Charles IX (1560-1574), en 1561, il devient capitaine de la ville et de la citadelle de Verdun et est fait chevalier de l’ordre royal de Saint-Michel. Le roi le nomme également la même année lieutenant-général et maréchal de camp, titres qu’il exerce à la bataille de Dreux le 19 décembre 1562, premier choc des guerres de Religion entre les armées protestantes du prince de Condé et de l’amiral de Coligny et celles catholiques menées par le connétable de Montmorency, le duc de Guise et le maréchal de France Jacques d’Albon de Saint-André. À l’issue des combats, Jean est chargé de porter la nouvelle de la victoire au roi qui, en guise de récompense, lui donne la moitié de la compagnie de gens d’armes du maréchal de Saint-André tué lors de la bataille. En 1563, il obtient la charge de capitaine des gardes écossais (la première compagnie des gardes du corps du roi) puis, l’année suivante, devient conseiller d’État et gouverneur de Lyon. Lorsqu’en 1567, le frère cadet du roi, le duc d’Anjou, futur Henri III (1574-1589), est nommé Chef du Conseil du roi et lieutenant-général des armées royales avec la mission de vaincre les troupes protestantes, le prince s’entoure d’un conseil de vieux soldats parmi lesquels se remarque Jean de Losse, au côté des ducs de Nemours et de Longueville. Le Périgourdin est ainsi présent à la bataille de Jarnac, qui oppose le 13 mars 1569, lors de la troisième guerre de Religion, les troupes royales à l’armée protestante du prince de Condé et de l’amiral de Coligny. Jean II de Losse est à nouveau chargé de porter la nouvelle de la victoire et de la mort du prince de Condé au roi qui le nomme alors capitaine du Louvre et l’autorise à transmettre une partie de ses charges à ses fils. Le cadet, Jean IV de Losse, succèdera ainsi à son père comme gouverneur de Verdun et capitaine du Louvre. Après la paix de Saint-Germain conclue par Catherine de Médicis et son fils Charles IX en 1570, la reprise de la guerre à la suite du massacre de la Saint-Barthélemy donne l’occasion à Jean II de Losse de se distinguer à nouveau, notamment au siège de la Rochelle en 1573, où périt cependant son fils puîné Léon. Après le siège de la Rochelle et l’accession au trône d’Henri III, il entre au conseil privé du roi, devient premier capitaine des gardes écossais et obtient la charge de gouverneur et lieutenant général de Guyenne pour les territoires au nord de la Garonne – tandis que Jean de Nogaret de la Valette exerce les mêmes fonctions au sud. Au cours de cette période, le camp catholique se divise en une branche plus modérée qui se propose de réformer l’État et de proclamer la liberté de conscience, avec à sa tête le duc d’Alençon et Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne. À la tête d’une armée bien organisée, ce dernier tient la Vézère jusqu’à Montignac et peut s’appuyer sur le capitaine protestant Geoffroy de Vivans, qui sévit depuis le Sarladais, et sur Langoiran qui s’est rendu maître de la région de Bergerac. Le vicomte de Turenne trouve cependant un redoutable adversaire en la personne du marquis d’Hautefort. Jean II de Losse combat vigoureusement cette faction alliée aux protestants en apportant une aide précieuse au sénéchal du Périgord André de Bourdeille. Jean de Losse achète ainsi la seigneurie de Bannes probablement pour mieux contrôler le territoire – mais aussi pour l’offrir un peu plus tard à son fils cadet, Jean IV, qui en porte le titre à partir de la mort de son père. En 1574, Geoffroy de Vivans entre dans Sarlat qui est le théâtre de pillages. Malgré la nomination par Jean II de Losse du réformé modéré Labaume comme gouverneur de Bergerac, la ville et la région sont soumises à des luttes violentes. Jean décide alors d’assiéger la ville en 1574, mais ne parvient pas à la faire tomber en raison du secours apporter par Geoffroy de Vivans. Afin d’isoler Bergerac, le gouverneur décide de lancer une campagne dans l’Agenais et met en déroute la même année les troupes de Vivans devant Fumel, avec l’aide de son beau-frère Raymond de Saint-Clar, seigneur de Puymartin, et reprend Sarlat. Ultime honneur et hommage rendu par le roi au vieux gentilhomme après ses derniers faits d’armes, en 1578, Jean II de Losse est dans la première promotion de l’ordre royal du Saint-Esprit créé par Henri III. Il meurt le 6 juin 1579 à l’âge de 75 ans et est inhumé auprès de son père dans l’église paroissiale de Thonac. Selon Marguerite de Valois, ce gentilhomme, qui offrait la figure d’un « bon viel homme », était un modéré sur le plan politique.

Le château, description et analyse – Les chantiers de Jean II : du simple repaire noble « de Peyre-Taillade » au puissant château de Losse

Tous les auteurs précédents (Laroche, Roudié, Penaud, Lebeaux…) n’ont vu qu’une seule campagne de construction, de 1570-1578, pour la majeure partie du château de Losse, en se fondant exclusivement sur l’apparente homogénéité de l’ensemble et sur les millésimes inscrits en plusieurs endroits, tous contemporains à quelques années près (1570, 1576 et 1578). Comme souvent, la réalité est plus complexe : une analyse archéologique des bâtiments croisée avec des analyses dendrochronologiques en atteste. L’histoire se révèle aussi, finalement, assez banale dans son déroulement puisque commune à nombre d’autres châteaux français : une simple demeure noble devenue, au cours d’une période florissante, grâce à l’ascension sociale et à l’enrichissement de son propriétaire, un vaste château, siège d’une seigneurie aux pouvoirs renforcés et étendus à ce moment-là. À la nuance près que cette transformation, à Losse, s’est faite en trois temps marqués, qui correspondent à trois moments importants dans la vie du commanditaire.

La première campagne de construction (1541/42-1550)

Les années 1541 et 1542 marquent incontestablement un tournant pour Jean II de Losse, de retour de ses premières campagnes militaires en France et en Italie. D’abord, le 4 octobre 1541, il rend hommage au roi de Navarre, semble-t-il pour la première fois en son nom, pour tous les biens de la famille, « la maison de Pierre Tayllade avec sa boueyrie [borie, i.e. métairie] » comprise. Ensuite, signe de son vif intérêt pour ce domaine, le 23 du même mois, il acquiert pour 1 200 l.t. du roi et de la reine de Navarre tous les droits sur le bourg et la paroisse de Thonac, justice haute, moyenne et basse, à la réserve d’un droit de rachat de deux ans par le couple princier. Dans les faits, cette acquisition revient à l’érection du domaine de « Peyre-Taillade », désormais appelé « Losse », en plein-fief : Jean règne désormais en maître sur un grand territoire, avec tous les revenus et les droits qui en dépendent. Enfin, il épouse le 5 février 1542 (n.st.) Anne de Saint-Clar, fille de Geoffroy de Saint-Clar, seigneur de Puymartin (à Marquay) et de Cramirac (à Sergeac). En l’absence du contrat de mariage, on ignore l’importance de la dot de la mariée, mais il ne fait guère de doute qu’à ce moment Jean de Losse trouve dans le pécule apporté par sa jeune épouse, dans les nouveaux revenus liés à son domaine élargi et, peut-être, dans les prises de guerre de ses campagnes militaires, les moyens financiers pour engager d’importants travaux. Les résultats des analyses dendrochronolgiques exécutées sur les charpentes des différents bâtiments encore en place attestent qu’une telle campagne de construction a bel et bien eu lieu entre 1543 et 1550. Reste à en préciser l’ampleur.

...en cours

Genre seigneurial
Appellations repaire noble de Peyre-Tailhade , repaire noble de Pierre-Taillade , château de Losse
Parties constituantes non étudiées grange, écurie, terrasse en terre-plein, moulin à huile, chai
Dénominations château
Aire d'étude et canton Vallée de la Vézère - Montignac
Adresse Commune : Thonac
Lieu-dit : Losse
Cadastre : 1813 ; 2013

Le site du château actuel, qui n’apparaît dans les textes que tardivement, d’abord sous le nom de « Peyra Talhada » en 1478, puis sous celui « de Losse » à partir de 1541, fut souvent confondu avec la demeure principale de la famille Losse qui se dressait au Moyen Âge dans la petite cité de Montignac : la domus de Lossa (1299), aussi appelée hospicium et ortus [hôtel et jardin] de Losse (1462, 1484), située dans le canton nord-est du barri du chef du Pont, soit le faubourg de la rive gauche de la Vézère ultra pontem de Montinhaci, dans la paroisse de Brenac.

Du XIIIe siècle date sans doute la création de la seigneurie à Thonac. En effet, au cours de ce siècle, le seigneur-châtelain de Montignac commence à concéder en fiefs des portions de son territoire à des membres de la chevalerie de son entourage, domicelli ou milites castri, afin de protéger par des points d’appui sûrs son organisation castrale. La Bermondie est le premier de ces domaines dans la paroisse de Thonac cité dans les textes, mais Peyretaillade (alias Losse) et Belcayre ont pu être créés au même moment : ce sont les trois plus importantes seigneuries de Thonac. On en veut également pour preuve que ces deux dernières occupent des sites éminemment stratégiques et devaient fonctionner comme des verrous sur la Vézère à la remontée vers Montignac, la première au nord-est (amont), la seconde au sud-ouest (aval) : ainsi placés à l’intersection de cinq anciennes paroisses, Thonac, Saint-Léon, Sergeac, Valojoulx et Montignac, et en surplomb sur la rivière, les deux sites, certainement fortifiés, protégeaient et contrôlaient – par des péages ? – le trafic fluvial et l’accès aux paroisses précitées. De ce premier édifice dressé sur le rocher naturellement entaillé qui lui a valu sa première appellation, rien ne semble subsister aujourd’hui.

Après les conflits armés de la guerre de Cent Ans qui ont durement touché Montignac et ses environs, Frénon II de Losse rend hommage pour tous ses biens dans la châtellenie, notamment « de sa maison de Pierretailhade, avec sa boerie » en 1478. Le 26 juillet 1506, ce seigneur apparaît encore, comme témoin, lors du mariage de Jean de Bideran à Jeanne des Martres, fille de Jean des Martres, seigneur du château voisin de La Salle, à Saint-Léon-sur-Vézère. C’est sans doute à Frénon II de Losse que l’on doit la construction d’un nouveau logis au nord-est du château actuel, logis qui fut ensuite dérasé lors de la création de la grande terrasse sur la Vézère : quelques vestiges (une croisée et une porte, murées) sont encore en place dans l'ancien mur gouttereau, actuel mur de soutènement nord de la terrasse. Frénon II de Losse, mort sans doute peu après 1506, semble être le premier membre de la famille à être inhumé dans l’église paroissiale de Thonac.

Pierre II de Losse hérite à son tour et se marie le 15 janvier 1507 (n.st.) à Anne, fille de Jean de Saint-Astier, seigneur de Lieu-Dieu à Boulazac et de Verzinas. Engagé dans la première guerre d’Italie de François Ier, Pierre II meurt avec son fils aîné Frénon III de Losse en 1515, près de Milan, sans doute lors des escarmouches qui ont précédé ou suivi la bataille de Marignan. Les morts inattendues des deux hommes placent le cadet encore mineur, Jean II (1504-1579), à la tête de la maison de Losse. Personnage le plus célèbre de la famille, celui-ci connut une carrière militaire et politique exceptionnelle (voir Texte libre).

Les années 1541 et 1542 marquent incontestablement un tournant pour Jean II de Losse, de retour de ses premières campagnes militaires en France et en Italie. D’abord, le 4 octobre 1541, il rend hommage au roi de Navarre pour tous ses biens, « la maison de Pierre Tayllade avec sa boueyrie [borie, i.e. métairie] » comprise. Ensuite, signe de son vif intérêt pour ce domaine, le 23 du même mois, il acquiert pour 1 200 l.t. du roi et de la reine de Navarre tous les droits sur le bourg et la paroisse de Thonac, justice haute, moyenne et basse, à la réserve d’un droit de rachat de deux ans par le couple princier - contrat qui sera renouvelé tous les deux à trois ans jusqu'en 1573. Dans les faits, cette acquisition revient à l’érection du domaine de « Peyre-Taillade », désormais appelé « Losse », en plein-fief : à partir de ce moment-là, Jean règne en maître sur un grand territoire, avec tous les droits et revenus qui en dépendent (voir Annexe 2). Enfin, il épouse le 5 février 1542 (n.st.) Anne de Saint-Clar, fille de Geoffroy de Saint-Clar, seigneur de Puymartin à Marquay et de Cramirac à Sergeac. Jean de Losse trouve alors dans le pécule apporté par sa jeune épouse, dans les nouveaux revenus liés à son domaine élargi (estimés à 1 500 l.t. par an) et, peut-être, dans les prises de guerre de ses campagnes militaires, les moyens financiers pour engager d’importants travaux. Les résultats des analyses dendrochronolgiques effectuées sur les charpentes des différents bâtiments encore en place attestent qu’une telle campagne de construction a bel et bien eu lieu entre 1543 et 1550. Cette campagne comprend la construction du grand corps de logis de plan en L au sud-est et la reconstruction du Grand Pavillon (au nord du Petit Pavillon déjà en place), ainsi que la construction d'une tourelle carrée flanquant l'ancien logis à l'est, côté Vézère (en place, elle aussi dérasée lors de la création de la grande terrasse). Elle se distingue stylistiquement par des fenêtres à ébrasement constitué d'une doucine et d'un réglet, moulures formant retour en partie inférieure des fenêtres et se retrouvant sur le meneau et les traverses. Aux fenêtres du Grand Pavillon s'ajoute à l'ébrasement un chambranle plat et large.

Une nouvelle campagne de travaux s'ouvre vingt ans plus tard, sans doute après la paix d'Amboise (19 mars 1563) qui met un terme à la première guerre de Religion ; le millésime gravé "1570", qui se retrouve en plusieurs endroits (tours, châtelet), en fixe le terme. Les travaux alors menés amplifient considérablement l'assiette du château, qui est mise en défense. Les fossés secs creusés dans la roche dégagent une vaste plate-forme protégée par une enceinte renforcée par cinq tours, une tourelle et un grand châtelet d'entrée, l'ensemble s’inspirant des nouvelles techniques de défense et de flanquement des places fortes développées pendant les guerres d’Italie : plan de feu impeccable en trois dimensions comprenant tirs de flanquement et en négatif, brisure du mur d'enceinte afin de former un plan bastionné (tour dite de l’Éperon et son bâtiment, au nord-ouest), tours remparées en pierres de taille non chaînées avec l'appareil des courtines, etc. De cette campagne de travaux datent également une modification de la distribution du grand corps de logis, dont témoignent de nouveaux murs de refends portant des cheminées construits dans les combles, et, sans doute, la construction d'un grand bâtiment d'écurie à l'est de la basse cour.

La troisième et dernière campagne de travaux conduite par Jean II de Losse commence probablement en 1573, après que celui-ci ait acquis définitivement, sans pacte de rachat pour cette ultime fois, la paroisse de Thonac au roi de Navarre le 17 septembre : Jean est enfin seigneur de plein droit de la paroisse de Thonac. La campagne, datée par deux millésimes gravés (1576 à la voûte d'une pièce du rez-de-chaussée et 1578 à la fenêtre insérée dans la tour de l’Éperon), relève d'une toute autre logique que les précédentes : elle vise à donner à la demeure le prestige qui lui manquait jusqu'ici par un décor et un appareil militaire plus ostentatoires, ainsi que des développements jardiniers inconnus jusqu'alors en Périgord. Les façades du grand corps de logis en L sont rhabillées avec des travées de fenêtres à chambranle continues et le bâtiment et ses tours sont surélevées par un chemin de ronde porté par de superbes consoles ; un grand escalier à rampes droites couplé à des couloirs disposés perpendiculairement est inséré dans la distribution afin de solenniser et faciliter l'accès aux pièces de réception et au logis de Jean de Losse, qui reçoit en outre une belle cheminée à pilastres superposés, doriques et ioniques ; un vaste jardin surélevé en terrasse (environ 150 x 70 m), sans doute accessible depuis le bâtiment principal (de la salle du rez-de-chaussée, comme au château de Neuvic) par un pont dormant et levis en bois franchissant la douve sèche, est érigé au sud, bordé directement à l'est par les eaux de la Vézère et comprenant à son extrémité sud-est un pavillon de jardin (en place) où le seigneur et les membres de sa famille pouvaient s'isoler au calme.

Anne de Saint-Clar, l'épouse de Jean de Losse, dut prendre une part importante dans l'élaboration de ces trois phases de travaux et à leur conduite, en l'absence de son mari occupé par ses charges et fonctions à la cour.

Après la mort de Jean II de Losse en juin 1579 et cette période fastueuse, le château connaît une histoire comparable à celle de bien d'autres domaines du Périgord. La terre est érigée en baronnie sans doute au commencement du XVIIe siècle. Succèdent à Jean II, Jean III (mort à une date indéterminée), puis Jean V (mort en 1602) et Jean VI de Losse, qui rend foi et hommage le 14 août 1609 "pour raison du château de Losse, de Bermondie, Saint-Lyons [Saint-Léon-sur-Vézère], maisons, moulins, rentes de Montignac, rentes d’Asserac, des maisons de Pervignac [Peyrignac] et de Mellet, mouvant du roi à cause du comté de Perigord et vicomté de Limoges". La grande terrasse bordant le bâtiment principal et surplombant la Vézère est sans doute érigée au cours de cette première moitié du siècle : elle entraîne la disparition de l'ancien corps de logis seigneurial de Frenon II de Losse et la réfection des murs du Grand et du Petit Pavillon auxquels il était adossé pour en faire disparaître les arrachements.

Le château fait régulièrement l'objet de réfections : la charpente du pavillon de jardin est refaite en 1616-1617, celle du Petit Pavillon à l'automne/hiver 1706-1707 et celle de la tour de l’Éperon en 1733-1734. Entre temps, à une date qu'on ignore mais antérieure à 1690, le domaine, ses dépendances et ses appartenances sont érigés en marquisat. Celui-ci devient ensuite une vicomté. Le château est décrit pour la première fois en 1730 par le chevalier de Lagrange-Chancel : "Celui [le château] de Losse, que je vis sur les bords de la Vézère, laquelle se jette vers Limeuil dans la Dordogne, est très considérable par ses tours couvertes et crenelées, par ses fossés, ses pont-levis et ses dehors, aussi a-t-il titre de viconté et suzerain de plusieurs paroisses".

Marie-Louise de Losse, fille unique et seule héritière de Jean VI de Losse, est mariée à Vincent Sylvestre de Trimbrune de Valence (1715-1797), marquis de Ferrières, comte de Valence, baron de Montesquieu en Roussillon, créé maréchal de camp le 20 février 1761. Leur fils, Jean Cyrus Adelaïde (1757-1822), fait une brillante carrière militaire au point, à la Révolution, d'être promu maréchal de camp (1791), lieutenant-général, puis général en chef des armées (1792). Cette carrière se double de mandats politiques et d'honneurs : en 1805, Napoléon le nomme sénateur et commandeur de la Légion d'honneur ; à la Restauration, Louis XVIII le fait pair de France (1814) et grand officier de la Légion d'honneur (1815).

En 1807-1808, Trimbrune de Valence vend le domaine à Henry Garnier de Laboissière, directeur des droits réunis du département de la Dordogne, et son épouse, Marguerite Chaignon, pour 105 000 francs (dont 90 000 pour les biens immeubles et 15 000 pour le mobilier). Dans la décennie suivante, Garnier de Laboissière connait des difficultés financières qui poussent ses créanciers à faire dresser un procès-verbal de l'ensemble de ses biens (31 mai 1819), première description précise du château et du domaine, puis qui l'obligent à vendre le domaine pour 106 000 francs à un certain "sieur Lidonne" (26 mai 1824). Remis en vente, Losse est acquis en 1830 par Joseph Mérilhou (1788-1856), pair de France, conseiller à la Cour de Cassation à Paris, ministre de l'Instruction publique et des Cultes, puis ministre de la Justice dans le gouvernement de Jacques Laffitte (1830-1831). En 1856, le domaine revient à son fils Baptiste. Par la suite, le château passe à la famille Laloë.

Après moins d'un an de règne (1884-1885) et exilé à Alger après une rébellion contre les Français (à partir de 1888), l'ex-empereur d'Annam, Ham Nghi (1871-1944) épouse le 4 novembre 1904 une Française, Marcelle Laloë (1884-1974), dont il a trois enfants et qui lui apporte le château. Celui-ci est inscrit dés 1928, puis classé au titre des Monuments historiques en 1932. Passant le reste de sa vie en exil, Ham Nghi meurt le 14 janvier 1944 et est enterré à Alger. En 1965, de Gaulle propose à sa fille aînée, la princesse d'Annam (1905-1999), de transférer son corps à Thonac, où se trouve encore sa tombe. Après la mort de sa mère en 1974, la princesse vend le château aux propriétaires actuels, se réservant toutefois l'ancienne métairie des Granges où elle réside. A sa mort en 1999, la princesse est enterrée avec ses parents dans le cimetière de Thonac. Le château a fait l'objet d'importants travaux de restauration à partir de 1975 et encore dans les années 1990.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle , (détruit)
Principale : 2e quart 16e siècle , datation par dendrochronologie
Principale : 3e quart 16e siècle , porte la date
Principale : 4e quart 16e siècle , porte la date
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Dates 1543, datation par dendrochronologie
1570, porte la date
1576, porte la date
1578, porte la date

Auteur(s) Auteur : Losse (de) Jean,
Jean Losse (de) (1504 - 1579)

Jean II de Losse, fils de Pierre de Losse.


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auteur commanditaire, attribution par travaux historiques, attribution par analyse stylistique

Situé dans une boucle de la Vézère à Thonac, le château se trouve au bord de la rive droite de la rivière, dressé sur un rocher qui la domine. Il se divise en deux grands ensembles placés sur le même axe : le château à proprement parler au nord et un grand jardin rectangulaire au sud.

L'assiette du château, une vaste plate-forme rectangulaire orientée nord-sud protégée par une enceinte renforcée par quatre tours, une tourelle et un grand châtelet d'entrée, est cernée par des fossés secs creusés dans la roche, au sud, à l'ouest et au nord, et par la Vézère à l'est. L'accès au château se fait uniquement à l'ouest, par le grand châtelet couvert en lauze, après avoir franchi les douves qu'enjambe un pont fixe en pierre. L'espace intérieur de la plate-forme est lui-même subdivisé en deux parties : la cour au sud, dans laquelle on pénètre en premier ; la basse-cour au nord, en léger contrebas, que commande la cour.

La cour comprend plusieurs corps de logis, du nord au sud : le Grand pavillon de plan rectangulaire (env. 13 x 7,6 m) orienté nord-sud ; le Petit pavillon de plan rectangulaire (env. 11 x 6 m), orienté est-ouest ; le grand corps de logis de plan en L, flanqué d'une tour circulaire à l'extérieur, à l'angle sud-est. Ces trois bâtiments sont bordés directement à l'est par une grande terrasse (env. 390 mètres carrés) cernée par une balustrade et qui repose sur deux rochers réunis par une large voûte en anse-de-panier. Ils sont construits en pierre de taille pour les parties vives (portes, fenêtres, angles des murs), en moellon pour le reste et couverts en tuile plate. Le corps principal possède un toit à longs-pans continu formant retour (noue), à croupe au nord et à pignon couvert à l'ouest. La basse-cour est occupée par une vaste grange-étable au nord et l'ancien bâtiment des écuries à l'est.

Le vaste jardin surélevé en terrasse, de plan rectangulaire (environ 150 x 70 m), orienté nord-sud, comprend à son extrémité sud-est un pavillon de jardin en pierre de taille de plan carré, haut d'un étage de soubassement et d'un rez-de-chaussée, couvert d'un toit en pavillon en lauze. Il est doté de deux échauguettes en encorbellement sur consoles, aux angles nord-ouest et sud-est.

Le domaine comprend en outre deux anciennes métairies : les Granges à très faible distance au nord-ouest du château, la Vidalie à près de 400 mètres au sud.

Murs calcaire moellon
calcaire pierre de taille
Toit tuile plate
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans pignon couvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Techniques sculpture
Représentations ordre dorique, ordre ionique
Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH partiellement, 1944
inscrit MH, 1972
Précisions sur la protection

Le château et son site sont protégés à plusieurs titres : le château avec le corps de bâtiment du midi et de l'ouest, le rempart et son fossé sur les fronts ouest et avec les tours, le châtelet, le pont et l'échauguette d'angle, terrasse du midi, pavillon dit "du moulin" [i.e., de jardin] à l'extrémité du jardin en terrasse sont classés Monuments historiques (5 août 1932 et 8 mars 1843) ; château et ses abords immédiats dans un site classé (3 avril 1944) ; le tout dans un site inscrit (28 janvier 1944) et inscrit à l'inventaire des Monuments historiques (17 avril 1991) ; le 11 décembre 2015, le château est placé d'office dans le périmètre du Site classé de la vallée de la Vézère et de sa confluence avec les Beunes.

Annexes

  • Hommage rendu à Alain d'Albret par Frenon de Losse, pour ce qu'il possède dans la châtellenie de Montignac, 24 octobre 1478 (AD Pyrénées-Atlantiques, E 780, papier, copie sur l'original).

    Transcription :

    "Alain, seigneur d'Albret, comte de Dreux, de Gaure, de Perthievre et de Perigore, vicomte de Lymoges et de Tartas, captan de Buch et seigneur d'Avesnes, à touz ceulx qui ces presentes lettres verront, salut, scavoir faisons que notre cher et bien aimé escuyer, Frenon de Losse, nous a aujourduy fait les foy, hommaige lige et serement de feaulté qu'il nous doibt et est tenu de fere a cause, c'est assavoir : De sa maison de Losse, assise en Montignac. Item, plus de sa maison de Biars en la parroisse de Brenac. Item, oussi, de sa maison de Pierretailhade avec sa boerie, avecques toutes leurs appartenences et appendences quelzconques, le tout tenu de nous a cause de notre chastel et chastellenye de Montignac et, generalement, de tout ce qu'il peult tenir de nous a cause de notredit comté de Perigore. Ausquelz foy et hommaige, l'avons receu sauf notre droict et l'autruy en toute. Si donnons en mandement a noz aimés et feaulx les seneschal et autres justiciers et officiers de notre dit comté et a chacun d'eulx si comme a luy appartiendra que ce pour et a cause desd. foy et hommaige a noz paravant nom faiz lesd. choses ou aulcunes dicelles estoient prinses, saisies, arrestées ou empechées en notre main, incontinent et sans delay les mectent ou facent mectre a pleine delivrance et led. Frenon de Losse en seuffrent et laissent joyr et user plainement et paisiblement, car tel est notre plaisir. Donné en notre chasteau de Montignac, le vingt quatrieme jour d'octobre l'an mil quatre cens soixante dix huict, ainsi signé par mondit seigneur le comte. Présens : nobles hommes Rollet de Valpegue et Pierre de Barry, seigneur de Longuevel et autres. Botailler, notaire.

    Donné par coppie et collation faite au vray original.

    [Signatures :] P. de Binholie, notaire royal

    De Losse"

  • Achat de tous les droits et justice, haute, moyenne et basse, du bourg, paroisse et juridiction de Thonac par Jean II de Losse, 23 octobre 1541 (AD Pyrénées-Atlantiques. B 1854. Copie en papier de l'original, s.d. [ca. 1541]).

    Transcription :

    [manque le fol. 1r°, soit le début de l’acte ; fol. 1v°] "[Henri Ier d'Albret, roi de Navarre] per de France et tres haulte et tres excellente princesse madame Marguerite de France, reyne de Navarre, duchesse de Launoy et dame desd. comtés et vicomtés, terres et seigneuries susd. et aud. nom d’une part ; et noble Jehan de Lousse [sic], seigneur dud. lieu, parroisse de Tonnac, [un mot rayé] diocese et senechaussée de Perigort, aussy present, et pour luy, ses hoirs et successeurs quelconques, stipulant et acceptant d’aultre. Comme soit ainsy que led. seigneur de Lousse sont seigneur foncier et directe de plusieurs villaiges et heritaiges estans en lad. parroisse de Tonnac et onst droict et sont en possession de saisine y ceans, plusieurs cens, rentes, droictz et debvoirs, tant bledz, argent que aultres choses, et que lesd. roy et reyne de Navarre soyent vrays [fol. 2r°] seigneurs justiciables et ayent tout droit de justice, haulte, moyenne et basse, mere et mixte, impere, simple jurisdiction et tout ce que deppend au bourg et parroisse susd. de Tonnac situés en leur justice et jurisdiction de Montignac, diocese et senechaussée susd. de Perigort, lesquelz bourg et parroisse de Tonnac se confrontent entre la parroisse de Fallac [Fanlac] d’une part, la parroisse de Sainct-Lyons [Saint-Léon-sur-Vézère] d’aultre et la parroisse de Brenac d’aultre part, et neantmoingtz soyent seigneurs fonciers et directz de certaines terres estans en lad. parroisse de Tonnac et a cause de lad. fondalité ayent droict de lever et recepvoir chacun an sur les tenenciers desd. lieux huict charges et demy avoyne, quatre charges froment [fol. 2v°] six livres huict solz en deniers, deux charges vin, quarante troys poulalhes, le tout de rente, censive en tout droict de fondalité et directe seigneurie, lotz, vantes, achaptz et autres droictz deppendens de fondalité et pour subvenir a certaines affaires desd. seigneur et dame et mesmes pour rechapter les viconté de de [sic] Castel-More et baronye de Gironde, long temps a vendus, alienés et transportés a pacte de rachapt que dure encores, iceulx roy et reyne de Navarre ayent constitué led. de La Mabelière leur procureur a vendre jusques a cinq mil livres tz. de rente et reserve annuelle connue par les lettres de procuration sur ce passées plus a plain est contenu. Pour ce est-il que au jourd’huy led. seigneur de La Mabilière, procureur susd. [fol. 3r°] et aud. nom, de son bon gré et volanté, a vendu, cede, quicte, aliene et a perpetuité transporte aud. seigneur de Lousse comme dict est, present et acceptant pour luy, ses hoirs et successeurs quelconques, stipulant et acceptant tout led. droict de justice, haulte, moyenne et basse, mere et mixte, impere, simple jurisdiction et tout ce qu’en deppend avec l’exercice dicelle appartenant ausd. roy et reyne de Navarre esd. bourg et parroisse de Tonnac en lad. justice de Montignac, diocese et senechaussée susd. de Perigort, ensemble lesd. huict charges demy avoyne, quatre charges froment, six livres huict solz en deniers, deux charges vin, quarante troys poulalhes, le tout de rente, censive et tout droict de fondalité et directe seigneurie, lotz et vantes se y en ya tailhes sont y en ya guetz, droict de commun et tous autres droictz et debvoirs [fol. 3v°] esd. seigneur et dame deubz et appartenens esd. bourg et parroisse de Tonnac, a cause dicelle justice et fondalité de mesme qualité que lesd. roy et reyne de Navarre ont coustume de joyr sans y riens reserver ne retenir par quelque cause ou raison que ce soict soict, suject le ressort des appeaulx et l’homaige lige et serment de feodalité que led. de Lousse et les siens seront tenuz comme il a presens fere ausd. roy et reyne de Navarre ou leurs successeurs en mutation de seigneur ou vassal et lequel hommaige iccelluy vendeur aud. nom s’est expressement reservé, aussy les appellations des subjectz de lad. jurisdiction dud. Tonnac ressortiront par devant le juge des appeaulx du comte de Perigort. Et ce, pour le pris et somme de [fol. 4r°] douze centz livres tz. monoye courant une foys payée, laquelle somme de douze cens livres tz. led. seigneur de Lousse sera tenu comme a payer, bailher et payer reaulment et de soict aud. La Mabilière aud. nom ou a aultre ayant charge et puyssance desd. seigneur et dame dedans la feste des roys prochainement venent a peyne de tous despens, domaiges et interestz en bailhant et apportant par led. de La Mabilière, procureur, susd. ratiffication des presentes d’iceulx seigneur et dame, ce qu’il sera tenu et promect faire a mesme terme et paynes des despens, domaiges et interestz et avec ce tous les noms, droictz, articles tant realles que personnelles, mixtes, utiles et directes et toutes autres petitions, debvoirs, usaiges et [fol. 4v°] et [sic] exploictz esd. sieur et dame appartenens et que leur pouroyent compecter et appartenir ez choses susd., led. seigneur de La Mabilière, procureur, susd. a cedé et transporté comme par la teneur des presentes, cede et transporte aud. seigneur de Lousse comme dict est, present et acceptant et en a vestu et saisy led. sieur de Lousse par la tradicion des de ces presentes et des a present icelluy de Mabilière aud. nom s’est constitué tenir, posseder et exploicter les choses susd. comme dict est […] pour ce au nom d’icelluy seigneur de Lousse, achapteur susd. promectant comme par ces presentes aud. nom a promis les luy garentir envers tous et contre tous, tant en jugement que dehors [fol. 5r°] de tous troubles et empeschements, tant de faict que de droict, et de toute eviction universelle et perpetuelle et pour la garentie d’icelles choses vendues, led. procureur en lad. qualité a obligé et ypothecque tous et chacuns les biens comme par ces presentes oblige et ypothecque tous et chacuns les biens presentz et futurs desd. seigneur et dame et speciallement lesd. vicomté de Castel-Mire et sie seigneurie de Gironde et autres biens que sont […] des deniers, principalement des vendicions que seront faictes par led. de La Mabilière, procureur susd. au choix dud. seigneur de Lousse et des siens, hoirs et successeurs, donnant en mandement a tous les habitans desd. bourg et parroisse de Tonnac debvoyr [fol. 5v°] et entendre doresnavant aud. seigneur Lousse et aux siens en tout ce que concerne lad. jurisdiction haulte, moyenne et basse, mere et mixte, impere et exercice d’icelle et en tout ce qui en deppend et a ses officiers que bon luy semblera y commectre et depputer pour exercer lad. justice et jurisdiction dessus vendue et recognoistre icelluy seigneur de Lousse vray seigneur justiciable, foncier et direct, et luy payer doresnavant les droictz et debvoirs pour cause de lad. justice, fondalité et seigneurie fonciere deubz et par lesd. seigneur et dame ou leurs recepveurs acoustumés a lever et a volu icelluy de La Mabilière, procureur susd., que apres la ratiffication des presentes [fol. 6r°] payement et reception de lad. somme de douze centz livres tz. monnoye susd., led. seigneur de Lousse puysse prendre la possession realle et actuelle de lad. justice desd. bourg et parroisse de Tonnac, fondalité et seigneurie directe susd., vendues comme dict est, et d’icelles joyr de sa propre auctorité et […] et led. seigneur de Lousse de son bon gré et volanté a bailhé comme par ces presentes bailhe ausd. roy et reyne de Navarre faculté de rachapter lesd. choses vendues en payant coustz touteffoys et quantes que bon leur semblera dans troys ans prochainement venens et non aultrement. Et [fol. 6v°] les choses susd., lesd. parties et chacune d’elles ont promys l’une a l’aultre respectivement tenir, garder et obvier sans jamais venir au contraire, en oultre […]der tous damps, domaiges et despens que l’une desd. parties fairoit par deffault de l’aultre, et en deffault d’acomplir le contenu des presentes en renoncant sur ce a toutes renonciations specialles et generallement, tant de present que de droict par lesquelles pourroyent venir au contraire […] par icelles parties et chacune d’elles faict et presté sur les sainctz evangilles notre seigneur, touche le livre et soubz l’obligation et ypothecque de tous et chacuns leurs biens meubles et [fol. 7r°] immeubles, presentz et advenir qu’ilz ont adce expressement obligés et ont volu adce estre contrainctz par nous et noz successeurs par messieurs les seneschaux de Lymosin, de Perigort ou leurs lieutenens, en parties autres juges et personnes tant eccliastiques [sic] que seculiers et par toutes voyes et manieres deus et raisonables et a tenir, garder et accomplir les choses susd. ont esté lesd. parties esdictz noms de leur consentement condampnées par leurs notaires soubz signé a la seulle relation du quel nous garde sasd. foy plainiere adjouxtois aud. seel que nous [fol. 7v°] gardons a ces presentes, avons faict mectre et apposer, donne et faict en la ville de Lymoges ez presences de reverend pere frere Pierre Somier, abbé de l’abbaye de Fouguilhon, honorable M.es Jehan Mosnier, seigneur de Planeaulx et Jehan de Martret, seigneur de Betuc, tesmoings cogneuz adce appellés le vingtiesme jour du moys d’octobre l’an mil cinq cens quarante ung.

    [Mention au dos, sur la couverture :] Coppie du contract de la vendition de Thonac faicte au seigneur de Losses."

  • Pacte de rachat de la justice et paroisse de Thonac par Léon de Losse, comme procureur de son frère Jean II de Losse, 25 septembre 1557 (AD Pyrénées-Atlantiques. B 1837, acte en parchemin).

    « Sachent tous, presens et advenir, que aujourd’huy vingt-cinquiesme jour de septembre mil cinq cens cinquante sept, en la ville de Montignac en Perigort, par devant moy notaire soubz signé et tesmoings cy-bas nommés, ont esté presens et personnellement constitués, scavoir est : nous, M.e Adesmar Mosnier, seigneur de Planeaulx, conseiller et M.e des requestes ordinaire de trs haultz et tres excellentz prince et princesse les roy et royne de Navarre [Antoine de Bourbon et Jeanne d’Albret], comte et comtesse de Perigort, et seigneurs de la chastellenie dud. Montignac, au nom et comme procureur expres de lad. dame, comme a faict apparoir de procuration faicte a Pau le XI.e jour de juing m Vc LVII, signée « Jehanne » et plus bas « Bouissent », son secretaire, et sellé du seau de lad. dame d’une part ; et Leon de Losse, escuyer, prieur de Gabilhou [à Sourzac, près de Mussidan] et de Saint-Lions [Saint-Léon-sur-Vézère], frere de messire Jehan de Losse, chevalier, seigneur dud. lieu, de Peyretaillade, de Thonac et de la Roche-Saint-Lions, gentilhomme ordinaire de la chambre du roy et gouverneur et lieutenant pour led. seigneur dans la ville de Marianbourg [Mariembourg, Belgique], au nom aussi et comme procureur duement chargé dud. seigneur de Losse, son frere, comme a faict apparoir de procuration faicte tant a luy que a Anne de Saint-Clar, damoiselle femme dud. seigneur de Losse, au chasteau de Losse le XIX.e fevrier m Vc LII [1553 (n.st.)], receue et signée par Dupuy, notaire, concernant entre autres choses pouvoir donné par led. seigneur ausd. de Saint-Clar, sad. femme, et Leon de Losse, son frere, de pouvoir prendre et recepvoir desd. seigneurs roy et royne de Navarre ou aultres ayans charge d’eulx l’argent de l’acquisition de la justice et parroisse dud. Thonac et d’en bailler quictance ausd. seigneur et dame ou a leurs procureurs, et par expres leur prolonger le pris de rachapt de lad. parroisse et justice si besoing estoit pour ung an, deux ans ou autre tempz que bon leur sembleroit et tout avec comme est contenu par lad. procuration. D’aultre dict a esté par led. seigneur de Planeaulx au nom et comme procureur susd. que cy-devant le feu roy de Navarre [Henri Ier d’Albret, père de Jeanne, mort le 25 mai 1555] que Dieu abseuille, auroit vendu aud. seigneur de Losse lad. parroisse, terre et jurisdiction de Thonac avec la justice d’icelle, membre dependant de lad. chastellenie de Montignac, pour la somme de douze cens livres tournois a pacte de rachapt, lequel auroit esté prorogé aud. feu seigneur roy de Navarre par lad. dame de Saint-Clar au nom et comme aiant charge et procuration dud. seigneur de Losse […] par l’espace de deux ans, comme appert par l’instrument de pacte de rachat sur ce faict du XXIX.e octobre m Vc LIIII receu et signé par Dupuy, notaire, lequel pacte de rachapt est a present finy et expiré, si est ce [lire : si ce n’est] que lad. dame est encores dans l’an du lignagier […] pour recouvrer lad. parroisse et justice de Thonac. Et soit ainsi que led. seigneur de Planeaulx, comme procureur susd., avoit escript a lad. de Sainct-Clar, estre venu expres en la presente ville suivant la lettre qu’elle luy avoit encore […] pour acepter la prorogation de pacte de lad. justice et parroisse de Thonac ou bien lui bailler les devoirs de la vendition d’icelle, laquelle de Saint-Clar ne pouvant pour mener affaires pour le present, se p[…]er auroit donné charge aud. Leon de Losse, son beau-frere, qui a mesme puissance par lad. procuration que elle de proroger led. pacte de rachapt et aultrement y faire comme il verroit estre affaire pouvoir led. seigneur de Planeaulx comme procuration susd. a offert aud. Lion de Losse, procureur susd. de sond. frere paier lad. somme de onze cens livres reallement en or et monnoye aiant cours en ce royaulme pour laquelle lad. parroisse et justice de Thonac a esté vendue qui est est [sic] [partie effacée] eulx il n’auroit encores proroger led. pacte de rachapt, lequel Lion de Losse aud. nom de son bon gré, pure, franche et agreable volunté illec present et pour luy et les siens, instipullant et acceptant en vertu de sad. charge et procuration, a prorogé et par tant que besoing seront prorogé de novel a lad. dame royne [partie effacée : de Navarre, illec] absente, mais led. seigneur de Planeaulx au nom et comme procureur susd., pour elle et les siens, stipulant et acceptant pacte en faculté pour avoir et recouvrer lad. justice et parroisse de Thonac, moyennant la somme susd. de douze cens livres pour laquelle elle a esté vendue par le terme et espace de quatre ans, entrées, couplectz et renouez a compter du jour et date de ses presentes, durant lequel tempz led. Lion de Losse pour led. seigneur de Losse, sond. frere, a promis et promect a lad. dame luy revendre et ceder lad. justice et parroisse de Thonac en luy parant et rendant lad. somme de douze cens l.trs. en loyaulx coustz et partant que besoing seront faire ratiffier ses presentes a lad. de Saint-Clar et pour ce faire a l’obligé tous et chacuns ses biens, ensemble ceux dud. seigneur de Losse, sond. frere, suyvant sad. puissance et procuration, promectant aux saintz evangilles notre seigneur, le livre touché, ne venir au contraire directement ne indirectement en aucune manière que ce soit, dont led. seigneur de Planeaulx comme procureur susd., a requis avoir notaire soubz signé instrument que luy ai concedé aud. Montignac les an et jour que dessus. Ez presence de Arnaud de Royere, seigneur de Mones, Francoys Chamellier, M.e Jehan La Coste, notaire royal et frere Bernard de S[…], recepveur de l’ordre Saint-Francois au couvent de la presente ville, tesmoings a ce appelés et requis.

    [Signé :] Gourssac, notaire

    [A la suite :] Et advenant le XXVI.e jour desd. moys et an en lad. ville de Montignac, par devant moy notaire et tesmoings soubz escriptz, c’est compareue lad. de Saint-Clar, damoiselle, femme dud. messire Jehan de Losse, chevalier, seigneur dud. lieu, laquelle bien et deuement certiffiée du contenu au contract sus-mentionné comme elle a dict et assure et duquel luy a esté faict lectures, a ratiffié, approuvé et omologué le contenu en icelluy, voullu et consent led. contract, sortir son plain et entier effect et pour ce faire a hobligé tous et chacuns ses biens, ensemble ceulx dud. seigneur de Losse, sond. mary, et promet et jure aulx sainctz evangilles notre seigneur ne venir au contraire, ce que M.e Arnaud de Bort, procureur desd. seigneurs roy et royne de Navarre en leur chastellenie de Montignac. Pour lad. dame a accepté, faict aud. Montignac ced. an et jour comme dessus. Ez presences de M.e Gervais Tavernier, docteur en medecine, et Pierre Delageac, tesmoings ace appelés et requis.

    [Signé :] Gourssac, notaire »

  • Donation par Charles IX à Jean II de Losse de l'abbaye de Terrasson lui assurant un revenu annuel de 5 000 livres tournois, 15 novembre 1568.

    Transcription, publiée par A.-B. Pergot, La vie de saint Sour, ermite et premier abbé de Terrasson, avec Une notice historique sur l'abbaye de Terrasson, 1857, p. 346-347 :

    "M. de Losses, afin que vous voyez comme nous avons bonne souvenance de vous, je vous veulx bien advertir comme je vous ay accordé la capitaynerie du Louvre qu'avoit Genlys, et semblablement vous ay donné une Abbaye de la valeur de cinq mil livres de rente, comme vous sçaurez ci-après plus amplement. M'assurant que tout cela ne vous sçauroit augmenter l'affection que vous avez toujours eue de me faire service, mais bien vous faira connoistre que je n'oublie point mes bons serviteurs, tels comme je vous estime et vous répute. Priant sur ce le Créateur vous avoir, M. de Losses, en sa sainte et digne garde. D'Orléans, ce XVe jour de novembre 1568. Charles."

    [Plus bas :] "Noblet."

    [Au dos] : "A M. de Losses, chevalier de mon ordre et capitayne de mes gardes."

  • Liste des épigraphes relevées sur le château de Losse, présentées dans l'ordre chronologique.

    Liste des épigraphes relevées sur le château de Losse, par ordre chronologique (en partie publiée par Ph. Laroche, "Le château de Losse. - Ses inscriptions. - Jean II de Losse.", Bull. de la Société historique et archéologique de Périgord, tome XI, 1884, p. 127-156, spécialement p. 150-151 et 153) :

    Pavillon d'entrée, face côté cour, premier étage, sous l'appui de fenêtre :

    - [Épigraphe française en caractères romains] : "LORS QVE CVIDOIS ACHEVER, IE COMMENCOIS. / M.D.L.XX." ;

    Tour occidentale de l'enceinte, dite "tour de la chapelle", niveau 1 :

    - [Épigraphe latine en caractères romains] : "SIT LICET IMPENNIS NON MINVS ALTA PETO / M.D.L.XX." ;

    (Traduction : "Bien que je sois sans ailes, je n’en vise pas moins haut".)

    Tour nord-ouest de l'enceinte, dite "tour de l'éperon", niveau 1 :

    - [Épigraphe latine en caractères romains] : "HEV MVLTA PATIOR VT HABEAM / M.D.L.XX." ;

    (Traduction : Littéralement : "Hélas, quelles nombreuses souffrances que j’aie". En français courant : "Hélas, combien je souffre !").

    Bâtiment principal, "sallette" du rez-de-chaussée, sur la voûte :

    - [Épigraphe française en caractères français] : "LOSSe 1576" ;

    - [Épigraphe latine en caractères romains] : "CVM - SVDORE, SANCVVNE [sic pour "SANGVINE"] -ET - CARCERE" ;

    (Traduction : "Avec la sueur, le sang et la prison").

    Tour nord-ouest de l'enceinte, dite "tour de l'éperon", niveau 1 :

    - [Épigraphe française en caractères romains dans la frise de l'entablement de la fenêtre du niveau] : "IEHAN LA PLACE MAI[STRE] / MASSON DE GOVRDON FICT / CET OEVVRE LAN 1578".

    Pavillon d'entrée, face côté extérieure, premier étage, au-dessus du portail d'entrée du château (inscription contemporaine) :

    - [Épigraphe française en caractères en partie romains] : "L'HOMME FAIT CE QUE PEUT / LA FORTUNE CE QUE VEUT".

  • Sceaux de Jean II de Losse (extraits de BOSREDON Philippe de. Sigillographie du Périgord. 1880).

    Extraits de BOSREDON Philippe de, Sigillographie du Périgord. Publication de la Société historique et archéologique du Périgord (Annexe au Bulletin de la Société). Périgueux : Impr. Dupont et Cie, 1880, p. 136-138 :

    N° 211 LOSSE (JEAN II DE).

    [(note 1) : Jean II de Losse, seigneur et marquis de Losse, seigneur de Thonac, Saint-Léon, Thenon, Peyrignac, Gaubert, Saint-Rabier, Bannes, etc.; fils de Pierre de Losse et d'Anne de Saint-Asjier ; gouverneur de la ville et citadelle de Verdun et du pays de Verdunois en 1561 ; lieutenant du prince de Navarre ; gouverneur de Bourges en 1562 ; maréchal de camp ; capitaine de la première compagnie des gardes-du-corps en 1563 ; conseiller au conseil privé en 1569; chevalier de l'ordre; gouverneur de Guyenne; chevalier du Saint-Esprit en 1578.]

    1562.

    Sceau ovale, 25mm sur 21, empreinte en papier, plaqué sur une quittance délivrée par Jehan de Losse, lieutenant de la compagnie de Monsieur le prince de Navarre, en date du 15 novembre 1562.

    Pas de légende.

    Dessin. — Ecu droit à neuf étoiles (d'azur, à neuf étoiles d'or posées 3, 3, 2 et 1), entouré du collier de l'ordre.

    (Bibliothèque nationale, Mss. Pièces originales, Losse.) — Ce sceau paraît être identique à un autre sceau apposé sur une quittance délivrée par Jehan de Losse, chevalier de l'ordre du roi et capitaine de sa garde écossaise, en date du 24 mars 1568 (Bibliothèque nationale, Mss. Clairambault, titres scellés, t. LXVII).

    N° 212 LE MÊME.

    1568.

    Sceau ovale, de 21mm sur 17, empreinte sur papier, plaqué sur des quittances délivrées par Jehan de Losse, sieur dudit lieu, chevalier de l'ordre du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, gouverneur et lieutenant-général de Verdun et du Verdunois, en date des Ier mai, 3i juillet et 20 août 1568.

    Pas de légende.

    Dessin. — Ecu droit aux armes, entouré du collier de l'ordre ; bordure de filets.

    (Bibliothèque nationale, Mss. Clairambault, titres scellés, t. LXVII.)

    N° 213 LE MÊME.

    1569.

    Sceau ovale, de 20mm sur 16, empreinte sur papier, plaqué sur une quittance délivrée par Jehan de Losse,

    sieur dudit lieu, capitaine et gouverneur de la citadelle de Verdun, en date du 31 janvier 1569.

    Pas de légende.

    Dessin. — Écu droit aux mêmes armes ; fleuron au dessus de l’écu.

    (Bibliothèque nationale, Mss. Ibid.)

    N° 214 LE MÊME.

    1570-1573.

    Sceau ovale, de 22mm sur 17, empreinte en papier, plaqué sur une quittance délivrée, le 18 janvier 1573, par Jehan de Losse, seigneur dudit lieu, chevalier de l’ordre du roi, conseiller en son privé Conseil, premier capitaine de ses gardes, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en la ville de Verdun et pays de Verdunois.

    Pas de légende.

    Dessin. —Écu droit aux armes (12mm) entouré du collier de l’ordre, bordure de grènetis.

    (Bibliothèque nationale, Mss. Pièces originales, Losse.) — Un sceau qui paraît identique est plaqué sur une quittance du 14 août 1570.

    N° 215 LE MÊME.

    1574.

    Sceau rond, de 33mm, empreinte en papier sur cire rouge, plaqué sur une commission délivrée par Jehan de Losse, chevalier de l’ordre du roi, premier capitaine de ses gardes et son lieutenant-général, gouverneur de Guyenne deçà la rivière de Garonne, en date du 20 mai 1574.

    Pas de légende.

    Dessin. — Écu droit aux armes, entouré du collier de l'ordre.

    (Bibliothèque nationale, Mss. Pièces originales, Losse.) — Un autre exemplaire est plaqué sur une ordonnance de paiement en date du 26 mai 1574.

  • Testament de Jean IV de Losse, seigneur de Bannes, 1er février 1580 (AD Dordogne, 2 1852 (Fonds du château de Rastignac)/89-1, copie s.d. du testament).

    Transcription :

    "Sachent tous presants et advenir que aujourdhuy premier du moys de febvrier mil cinq cent quatre-vingts, au chasteau de Losse, parroisse de Thounac en Perigord, regnant tres chrestien prince Louis Henry, par la grace de Dieu, rov de France et de Navarre Pouloigne, par devant moy, notaire royal soubsigné et des temoings bas nommés, a esté presant et constitué en sa personne haut et puissant seigneur Jean de Losse, escuier, sieur de Banes, gentilhoume ordinaire de la chambre du roy, cappitaine du chasteau du Louvre et de la citadelle de la ville et cité de Verdun, en Lorraine, lequel estant, graces a Dieu, sain de son corps, en sa bonne mémoire, sens et entendement, considerant estre mortel et n'y avoir chose plus certaine que la mort, l'heure de laquelle est incertaine, et qu'il est sur le poinct de faire certain voyage cauzant les dangers que journellement ce retrouvent sur les champs, ne voulant deceder intestat, affin qu'a l'advenir ses parens et amis n'ayent entre eux questions, debat ne proces ensemble, a raison des biens qu'il a pleu a Dieu luy donner en ce monde ; pour ces causes et autres bonnes considerations a ce le mouvans, a faict son testament et ordonné sa derniere volonté en la forme qui s'ensuit :

    Et premierement, a ledict sieur testateur, suivant l'ancienne et bonne coustume des bons chretiens et catholiques, faict le signe de la saincte croix, disant au nom du Pere, du Filz, du Sainct-Esprit. Amen.

    En apres, se recommendant a Dieu, nostre bon Pere tout-puissant, l'a prié par son Filz, nostre seigneur Jesus Christ, lui pardonner les faultes et offences par lesquelles il pouroit avoir provoqué son ire, et quand sera son bon plaisir l'appeller de ce monde, que son bon plaisir soit colloquer son ame au sein d'Abraham et au nombre des biens heureux en son Paradis.

    Item, a [fol. 1v°] vouleu, veult et ordonne le dit sieur testateur que son corps soit ensevely en l'esglise parroissielle de Thounac et au tombeau ou est ensevely le corps de feu Leon de Losse, son frere, quy fut tué au camp devant La Rochelle par les ennemis de Dieu et du roy. Et ou le dit testateur decederoit hors du present pays de Perigord et en quelque part que ce soit, au dit cas veult et ordonne ledict sieur testateur, que son herittier universel soubs nommé soit tenu faire aporter sondict corps audict lieu de Thounac, pour estre enseveli dans ledict tombeau, et veut que le jour de l'enterement de sondict corps, soyent appelés cent prestres ou reli­gieux, messe chantans, et qu'a chasqun d'eux soit payé pour messe cinq solz tournoits, autant le jour de ses honneurs et de meme au bout de l'an de sondict enterement.

    Plus, veut et ordonne que ledict jour de son enterement, douze pauvres soient habillés de deuil, a scavoir, de robes, chausses et chaperons, ayants chascun d'eux une torche de cire en mains, lesdicts jours d'enterement, honneurs et bout de l'an, et que lesdicts pauvres soient nouris lesdits trois jours, et qu'a chasqun d'eux et desdits jours soit donné, outre ladite nouriture, douze deniers tournois d'aumosne.

    Pour le regard des torches, cierges, chapelle ardente et autres louables ceremonies acoustumées et observées a personnes de quallité, a dict s'en remetre a la discrection de ses heritiers universels soubs nommés.

    Plus, a donné et legué ledict testateur aux prestres, enfants de ladite esglise de Thounac, que seront lors de son deces et pour l'advenir vingt-un escus sol et deux tiers d'escu, revenants a la somme de soixante cinq livres tournois ; en ce que lesdits prestres seront tenus de dire et cellebrer a perpettuité et a jammais, a tel jour qu'il decedera, une messe en notes [fol. 2r°] pour le salut de son ame et de ses feus parens et amis. De laquelle somme, veut et entend ledict testateur, que ses herittiers cy-apres nommés soient tenus acheter rentes ou piece valant ladicte somme pour des esfruicts en payer annuellement ladite messe.

    Item, plus veut et ordonne ledict sieur testateur estre dict en l'esglise de Banes, apres son deces, a perpettuité, tous les ans, a tel jour qu'il decedera, une messe des trespassés et, pour ce faire, a donné et legué la somme de quinze livres, pour d'icelle somme en estre aussy acheté par ses herittiers soubs nommés rentes ou piece valable, pour des efruicts quy en proviendront payer ladite messe.

    Item, plus veut et ordonne ledict sieur testateur estre aussy payé par ses herittiers a deux pauvres filles de ladite parroisse de Banes quy se trouveront avoir bien vescu, pour eyder a les marier, cinquante livres tournois a une chasqune d'elles, une fois payées, la moytié le jour des <leurs> noces et l'autre moytié dans ung an apres.

    Plus, a donné et legué ledict testateur aux pauvres mandians, pour l'honneur de Dieu, la somme de soixante livres tournois, payable par ses herittiers, vingt livres le jour de son enterement, autres vingt livres le jour de ses honneurs et le reste le jour du bout de l'an de sa sepulture.

    Plus, donne et legue a l'hospital de la ville de Montignac la somme de quarente livres tournois, une fois payée par ses herittiers unniversels soubs nommés, de laquelle somme veut aussi et entend estre acheté rente ou piece valable afin qu'a l'advenir les pauvres s'en puissent prevaloir.

    Plus, a ledict sieur testateur donné et legué a Messire Ramond de Saint-Clar, chevalier de l'ordre du roy, sieur de Puymartin, son oncle, tous ses chevaux et acoutrements, en quelque part qu'il en aye, et ce pour l'amitié, plaisirs et agreables services qu'il a receu de luy.

    Plus, donne et legue a un nommé le sieur Marias, quy est a sa suite, pour ses agreables services et qu'il espere de luy recevoir, la somme de [fol. 2v°] cent escus sol et un courtaut a luy delivrés une fois par ses herittiers, incontinent apres son deces.

    Plus, a donné et legué a [blanc laissé pour le nom] son tailleur et homme de chambre, la somme de trente escus sol et un cortau a luy delivrés incontinant apres son deces par ses herittiers.

    Plus, a donné et legué a son palefrenier nommé Anthoine la somme de dix escus sol, outre ses gages ordinaires que luy pouroit devoir ; lesquels dix escus de et gages que luy pouroit devoir, veut et ordonne luy estre aussi payés incontinant apres son deces par ses herittiers.

    Et parce que le fondement de tout testament est l'institution d'herittier, au reste de tous et chasqun ses biens, meubles et immeubles, presants et advenir, et en quelque lieu qu'il les puisse avoir, noms, actions et exercices d'iceux, ledict sieur testateur a faict et institué, et de sa propre <bouche>, nommé son herittiere universelle, sçavoir est, haulte et puissante dame Anne de Saint-Clar, dame de Losse, sa mere, et ce pour jouir des efruicts de sesdits biens et en disposer a son plaisir et volonté, sa vie durand seulement, voulant et ordonnant ledict testateur que apres le deces de ladite dame, sadite mere, sesdits biens soyent et appartiennent de plain droict a Jean [V] de Losse, son neveu. + Et cy ledict neveu decedoit sans enfants legitimes, audict cas et a luy survivant Jean [III] de Losse, escuyer, sieur dudict lieu, son frere, et pere de sondit neveu ; veut et entend qu'il jouisse des susdits biens et en puisse disposer en faveur de tel de ses enffants legitimes que bon luy semblera et non d'autres. Et ou il decederoit sans enfants legitimes, audit cas, luy a substitué Annet de Saint-Clar, escuyer, son cousin, fils audict sieur de Puymartin. Et ou ledict Annet decederoit sans enfants legitimes, audict cas, luy a substitué Claude de Saint-Clar, frere dudit Annet, a la charge toutesfois que sesdits herittiers nommés et substitués seront tenus porter son nom et armories.

    Et sy aucun autre testament ou testaments, dispositions, codicilles ou donnations a cauze de mort, ledict sieur testateur avoit ci-devant faictes, les a cassés, revoqués et annullés et par expres certain testament qu'il dict avoir faict ci-devant en la ville de Paris [fol. 3r°], retenu par [blanc pour le nom du notaire, manquant] persistant en cestuy-cy et ou il ne vaudroit par testament, veut qu'il aye valeur par codicille. Et ou ne vaudroit par codicille, que vaille par donnation faicte a cauze de mort et autrement comme poura valoir de droict, disant et declarant estre sa derniere et extreme volonté.

    Suppliant, <la et> pour executeur de sondict testament, a faict et nommé les seigneurs de Sauvebetere et de Bosc, lesquels a priés ne luy desnier cest honneur de faire plenement executer le contenu en icelluy, offrant en cas pareil et plus grand leur servir et a iceux a donné puissance, authorité et charge et mendement special de pouvoir vendre et aliener de ses biens jusques a la concurance des susdits legats. Et pour plus grande certitude de sondict testament, et afin qu'il soit tenu pour ferme et stable, a appellé a temoins pour entendre la teneur d'icelluy, scavoir est : Jean de La Manaurie, escuier ; Jean Bourgeois, capitaine dudit chasteau de Losse ; Jean Hardoin, fils du sieur des Costancies, page dudict sieur testateur ; maistre Simon Delpeuch, notaire de Thonac ; Pierre Lacombe, cuyssinier de ladite dame de Losse ; Gabriel Godal, somelier ; et Jean Laroche, dit Neyrat, couturier, habitant du village de Linars, parroisse de Brenac, temoins a ce appellés par ledict sieur testateur. Lesdicts Lacombe, Godal et Laroche ont dict ne scavoir signer, de ce requis par moy. Ainsi signés a l'original : De Losse, testateur ; Manaurie, temoint ; J. Bourgeois, temoint ; Jean Audoin, tesmoint ; Delpeuch, tesmoint ; Barbier, notaire royal quy ay receu ledict testament par commandement dudict sieur testateur de la teneur sus couchée et ecrit de ma main.

    Veyssiere, notaire royal, qui ay delivré coppie du susdit testament prinse sur le vray original que j'ay trouvé parmy les ceddés et pappiers de mon feu pere vivant aussy notaire royal.

    [Au dos :] Testament de Jean de Losse, seigneur de Banes. 1er fevrier 1580.

  • Biographie de Jean II de Losse par le chanoine Jean Tardes, s.d. (fin XVIe-début XVIIe siècle).

    Extrait de TARDE (Jean), Les chroniques de Jean Tarde, chanoine théologal et vicaire général de Sarlat, contenant l'histoire religieuse et politique de la ville et du diocèse de Sarlat, depuis les origines jusqu'aux premières années du XVIIe siècle, annotées par le Vicomte Gaston de Gérard. Paris : Oudin, 1887, p. 273-274 :

    "Le 6 de juin [1579], décéda Jean de Losse, sieur dudict lieu, chevalier de deux ordres du roy, mareschal de camp ès armées royales, et lieutenant du roy en Guiene. Il porta ses premières armes l'an 1535, soubz le sieur de Montpezac, en l'armée que l'admiral Chabot mena en Italie et, l'an 1541, il se mit dans la companie du sieur de Cars, lequel il suivit au siège de Perpi­gnan, Lendrecy, et autres guerres contre l'empereur Charles V. L'an 1551, il eut une companie de chevaux légers au voyage que le roy entreprind pour la protection des Allemans. L'an 1553, il eut le gouvernement de Téroane et, l'an 1555, celluy de Ma­riambourg. L'an 1561, le roy le fit son lieutenant-général à Verdun, Pluviès, pays de Beausse et duché de Valentinois et le créa mareschal de camp, laquelle charge il exerça à la bataille de Dreux, et fut député pour porter la nouvelle de la victoire au roy qui luy donna la moytié de la companie des gen­darmes du mareschal St André, tué à ceste bataille. L'an 1563, le roy le fit capitaine de la garde escossoise et, l'an après, le fit son conseiller d'Estat et luy donna le gouvernement de Lyon et Forés, en l'absence de M. de Nemours. L'an 1566, l'entreprinse des religionaires contre le roy estant découverte, il con­duisit le roy de Meaux à Paris en toute asseurance avec six mille Suisses. A la bataille de St Denis, son cheval fut tué soubz luy, mais, relevé par son filz aisné, il tesmoigna estre vaillant soldat et prudent capitaine, si bien que, sa valeur ayant esté recogneue, il fut choisi pour se tenir près la personne de Monsieur, frère du roy, lieutenant général de l'armée. Il se trouva aussi à la bataille de Jarnac et fut esleu pour porter la nouvelle de l'heureux succès au roy qui, en récompense, luy donna la capitainerie du Louvre. Après le siège de la Rochèle, le roy le fit [p. 274] gouverneur et lieutenant général en Guiene au deçà de Garone, le sieur de la Valette ayant la mesme charge de ce qui est au delà. Ce seigneur fut de son temps l'honeur et la gloire de la noblesse de Périgord. Il mourut aagé de 75 ans, après avoir servi cinq roys. Pierre de Losse, son père, mourut en Italie, commendant à des gens de pied, au voyage que le roy François y fit l'an 1515. Frénon de Losse, son ayeul, fut employé au service du roy Louis XI, et Frénon, son bisayeul, fut tué à la bataille de Monlhéri, commandant à 20 hommes d'armes. Leurs armes sont : d'azur chargé de neuf estoiles d'or."

  • Généalogie de la maison de Losse et biographie de Jean II de Losse "envoyée par le chanoine Tricart d'après les titres de Mr. de Losse en Périgort [sic]", s.d. (vers 1622).

    Transcription, extrait de BnF, Département des manuscrits, Duchesne 58, fol. 68r°-79r° : Généalogie manuscrite de la maison de Losse arrêtée en 1622 ; biographie de Jean II de Losse envoyée par le chanoine Tricart d'après les titres de Mr. de Losse en Périgort.

    [Fol. 68r° et suivants :] Genealogie de la maison de Losse arrestée en 1622.

    . Guillaume de Losse, écuyer, épousa Richarde de Rupe en 1248 et fit son testament en 1274, son exécuteur testamentaire étant son frère Hugues de Losse, abbé de Terrasson. Il fut enterré dans l’église Saint-Pierre de Montignac.

    . Guillaume II de Losse, fils du précédent, épousa Emelie de la Roche en 1302, puis en secondes noces Ramonde de Gibrie en 1316. Il fit son testament en 1324 et demanda à être enterré dans la chapelle Notre-Dame du couvent des Cordeliers de Montignac.

    . Reynal de Losse, fils du précédent, épousa Marguerite de Valle et demanda à être enterré avec son grand-père dans l’église Saint-Pierre de Montignac. Il eut plusieurs fils, Guillaume, Pierre, Aymar, Reynal et un autre Pierre, lequel fut religieux en l’abbaye de Saint-Amand, puis rentra dans l’ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem suite à la dispense du pape Boniface.

    . Guillaume III de Losse, fils du précédent, épousa en 1335 Hélène de Pardaillan, mais n’eut aucun enfant de ce mariage.

    . Aymar de Losse succéda à Guillaume III de Losse, son frère, et se maria avec Jeanne Broussarde. Il fit son testament en 1414 et voulut être enterré dans l’église Saint-Pierre de Montignac.

    . Jean de Losse, fils d’Aymar, épousa Jeanne de Palisse de Malemort en 1413, puis Marthe de la Bessière en secondes noces, héritière de la maison de Marciliac en Auvergne. Il fit son testament en 1471 et demanda à être enterré en l’église du couvent des Cordeliers de Montignac. De son second mariage, il eut six fils et deux filles. Catherine fut notamment mariée à la maison noble de Chabans d’Agonnat en 1466. Ses fils : Frénon son successeur, Antonnet prieur de Brégerat, Aymar prieur de Brénac, Pierre prieur de Nadaillac, Antoine capitaine de Mérugues et Richard guidon de la compagnie de gens d’armes du comte de Dammartin.

    . Frénon de Losse, fils de Jean de Losse, capitaine d’une compagnie de gens d’armes. Il épousa Marguerite de Ferrières en 1425. Il fut tué jeune à la bataille de Montlhéry en 1465, opposant le roi Louis XI au comte de Charolais, fils du duc de Bourgogne.

    . Frénon II de Losse, fils du précédent lui succéda. Il épousa Antoinette de Carbonnières et fit son testament en 1480. Il est enterré à Thonac, paroisse de la maison de Losse.

    . Pierre de Losse, fils du précédent, épousa Anne de Saint-Astier le 15 janvier 1506 et mourut pendant les guerres d’Italie avec son fils aîné Frénon III, plus exactement à Milan près de laquelle ville il est enterré. Il eut quatre fils : Frénon III, Jean II qui lui succéda, Raymond prieur de Gabiliou, Léon prieur de Saint-Léon et de Fleurac.

    . Jean II de Losse, fils du précédent, épousa le 5 février 1541 Anne de Saint-Clar. Il fut enterré à Thonac en 1579. Il eut cinq enfants mâles : Jean mort au berceau, un autre Jean qui lui succéda, Léon qui mourut au siège de la Rochelle, un autre Jean qui fut blessé mortellement à la reprise du château de Montignac, face aux troupes de Vivans et Antoine mort également au berceau. Jean II de Losse porta les armes bien jeunes en la compagnie de monsieur de Saint-Martin son oncle maternel et ensuite dans les compagnies des seigneurs de Montpezat et d’Escars, aussi ses parents. Il eut le gouvernement de Maubert Fontaine vers 1547, une compagnie de chevaux légers en 1551, le gouvernement de Thérouanne en 1553 et le gouvernement de Mariembourg en 1555. En 1560, François II et Antoine roi de Navarre lui confièrent la charge de gouverneur d’Henri de Navarre. Il devint lieutenant de sa compagnie de gens d’armes et reçut, en 1561, la charge de gouverneur de Verdun et de lieutenant du roi et fut fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel par Charles IX. Il exerça la charge de maréchal de camp à la bataille de Dreux en 1562, où fut tué le maréchal de Saint-André. Il reçut alors la moitié de sa compagnie de gens d’armes. Il fut à la bataille de Saint-Denis où son cheval fut tué. Il fut placé près du frère du roi, futur Henri III. En 1568, il fut envoyé en Béarn vers Jeanne de Navarre et pendant les guerres civiles du royaume fut chargé de lever des troupes. Devant rejoindre Monsieur, il dû rejoindre Monsieur de Montpensier près de Poitiers et de Châtellerault pour empêcher les protestants de prendre ces villes. Il rejoignit ensuite l’armée de Monsieur pour participer à la bataille de Jarnac où le prince de Condé fut tué. Il porta la nouvelle au roi qui lui donna la capitainerie du Louvre et la possibilité de transmettre certaines charges à ses enfants. Il tomba alors malade et ne put participer à la bataille de Moncontour. Il fut surintendant des affaires de la maison du roi de Navarre en 1572, il fut au siège de la Rochelle près du roi, où il perdit son fils puîné. Après le siège, il fut envoyé dans le Bas-Limousin pour mettre de l’ordre. Il reçut le commandement d’accompagner Monsieur en Pologne, ce voyage étant révoqué, il reçut le gouvernement de Guyenne. Après la mort de Charles IX, il retrouva Henri III à Lyon en 1574 qui le fit chevalier de l’ordre du Saint-Esprit.

    . Jean III de Losse, fils du précédent, lui succéda en 1579. Proche du roi Charles IX, il accompagna Henri de Lorraine, jeune duc de Guise, en 1566 au voyage de Hongrie dont le royaume était convoité par Soliman II le Magnifique. L’empereur Maximilien peinait en effet à contenir les troupes turcs. La mort de Soliman entraîna l’arrêt des combats et le duc de Guise put passer pour le sauveur de la chrétienté. A son retour, Jean III de Losse fut fait gentilhomme de la chambre du roi et commanda à Verdun sous les ordres de son père qui lui cèdera finalement le gouvernement de la ville et pays. Il fut guidon de la compagnie de Monsieur le prince de Longueville, capitaine de cinquante hommes d’armes pendant le règne d’Henri III et de toutes les batailles aux côtés de son père, particulièrement en Guyenne. Tous ses frères furent tués, à la Rochelle, à la reprise du château de Montignac contre les troupes de Vivans. Il se maria le 23 janvier 1573 ou 1576 avec Isabeau Jeanne de Roquefeuille et décéda en 1602, il fut enterré à Thonac, paroisse de sa maison. Il eut trois enfants mâles : Jean IV qui lui succéda, Charles mort au berceau et Manuel qui hérita de la terre de Bannes. Il eut sept filles dont Anne mariée à Jean d’Aubusson baron de Miremont et de Villac, Henrie mariée à Charles de Benquet de Pellegrue, sieur baron de Cambes en Agenois, Suzanne mariée à Jean Roux, sieur de Campagnac, Larmendie et du Breuil.

    . Jean IV de Losse, fils du précédent, se maria avec Françoise de Vabres en 1605, fille de Jean de Vabres, baron de Castelnau, et de Philiberte de La Jugie, fille du baron de Rieux, gouverneur de Narbonne.

    . Jean V de Losse, fils du précédent, se maria en 1619 avec Antoinette d’Esparbès de Lussan.

    [Fol. 73r° : Biographie de Jean II de Losse].

    Jehan de Losse feust filz a Pierre de Losse et de Anne de Sainct-Astier, mariés en l’an 1506. Ledit Pierre moureust en Itallie commandant a des gens de pied au premier voyage que feist le Roy Francois premier pour la duché de Millan l’an 1515. Pierre heust pour père Frenon de Losse, lequel estant bien jeune feust envoyé archer par le Roy Louis XII, se resouvenant a grand & bon prince des services qu’il avoit receues par son père appellé comme luy Frenon qui feust tué a Montlery, commandant a vingt hommes d’armes en la battaille contre le prince Charollois.

    Le susdit Jehan, filz a Pierre, feust nourry petit enfant par son grand pere auquel il feist trouver bon lors qu’il se vid d’eage avec la force de suivre l’exemple des sieurs, cerchant les occasions d’honneur par les armes.

    Il le mist pour cest esfaict de la compagnie de Monsieur de Monpezat [Antoine de Lettes-Desprez, seigneur de Montpezat en Quercy (1490-1544)], lors de l’armée conduicte par l’admiral Chabot contre le duc de Savoye, regnant le Roy Francois Ier l’an 1535.

    Le susdit admiral ayant conquis la Savoye et la pluspart du Piedmont, le duc eust son recours a l’empereur Charles le Quinct qui feust bien aise de prandre la protection de ce prince pour ce servir de ce pretexte a entreprandre de troubler le repos de la France et de ce grand Roy.

    C’estoit lors que ledit empereur revenoit de la barbarie et de la conqueste de Timis et qu’il entra en provance avec une puissante armée, ce qui fist aller le Roy a Lyon ou il assambla son armée en laquelle se trouvat se trouva ledit Jehan soubz la charge et de la compagnie dudit Montpezat.

    [fol. 73v°] Après que l’empereur se feust retiré le printemps subsequent, le Roy alla en Picardie l’an 1537 ou après quelques factions des armées il feust faict quelque tresve pour quelque temps.

    Temps qui s’escoula bien tost, car l’empereur, qui l’avoit accordé comme estant le plus foible en Picardie, envoya une armée en Piedmont commandée par le marquis de Guast ou le Roy envoya la sienne conduicte par Monsieur le Dauphin ou se trouva aussy ledit De Losse soubz ledit de Montpesat, son capitaine.

    Les armées favorisant aussy peu l’empereur en Piedmont qu’en Picardie, le pape a la recerche dudit empereur feist une seconde tresve qui feist rompre les armées et retirer les trouppes en partie dans lesdictes garnisons.

    Ledit De Losse s’en alla dans Foussan avec Saint-Martin de Linne [?], son oncle, chevallier recommandable en ce temps, ou estoit aussy monsieur de Montpezat. Ce lieu feust bien tost apres assiegé par Anthoine de Leve, duquel ilz receurent peu de faveur lors que contraintz de se randre, ilz sortirent apres avoir cappitullé et se retirans vers Marseille, passant pres d’une petite ville nommée Sainct-Alexandre qui leur refusa le passage. Ilz eurent de force ce qu’ilz avoient refuzé à leur priere et en forçant ladicte ville, ledit Jehan feust blessé d’une grosse pierre par la teste estant au pied de la muraille, de quoy il parust mourir. En fin guery, il se trouva dans Marseille lors qu’elle feust aprochée par l’empereur.

    Le Roy en estant pres et faisant retirer ledit empereur, l’armée [fol. 74r°] ce rompist et ledit Jehan se retira en sa Maison. Il y feust bien peu, car le Roy refaisant ses armées dont l’une alloit en Picardie, l’autre alloit en Piedmont, l’autre a la Combe de Roussillion ou feust assiegé Perpinian, il suivist celle-cy dans la compagnie de Monsieur d’Escars, de laquelle estoient les seigneurs des meillieurs maisons de Guienne. L’injure du temps qui feust tres mauvais randist ce siege malheureux aux Francois et Monsieur le prince dauphin en retirant son armée l’an 1541 [sic pour 1542], en passant par le fort de Fausse, estant commandé ledit Jehan de Losse d’aller a l’escaramouche avec quinze ou vingt de ses compagnons, il receust une arquebusade a la cheville du pied qui la luy brisa.

    Apres ce voyage, il se retira chez luy et se maria la mesme année 1541 [sic pour 1542 ?] avec Anne de Sainct-Clar de Puimartin et apres avoir donné quelques jours aux douceurs de son mariage, il commança d’en donner au soing de se preparer a ceulx des plaisirs qu’il recepvoit ce trouvant dans les occasions ou avec son courage et ses armées il se peult signaller ou desfaict estant en esquipage. Il alla en Picardye trouver ledit d’Escars, son capitaine, et se trouva asses a temps pour estre a la prinse de Landrecy [Landrecies] l’an 1543.

    Le Roy estant adverty que le prince d’Orange alloit pour recouvrer Luxambourg qu’il avait conquis auparavant soubz la conduicte de Monsieur d’Orléans, y renvoya Monsieur de Guise avec des trouppes dans lesquelles estoit ledit d’Escars et ledit De Losse, et feust au temps que l’empereur partist d’Espaigne avec une armée de mer. Il le desambarqua a Gennes et vint par terre, de la a Trante et puis par la duché de Cleves qu’il saisit et le duc vint lui soubzmettre a luy et luy demander [fol. 74v°] pardon de ce qu’il avoit favorier les francois contre luy. De la, il vint assieger Landrecy dans lequel ledit De Losse se trouva les assiegés resistarent valleureusemant. Le Roy les vint secourir et ayant pourveut la place d’hommes et de toutes munitions necessaires, il se retira. L’empereur le poursuivist et feust combattu a la retraite ou feust prins ledit De Losse dans ung combat qu’il feist par le commandement qu’il en receust lors de ladicte retraicte et mené a l’empereur qui s’enquist des nouvelles du Roy et de son armée.

    Il feust mené a L’Isle en Flandres ou il feust ung an prisonnier et sortit en eschange de deux capitaines albanois. Estant en liberté, il vint trouver l’armée francoise a Chalons en Champaigne pres d’ou l’empereur et son armée estoit et allant a la guerre avec le Mareschal Brissac soubz la charge dudit d’Escars, son capitaine, il receust une arquebusade a l’espaule.

    Comme il feust guery, l’on luy donna le gouvernement de Maubert-Fontaine quelque temps après la mort du Roy Francois qui feust l’an 1546 [1547 (n.st.)]. Il se conduit en sa charge avec une telle prudance qu’il en feust estomé et chery.

    Le voyage d’Allemagne estant entreprins par le Roy Hanry II pour la protection de ceux qui l’appelloient contre l’empereur, il y assista avec une compagnie de chevaulx legers qui luy avoit esté donnée en l’an 1551. Et l’heumeur des Allemans ayant changé, ilz envoyarent vers le Roy pour le remercier et l’advertir qu’il ne leur estoit plus necessaire, ce qui le fist rebrousser.

    Aprenant que la Royne d’Ongrie, gouvernante en Flandres [fol. 75r°] pour l’empereur, son frere, alloit attaquer James, le Roy feist commandement audit de Losse de s’aller jetter dedans le lieu mal pourveu avec sa compagnie de chevaulx legers et quelques autres trouppes, mais ladite Royne d’Ongrie, sachant cella et le retour du roy, se retira promptemant.

    La France ayant quelque peu de repos, les Francois condegiez de l’armée pour prendre halaine de leur long travail, ledit De Losse s’en alla pourvoir a son gouvernemant, en telle sorte que bien qu’il feust sur la frontiere ennemie l’on n’y oza en reprandre et apres s’en alla faire un tour ches luy ou il ne feust presque arrivé qu’il receust commandement de s’en aller randre dans Terouenne [Thérouanne], le gouvernemant luy en estant donné l’an 1553. Auquel lieu, Monsieur d’Aisse estoit lieutenant du roy ; comme il arriva, il la trouva desja assiegée et estroitemant blocquée, nonobstant quoy il y entra mais avec ung extreme peril avec une partie des troupes qu’il avoit et de sa compagnie de chevaux legers, le reste n’ayant ce peu faire faire chemin comme luy.

    Le lieu mal pourveu a cause de la negligence des gouverneurs precedans, feust affin prins apres avoir enduré trois assaulx et trente trois mil et quatre coups de canons et luy mené prisonnier dans le chasteau d’Utrect [Utrecht] en Flandres ou il feut tenu et tres mal traicté l’espace de dix-huict mois.

    Estant enfin sorty par une grosse rançon qu’il paya, il alla trouver le Roy qui le receust avec contantemant, luy donnant l’estat de gentilhomme de la chambre et luy permist de s’asler rejouir chez soy et avec sa famille.

    Ce sejour ne feust que de peu des jours, car il le renvoya querir par ung courrier et le pria de ne refuser le gouvernemant de [fol. 75v°] Mariambourg et conquis auparavant sur la Royne d’Ongrie en l’an 1555. Ce qu’il acepta et alla revoir de pres ceux qui l’avoient bien faict enuier durant sa prison, bien maris de ne le tenir allors ; aussy, les travailla ilz tant qui feurent contrainctz de l’assieger soubz la conduite du prince de Piedmont qui ne gaigna que de la honte, estant constrainct apres beaucoup de perte de se retirer et ceste place feust conservée jusques a ce que par les articles de la paix de Cambresy [Cambrai] l’an 1559, elle feust remise par luy a l’espanniol.

    Apres cecy, il s’en vint trouver le Roy a Paris plain de gloire et aymé parfaictemant de sa majesté qui luy donnoit des esperances grandes de recompanse, le nommant pour gouverneur de Callais, ce qui ne peut succeder mais l’eust le seigneur de Gourdan. La mort deplorable de ce prince tué par le seigneur de Montgommery l’en randist aussy esloigné que triste de la perte de son bon maistre et grand roy. Il feust deputté pour garder le corps et le porter a la sepulture au sepulchre de ses predecesseurs a Saint-Denis et, cella faict, il se retira chez soy pour ce consoler de ceste perte qui luy ostoit toute esperance de bien et de bon heur.

    Mais cest homme estant necessaire, il ne demeura guieres sans recepvoir ung commandemant du Roy Francois segond, d’aller le trouver promptemant, ce qu’il fist. Sa majesté le sollicita et Antoinne, Roy de Navarre, d’accepter la charge de gouverneur du prince Hanry, son filz, ce qu’il feist et eust la lieutenance de sa compagnie et il feut apres commandé d’aller a Callais recepvoir l’armée revenant du petit lis en Escosse.

    Le gouvernemant et le nom de lieutenant-general pour le Roy a Verdun et pais de Verdunnois luy feust aussy donné l’an 1561. Et le Roy [fol. 76r°] Charles ayant succedé a Francois segond, il l’honnora de l’ordre de Saint-Michel et le fist marechal de camp durant les malheureuses guerres civille qui feurent bien tost apres.

    Il feust gouverneur et lieutenant-general pour sa majesté en la ville de Pluviers et pais de beausse et duché de vallantinois. Il se trouva en la bataille de Dreux, exerçant sa charge de mareschal de camp et feust deputté pour porter la nouvelle du gain de la battaille et prinse du prince de Condé. Sa majesté luy donna la charge de la moitié de la compagnie de gens d’armes du mareschal de Sainct-André, tué a ceste battaille.

    Estant survenu le malheureux assasinat de Monsieur de Guise devant Orleans par Poltrot, il feust suivy et prins par ledit de Losse. En cest evenemant miserable ayant causé la paix, la France estant plaine de craincte par la perte d’un sy grand capitaine, il feust promptement despeché avec partie de l’armée pour aller en son gouvernement de Verdun pour faire escorte aux reistres que l’on faisoit sortir hors du royaume, de quoy il s’acquita dignemant et sagemant.

    Lors de la reprise du Havre de Grace sur les anglais en 1563 par Anne de Montmorancy, connestable de France, il eust commission de luy pour le recepvoir du conte de Varnner [sic pour Warwick ?].

    En la mesme année, le Roy luy donna la charge de la compagnie des écossais, premiere compagnie des gardes du corps [du roi].

    Il eust aussy le gouvernemant de Lyon, Bajoles et Forais en l’absance et soubz monsieur de Nemours et faict conseiller d’estat en l’an 1564.

    Estant sa majesté a Monceaulx pres de Meaux en l’an 1566, il feust contrainct de se retirer en dilligence a Paris soubz l’assurance [fol. 76v°] de six mil suisses conduitz par ledit De Losse, ce qui rompist le dessaing des huguenotz pretendans se saisir des majestés du Roy et de la Royne.

    Apres cecy, il ce trouva a la battaille [de] Saint-Denis ou il tesmonnia qu’il estoit soldat et capitaine ; ou il eust son cheval tué soubz luy dont il feust relepvé par son filz aisné. Il feust choisy alors pour se tenir pres de la personne de monsieur le lieutenant-general de l’armée.

    Ceste seconde guerre achevée, estant party pour aller chez luy, ce feust avec commandemant d’aller trouver la Reyne de Navarre, Jehanne [d’Albret], ce qu’il fist l’an 1568, bien qu’il luy feust donné divers advis et de diverses personnes que ce seroit avec du peril et qu’elle en avoit ainsin ordonné, nonobstant quoy, il feist la charge au contantemant de son roy et d’elle aussy.

    Cependant, les affaires se commancoient d’embrouiller en Guienne par les huguenotz. Bien tost apres, monsieur le prince de Condé et tous ceux de sa faction se retirarent a la Rochelle, ce qui fist que Losse feust commandé de s’en aller trouver Monsieur [le duc d’Anjou, frère cadet du roi] avec toutes les forces qu’il pourroit.

    C’estant acheminé suivant ce commandemant jusques a Arnac par della Limoges, il rancontra ung courrier et ung commandemant d’aller trouver Monsieur de Montpancier vers Poictiers et Chastellerault pour empescher que les huguenotz n’entreprinsent sur lesdites villes comme l’on le croyoit.

    Ayant joint le sieur de Montpancier qui feust plusieurs jours, le suivant d’aultant qu’ilz avoient plus de forces que luy, considerans leur a panser et rompant le plus qu’il pouvoit leurs dessaings, il [fol. 77r°] feust adverty estant pres de Thiviers que des troupes venant de Provance debvoient joindre led. prince de Condé, ce qui le fist rendre a la ville de Perigueux en toute dilligence.

    Ces provançeaulx furent combatus et defaictz a Nontanses ou l’on vist un essay de lame de ce vieux capitaine qui, apres l’ardeur du combat, eust le plaisir de la victoire, inquietté de l’aprehantion de la perte de son filz aysné, lequel avoit suivy les fuiards pour plus leur rendre de dommage, accompagné de quelques-uns de ses amis. Ceste absance le faisoit estimer du nombre de ceulx qui n’estoit plus dans ceste opinion. Il feist remarquer ung ressantimant d’une genereuse constance.

    Mais a son retour, couvert de marques de sa gloire ou la douleur passée ou la joye presante abatirent les forces de ce corps desja cassé par les ans et par tant de peines qu’il avoit souffertes, enfin il se remis par quelque peu de repos.

    Bien tost apres, vint la nouvelle de la venue de Monsieur avec son armée, celle du prince de Montpancier l’ala joindre pres de Chastellereau et s’aprochant bien tost des ennemis, il y eust quelques rancontres et escaramouches entre lesquelles feust notable celle du lieu nommé Gesseneuil ou les ennemis avoient faict leur embuscade en certains lieux propres a cella, qui leur donnoit des grands advantages et moyen de nuire bien fort a l’armée de Monsieur. Ce que cognoissant, Losse fist aborder de pres les ennemis et acistant a ceste action de son jugemant et de son bras, il reussit aux catholiques advantageusemant, son cheval demeurant blessé d’une arquebusade dans le flanq.

    Peu de temps apres, feust donnée la bataille de Jarnac ou il feust et combatist sur ung cheval qu’il avoit tellemant harassé, faisant [fol. 77v°] passer en ordre les gens de guerre sur le pont de Chasteauneuf qu’il se randist presque incapable de le servir et n’eust-il le loisir de s’armer entrant dans le combat, duquel Dieu le retira comme le jugeant encores necessaire. La feust tué le prince de Condé, Monsieur gaigna la battaille et l’esleut pour porter la nouvelle au roy qui estoit pour lors […] ceste bonne nouvelle luy fist donner la cappitainerie du Louvre et la promesse de pouvoir pourvoir ses enfans de partie de ses charges. Mais la peine qu’il prins le jour de la bataille et aporter ceste nouvelle en dilligence le randist mallade jusques a l’extremité et feust cause qu’il ne se trouva a la battaille de Montcontour.

    Apres le siege de Sainct-Jehan d’Angely, il alla par le commandement du Roy a la Rochelle vers la Royne de Navarre et en l’an 1569 sa majesté l’envoya en Bearn pour certaines affaires de la province.

    Quelque temps apres, il eust charge sur la noblesse de Perigord et de Limousin et aussy pour prandre garde quelles estoient les fonctions de la justice et la police de ces deux provinces.

    Les nopces de Hanry de Navarre et de Marguerite de Valois se solempnisant, il feust estably surintendant de ses affaires et de sa maison.

    Il se trouva au siege de la Rochelle l’an 1573, ou il perdist son filz puîné, digne d’estre regretté.

    Apres, il se retira chez lui avec charge d’aller mettre ordre aulx affaires du bas-Limousin. Il se pourta en la ville de Brive pour cest esfaict.

    Estant la, il receust ung commandemant d’aller en Poulonnie accompannier Monsieur qui y alloit recepvoir la Couronne et le royaume a quoy il estoit preparé. Mais il feust reteneu par le [fol. 78r°] commandemant du Roy Charles qui luy donna le gouvernement de Guienne deça la Guaronne, gouvernemant qu’il jugea debvoir estre divisé en deux durant ces troubles grands et miserables, Monsieur de la Vallete ayant la charge de ce qui est au della.

    Ceste charge l’arresta et rompist son voyage, Monsieur en receust ung extreme desplaisir. Il le cognoissoit assez pour le desirer et bien tost apres, lors que les huguenotz reprindrent les armes, il pansa estre assassiné par eux en sa maison de Banes pres la ville de Bergerac. Dieu le conserva dans le peril qu’il coureust pour le bien de sa patrie et pour le service de son Roy.

    L’an 1574, il assiegea la ville de Cleyrac [Clairac], ayant auparavant prins la ville de Tonnains [Tonneins]. La Vallecte y acista. Elle estoit reduitte a l’extremité et composoit lors que deux capitaines gascons des troupes dudit La Vallette laissant entrer du secours dans la ville par le lieu ou ilz estoient en garde, cecy feist lever le siege avec la nouvelle qu’il eust de la mort de son Roy.

    Aprenant que l’armée appellée des viscontes venoit pour secourir Cleyrac, il s’en alla au-devant d’eux. Il les combatist a Fumeil [Fumel] et rompist, et Vivant [Geoffroy de Vivans] se sauva, passant la riviere de Lot a nage et blessé.

    Il mist son armée en garnison pour aller au-devant du Roy Henry III revenant de Poullonnie apres la mort du Roy Charles et feust le trouver a Lyon en l’an 1574. Sa majesté le nomma pour estre des chevalliers du Sainct-Esprit qu’il institua.

    Apres tous ces travaux et toutes ses fortunes, il mourust en sa maison de Losse le sixième juing l’an 1579, recommandant a ses [fol. 78v°] enfans d’estre tousjours catholicques a son imitation et non huguenotz et d’estre fidelles a leur Roy. Il feust ensepvely a Tonnac, son corps feust porté en terre par quatre chevalliers de l’ordre et la ceremonie et service divin feust faict par Monsieur l’evesque de Sarlat de la maison de la Mothe-Fenellon. Il mourust apres avoir dignemant et fidellemant servy cinq roys, eagé de septante-cinq ans ou environ. Sa fin feust aussy la fin de tous ces travaux dans lesquels l’on le void revivre l’honneur des vertueux, ne mourant jamais dans le souvenir des gens de bien.

    Jehan [III] de Losse, son filz aysné feust nourry enfant d’honneur du Roy Charles neufiesme, lequel luy commanda d’accompagner le duc de Guise lors qu’il feist le voyage d’Ongrie. C’estoit lors que Soliman assiegea Signet ou il mourrust. Il eust ung sy grand coup a la teste d’une cheute qu’il feust trapané et creu pour mort a Vienne en Austriche. Il guerist mais ce feust avec descontinu[els] ressantimants de son coup et qui luy a causé une mauvaise santé durant ces jours. Estant de retour, il feust faict gentilhomme de la chambre du Roy, apres commanda dans Verdun soubz Jean de Losse, son père, lequel apres luy resigna sa charge tant en la ville que pais de Verdunnois ou il feust lieutenant du Roy et apres fit bailler a Jehan [V], son fils, le gouvernemant de la citadelle qui en feust pourvueu estant encore au tetin.

    Il feust guidon de la compagnie de gens d’armes de Monsieur le duc de Longueville, comme aussy des vingt-qautre picquerons ordonnés pour le Roy Charles IX pour l’accompagner a la chasse.

    Feust apres confirmé en ses charges et dignitez par le Roy [fol. 79r°] Hanry III et faict capitaine de cinquante hommes d’armes, feust gentilhomme de la chambre du roy de Navarre lors que Jehan de Losse, son père, estoit son gouverneur environ l’an 1560.

    Se trouva en la battaille de Dreux et de Jarnac ou sondit père avoit charge de mareschal de camp et feust blessé devant Cogniac apres ceste battaille.

    Despuis cecy, il se trouva tousjours aux occasions qui se passerent en Guienne lors que ledit Jehan, son père, y feust lieutenant de […], mesmes au combat de Fumeil, ou Vivant feust deffaict et plusieurs trouppes de la relligion pretandue refformée ou il feust fort blessé, c’estoit l’armée des Viscontes. Il avoit esté aussy a la defaicte des Provançaulx a Montanses pres Perigeulx, et au combat que l’on fist contre eux au passage de la Dordoigne.

    Ses deux freres sont mortz servant les roys, l’un au siege de la Rochelle l’an 1573 et l’autre a Montignac-le-Conte en Perigord, lors que le susdit Vivant le surprins d’où il le chassa demeurant blessé, dequoy il mourust environ l’an 1580, ledit Jehan aysné est mort en sa maison environ la fin de l’année 1602.

  • Inscription funéraire à la mémoire de Jean II, seigneur de Losse, et de son fils Jean IV, ancien gouverneur de Verdun, sur un tableau attaché à un pilier de la chapelle Saint-Joseph dans l'église cathédrale de Verdun (Bulletin SHAP, tome XI [1884], p. 155-156).

    Extrait du Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord, tome XI (1884), p. 155-156 :

    "En 1588 [sic pour 1582], Messieurs les chanoines de la cathédrale de Verdun érigèrent un monument à la mémoire de Jean II, seigneur de Losse et de son fils Jean III [sic pour IV], ancien gouverneur de Verdun. Un tableau attaché à un pilier de la chapelle Saint-Joseph, de l'église cathédrale de Verdun, contenait le portrait du père et du fils avec cet exergue :

    Cum sudore, sanguine et carcere.

    Et l'inscription qui suit :

    « Ayant Mess, les chanoines céans souvenance perpétuelle des vertus rares de feu très honoré messire Jean de Losse, en son vivant seigneur, marquis dudit lieu et autres places, lequel, sous le règne des feu Roys François I, Henri II, François II, Charles IX et Henri III, mérita avec sueur, sang et prison, d'être honoré premièrement d'une compagnie de chevau-légers; depuis, successivement gouverneur, lieutenant-général des places Maubert-Fontaine, Rocroy, Thérouanne, Marienbourg et châtellenie des Couis, pays de Liège et confins des Ardennes, gouverneur du roi de Navarre (depuis Henri IV) et surintendant de sa maison et affaires : capitaine de la compagnie de cent hommes d'armes, chevalier de l'ordre du roy, gouverneur et lieutenant-général de cette ville, maréchal de camp de l'armée du roy, gouverneur et lieutenant-général du pays de Bourges, de Beauce et duché de Valentinois, premier capitaine des gardes du corps du roy, gouverneur de la ville de Lyon, Beaujolais et Forez, gouverneur et lieutenant-général de la Guienne de ça Garonne et capitaine du Louvre, conseiller au conseil privé du roy ; ayant, outre cela, été employé à plusieurs charges dont il s'est très bien et vaillamment acquitté, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, dès sa fondation. En raison de quoi et que durant sa vie, il s'est montré zélateur du nom de Dieu et défenseur de son Église, protecteur tant de notre Sainte Foi catholique et romaine que des personnes ecclésiastiques.

    Pour ces causes, les dits sieurs de céans, après avoir reçu la triste nouvelle de sa mort, désirent que chacun voye perpétuellement sa mémoire et prient Dieu pour lui et son fils, lequel, estant sorti enfant d'honneur du feu roy Charles IX, fit le voyage en Hongrie contre les infidèles lorsque les Turcs prirent Ligno, et depuis fut gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, gouverneur de Verdun et de sa citadelle, guide de cent hommes d'armes de M. le duc de Longueville, et puis gouverneur et lieutenant-général en ce lieu et pays Verdunois, ils leur ont érigé ce tableau, l'an 1582. »

    (Copie et vidimus de deux notaires de Verdun, 10 mai 1672.)

    (Archives de Losse.)"

  • Inventaire des biens meubles et immeubles après le décès de Jean V de Losse, seigneur de Losse, dressé à partir du 15 octobre 1602 (AD Dordogne, 2 1852 (Fonds du château de Rastignac)/89-2, copie sans date).

    Transcription :

    "Aujourdhuy quinzieme jour d’octobre mil six cent deux avant midy, pardevant moy notaire royal sous signé et greffier de la terre et seigneurie de Losse, parroisse de Tonnac, c’est comparu dame Izabeau de Rocquefeuilh, relitté de feu haut et puissant seigneur messire Jean de Losse, seigneur en son vivant dudit lieu, Tonnac, Saint Leon, Peyrignac, Laroche, Banes et autres places, chevallier de l’ordre du roy, capitaine de cinquante hommes d’armes et gouverneur pour sa majesté au pays de Verdenois. Laquelle dame, tant pour la conservation de ses droits et biens de ses autres enfans quy sont en son administration, que comme mere legitime et administraresse de Jean de Losse, seigneur dudit lieu, Saint Leon, Peyrignac, Laroche, Banes et autres places, gentilhomme ordinaire de la chambre, son fils et heritier universel dudit feu messire Jean de Losse, illec presant et aceptant ladite hereditté au benefice d’inventaire seulemant et non en autre sorte, quelques actes que sy-apres il pourroit faire contraires a ladite qualitté et benefice de droit. M’a requis vouloir proceder a la faction de l’inventaire des biens meubles, immeubles, armes et autres chozes apartenant a sondit feu seigneur et mary ofrant esiber [lire : exhiber] tout ce qu’elle a en sa puissance appartenant audit feu seigneur, ce que lui ay concedé faire le tout en presance d’Antoine de La Rommegiere, ecuyer, Jean de La Queyrellie, sieur dudit lieu, Jean Bourdarie, seigneur de Cabrol, Louis Laplanque, receveur dudit sieur, et dame Marsal de Bouillac, Clere Marsal [fol. 1 v°] Doutet, temoingts ; et tous habitant et demeurans audit chasteau de Losse, et procedant comme s’enssuit, ladite Dame nous a menés :

    [article 1]

    Premierement, dans la salle, et sy est trouvé dix-sept alebardes atachées a la cheminée. Plus, dix arquebuses a meche montées a la mode entienne. Plus, un grand mousqué a meche et deux grans espalas [ou "espolas" : ce mot ne figure dans aucun dictionnaire de référence], trois espees a deux mains. Plus, y a cinq mousqués, les trois a meche et deux a rouet et une fourchette [bâton à fourche servant à porter le fût d'un mousquet]. Plus, y a quatre arquebuses a meche de main marquetées. Plus, y a douze pertusiannes [lire "pertuisane" : arme d’hast à lame plus large et plus longue que la hallebarde] et huit espées. Plus, y a douze piques. Plus, y a seize cuirasses grandes ou petittes. Plus, quatre casques. Plus, quatorze mourions [lire "morion" : casque ouvert qui se caractérise par sa haute crête]. Plus, y a deux tables quy s’alongent par les deux bors, sur l’une desquelles y a un tapis vert et sur l’autre un noir. Plus, un ban quy s’alonge par les deux coins et autres deux bans faits au tour. Plus, onze escabelles. Plus, six chaises de bois. Plus, deux grands landiers de leton. Plus, une palle [lire "pelle"] de fer. Plus, une plaque de fer a la cheminée. Plus, une cuvette de leton et deux chandelliers attachés a la muraille, deux lances, un ban sur lequel y a une espinette, une perche pour tenir hoiseaux, deux petis bans aux cottés de la cheminée.

    [article 2]

    Dans la chapelle, y un autel garny d’un grand marbre noir, nape, albe [lire "aube"], amiton [lire "aumiton", i.e., "amict" : linge blanc, de forme carrée ou rectangulaire que le prêtre place sur ses épaules avant de revêtir l'aube et les ornements sacrés pour dire ou servir la messe], chape et estolle de vellours noir figuré, un corporalié de broderie et un corporal couvert de soye, un tableau de saint Gabriel, un chandellier de leton, une cloche [i.e., pavillon de ciboire] garnie de fillet d’argent et soye cramoisine, un calisse d’estain, platine et canettes [i.e., burettes] d’estain,une petite crois de cuivre, un missial couvert de cuir doré, un horellier de tapisserie sous le missail, un image de priere de sainte Anne, deux corpus [credo] des apotres, un crucifix d’albatre, deux evangelistes [lire "évangéliaires"] noirs, un ban, un tapis de tres peu de valeur, deux careaux de tapisserie, un de [fol. 2 r°] canevas et trois en broderie, un benitier, un escusson de leton, deux petits bans couvers de drap noir, un tableau attaché a la murailhe du portrait de feu Monsieur. Plus, une petitte chaize couverte de canevas et six tabourets, aussi couvers de canevas.

    [article 3]

    Plus, dans la chapelle de Tonnac [dans l'église paroissiale], y est aussy, le tout garny a neuf, sur l’auteil, une nape < ii albes [lire "aube"] > amiton, chape, estolle de vellours a feuilhages noirs couvert de clingan [lire "clinquant" : ornement brillant fait de lamelles d'or ou d'argent (vrai clinquant) ou de lamelles de métal doré ou argenté (faux clinquant), employé en particulier pour orner des dentelles, des tissus ou des broderies] d’or, les deux devant d’hauteil de mesme vellours sans clingan, un callisse d’estain avec sa pataine, un petit orelié de canevas pour tenir le missial, un drapt de mors [lire "mort", "mortuaire"] noir de fustaine avec une crois de fustaine blanc.

    [article 4]

    Dans la cuisine [du château de Losse], y a deux grands landiers de fonte, deux rotissiers, une plaque, une cramelliere, une palle, deux tables, un ban tournis et deux vieux bans de grosse menuiserie, une bandelle [lire "bandeau"], un bassin de cuivre, un poissonier de cuivre, un mortier avec son pilon, le mortier de metal et le pillon de fer, une marmitte de cuivre sur quatre pieds de fer, un grand pot de fer avec son ance et couvercle, trois petittes lechefries [lire "lèchefrit" : ustensile de cuivre servant à recevoir la graisse et le jus de la viande en train de cuire à la broche] et deux poilles, une grille, trois broches, un passe sauce de leton, un poilon, un oliviere d’estain, cinq pots de fer, deux de metail, deux cullieres de fer, une salliere de bois, deux rechauds de fer.

    [article 5]

    Dans le garde manger de cuisine, un grand garde robes fermant a clef, un garde manger de fer blanc, deux aix [lire "ais" : planches] servant de table, six grands plats et soixante-sept autres plats et trente-six assietes, une coupe de fer, un olivier de terre.

    [article 6]

    Dans la sommelerie, y a deux grant [fol. 2 v°] bros d’estain, une grande carte [lire "quarte" : mesure pour les liquides (deux pintes ou quatre chopines)] portant son ance, une pinte tenant trois choupines [lire "chopine" : mesure de capacité d’une demi pinte], une grande pinte et autres deux petites, trois choupines et deux cartilhions [lire "cartillon" : mot qui ne figure dans aucun dictionnaire de référence. Il s’agit sans doute là encore d’une mesure de capacité, qui équivaudrait au quart, voire à moins d’un quart de pinte], deux tables sur trateaux, trois tables atachées a la muraille. Pour tenir le pain, deux buffets a deux armoires, deux cofres de bois. Dix chandelliers, un cofre sans couvercle, un goubellet et une tasse et une sallier d’estain. Plus, deux rommaines [lire "romaine" : balance composée d'un fléau à bras inégaux et d'un poids qu'on déplace le long de ce fléau jusqu'au point où l'équilibre s'établit], une grande et l’autre petite.

    [article 7]

    Plus, dans le cabiné de la cuisine, y a un chalit fait au tour, garny de paliace [lire "paillasse"], un lodié [Lire "lodier", "londier" : couverture composée d’une enveloppe en satin, en taffetas ou en toile, dont l’intérieur est garni de coton, de laine ou de bourre] de laisne, un coussin de plumes, une couverte [lire "couverture"] blanche, un pavilhon de cadix [lire "cadis" : étoffe de laine] tres rompu, deux tables attachées a la muraille avec des barres de fer, un cofre a ban dans lequel sont les habillemans de feu monsieur, un escritoire fermant a clef avec deux serures couvert de chifres.

    [article 8]

    Plus, dans la chambre du pein [lire "pain"], y a un grand chalit fait au tour garni d’une coite [lire "couette"], cuissin [lire "coussin"] de plume, le coitin [lire "coutil" : toile serrée propre à faire des enveloppes de matelas, de coussins] de mersier, un londié de fustaine, une couverte blanche de deux laix, trois pantes d’escarlate garny de rideaux et chevest de serge rouge aux franges de soye noire et blanche autour du liq [lire "lit"]. Plus, un petit liq fait au tour garny d’un matellas de lesne avec le cuissin de plume, la couverte blanche de deux laix, un pavilhion de lesne blanc et rouge. Plus, une table sur quatre pieds avec une tirette et un tapis vert déchiré fort vieux, une chaise, deux landiers de leton, une palle de fer, quatre tabourez petits.

    [article 9]

    Plus, dans la grand chambre joignant à la susdite, qu’est sur le sellier, y a un grand liq, les montans canellés garny d’une coitte, coussin de plume et coitin de mersier, un lodié de toille, une couverte blanche de deux laix et demy, trois pantes [fol. 3 r°] et le chevet de sarge noire, trois courtines [rideau, tenture (pour dissimuler, pour orner)] et les courtinaux de mesme fort vieux. Plus, un grand liq de camp garny de palliasse, cuissin de plume et coutis [lire "coutil", voir la définition plus haut] de mersier, londiés de lesne, une couverte blanche de deux laix, et une autre de peau fourée garny de siel d’un linseul d’estoupe a l’entour et trois pantes de noir servant de courtines. Plus, un autre liq bas fait au tour garny d’une coite, cuissin de plume avec une couverte blanche, avec un pavilhon noir rompeu, une table faite au tour quy s’alonge par les deux bouts, deux bans d’oreilles fermant, l’un a clef et l’autre avec des tirettes, un tapis noir rompeu, un buffet avec deux armoires et tirettes fermant a clef, deux landiers de fer avec deux poumes chascun de leton, trois cofres a bans dans lesquels sont les habillemanz et petites ardes [lire "hardes" : le mot peut désigner toutes sortes d’objets : nourriture, vêtements, papiers, vaisselle, etc.] de madame et des demoiselles, une petite chaize, deux tabourez, un petit ban pres le liq, une malle quy ferme a clef. Plus, un grand garderobe ferment a clef a trois estages, un petit liq de couche garny de paliasse, coite et cuissin de plume avec une couverte blanche, le tout dans le garderobe.

    [article 10]

    Dans le petit cabinet du bout de lad. chambre, y a une table faite au tour, carée, avec des tirettes dessous, un tapis vert dessus, a l’antour dudit cabinet des aix attachés aux murailles.

    [article 11]

    Plus, dans la tour joignant le susd. cabinet, cy est trouvé dans un lieu un tabernacle a main gauche six portrays, tan de feu [fol. 3 v°] Monsieur, ses freres, que de feu Monsieur leur pere. Plus, dans un grand cofre plat, y a quelques piesses de cire. Plus, dans un autre grand cofre plat, cy est trouvé la garniture de la chapelle de coleur de vellours noir et la croix et garniture d’or et d’argent, en broderie, ou sont les armories de feus monsieur et dame, my partyes. Plus, la garniture de lad. chapelle de velours noir avec la crois blanche de satin blanc. Plus, y a deux grandes garderobes dans lesquels sont les habillemants de lad. dame et demoiselles. Plus, dans un cofre a banc, s’y est trouvé une aliete [lire "layette" : A. coffret, petite caisse (servant à ranger des papiers, des vêtements, de menus objets personnels). B. petit coffre emboîté dans un meuble et qu'on peut tirer] noire dans laquelle est la garniture de la chapelle d’or et d’argent qu’est un calisse, une pataine, un ofertoire [lire "offertoire" : offrande. Désigne ici un objet liturgique] marqué de blanc [un mot non lu], une grande crois, une petite clochette, deux canettes, le benitier et l’aspergeon [i.e., goupillon], le tout d’argent. Plus, un petit callisse d’argent, les bords dorés. Plus, deux caliches du feu sieur de Banes ouvrées de fil d’or et de soye, un manchon fait en broderie de fil d’or et d’argent, un chaperon de velours de feue madame, trois pieces de oevres. Plus, dans une aultre liete, une grande clef et autres quatre, d’argent doré avec une petite chaine, attachées. Plus, deux clefs d’argent attachées aux choupes [lire "chope", i.e. surcot] de soye et de fillet d’argent. Plus, un drager d’argent, un agnus dey. Plus, une autre bourse de velours vert dans laquelle y a cent gettons d’argent. Plus, dans une boite de bois y a deux branches de courail et le tout a esté rendeu dans le susd. cofre. Plus, une bourse de vellours vert dans laquelle y a quarante gettons d’argent. [fol. 4 r°] Plus, un grand miroir. Plus, un autre cofre a ban dans lequel n’y a que petasseries [subst. fém. dérivé du verbe "petasser" : rapiécer, ravauder. Désigne sans doute de vieux vêtements ou de vieilles étoffes], une table avec ses trateaux avec un tapis vieux de plusieurs couleurs.

    [article 12]

    Plus, dans la garderobe de la susd. chambre, y a un liq de grosse menuiserie garny d’un matella de lesne, la couverte de tapisserie d’Aubusson collorée avec son cuissin de plume, le tour de liq de cadis vert, deux cofres quy sont se tienent de bois et autres deux cofres ouverts ou sont les housses et coissinez.

    [article 13]

    Plus, dans la chambre de feu Madame, cy est trouvé un grand liq aupres du feu garny d’un linceul sur la paille avec sa coite et cuissin de plume et un matellas de lesne, le coutin de mersier et une couverte blanche de deux laix et demy au ciel, un linseul grossier, le tour de liq de vellours cramoisin et de damas blanc sans courtines. Plus, un autre liq garny de coitte et coissin de plume, une couverte blanche de deux laix avec son tour de lit jaune de carisé [lire "cariset", tissu] avec franges jaunes et crepines bleues, trois rideaux et deux courtines aussi jaunes. Plus, un autre petit lit garny d’une palliace avec sa coite, cuissin de plume et coitin de mersier, une couverte blanche d’un laix et demy, une table avec ses trateaux dessous et un tapis jaune, une chaise de cuir noir, deux landiers de fer.

    [article 14]

    Plus, dans le petit cabinet de derrier lad. chambre, y a une table qui ce plye et des aix autour de la muraille.

    [article 15]

    Plus, dans lad. chambre, y a une grande garde robe neuve dans laquelle y a au premier rant [lire "rang"] deux couvertes, [fol. 4 v°] une grande nape a la grande Pavie [i.e., type de linge de table ouvré, très fin et très blanc] et des mesmes serviettes, vingt-trois. Plus, une autre grande nape a la grande Pavie et de mesmes servietes, dix-huit. Plus, une autre grande nape a la grande Pavie et serviette de mesme, douze. Plus, une autre grande nape a la grande Pavie et seize serviette de mesme. Plus, au second rant, y a une nape de Flandres a la petite vieillesse et vingt-deux serviettes de mesme. Plus, deux napes faites a Damas de Flandres et vingt-quatre servietes de mesme. Plus, une grande nape a la grande Pavie et vingt-trois servietes <larges> a la petite Pavie. Plus, au troisieme rant, une grande nape faite a desiré et vingt servietes a desiré et a la petite pavie. Plus, une grande nape faite a Damas de Bretaigne et douse servietes de mesme. Plus, deux grandes napes faites a la grande Pavie et a chascune seize servietes de Flandres. Plus, au quatriesme rant, deux napes plenieres et trois dousaines de servietes de mesme. Plus, deux grandes napes a la petite Pavie et a chascune dix-huit servietes de mesme. Plus, une grande nape faicte a desiré et vingt-deux servietes de mesme. Plus, au premier rant du cotté de la serure, y a une nape carée de Flandres et dix-huit servietes de mesme. Plus, une autre nape carée de Flandres et onze servietes de mesme. Plus, une nape carée faite a desiré et douse servietes de mesme. Plus, une autre nape carée faite a desiré et douze servietes [fol. 5 r°] de mesme. Plus, au second rant, y a trois napes carées faites a la petite Pavie et a chascune douse servietes de mesme. Plus, au troisieme rant, y a quatre napes carées a la petite Pavie et a chascune douse servietes de mesme. Plus, au quatriesme rant, y a quatre napes carées a la petitte Pavie et a chascune douse servietes de mesme. Plus, deux longerés [lire "longière" : linge plus long que large] de bufet et quatre tabliers a Damas de Flandres. Plus, six tabliers a desiré. Plus, deux tabliers et une longere de buffet faite a la vieillesse. Plus, deux vielles napes de buffet. Plus, un tablier plenier. Plus, dans une autre grande garde robe, y a premieremant, linseuls de toille d’Holande de trois laix, trois paires. Plus, linseuls de trois laix de toille de pays, cinq paires et demy. Plus, linseuls de toille de lin de deux laix et demy, compris quinse paires. Plus, linseuls de toille de lin de deux laix et demy plus grossier dix-huit paires. Plus, un linseul de reseul [lire "réseul" : filet pour la chasse ; désigne sans doute ici un tissu à maille lâche].

    [article 16]

    Plus, dans la garde robe, y a un grand lit fait au tour, garny d’un matelat de lesne, un cuissin de plume, une couverte blanche, le tour de lit et ciel de toille fort vieux. Plus, une table quy se plie avec ses trateaux. Plus, une grande garde robe de bois avec deux armoires et deux tiretes fermant a clef, [fol. 5 v°] la ou il n’y a rien dedans, une garde robe a banc, la il n’y a que des servietes et des napes rompues, une paire de landiers de fer.

    [article 17]

    Plus, dans la chambre basse, y a un grand chalit, les pilliers canellés, fons, le chevet et siel de bois, garny d’une coitte, cuissin de plume, une couverte blanche de deux laix, le tour de lit de camelotin rouge ronpeu, deux rideaux de cadis tres ronpu. Plus, un petit lit de camp fait a l’imperialle, le pavilhon rompeu, garny d’une coite, cuissin de plume, une couverte biguarrée quy ne vaut guiere, un banc servant de lit, une table sur quatre pieds, une garde robe a trois estages dans la muraille fermant a clef, une chaise de bois rompue, deux landiers de fonte, plus une grande garde robe a ban rompeu, un cofre de bois auquel n’a rien dedans.

    [article 18]

    Dans la salle vielle, y a un grand chalit de vieille menuserie garny de coitte, cuissin de plume, une couverte blanche, trois pantes et le chevé de tapisserie fait a merveilhes, trois rideaux et le petit de cadix jaune fort usé, le siel du linseul d’estoupes. Plus, un autre grand chalit garny d’un matelas d’estoupe et le coissin de plume, une couverte blanche, le ciel d’un linseul blanc d’estoupes, le chevé de tapisserie, trois pantes comme l’autre, trois courtines et une petite de cadix jaune fort usée. Plus, un autre petit <lit> plenier garny d’un matelas de lesne avec [fol. 6 r°] une couverte blanche, un cuissin de plume. Plus, une chaise de menuiserie, une table avec ces treteaux, un buffet a trois estages, deux landiers de fer ou il y en a un de rompeu. Plus, un grand cofre fermant a clef.

    [article 19]

    Plus, dans le charnier, y a une table pour saller les lars et quatre cuves de bois et deux de pierre pour tenir la cher [lire "chair"] et un ban pour la couper.

    [article 20]

    Plus, dans la tour, y a deux grands bats de piere fermant a clef pour tenir huille et un autre grand bat de pierre sans couvercle pour saller les beuf, deux grandes auges de terre et six petittes pour tenir huille et des pots de terre pour tenir la graisse.

    [article 21]

    Dans la grande chambre neuve, y a un grand lit de camp garny de paliasse, coitte et cuissin de plume et coitin de mersier ; le cuissin est couvert de fustaine ; une couverte blanche velue, une contre-pointe [lire "courte-pointe" : couverture de lit doublée, remplie de coton ou de duvet et piquée] de tafetas noir frangé de soye et d’argent, trois pantes, ciel et chevet, trois rideaux de Damas noir garny de passement et frange d’argent, quatre poumes dorées, une chaise de vellours noir, de franges d’argent et cloux argentés. Plus, un autre lit de camp a l’imperialle garny de palliasse, coite et cuissin de plume, le coutin de mersier et londiers et cuissin de fustaine, une couverte vellue blanche, une contre-pointe de tafetas noir ; les ruelle, chevet, trois rideaux et les courtines [fol. 6 v°] de Damas noir garny de passemanz et frangé d’argent et cinq poumes dorées et quatre sauvages quy tiennent les armories de seant. Plus, un autre lit fait au tour, garny d’un matela de lesne, cuissin de plume, une couverte blanche, un pavilhon de Damas noir neuf garny de frange et chaperons de vellours noir. Plus, une table sur quatre pieds avec une tirette, un tapis de demy soye vert et rouge, deux grand landiers de leton, une palle a la cheminée, un tableau doré, six piesses de tapisserie a petitte verdure, un buffet de menuiserie a deux estages, une canette de leton, un vieux cofre a bans dans lequel sont les besoinnes [lire "besognes" : A. Choses dont une personne peut avoir besoin (envisagées en tant qu'ensemble dans une situation donnée, en partic. pour un voyage) ; B. Papiers, documents écrits nécessaires ; C. Petits objets, petites choses] de present de Monsieur, une chaise couverte de cuir rouge rompue, un chaufe lit.

    [article 22]

    Plus, a la garde robe dans la tour, y a un chalit plenier, un londier d’estoupes, un cuissin de plume, une couverte blanche, une table, un tabouret.

    [article 23]

    Plus, dans le cabinet de feu Monsieur, y a une table sur quatre pieds peinte et garnie, un tapis a demy soye blanc et bleu. Plus, un siel de drapt vert quy couvre des espées, arquebuses, pistollets batans. Plus, une chaise de vellours jaune a clous argentés et frangés d’argent, des aix attachées a la muraille, deux tableaux dorés, deux portraits de petis enfans de pierre blanche, un portrait de petit enfans d’albatre sur une table de jaspe quy porte des petis chiens, le portrait du feu roy de Navare [Antoine de Bourbon, roi de Navarre, mort au siège de Rouen en 1562, père du roi Henri IV] et celluy de feu Monseigneur [Jean II de Losse ?] et d’autres des batailles de [fol. 7 r°] Dreux [bataille du 19 décembre 1562] Plus, St Daniel, deux tables de marbre blanc, un petit cabinet de Flandres. Plus, une grande garde robe a bans la ou est le manteau et chaperon de l’ordre [i.e., l’ordre royal de Saint-Michel auquel appartenait Jean III de Losse], trois ocquetons [lire "hoqueton" : veste de grosse toile rembourrée, portée comme protection sous le haubert], quatre casaques de vellours blanc et des guidons et enseignes de feu mond. sieur, et premier monté. Plus, un petit armoire dans la muraille fermant a clef, dans lequel y a deux foutumiers [sic pour "coutumiers" ?] et plusieurs letres, missives et autres. Plus, un grand tabernacle dans la murailhe, a deux estages, dans lequel y a huit coupes dorées, les six ont leurs couvercles ; un biberon, une escuelle a haureilles, deux bassins, quatre sallieres, un vase, une esguiere, le tout d’argent ; deux grandes vases de terre de Venise, six fiolles, sept plats, une coupe, deux sallieres, un grand bassin lave-main, le tout de terre bigarrée ; un grand agnus dey fait en crois, deux boites de bois dans lesquelles il y a des garnitures d’oiseaux. Plus, une grande garde robe de bois faite a quatre estages dans laquelle sont tous les terriers et titres de seans, Laroche, Peyrignac, St Rabier, les acquisitions de Banes et autres sens [lire "cens"] et procedures de touttes les susd. maisons.

    [article 24]

    Plus, [fol. 7 v°] dans la tour du galletas, y a deux tables sur un treteau, un torne broche rompeu, des cadenaz pour des portes, tous rompeus, et autres ferrailhes.

    [article 25]

    Plus, dans la chambre de sur la cuisine, y a un chalit de menuiserie garny de coitte, cuissin de plume et couvertin de mersier, un londier de fustaine et sans aucun linseul noir, trois pantes et le chevet de Damas bleu avec des bandes de velours noir, la frange de soye rouge, trois rideaux et la courtine de sarge verte. Plus, un petit lit de menuserie garny d’une coitte et cuissin de plume, une couverte blanche de deux laix et d’un pavilhon de sarge verte. Plus, un petit lit de menuserie garny d’un londier d’estoupes, le cuissin de plume, une couverte blanche d’un laix et demy. Plus, une table de menuserie sur trateaux, un tapis vert rompeu, une chaise de cuir noir, une petite de soye rompue, une autre grande de soye, deux landiers de fonte, cinq piesses de tapisserie peinte a sauvages, un panier de clisse [i.e., osier] fermant a clef.

    [article 26]

    Plus, dans l’un des cabinez, y a une table sur quatre pieds, un aix autour de la muraille, un grand garde robe a bans ou y a dedans deux tabourez persés couvert de Damas de coulleur, un pavilhon de damas [fol. 8 r°] jaune et rouge avec sa frange, sept piesses de tapisserie blanche et neuve pour servir l’estet [lire "été"] a la chambre neuve ; un tour de lit, ciel et chevet, trois rideaux et le petit, la couverte de mesme, frangé de soye blanche et noire. Plus, pour l’autre petit lit du coin, de mesme. Plus, a la couchette, un pavilhon et tour de couverte fait a imprimerie et le tapis de mesme.

    [article 27]

    Plus, huit piesses de tapisserie a la sime du grenier quy se tient a la grand chambre de sur le sellier, un coffre de bois dans lequel n’a rien. Plus, un tapis vert, une couverte de mullet, un pavilhon de cadiz jaune fait a l’imperialle, trois ru rideaux et deux courtines de mesme avec des passemans blanc et la frange de mesme, un pavilhon de sarge jaune, un panié de clisse [i.e., osier] fermant a clef.

    [article 28]

    Plus, dans l’autre <cabinet>, y a casaque de gendarme.

    [article 29]

    Plus, dans la chambre des esccussons, y a un grand lit de camp garny de palliace, coite [ce mot remplace le mot "couverte" en partie rayé], cuissin de plume de coutin de mersier, une couverte blanche, trois pantes et le chevé de satin de Bourges gris bandé de vellours noir, la frange de soye blanche et noire, trois rideaux de sarge blanche et noire. Plus, un petit lit de camp garny de paliace, le londier de lin, le cuissin de plume, le coutin de mersier, [fol. 8 v°] une couverte blanche, le pavilhon de sarge blanche et noire. Plus, un autre petit lit fait au tour, a l’imperialle, garny de paliasse, une coite et cuissin de plume, le coutin de mersier, une couverte blanche, un pavilhon de sarge verte, une table sur tretaux quy se tire, un tapis a demy usé jaune et vert rompeu, une paire de landier de fer, une chaise de bois.

    [article 30]

    Dans la garde robe, y a un chalit plenier garny d’un matela d’estoupes, un cuissin de tour et une couverte biguarée rompue.

    [article 31]

    Plus, dans la chambre rouge, y a un lit fait au tour sans montans, garny de paliace, coite, cuissin de plume, le coutin de mersier tout neuf, un londier de fustaine, une couverte de vellours rouge, une contrepointe de tafetas cramoisis, un pavilhon d’escarlatte, le chaperon de vellours cramoisis, la frange et courdon de soye blanche incarnatte [lire "incarnate" : de contour incarnat]. Plus, un grand lit de camp a l’imperialle garny de paliasse, le londier de fustaine, le cuissin de plume, le coutin de mersier, une contrepointe de tafetas cramoisis doublé d’escarlatte, trois rideaux et le petit [un mot non lu : "leproulle" ?] et le chevet d’escarlatte avec deux bandes de broderie de vellours blanc et noir, cinq poumes dorées. Plus, un petit lit de camp garny de paliasse, un londier de fustaine doublé de toille, un cuissin de plume, le coutis de mersier, une [fol. 9 r°] contrepointe, le pavilhon, trois rideaux et le petit de camellot de Turquie a demy gris rouge, une pomme dorée. Plus, une table quy se plie, dans un tapis de Turquie fait a feuilhages de touttes couleurs. Plus, une chaize faite a l’esguille. Plus, une chaise de bois, deux landiers de fers garnis de leton. Plus, une chaize de vellours rouge et jaune. Plus, neuf piesses de tapisserie a cousture.

    [article 32]

    Plus, dans la garde-robe, y a un vieux chalit garny d’un londier d’estoupes, cuissin de plume, une couverte blanche, deux pantes et le chevet, une courtine de [un mot rayé] camelotin rouge, le ciel et chevet blanc. Plus, un ban de menuserie, une chaise persée couverte de drap vert, le pavilhon de cametellin [lire camelotin] rouge, les rideaux de toille blanche.

    [article 33]

    Plus, dans la tour, y a des mourseaux vieux de cuirasses, roues, grandes arballetes de butte, cent nois [lire "noix" : sommet du pommeau d'une pique qui se termine par une pointe], trait, autres petites cent nois, deux mousquez de fer, une celle d’armes, un petit canon de fonte monté sur deux roues rompues, deux petars de fonte, une barique demye de selpetre, une manauche [récipient, aussi orthographié "manoche" plus loin] dans laquelle y a vingt deux ou trois grenades et dans un sac environ vingt livres de poudre. Plus, huit lames de fer pour servir au pont.

    [article 34]

    Plus, dans le [fol. 9 v°] coin du cellier, y a seize bariques ferées de trois a quatre charges chascune. Plus, quinze piesses de cinq a six charges chascune. Plus, deux de deux charges, dix barilhs <et un> pour tenir verjus ou moust, une petitte barique pour tenir du vinegre, douse manoches comprises serclées quy sont par maison, un entonnoir.

    [article 35]

    Plus, au truel [lire "treuil" : A. Pressoir ; B. Pressoir à raisin, i.e. le bâtiment], y a un treul [lire "treuil", i.e., l'outil] garny de tous outils, cinq grandes cuves et une petite et un moulin de poudre, un cuval [ou "cuveau" : petite cuve], quatre grands vaisseaux et un petit pour tenir le demy vin, un bat de bois pour plumer les pourseaux, la grosse couleuvrine montée sur roues et des dougues [ou "bougues", "bouges" : pièces courbes du tonneau] pour faire des bariques.

    [article 36]

    Dans le fournial [i.e., fournil], y a un grand cofre fermant a clef, un grand cubat [corruption de cuve] de pierre, un grand peyrol [en Provence, Pairol désigne un chaudron] de fonte attaché dans la murailhe, deux tripiés de fer avec les andiers [gros chenet servant à la cuisine, landier], deux gresaz [sans doute mot régional désignant un creuset] de bois.

    [article 37]

    Dans la boulangerie, y a trois maits a pestrir pein, quatre aix attachées a l’entour de la murailhe, un grand cofre pour tenir la farine, trante palliassons grands ou petis, deux racle-maits, trois tamis.

    [article 38]

    Plus, au grenier de dessus le fournial, y a une grande barique gastée, cinq cubats pour tenir legumages et quatre cercles aussi pour tenir legumages, et deux petites bariques gastées.

    [article 39]

    Dans la petite chambrette du bout, du [sic pour "un"] grand coffre sans aucune ferure.

    [article 40]

    Et dans le grand grenier, n’y a rien.

    [fol. 10 r° ; article 41]

    Plus, dans l’escurie d’horloge, y a un chalit garny d’un matela de lesne, un cuissin de plume, une courte-pointe quy sert de couverte. Plus, autre petit lit garny d’un matela d’estoupes avec un meschan cuissin de plume et une couverte de tapisserie rompue. Plus, un cofre pour tenir les ardes du mulletier et l’eschelle pour monter [à] l’horloge.

    [article 42]

    Dans la chambre de l’escurie, ne s’y est rien trouvé.

    [article 43]

    Plus, dans la chambre de dessus, y a un chalit garny d’un matela de lesne, un cuissin de plume et une couverte blanche rompue. Plus, un autre petit lit garny d’un matella de lesne rompeu et un petit cuissin de plume et une couverte de tapisserie biguarée rompue. Plus, un autre matella et une couverte blanche sur de la paille.

    [article 44]

    Plus, dans la tour de l’esperon, y a un chalit de grosse menuserie, une cloche et une petite piesse de fonte [i.e., un fût de canon] montée sur un chevallet.

    [article 45]

    Plus, dans la chambre des tailleurs, c’est trouvé une table sur trateaux, deux cofres a bans servant a tenir les re[….] pour le tailleur, deux petis landiers de fer. Plus, y a huit piesses grandes ou petites de fonte [i.e., un fût de canon].

    [article 46]

    Dans la petitte chambre de la garde, y a une table faite en armoiries carée et rompue, un landier.

    [article 47]

    Plus, dans la chambre de sur le pont, y a un chalit garny d’un matellat, [fol. 10 v°] un cuissin de plume et une couverte de lesne. Plus, un autre lit fort a grosse menuserie garny d’un mattela de lesne, un cuissin de plume, une couverte de lesne, le tout fort vieux.

    S’ansuivent les doumaines dependants dud. chasteau.

    [article 48] Le doumaine de la Vidallie.

    En la mesterie de la Vidallie, y a quatre paires de beufs labourans, un taurau, deux vaches et deux veaux, le tout sort et le captal, pris et vallent de cent quatre escuz, vallant trois cenz douse livres.

    Plus, deux chevres au sort et captal de cinquante sols.

    Plus, quarante sept brebis, sous le captal de quarante trois livres.

    Plus, une truie, une sanade, trois pourseaux, estimés vingt-trois livres quatorze sols.

    [article 49] Le doumaine de Biars.

    En la mesterie de Biars, y a quatre beuf, deux vaches labourans, un taurau, une velle, estimés deux cenz livres.

    Plus, vingt-cinq brebis ou agneaux, estimés a onse livres dix sols.

    Plus, une truye, cinq pourseaux ou sanades, estimés a trese livres.

    [article 50] La mesterie de La Rebeyrouille.

    En la mesterie de La Rebeyrouilhe, y a quatre beufs labourans, une vache et un taurau, au sort et captal de cinquante escuz vallant sept-vingt-dix [i.e., 150] livres.

    Plus, deux truyes et une teronne, deux pourseaux, estimés au sort et captal de quatorze livres.

    Plus, dix-sept brebis ou moutons et lesd. mestayers en ont mené autant, par ainsi sont [fol. 11 r°] a moityé entre led. sieur et mestayer.

    [article 51] La mesterie de La Bermondie.

    En icelle mesterie, y a une paire de beuf, une vache et un taurau, au sort et captal de soixante seize livres.

    Plus, seize brebis et un mouton, estimés a seize livres.

    Plus, deux chevres, estimées a quarante solz.

    Plus, une truye et cinq pourseaux, estimés a seize livres.

    Et advenant le vingt-quatriesme jour dud. mois d'octobre en mil six centz deux, et apres avoir parachevé de faire l’invantaire aud. chasteau de Losse, lad. dame nous a encore requis voulloir aller au chasteau de la Roche, parroisse de Terrasson, pour mestre par invantaire tous les meubles et aultres chozes qui s’y trouveront, ce que luy avons acordé de faire la ou lad. dame nous a menés et conduitz acompaignés des susd. Romegiere, Laqueyrellie, Laplanque et de Souillac, ou, estant et le landemain apres qu’estant le vingt-cinquiesme dud. mois en continuation, le susd. invantaire lad. dame nous a menés aux chambres que s’ansuivent :"

    [suivent les inventaires : du château de La Roche à Terrasson et des métairies en dépendant (fol. 11r°-14r°) ; du domaine de Peyrignac et des métairies en dépendant (fol. 14v°-15v°) ; du château de Bannes (fol. 15v°-21r°) et des métairies en dépendant (fol. 21r°-23r°).

  • Extrait de la vente du domaine de Losse par Jean Cirus Timbrune de Valence, général de division, à Henry Garnier Laboissière pour le prix de 105 000 francs par l'intermédiaire de M. de Malleville, sénateur, 1er mars 1808 (AD Dordogne, J 268, pièce 5).

    Transcription :

    "La terre de Losse, située commune de Thonac, département de la Dordogne, près Montignac, consistant en un château, bâtimens subsidiaires, domaines, moulins, forge, près, bois, terres cultes ou incultes, et généralement tout ce qui en peut dépendre d'après les loix actuelles et telle qu'en jouissoit Mr. de Valence au moment de sa vente ainsi qu'il est dit audit écrit. Sont compris dans la présente vente, les bestiaux gros et menus, outils aratoires, vaisseaux vinaires et tout autre mobilier étant et appartenant à Mr. le général Valence, duquel mobilier les sieur et dame acquéreur sont en possession, ainsi que ledit domaine et ses dépendances et lesdits objets mobiliers se poursuivent et comportent et tels que Mr. de Maleville les a acquis de Mr. de Valence par l'écrit cy annexé [...]".

  • Extrait du bail de location pour une année d'une partie du château de Losse et de son grand chai par Henry Garnier Laboissière à Claude Bernard, pour la somme de 300 francs, 18 mars 1819 (AD Dordogne, J 268, pièce 24).

    Transcription :

    "[Mise en location de :] Un grand chai dépendant dudit château, le premier étage dudit château en son entier, le degré en entrant à main droite, avec la petite chambre attenant prenant jour du côté du jardin, enfin les mêmes objets sans aucune exception ni réserve que ledit sieur Bernard jouissait aux termes d'un bail passé devant Mr. Jean Tardif, notaire, le trente septembre mil huit cent quinze, enregistré, desquels au surplus il n'est fait une plus grande désignation au désir du preneur qui déclare parfaitement connaître le tout."

  • Procès-verbal de visite des biens du sieur Henri Garnier de Laboissière dressé par Bernard Roque, huissier public, 31 mai 1819 (AD Dordogne, J 268, pièce n° 19).

    [Transcription :]

    "Du 31 mai 1819.

    Aujourd’huy trente un mai mille huit cent dix-neuf, je, Bernard Roque, huissier public, reçu au tribunal civil de Sarlat, y habitant, patenté, n° 29 3e classe, muni d’un pouvoir spécial du quinze septembre mille huit cent dix-huit, certifie qu’à la requette de messieurs les administrateurs de l’enregistrement des domaines et forêts demeurants à Paris rue de Choiseul, poursuités et diligentés de Me Rouland, directeur des mêmes droits dans le département de la Dordogne, demeurant à Périgueux, qui constituent pour leur avoué près le tribunal civil séant à Sarlat, Me Jean-Baptiste Landry, y habitant, chez qui ils font élection de domicille, ce concernant, en vertu :

    1° d’une contrainte décernée contre le sieur Henry Garnier de Laboissière, propriétaire sans profession, chevalier de Saint-Louis et ex-directeur des contributions indirectes, habitant du château de Losse, commune de Thonac, par le sieur Arnal, receveur de l’enregistrement à Périgueux, le vingt-huit février mille huit cent onze, rendue exécutoire par Monsieur Mie, juge de paix du canton de Périgueux, le quatre mars même année pour la somme capitale de trois mille quatre cent dix francs ;

    2° d’un jugement rendu par le tribunal civil séant à Ribérac le quinze novembre mille huit cent treize, entre les requérants et ledit sieur de Laboissière, expédié en forme exécutoire par Valade, greffier en chef, par lequel il fut débouté de son opposition contre ladite contrainte avec dépens ;

    3° d’un autre jugement rendu par le même tribunal le vingt-six juin mille huit cent quinze expédié en forme exécutoire par Planteau, greffier commun, par lequel le jugement sus relaté fut maintenu a un dépens et continuant les poursuites commencées par exploit du deux mars dernier fait par Roque, huissier enregistré, portant commandement audit sieur de La Boissière, de payer aux dits sieurs requérants la somme de trois mille cinq cent vingt-six francs soixante-neuf centimes pour les causes portées aux susdits exécutoire et jugement sans préjudice d’autres des droits, actions, intérêts et fraix de mise à exécution. Et faute, par ledit sieur Garnier de Laboissière, d’avoir satisfait audit commandement, je me suis aujourd’huy exprès transporté sur les immeubles ci-après désignés, consistant en la terre de Losse ci-devant seigneuriale qui se compose :

    d’un vieux château qui est divisé en plusieurs corps de bâtimens entourés de larges fossés au midi, couchant et nord, et au levant par la rivière de Vézère sur laquelle le château domine, étant bâti sur un rocher qui forme sous les terrasses une demie voûte naturellement formée, élevée environ vingt mètres au-dessus du niveau de la rivière, situé sur le territoire de la commune de Thonac et près le chef-lieu d’icelle ;

    2° d’un beau jardin et verger attenant ;

    3° d’un moulin à blé sur la rivière de Vézère à quatre tournans et un pressoir à huile ;

    4° d’un domaine appellé des Granges dont les fonds qui en dependent sont situés au couchant du château ;

    5° d’un domaine appellé de la Vidalie qui se compose de deux maîteries dont les fonds qui en dépendent sont contigus et situés dans la pleine [sic] de Losse entre le bourg de Thonac et le château et se tiennent également à ceux des Granges avec lesquels ils ne forment qu’une seule pièce ;

    6° d’un domaine appellé du Buisson ;

    7° d’un autre domaine appellé de Labadie ;

    8° d’un autre domaine dit de la Fouillouse situé partie dans la commune de Thonac et partie dans la commune de Saint-Léon ;

    9° d’un étang poissonneux avec sa chaussée ;

    10° de près de réserve situés dans le valon de Thonac et arrosé par le ruisseau qui descend de Bars ;

    11° de vignes dont la plus grande partie sont jeunes ;

    12° de bois chaigners, taillis, chênes et hautes futayes ;

    13° Enfin, d’une forge à fer et moulin à bled, tenant à la forge sur le ruisseau de Bars à Thonac près du bourg.

    Chaque immeubles désignés séparement limités et confrontés comme suit :

    Art. 1er

    Le château <dit> de Losse situé dans la commune de Thonac, canton de Montignac, arrondissement de Sarlat, département de la Dordogne, dans lequel on entre par un grand portail au couchant, propre au passage de toute espèce de voiture, et par un autre petit portail à droite du premier, auxquels on aboutit par un pont qui traverse les fossés du château. Ce pont est à deux arcades voûtées et en cartelage [pierre de taille]. L’entrée a lieu par un grand corps de logis [il s’agit encore du portail d’entrée, comme tout le reste du présent paragraphe] à deux façades au levant et couchant avec pierres d’attentes au midi et au nord, appellé le corps de garde, bâti de cartelage et en moellon, couvert en pierre, du côté du levant du toit sont deux tuyaux de cheminées. La façade du levant dominant dans la [fol. 1v°] basse-cour présente d’abord la grande voûte du portail avec cette inscription gauloise : « Lorsque qui doit achever commençoit » et par-dessus le millésime MDLXX, le tout écrit sur une pierre fine incrustée dans le mur placé sur la voûte du portail. Ensuite, un petit escalier en pierre pour monter dans un appartement qui n’a d’autre ouverture que sa porte d’entrée. Au-delà de cet escalier, une autre porte qui aboutit à l’escalier couvert qui monte au premier à gauche du portail. Il y a encore une porte au rez-de-chaussée pour entrer dans une chambre, dans l’intérieur de la voûte du portail. Il y a à droite une porte pour entrer dans une autre chambre. L’étage supérieur présente du même côté de la basse-cour trois fenêtres de forme ancienne et très étroites fermées chacune à deux volets intérieurs. La façade du couchant, outre les ouvertures du portail voûtés en cartelage uni sans corniche ni pilastre, présente deux petites fenêtres au rez-de-chaussée, une à droite et l’autre à gauche du portail, fermées aussi à volets intérieurs. L’étage supérieur ne présente d’autre ouverture qu’une porte donnant sur des chenaux qui ont été abattus dans la Révolution, trois lucarnes [sic pour enrayure des flèches] longues bâties en cartelage sur les portails, annoncent qu’autrefois ils fermaient à pont-levis.

    Après avoir traversé la basse-cour, on trouve un grand corps de logis dit « le Château », à deux étages y compris le rez-de-chaussée et au-dessus ses greniers appellés galetas, bâti partie en cartelage et partie en moelon. La partie du midi paraît être plus moderne que celle du nord et la charpente de ce côté [nord] se trouve plus basse que la première [sud], quoi que cependant elles soient jointes ensemble par un même tombant <d’eau>, laquelle est couverte en pierre où ressortent quatre tuyaux de cheminée. Au coin du levant au midi [sud-est] se voit une tour bâtie partie en cartelage et partie en moelon couverte en pierre dont partie de la toiture et de la charpente sont écroulée du côté du midi ; qu’on est en même temps pour le rétablir. Ce corps de logis présente dans l’intérieur de la basse-cour deux façades, l’une au couchant pour la partie qui a façade au levant extérieure au levant, et l’autre au nord pour la partie qui a façade au midi. La partie nord du restant de l’édifice [le grand pavillon] laisse voir un écroulement d’une partie du bâtiment à l’extérieur [au nord] ; il présente deux façades [à l’intérieur], l’une au levant et l’autre au midi. L’étage du rez-de-chaussée [de l’aile droite] est percé au levant par six fenêtres qui éclairent autant d’appartements, il est percé encore par le milieu par une grande porte voûtée et unie, pour conduire sur la grande terrasse et encore par une autre petite porte vers le nord pour descendre dans les petites caves souteraines, la tour présente une fenêtre au coin du levant au midi et encore dans cette même direction trois autres fenêtres éclairent deux appartements. Au rez-de-chaussée +<[mention ajoutée dans la marge gauche et signée « Landry, avoué » :] est le grand escalier. La façade extérieure du côté de la basse-cour est percée toujours au rez-de-chaussée+ : 1° par une grande porte voûtée et unie correspondant à celle du levant qui va sur la grande terrasse ; 2° par une porte également voûtée en cartelage plus petite à corniche et pilastre sur la partie du midi ; 3° enfin, par trois fenêtres ouvertes, deux autres qui sont fermées et murées, et une porte dans l’encoignure du couchant au nord, d’un genre très hardi. L’étage au-dessus est percé sur la façade du levant par quatre fenêtres et une porte isolée, au côté gauche de cette porte est une lucarne avec un cordon qui entoure la partie qui paraît plus nouvellement bâtie, en forme de plainte, une autre fenêtre dans l’encoignure de la tour et trois autres fenêtres au midi, l’une desquelles qui éclaire le haut de l’escalier est à deux branches et toute en cartelage, et ensuite du côté du midi sur la basse-cour par cinq fenêtres et une sixième murée. Autour de cette partie du château plus neuve, on voit un bel entablement de cartelage bien dessiné qui supporte une rangée de chenaux à consoles couvert d’un parpent [sic pour parapet] de même cartelage qui sert à supporter l’appentis de la charpente du château. Ce parpent est percé au levant et midi à l’extérieur par sept lucarnes [les ouvertures carrées du parapet] et le dedant au couchant nord par quatre lucarnes pour éclairer en galetas. Attenant [à] ce corps de logis se trouve une écurie adossée couverte de tuile plate ayant son entrée sur cette direction [sud]. Au levant du château, on trouve une terrasse qui se prolonge dans toute la longueur de l’édifice sur dix mètres de large entourée d’une balustrade en cartelage donnant sur la Vézère. Le milieu de cette terrasse est voûté et les deux côtés sont assis sur le rocher.

    Une grande basse-cour dans laquelle on trouve au nord du château et séparément un grand bâtiment appellé du Chay ou grande cave. Son rez-de-chaussée contient une grande cave d’environ vingt mètres de longueur sur environ huit mètres de largeur ayant sa porte d’entrée au midy, une fenêtre au nord et une autre au levant, voûtée en cartelage au-dessus de laquelle il y a un grenier à bled appellé la Recette, ayant son entrée par une porte au midi à laquelle on monte par un escalier en pierre au couchant, découvert, percé au nord par une fenêtre ou grande porte couverte en pierre. Au levant de ce bâtiment, on voit encore une autre terrasse plus petite et plus basse d’environ trois mètres que la précédente. Elle longe tout l’édifice sus-désigné en forme de triangle au nord, donnant également sur la Vézère, entourée d’une plate-forme en cartelage. On voit sur cette terrasse la margelle d’un puits pour puiser l’eau dans la Vézère entre deux dents de rochers dans lequel se trouve une grande cavité en forme de grote qui sert de colombier et est peuplée de pigeon.

    On trouve encore au nord de cet édifice un parc à cochon divisé en deux [fol. 2r°] tables avec une volière par-dessus couverte en pierre.

    Au coin du couchant au nord, on voit une tour avec un corps de logis de forme angulaire couvert en pierre, séparée des autres bâtimens, appellée la tour de l'éperon, le tout servant de grenier à foin, autrement inhabitables, avec des souterains curieux et voûtés ; la tour a une fenêtre dans l'encoignure du couchant et nord, autour de laquelle sont disséminées diverses figures d'animaux et au-dessus est placé sur une pierre longue et fine incrustée dans le mur cette inscription latine "Hic multa patior cet abeam" avec le milésime MDLXX.

    La façade du nord du corps de logis ne présente qu'une petite fenêtre au premier étage qui est au-dessus le rez-de-chaussée où communique à ce bâtiment par une porte au midi du côté de la basse-cour pratiquée dans une espère de tourelle découverte de la cime, de laquelle on entre encore dans le corps de logis par une porte au-dessus de la première.

    En avançant de là vers le midi, on trouve un édifice couvert en pierre appellé le fournial, à un étage au rez-de-chaussée, ayant son entrée au levant par une porte à gauche ; en entrant, on voit une fenêtre et plus loin de ce même côté on voit une porte qui conduit à un escalier pour monter sur les fours ; à droite de la porte d'entrée, on trouve encore une fenêtre en forme de lucarne donnant dans la boulangerie. En avançant de là vers les corps de garde, sur la même direction, on trouve une tour isolée appellée la chapelle n'ayant au rez-de-chaussée de la basse-cour qu'un seul étage et un grenier par dessus, mais ayant un souterain voûté qui a son entrée par une porte dans les fossés du château ; du côté du midi, on entre dans cette tour ou chapelle par une porte dans la basse-cour au levant. Elle a aussi une fenêtre au midi élevée au-dessus la hauteur d'un homme ; on voit du même côté du midi sur une pierre fine incrustée dans le mur cette inscription latine "si liut in pennis non minus alta petit", avec le même milésime MDLXX.

    Un grand fossé qui entoure les édifices et basse-cour d'environ dix mètres de largeur creusé dans le rocher de la profondeur d'environ trois mètres, sur lequel on a bâti ce château en cartelage et gros moelon, lequel fossé se trouve avec la bâtisse faite au-dessus du rocher être d'environ dix mètres de profondeur, claux [sic] au midi et partie au couchant par un autre mur couvert d'une plate-forme.

    Lesquels château et édifices sus-énoncés, dénommés et désignés, basse-cour, terrasses et fossés, qui en font la pré-clôture sont d'une contenance approximative de quarante-cinq ares et confrontent au levant à la Vézère, au midi, couchant et nord aux fossés sus-énoncés, qui séparent le château du jardin au midi et le chemin, allées et sol ou aire et partie du château au couchant.

    Art. 2

    Un jardin et verger au midi du château, séparés par les fossés, contenant environ quatre-vingt ares aboutissant au levant à la Vézère, grand mur et terrasse partie couverte d'une plate-forme de ce côté ; au midi, chemin qui va au moulin et à la maison qui sert de logement au meunier, muraille entre deux ; au couchant, à une charmille dont une rangée est dans le jardin et une muraille de clôture au-delà ; et, au nord, aux fossés du château, terrasse à plate-forme de ce côté ; ce jardin est exploité par un jardinier nommé Michel Aussudre.

    Art. 3

    Un moulin à bled sur la rivière de Vézère, couvert en tuile plate, avec sa chaussée qui forme une écluse angulaire, ayant quatre tournans et un pressoir à huille placé dans un bâtiment attenant, couvert en tuile plate ; l'eau de l'un des moulins fesant mouvoir la meule du pressoir par une mécanique qui traverse le mur de séparation ; la chaussée du moulin construite en pierre sèche ou moelons retenus par des pieux et des poutres ; agrés en ustensilles de moulin et pressoir ; maison pour le meunier est séparée, établie au coin sud du verger, a une chambre au rez-de-chaussée et un étage par dessus, ayant son entrée par un petit escalier au midi pour le premier étage et un autre escalier qui monte de cette première chambre dans le verger pour aboutir au second ; autre édifice séparé vers le midi des deux précédens, appellé fournial, où il y a un four, boulangerie, étable à cochon et cave, et encore un petit jardin devant la porte du moulin au couchant, clos de hayes et entourée de chemin qui aboutissent au moulin et autres bâtimens, le tout contenant environ huit ares, confrontant du levant à la [fol. 2v°] Vézère, du midi, couchant et nord, aux chemins qui vont au moulin et de là à la Vézère ; les biens, moulin et pressoir sont exploités par Jean Peyrot, meunier, en la qualité de colon particulier.

    Art. 4

    Un domaine appellé des Granges, exploité par les domestiques du propriétaire ou du fermier dont il est parlé ci-après, composé ainsi que suit :

    1° d'une maison pour le colon, d'une grange avec un parc à cochon et autre porc et brebis, le tout se tenant, une basse-cour au levant desdits bâtimens, qui n'est point fermée, située près un [...], contenant le tout environ dix ares, confrontant au levant le chemin de Montignac à Losse, au couchant, midi, couchant et nord aux terres labourables d'autre domaine ; cette maison a été donnée en jouissance à François Imbert et Jeanne Poularge, son épouse, avec l'étable et [...] les plus près de la maison suivant un contrat public passé devant Tardif, notaire à Montignac, le deux février mille huit cent dix-sept.

    2° d'une pièce de terre labourable joignant les bâtimens dudit domaine appellée le grand jardin à laquelle pièce de terre joingnant le sol ou aire et les pâtis ou friches qui se trouvent devant le portail du château depuis et à droite ligne de l'allée des charmes jusques à celle des ormeaux de dessus des bâtimens des Granges qui fait le chemin de Losse à Montignac, contenant environ onze cent quarante ares, comprenant au levant inclinant au nord au chemin de Montignac à Losse, où était une allée d'ormeaux attachée aux fossés du château et à l'allée des charmes qui clot la pièce, [....] du midi à autre allée appellée des noyers, les noyers de ce côté compris dans la contenance et du couchant inclinant au nord du chemin de Thonac à Montignac.

    3° Une terre labourable appellée à la fon ; autre terre nouvellement défrichée appellée à la Glassière, partie de laquelle est plantée la vigne, taillis, chêne, le tout ne formant qu'une pièce contenant ensemble deux cents ares, savoir la moindre terre de Lafon cinquante neuf ares, celle nouvellement défrichée, dont partie est plantée en vigne ; cent vingt cinq ares ; la vigne est coupée de la terre par le chemin qui conduit à la fontaine ; et le taillis seize ares, confrontant au levant à la Vézère, au midi aux fossés du château, du couchant à l'allée des ormeaux, arrachées qui forme le chemin de Losse à Montignac, le rocher dit de Losse, et au nord de la vigne du sieur Guillaume Almary ; toute cette pièce de terre est exploitée par ledit François Imbert et Jeanne Poularge, conjoint, en vertu du susdit contrat, du deux février mille huit cent dix-sept, passé devant Tardif, notaire.

    4° d'une pièce de terre labourable, appellée l'enclos du moulin, dont partie était autrefois attachée à la maiterie haute de La Vidalie, contenant environ deux cent soixante dix ares, confrontant au levant au chemin du jardin pour les moulins et pressoir et à la Vézère, inclinant au midi y faisant pointe du couchant à l'ancienne allée des ormeaux attachée et défrichée en partie et du nord au chemin qui descend au moulin.

    5° d'une pièce de terre labourable appellée le Bouscatel et au-dessus les maiteries de la La Vidalie et y tenant dans la pleine de Losse contenant environ cinq cents ares, confrontant au levant à l'allée attachée des ormeaux et aux eysines des maiteries exploitées par la porte du couchant encore aux mêmes exploitations et à celles de Barrières, et du nord à l'allée des noyers.

    6° un pré appellé de la [...] et du sablou dans la plaine de Losse, contenant ensemble environ cent ares confrontant du levant aux terres dépendantes de l'exploitation de Raymond Laporte, aux rivages défrichés de l'exploitation de Barrières, midi, couchant et nord, mêmes exploitations.

    Art. 5

    Le domaine de La Vidalie, composé de deux maiteries, l'une exploitée par Raymond Laporte, dit Peyroutou, et l'autre par le nommé Barrière, dit Gragnas, situés audit lieu de la Vidalie, dans la plaine de Losse, les fonds qui en dépendent sont contigus et se tiennent encore avec ceux déjà désignés qui sont exploités par les domestiques du propriétaire ou du fermier, les bâtimens consistent en une maison à un rez-de-chaussée et son grenier divisé en deux chambres pour le logement des deux métayers qui font leur entrée au levant ; une grange qui sert pour un des métayers nommé la porte et tout le métayer nommé Barrière loge ses bœufs dans la grange du domaine des Granges, un parc à brebis dans la chambre à l'usage de la porte ; une autre grange écroulée sans charpente ni couverture ; deux parcs à cochon, un four séparé des bâtimens, deux gardes piles dont un est habité actuellement par Michel Assudre, jardinier, deux sols ou aires ou autres terrains formant l'aisine du domaine et sans clôture, le tout contenant environ trente-cinq ares, confrontant au levant l'allée attachée des ormeaux du midi à terre exploitée par ledit Assudre, jardinier, ci-après désigné, et à celle exploitée par la porte du couchant et nord celle exploitée par les domestiques du propriétaire ou le fermier désigné sous le n° 5 de l'article 4 ci-dessus [fol. 3r°] d'environ dix ares confrontant de toutes parts aux terres labourables dépendantes de ladite maiterie.

    2° une terre labourable entourant les bâtimens de contenance d'environ trois cents ares.

    3° d'une vigne presque perdue au couchant de la pièce neuf et y tenant contenant environ quarante ares.

    4° d'une autre vigne au nord et y tenant également contenant environ trente six ares.

    5° d'un taillis chêne du même côté du nord contenant environ trente six ares.

    6° d'une terre au-dessus de la vigne et des taillis longeant le chemin de Chinchaubran au Breuil contenant environ quinze ares.

    7° d'une autre petite maison isolée au couchant de la dite pièce habitée par le nommé Bedière et sa famille Mandians contenant une are.

    Tous les susdits fonds et bâtimens qui sont partie dudit domaine ou maiterie de Labadie sont contigus ensemble et ne forment qu'une seule pièce contenant environ neuf cent trente deux ares qui confrontent du levant le chemin de Chinchaubran à La Bermondie, du midi aux possessions de La Bermondie, de Faure dit Piquette, Léonard Crouzat et de la dame veuve Lacoste, du couchant aux possessions des sieurs Desplas et Védranne et de la dame veuve Lacoste, et du nord au chemin du Breuil à Thonac.

    8° Enfin, d'une pièce de pré appellé la Rausière, contenant environ quatre vingt dix ares, confrontant au levant à l'écluse du moulin de Sinchaubran, du midi au chemin de Thonac au Breuil et aux possessions de Léonard Crouzat, du couchant aux mêmes possessions dudit Crouzat et du nord encore dudit Crouzat au sieur Védrenne et au pré haut ci-dessus désigné.

    Tous les immeubles et bâtimens ci-dessus désignés, limités et confrontés sont situés dans la commune de Thonac, canton de Montignac, arrondissement de Sarlat, département de la Dordogne.

    Art. 24e.

    Un domaine appellé de la Fouillouse situé pour tout ce qui le compose dans les communes de Saint-Léon et Thonac, exploité à deux paires de bœufs par le nommé Balaye dit Cacarette et détaillé par ordre de nature ainsi qu'il suit :

    1° Une maison pour le colon, une grange, un parc à cochon et autre parc à brebis, un four, un séchoir, un seiller au cave et une basse-cour entourée par intervalle des dits bâtimens, qui sont séparés les uns des autres et sans clôture, un petit jardin tenant aux bâtimens avec un sol ou aire sous la grange, le tout contenant ensemble environ quinze ares, confrontant au levant avec le chemin du hameau de la Fouillouse à Saint-Léon et à la cave de Guillaume Chavarie, du midy aux terres à labeur dudit domaine du couchant au chemin de la Fouillouse, aux prés de l'étang de Losse et du nord au chemin de la Fouillouse à Thonac.

    2° Une grande pièce de terre labourable, bois châtaigniers, taillis, chênes, friche, vignes et bruyère, le tout tenant ensemble faisant plusieurs angles ou crochets appellée de la Fouillouse au Bourdal, aux grands bois, combe Péboni, aux cros de [...], au Magné, au Petit clos, au Jarrie de Ferret contenant ensemble avec les bâtiments qui y sont contigus environ vingt une hectare quarante ares. Savoir :

    En bâtimens, jardin et aire quinze ares.

    En terre labourable, quatre cent quatre vingt huit ares.

    En vignes, quatre cens ares.

    En friches et bruyères, trois cent vingt-sept ares.

    En châtaignerées, six cent dix ares.

    Et en tailli chêne trois cens ares.

    Confrontant au levant les possessions de la dame veuve Lacoste, de Jean Barrière et Simon Mercière, du midy aux possessions du domaine des Gouth, appartenant au sieur Espinasse de Bordeaux et à celles de Jean Barrière, du cours au chemin de La Fouillouse, aux prés de l'étang et à autre chemin de La Fouillouse à Thonac, lesquels chemin divisent les immeubles présentement désignés d'avec les autres propriétés dudit domaine et font également la division des communes de Thonac et Saint-Léon, aux possessions desdits Barrières, Mercier et Guillaume Chavary et du nord aux possessions des dits Barrières, Mercier et Chavary et au chemin de La Bermondie aux près de l'étang de Losse.

    [fol. 3v°] Cette partie dudit domaine de La Fouillouse est située sur le territoire de la commune de Saint-Léon, canton de Montignac, arrondissement de Sarlat, département de la Dordogne.

    3° Autre grande pièce de terre labourable, bois châtaigner, taillis, châle et haute futaye, petite vigne perdue, friche et champs froids appellée les terres de Fouillouse, combe de l'étang, combe Fougeroux et les Plefrièges contenant ensemble environ vingt hectares savoir :

    En terre labourable cinq cent cinquante ares.

    En taillis et haute futaye, douze cent vingt ares.

    En friches, deux cens ares.

    En vigne perdue, trente ares.

    Confronte au levant et midy au chemin de Thonac à la Fouillouse et delà aux prés de l'étang, divisant les autres possessions du domaine déjà désignés et les communes de Thonac et Saint-Léon aux possessions des dits Barrières, Mercier et Chavary, du couchant au chemin de Thonac à l'étang et à Combe Reytier, aux dits Barrière, Mercier et Chavarie, et du nord par pointe aux possessions de Jean Coussérant et Guillaume Chavarie.

    4° Un taillis chêne appellé à Fonvive, contenant environ soixante ares, confrontant au levant les possessions du sieur Desplas, du midy et nord à celles de la dame veuve Lacoste, et du couchant au chemin de La Bermondie à l'étang.

    5° Un pré appellé Fondfroide, contenant environ cent dix ares, confronte du levant au chemin de Thonac à Combe Reytieu, du midy au pré de Bernard Requis, du couchant à la vigne de Léonard Crouzat et du nord aux prés du sieur Bourgès et de Guillaume Chavarie.

    6° Enfin, autre pré appellé le pré bas de la Fouillouse, contenant environ soixante sept ares, confronté du levant et midy au pré de François Faure du couchant au coustal de Coste-Rose du sieur Lafage, huissier, et du nord au pré de Léonard Crouzat.

    Ces quatre derniers objets dépendants dudit domaine de la Fouillouse sont situés dans la commune de Thonac, canton de Montignac, arrondissement de Sarlat, département de la Dordogne.

    Tous les immeubles et bâtimens en général ci-dessus désignés limités et confrontés ont été donnés par ledit sieur de La Boissière à titre de bail à ferme au sieur Giroud Desplat, propriétaire agriculteur sous le cautionnement solidaire du sieur François Dalbavie par contrat passé devant Me Dezon, notaire à Saint-Geniès la résidence de Saint-Geniès. +[dans la marge :] en datte du vingt-cinq mars dernier +. Ce bail est consenti pour l'espace de deux ans sans autre réserve que de tous les appartemens d'en bas du château et meubles meublans qui se trouvent dedans et encore de deux appartemens au bout du château ni l'attelier, lesquels objets derniers objets est-il dit dans le bail sont afermés à Mr Claude suivant acte du trente septembre mille huit cent quinze devant Tardif, notaire.

    Il résulte donc qu'aux termes dudit bail à ferme du vingt-cinq mars dernier, ledit Desplat jouit [de] tous les meubles biens immeubles et bâtimens composant la terre de Losse à l'exception des réserves que ledit sieur de La Boissière, jouit et occupe tous les appartemens d'embas du château, et que ledit sieur Claude occupe les deux appartemens au haut du château, plus l'attelier.

    Il n'existe pas de matrice de rôle foncier dans la commune de Thonac, ce qui est attesté par un certificat délivré par Mr. l'adjoint de la dite commune dont la teneur suit :

    "L'adjoint à la mairie de Thonac, soussigné, certifie que y ait vu fait des archives déposés au secrétariat de la commune ; il n'existe aucune trace qui indique qu'il y ait eu des matrices de rôles, délivré en conséquence le présent certificat negatif le quinze février mille huit cent dix-huit signé Crouzel, adjoint, vu pour légalisation du seing du sieur Crouzel, adjoint à Thonac, à Sarlat, le quatorze novembre mille huit cent dix-huit, le jour présent de Sarlat, signé Cerval, enregistré à Sarlat le vingt novembre mille huit cent dix-huit vingt-deux mai mille huit cent dix-neuf par Maury.

    A défaut de matrice, on rapporte l'extrait du rôle foncier de la dite commune de Thonac, pour tous les articles ci-dessus situés dans la dite commune dont copie suit :

    Extrait du rôle des contributions directes de la commune de Thonac de [fol. 4r°] Raymond Laporte, colon dudit domaine de La Vidalie, [...] du produit de vente de récolte, semence que [...] une pièce de terre labourable faisant partie de la plaine dite de Losse contenant environ mille quatre cent cinquante cinq ares, confrontant au levant à la vigne par laquelle [...] se trouve le pré de la fosse désigné dans l'exploitation des domestiques du propriétaire ou du fermier faisant partie du n° 6 du midi aux terres labourables exploitées par Barrière et au pré du Sablou faisant suite du n° 6 de l'exploitation des domestiques du propriétaire ou de son fermier, du chemin de Thonac à Saint-Léon, et [...] de l'exploitation des domestiques du propriétaire ou fermier, [...] Michel Assudre, jardinier dudit Laporte, ayant son logement dans la chambre du nord dudit domaine, et exploitation deux paires de bœufs.

    Barrière dit Guagnas [...] avoir une paire de boeufs a au tiers produit de toute espèce de récolte, une pièce de terre labourable dépendante de ladite terre de Losse, affermant l'exploitation de Raymond Laporte, dans laquelle est englobée vers le levant le pré du Sablou compris dans le n° 6 de l'exploitation des domestiques et propriétaire ou du fermier contenant environ douze cents ares, confrontant au levant à la Vézère, au midi la possession des héritiers de Bernard Delport, dit Vignole, [...] et au n°6 de la maiterie du Buisson au couchant, le chemin de Thonac à Montignac, et au nord à l'exploitation de Raymond Laporte.

    Une autre pièce de terre également exploitée par ledit Barrière, appellée aux Chataigners, dans la plaine de Losse, contenant environ deux cents ares, tenant au levant au n° 5 de l'article 4 ; de l'exploitation des domestiques du propriétaire ou fermier au midi à la partie exploitée par Laporte au couchant au chemin de Thonac à Montignac, et au nord à l'allée des noyers ; ce colon habite la partie de maison de La Vidalie au midi.

    Il n'y a pas de pré attaché à ces deux maiteries mais le propriétaire leur a donné cinquante quintaux de foin par paire de boeufs, ce qui fait cinquante quintaux en tout.

    Art. 6.

    Une pièce de terre labourable exploitée à moitié faute par Michel Aussudre, jardinier, située dans la plaine de Losse dans les sables au-dessus des pommiers près ledit domaine de La Vidalie contenant environ quarante cinq ares tenant au levant à l'exploitation du colon Laporte par pointe au midi et couchant à la même exploitation et au nord aux bâtimens et à l'allée des ormeaux attachée.

    Art. 7.

    Une métérie appellée du Buisson exploitée à une paire de bœufs par Annet Lestrade, qui se compose :

    1° d'une maison pour le colon à deux chambres l'une sur l'autre, couvert en pierre, d'une cave voûtée à côté, grange, parc à cochon et autre parc à brebis, basse-cour formée au levant par la grange et le portail d'entrée, au couchant et nord par un autre bâtimens et au midi par une muraille, contenant le tout environ trente ares.

    2° une pièce de terre attenant les dits bâtiments au nord contenant environ soixante cinq ares tenant au levant au chemin de Thonac à Maillol du midi chemin de Thonac à Bars au couchant [....] aux possessions des héritiers de [...] Lassaigne, donnant aux bâtimens sur celles de George [...] et Guillaume Lafarge, du couchant à aller de Jean Delport.

    3° d'une autre pièce de terre labourable, au midi du bâtimens [fol. 4v°] contenant environ cinquante ares aboutissant au levant au même chemin de Thonac à Mailhol au midi, chemin de Thonac à Bars, au couchant aux possessions des héritiers de Léonard Casseigne, et du nord aux bâtimens sus-énoncés.

    4° d'une pièce de terre, vigne presque perdue et broussailles, séparées des bâtimens appellés au souchal contenant deux cent soixante ares, savoir : environ deux centz ares de terre labourables, vigne, trente ares et broussailles, trente ares, joignant au levant les possessions de Jean Cleyrat et Jean Delport, au midi le chemin de Thonac à Bar, au couchant [...], au nord le chemin de Plazac à Montignac et encore du nord les possessions des héritiers dudit Bernard Delport, dit Vignole.

    5° autre terre labourable et pradaysse par le bas, appellée la Combe, contenant, savoir : la terre environ quarante cinq ares et la pradaysse quinze ares, ensemble environ soixantes ares, joignant au levant les possessions de Jean Lafage, marechal, au midi celles des héritiers de Bernard Delport, au couchant celles de Jean Requier, Campagnac, et au nord au chemin de Bars à Thonac.

    6° d'une pièce de terre labourable appellée la Chenevière de la Croix près le bourg de Thonac, contenant environ : trente cinq ares aboutissant au levant le chemin de Thonac à Montignac, au midi le chemin de Thonac à Bars, au couchant inclinant au nord aux possessions des sieurs Pierre Courserant et Jean Delport faisant pointe au nord sur le chemin de Montignac à Thonac.

    7° d'une terre labourable près du bourg de Thonac appellée aux Cros de Besse ou à la Croix, faisant pointe au midi contenant environ cent vingt ares, confrontant au levant les possessions des sieurs Boisseul et Lespinasse, chemin de service entre deux, midi, inclinant au couchant le chemin de Thonac à Montignac et au nord les terres dépendantes de la Vidallie, désignées sous le nom de pleine de Losse.

    8° d'un pré appellé le petit pré de la Farge, contenant environ quarante ares joignant au levant le chemin du Buisson au Roch du midi le chemin de Thonac à la Forge, du couchant aux moulins et forge ci-après désignés et du nord le chemin ruisseau qui descend de la forge à Thonac.

    9° au bois châtaignier, appellé le petit bois contenant environ quarante ares tenant au levant, couchant et nord les possessions de La Bermondie et au midi le chemin de Thonac à Plazac.

    Art. 8.

    Une pièce de vigne appellée le Vignal de Losse, partie vieille, partie plantée de sept ans et autre partie nouvellement plantée, la plus grande partie des vignobles et exploitée par le propriétaire ou le fermier, une autre partie par Jean Clyrat, vers le milieu de la pièce, une autre partie par Jean Peyroteau, au levant et encore une autre partie par le même au nord.

    La partie de la vigne exploitée par Jean Cleyrat vers le millieu contient environ quarante ares et confronte au couchant le chemin de Plazac à Montignac, du levant, midi et nord la partie exploitée par le propriétaire ou le fermier.

    La partie exploitée par Jean Peyrot au levant contient environ cinquante cinq ares, confronte du levant audit chemin de Montignac à Thonac, et des autres entre la partie exploitée par le propriétaire ou le fermier.

    La partie exploitée par ledit Jean Peyrot, vers le nord, contient environ quatre vingt ares, le confronte du levant et couchant auxdits chemins de Plazac à Montignac et de Montignac à Tonnac, du nord et midi à la partie exploitée par le propriétaire ou le fermier.

    Cette entière vigne est traversée par une allée qui sert de chemin pour aboutir à l'allée des noyers qui conduit à Losse, autrement fermée de muraille contenant [fol. 5r°] ensemble environ dix hectares, confrontant au levant le chemin de Montignac à Thonac, du midi aux possessions des sieurs Lespinasse et Bonnet de La Chapoulie, du couchant au chemin de Plazac à Montignac et du nord le même chemin de Montignac à Thonac.

    Art. 9.

    Une jeune vigne appellée la Muscatière plantée depuis trois ans qui était exploitée par Géraud Cleyrat, à moitié fruit par bail de vingt neuf ans et aujourd'huy par le propriétaire ou le fermier, contenant environ cent ares, tenant au levant le chemin de Montignac à Thonac, midi, couchant et nord à la Guarenne de Losse, ci-après désignée.

    Art. 10.

    Un taillis chêne appellé la Garenne de Losse, au nord de ce taillis se trouve un bois châtaignier et dépendant appellé le Cambalou, tout tenant ensemble faisant [...] au nord contenant environ treize cents ares, confronte au levant le chemin de Montignac à Thonac, la jeune vigne appellée la mouscatière inclinant ensuite au midi le chemin de Montignac à Plazac ; encore, du midi la vigne et friche appellée Rastolle ci-après désignées, la vigne de Girou Luval et terre d'Etienne Lassalvetat, chemin de Thonac à Mailhol entre deux, du couchant au chemin et du nord aux possessions des héritiers la Meussou François Dalbavie, Léonard Dalbavie, et Jean Chavarie. Cette pièce de terre de la réserve dépend de la réserve, c'est-à-dire que le propriétaire ou le fermier faits ramasser les châtaignes et exploiter le taillis.

    Art. 11.

    Une pièce de vigne appellée les Rastolles, confronte au levant le chemin de Montignac à Plazac, du midi et couchant aux champs froids du même lieu ci-après désignés jour et même nom et au nord à la Guarenne de Losse séparées par le chemin de Thonac à Mailhol contenant environ cent vingt ares, exploitée savoir : quarante ares par Jacques Souffron au midi, trente ares au nord par Reymond Laporte et cinquante ares dans le milieu par le propriétaire ou le fermier.

    Art. 12.

    Champs froids, pays inculte et terrain nouvellement défriché appellé également les Rastolles, faisant plusieurs angles et crochets contenant environ sept cents ares, savoir le terrain défriché, environ cent quatorze ares et le surplus en friche tenant au levant à la vigne, précédement, désignée pour le même nom au chemin de Montignac à Plazac, au midi le chemin de Thonac à Bars, encore à celui de Thonac à la Combe en inclinant au nord aux possessions de Marie Denis, Jacques Souffron, héritiers Lamaystous et Girou Laval et dans la Salortal encore du nord à Garenne de Losse, séparée par le chemin de Thonac à Mailhol la partie défrichée est défrichée au compte du propriétaire ou du fermier.

    Art. 13.

    1° Une forge à fer, appellée la forge de Losse, avec sa martellerie, dromage, affinerie à deux soufflets, construite en aille sur des pilles rondes en cartelage au levant et sur des murs des autres côtés, couverte en partie avec de la tuille plate et l'autre partie avec de petites planches.

    2° Un moulin à bléd tout neuf, appellé de la forge, au même lieu et alimenté par les eaux de la même écluse à grande roue perpendiculaire n'ayant qu'un tournant actuellement, mais les meules neuves et le grand arbre des roues plusieurs bois dép[...] et la boite faisant partie des agrés sont sur place pour les étables un second, le bastiment est couvert en tuille creuse sans maison d'habitation pour le meunier ; ledit moulin est exploité par ledit Jean Peyrot ; la forge n'est plus exploitée depuis plus d'un an, leur écluse et chaussée au nord des dites uzines contenant les uzines, écluse et chaussée environ vingt-cinq ares.

    3° un pré appellé le grand pré de la forge, contenant environ quatre ares, quarante ares le tout confronté du levant à la planche de Bergirot et au petit pré désigné appartenant à la maiterie du Buisson, du midi au chemin de la forge à la bruyère et aux possessions de Pierre Lassalvetat, écluse entre deux, du couchant au pré du sieur Boissel et du nord au ruisseau qui descend de Bars. Ce pré est de réserve et est exploité par le propriétaire ou le fermier.

    Art. 14.

    Un pré appellé du Souchal ou de Poulican contenant environ trois cents ares joignant au levant le chemin de Montignac à Plazac, au midi le ruisseau qui descend de Bards à Thonac, du couchant aux pré et moulin du sieur Vedrenne et du nord le chemin de Bord à Thonac.

    [fol. 5v°]

    Art. 15

    Une pièce de pré appellé le pré de la Selve, contenant environ quatre vingt ares tenant au levant inclinant au midi aux possession de la dame veuve Lacoste et des sieurs Vedrenne, au couchant à l'écluse du moulin de Chinchaubran et au nord au pré de Joseph Viale et au ruisseau de Bars qui sépare le pré de réserve du souchal, ci-dessus désigné, exploité par le propriétaire ou le fermier.

    Art. 16.

    Autre pré appellé le pré haut contenant environ quarante ares, tenant au levant au pré du domaine de Labadie et à celui de Léonard Crouzac, au midi au même pré de Crouzac à celui du sieur Desplat, au couchant au pré de la dame veuve Lacoste et au nord au ruisseau de Bards.

    Art. 17.

    Un pré au lieu de Laugénie et au-delà du ruisseau tenant au couchant le pré nouvellement défriché appellé de Laugénie ci-après désigné contenant environ cent cinquante ares, confrontant du levant le chemin de la Pagezie au pasrial, du midi les possessions de la veuve Chavarie, de Pierre Delport, des héritiers Almay, au couchant pré de Monsieur Logueyssie, la forêt, et du nord au susdit ruisseau de Bars.

    Art. 18.

    Un pré aux mêmes appartenances de Laugénie, appellé aux prés de Lascaut, contenant environ cent soixante-dix ares, tenant du levant au chemin du Pontet qui va au Breuil, du midi au ruisseau de Bars inclinant au couchant jusques au chemin qui va au moulin d'Auberoche et y fesant pointe et du nord au chemin de Bars à Thonac ; environ quatre vingt ares de ce pré ont été nouvellement acquise par le sieur de La Boissière du sieur Guillaume Requier de la Pagezie ou bien des héritiers Durand de Sarlat par contrat devant Michelot, notaire à Sarlat.

    Tous les prés sus-désignés dans les art. 14, 15, 16, 17 et 18 sont des prés de réserve et sont exploités par le propriétaire ou le fermier.

    Art. 19.

    Un pré appellé de Laugénie au-dessus du moulin de même nom défriché a l'année et exploité par pierre Deljarie à moitié fruit contenant environ deux cent soixante dix ares, tenant au levant le chemin de la Pagegie au Pasrial au midi le ruisseau de Bars qui sépare les autres prés ci-dessus désignés, du couchant au moulin du sieur Délisié appellé de Laugénie et du nord le chemin de Bars à Thonac.

    Art. 20.

    Un taillis chêne appellé la borgne du baron contenant environ soixante dix ares, tenant au levant les possessions du sieur Chanteloube, dit Lambreil, midi, couchant et nord, celles du sieur Laforêt, Loqueyssie, ce taillis ne tient ni ne dépend d'aucune métairie et le propriétaire le fait exploiter.

    Art. 21.

    Un étang poissonneux appellé l'étang de Losse contenant environ cent trente ares, confrontant au levant le chemin de Thonac à [...], du midi au pré de Guillaume Chavarie et à celui du sieur Crouzel, innondé par l'étang, du couchant au pré du sieur Joseph Bourgès [...] innondés, pré, le taillis du sieur Crouzel, et du nord aux prés de La Bermondie, la chaussée et bonde voûtée de ce côté-là.

    Art. 22.

    Une pièce de jeune bois châtaigner et bruyère appellée le grand bois de Losse, contenant six cents ares ou environ tenant au levant les possessions de Jean Delpet et Pierre Longueville, au midi le chemin dit martelet, du couchant inclinant au nord au chemin de Plazac à Thonac, faisant pointe entre le nord et le couchant.

    Ce bois châtaigner et bruyère a été donné à bail perpétuel et à moitié fruit à François Cailloux, Géraud Cleyrat et Guillaume Brégégère par contrat du vingt-huit janvier mille huit cent seize devant Tardif, notaire, et en conséquence de ce bail, ledit Cailloux exploite une hectare du costé du levant, Gérôme Cleyrac quatre hectares dans le milieu de la pièce de bruyère, une hectare du côté du couchant.

    Art. 23.

    Une métairie appellée de Labadie exploitée par Pierre Doustel, avec une paire de boeufs composée comme il suit :

    1° Une maison pour le colon, une grange, un parc à brebis, autre parc à cochon, un four avec une cave et seiller, autres masures de bâtimens en ruine ayant une basse-cour fermée par les bâtimens au levant midi et couchant clause, au nord de muraille du portail d'entrée, au levant entre les bâtimens et un autre portail au nord, le tout étant d'une superficie

    [fol. 6r°-8r° : ...]

    mille huit cent dix huit.

    Art. 49.

    Mr Garnier de Laboissière, demeurant à Losse, payera pour les contributions et après savoir foncier pour un revenu de trois mille quatre cent quatre vingt quatre francs, soixante quatorze centimes, onze cent quarante un francs, vingt-huit centimes pour dix portes et fenêtres au rez-de-chaussée ; douze francs pour une porte cochère ou charetière ; trois francs vingt centimes pour maison n'ayant qu'une porte et une fenêtre ; six [...] nombre ; quatre francs quarante centimes. Total : onze cent soixante francs quatre-vingt huit centimes à défaut de la signature de l'adjoint qui a fait difficulté pour l'apposer ci-dessus, je soussigné percepteur, des contributions directes de la commune de Thonac, certifie que les extraits ci-dessus sont sincères, véritables et conformes aux rôles qui ont été déposés en mes mains pour l'année mille huit cent dix-huit, en foi de quoi ai signé à Montignac le vingt-un octobre mille huit cent dix-huit signé Guibert, enregistré à Sarlat le vingt-deux mai mille huit cent dix-neuf, par Maury.

    Extrait de la matrice du [...] foncier de la commune de Saint-Léon-sur-Vézère faite sur l'état des sections de l'année mille sept cent quatre-vingt-onze, art. 156. de la matrice.

    Madame de Valence pour le domaine de la Fouillouse art. 282 de la section pour maisons, granges, eysines, terres labourables, prés, vigne, bois, châtaigners, bois chêne, bruyères, champs froids, la moitié d'un étang, le tout attenant de contenance de deux cent quatre vingt six quartonnées ou environ, portée à un revenu net de trois cents seize livres dix sols le maire de Saint-Léon certifie en outre que le domaine de la Fouillouse ci-dessus désigné appartient à Mr. Garnier de La Boissière, habitant au château de Losse, commune de Thonac, et qu'il en jouit comme propriétaire depuis plusieurs années. En foi de quoi, à la mairie de Saint-Léon-sur-Vézère, ce douze octobre mille huit cent dix-huit, le maire de Saint-Léon signé Poujol, vu pour légalisation du juing de Mr. Poujol, maire de Saint-Léon, Sarlat, le quatorze novembre mille huit cent dix-huit signé Cerval, sous-préfet de l'arrondissement de Sarlat, enregistré à Sarlat le vingt-deux mai mille huit cent dix-neuf, par Maury.

    Extrait du rôle foncier de la commune de Saint-Léon, an mille huit cent dix-huit.

    Monsieur Laboissière Garnier, demeurant à Losse, pour un revenu de trois cent vingt-quatre francs, payera la somme de cent trente quatre francs, cinquante deux centimes, le présent extrait certifié véritable et conforme au rôle de la commune de Saint-Léon pour l'année mille huit cent dix-huit par moi adjoint au maire de ladite commune de Saint-Léon pour cause de maladie grave, de Guiberrt, percepteur à vie de ladite commune de Saint-Léon, le onze octobre mille huit cent dix-huit, signé du Cheylard, vu pour légalisation du seing de Mr. du Cheylard, adjoint à la mairie de Saint-Léon, Sarlat, le quatorze novembre mille huit cent dix-huit, le sous-préfet de l'arrondissement de Sarlat, signé Cerval.

    Enregistré à Sarlat le vingt-deux mai mille huit cent dix-neuf par Maury.

    Et étant au devant desdits bâtimens et sur les fonds immeubles ci-dessus détaillés, désignés, confrontés et compris dans lesdits extraits des matrices de rôle, et rôles j'ai le fonds et propriété superficie et dépendance des bâtimens et fonds immeubles saisis et mis sous la main de la justice sur ledit sieur Garnier de Laboissière, comme le tout lui appartenant ainsi que le tout je poursuit et se comporte sans en rien excepter, retenir ni réserver pour faute de payement de ladite somme de trois mille cinq + vingt six francs soixante-neuf centimes sans [fol. 8v°] préjudice des réserves être les dits immeubles vendus par l'apropriation formée à l'audience du tribunal civil séant à Sarlat, après que les formalités exigées par la loi auront été remplies observées à la diligence dudit. Mr. Landry, avoué constitué une copie du présent procès-verbal, d'autre extrait de matrices des rôles et des [...] et parmi [...] à Mr. Lepeze, greffier du juge de paix du canton de Montignac, et parlant à lui lequel a l'original [...] signé Davril, greffier en chef.

    Pour copies conformes, certifiées par nous avoué, avec dix-neuf mots interlignés, vingt-deux barrés et six surchargés. [Signé :] Landry.

    Aujourd'huy, seize juin mil huit cent dix-neuf, J. Bonnet [...].

    Certifié qu'à la requette de MM. les administrateurs de l'enregistrement domaines et forêts demeurants à Paris, rue de Choiseuil, poursuite et diligences de Monsieur Roland, directeur des mêmes droits, dans le département de la Dordogne, demeurant à Périgueux, qui constituent comme ci-devant pour leur avoué près le tribunal civil séant à Sarlat, Me Pierre Landry, y habitant, chez qui ils font l'élection de domicille ordinairement. J'ai signifié, dénoncé et avec ces présentes donné copie au long au sieur Henry Garnier de La Boissière, propriétaire sans profession, chevalier de Saint-Louis, et le directeur des contributions indirectes, habitant du château de Losse, commune de Thonac, du procès-verbal de saisie immobilière faite sur lui au requis desdits sieurs administrateurs par acte de nous, huissier susdit, et soussigné du trente-un mai dernier, enregistré à Sarlat le deux juin suivant, visé par Monsieur Lapeze, greffier du juge de paix <du canton> de Montignac, par le sieur Poujol, maire de la commune de Saint-Léon, et par le sieur Requier, premier membre du conseil municipal de la commune de Thonac, transcrit au bureau des hypothèques de Sarlat, le quatre du courant transcrit également au greffe dudit tribunal le onze aussi courant, dont du tout copie lui est laissée afin qu'il n'en ignore et lui ai déclaré que la première publication du cahier des charges aura lieu à l'audience dudit tribunal civil séant à Sarlat le deux août prochain jour de lundy à huit heures du matin, dont acte.

    Fait au domicille dudit sieur Garnier Laboissière et parlant à lui.

    A qui j'ai laissé copie dudit procès-verbal de saisie immobilière, mention des visa, enregistrements et transcription, et lui ai encore déclaré que j'allais me retirer de suite devers Monsieur l'adjoint de la dite commune de Thonac ou à défaut devers Mr. le premier membre du conseil municipal pour acquérir son visa conformément à la loi et ai signé.

    [signature :] Vogue Appt, le mot "faire" surchargés.

    Appt, deux mots interlignés.

    tout, dix francs soixante trois centimes [...].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds Périgord (Prunis & Leydet), t. 11.

    Mention de l'hommage d’Ademar de Losse pour sa maison de Losse (à Montignac) et ses autres biens assis en la châtellenie de Montignac, le 1er septembre 1400. Bibliothèque nationale de France, Paris
  • BnF, Fonds Périgord (Lespine), t. 10.

    Mention de l'hommage rendu par noble homme Frenon de Losse à cause de sa maison de Losse assis à Montignac, de Biars en la paroisse de Brénac et de la maison de Peyretailhade et sa borie, en la chatellenie de Montignac, 1464.
  • AD Pyrénées-Atlantiques. E 780.

    Hommage rendu à Alain d'Albret par Frenon de Losse, pour ce qu'il possède dans la châtellenie de Montignac, 24 octobre 1478. Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 780
  • Mémoires envoyés au seigneur d’Albret par les officiers ordinaires des châtellenies et autres lieux de la vicomté de Limoges et comté de Périgord (1502)

    Mention de "monseigneur de Peyretaillade [Losse]" comme seigneur de la paroisse de Thonac (1502). Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : E 669
  • BnF, Fonds Périgord (Lespine), t. 10.

    N° 43. "Jean [II] de Losse, escuyer, seigneur dudit lieu, pour la maison noble de Losse scize en la ville de Montignac, plus pour la maison noble de Biars parroisse de Brenac, et aussi la maison de Pierre Tayllade avec sa boueyrie, chatellenie de Montignac. 4 octobre 1541, au lieu d’Ans, vicomté de Lymoges".
  • BnF, Fonds Périgord (Lespine), t. 10.

    Mention de "Messire Jean de Losses, sieur dudit lieu, chevalier de l’ordre du roy, conseiller en son conseil privé et cappitaine de ses gardes, ayant acquis pour douze cent livres tout le droit de justice, haute, moyenne et basse, mere et mixte imper. simple jurisdiction, et tout ce qui depend d’icelles aux appartenans ez bourg et parroisse de Tonac, jurisdiction de Montignac ensemble 8 charges et demie d’avoine, etc., que luy vendit Henri et Marguerite, roy et rayne de Navarre, le 23 octobre 1541, à pacte de rachapt. Ce même de Losses achette d’Henry roy de Navarre par acte donné à Paris par le dit roy de Navarre le 17 septembre 1573 la faculté que ce prince avoit de rachepter, moyennant 1200 livres.
  • (carton, 12 pièces en papier, 1570-1571). Rachat de la paroisse de Thonac et vente à Jean, seigneur de Losse ; — quittances du prix d'achat ; — concession par Jeanne d'Albret, reine de Navarre, de la terre de Saint-Geniez à Gabriel, comte de Montgomery, en récompense de ses services, etc.

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1854
  • AD Pyrénées-Atlantiques. B 1861. Vente par Henri III, roi de Navarre, à Jean de Losse, seigneur du lieu, de la justice haute, moyenne et basse du bourg et paroisse de Thonac, en la justice de Montignac, diocèse et sénéchaussée de Périgord, 23 avril 1573 (orig. en parchemin).

    Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques : B 1861
  • 2 E 1852. Fonds Famille Chapt de Rastignac.

    Liasse 89-pièce 1 : Testament de Jean IV de Losse, seigneur de Bannes, 1er février 1580 (copie sans date). Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1852
  • Fonds Périgord (Prunis & Leydet), t. 11.

    Fol. 150 r° (Inventaire des titres de Pau. Bibliothèque du Roi, tome I) : Mention du contrat par lequel Jean de Foucaud, seigneur de Lardimalie, procureur du roi de Navarre, céde et transporte certains droits appartenants au roi en la paroisse de Saint-Léon-sur-Vézère et autres lieux, à Jean III de Losse, seigneur de Thonac, 2 decembre 1588. Bibliothèque nationale de France, Paris
  • 2 E 1852. Fonds Famille Chapt de Rastignac.

    Liasse 89-pièce 2 : Inventaire des biens meubles et immeubles après le décès de Jean V de Losse, seigneur de Losse, dressé à partir du 15 octobre 1602 (copie sans date). Archives départementales de la Dordogne : 2 E 1852
  • Fonds Périgord (Prunis & Leydet), t. 11.

    Fol. 85r° (27e liasse) : Mention des foi et hommage rendus par Jean VI de Losse pour le château de Losse, La Bermondie, Saint-Léon-sur-Vézère, des maisons de Peyrignac et de Mellet, et autres biens, 14 août 1609. Bibliothèque nationale de France, Paris
  • BnF. Département des manuscrits. Collection Duchesne 58.

    Fol. 68 et suivants : Généalogie manuscrite de la maison de Losse arrêtée en 1622. Bibliothèque nationale de France, Paris : Collection Duchesne 58
  • AD Dordogne. J 268. Fonds Mérilhou (Titres de propriétés - Terre de Losse, 1731-1845).

    Procès-verbal de visite des biens du sieur Henri Garnier de Laboissière dressé par Bernard Roque, huissier public, 31 mai 1819. Archives départementales de la Dordogne : J 268
  • AD Dordogne. J 268. Fonds Mérilhou (Titres de propriétés - Terre de Losse, 1731-1845).

    Pièce 53 : Annonce de la mise en vente à la folle enchère du château de Losse ; description du domaine, 26 mai 1824 (6 pages imprimées sur papier). Archives départementales de la Dordogne : J 268
Documents figurés
  • Description du diocèse de Sarlat et haut Périgord, dessinée par Jean Tarde, gravée par H. Picart, 1624 (Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris, GE D - 15042).

    Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, Paris : GE D - 15042
  • Recueil de cartes, plans et profils des ouvrages faits pour la navigation de diverses rivières de Guyenne, levés par M. Ferry dans la visite qu'il en a faite à la fin de l'année 1696. Avec des remarques & mémoires sur lesdits ouvrages. Dessin, encre et aquarelle, par François Ferry, 1696.

    Carte de la Vézère : Indication du château de Losse. Archives départementales de la Gironde : 3 JC 17
  • Recueil de cartes, plans et profils des ouvrages faits pour la navigation de diverses rivières de Guyenne, levés par M. Ferry dans la visite qu'il en a faite à la fin de l'année 1696. Avec des remarques & mémoires sur lesdits ouvrages. Dessin, encre et aquarelle, par François Ferry, 1696.

    Planche G. Archives départementales de la Gironde : 3 JC 17
  • "Plan de l'ecleuse et digue de Losse en Périgord, générallité de Bordeaux" signé par Bertrand Amiguet, entrepreneur des ouvrages du Roi, s.d. [entre 1741 et 1745], échelle de 24 toises (AD Gironde, C 1843).

    Archives départementales de la Gironde : C 1843
  • Carte de la Guyenne par Belleyme. Reproduction en fac-similé de l'édition du XVIIIe siècle conservée à l'Institut géographique national, par Pierre de Belleyme, IGN.

    Planche n° 23, levée en 1768, gravée et publiée entre 1785 et 1789. Archives départementales de la Dordogne : 1 Fi 2 Dordogne 0013
  • Plan cadastral ancien de la commune de Thonac, 1813.

    Section D, 1ère feuille. Archives départementales de la Dordogne : 3 P3 6119 à 3 P 3 6125
  • Projet d'écluse au moulin de Losse (Thonac). Dessin, encre et lavis par Philippe Henry Conrad, 1813.

    Archives départementales de la Dordogne : 3 S 674
Bibliographie
  • DUCOURNEAU Alexandre. La Guienne historique et monumentale. Bordeaux : P. Coudert (imp.) 1842 (vol. I), 1844 (vol. II), 300 lithographies.

    Vol. 2 (1844).
  • PERGOT A.-B. La vie de Saint Sour, ermite et premier abbé de Terrasson, avec une notice historique sur l'abbaye de Terrasson. Paris : J. Lecoffre et Ce, 1857.

    P. 346-347.
  • GOURGUES Alexis de. La Dordogne. Dictionnaire topographique du département. Paris : Res Universis, 1992, fac-similé de l'édition de 1873 (Monographies des villes & villages de France).

    P. 180 (2 entrées confondues : maison de Montignac et repaire noble à Thonac) et p. 237 (Peyre-Taillade à Thonac).
  • BOSREDON Philippe de. Sigillographie du Périgord. Publication de la Société historique et archéologique du Périgord (Annexe au Bulletin de la Société). Périgueux : Impr. Dupont et Cie, 1880.

    N° 211 (1562), 212 (1568), 213 (1569), 214 (1570-1573), 215 (1574), 216 (1572) et 217 (1573).
  • FROIDEFOND DE BOULAZAC Alfred. Armorial de la noblesse du Périgord. 2 tomes. Périgueux : Jouve, 1891, Marseille : Laffitte Reprints, 2006.

    T. I p. 309-310 (De Losse).
  • TARDE (Jean), Les chroniques de Jean Tarde, chanoine théologal et vicaire général de Sarlat, contenant l'histoire religieuse et politique de la ville et du diocèse de Sarlat, depuis les origines jusqu'aux premières années du XVIIe siècle, annotées par le Vicomte Gaston de Gérard. Paris : Oudin, 1887.

    P. 273-274 et passim.
  • SAINT-SAUD A. de, BOISSERIE DE MASMONTET et MANTHE R. de. Généalogie de Bideran (Périgord, Agenais, Quercy, Poitou). Bergerac : Impr. Générale du Sud-Ouest, 1896.

    P. 48-49.
  • SECRET Jean. Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières. S.l. : Tallandier, 1966.

    P. 236-237.
  • BABELON Jean-Pierre. Châteaux de France au siècle de la Renaissance. Paris, Flammarion/Picard, 1989.

    P. 762.
  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    P. 162-163.
  • FOURNIOUX Bernard. Montignac au Moyen âge : histoire du peuplement et de l’occupation du sol. Périgueux : Bernard Fournioux, 2002.

    Spécialement p. 48-49.
  • LE ROUX Nicolas. La faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589). Seyssel : Champ Vallon, 2000.

    P. 98, 125, 133, 171, 190, 308, 382, 728, 736.
  • LEBEAUX Mélanie. L’architecture dans le comté de Périgord à la Renaissance (fin XVe-début XVIIe). Évolutions, influences, acteurs. Thèse de doctorat de l’université de Toulouse (dir. : Pascal Julien), Université Toulouse 2 Le Mirail (UT2 Le Mirail), 2013, 4 vol.

  • BELINGARD Christelle. Rapport d'analyse par dendrochronologie des charpentes anciennes du château de Losse, à Thonac (24), Limoges, janvier 2016 (rapport multi-copié non publié).

Périodiques
  • LAGRANGE-CHANCEL (chevalier de). "Extrait du deuxième volume des voyages du chevalier de Lagrange-Chancel - Voyage de Paris pour le Poitou, Angoumois et Périgord". Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. XLIII, 1916, p. 322-336.

    P. 330.
  • ROUDIÉ, Paul. "Le château de Losse". Congrès archéologique de France, 137e session, 1979. Société Française d'archéologie, [1982 ?], p. 65-72.

  • « Extrait d’un mémoire du seigneur d’Albret contre la dame de Montrésor, qui demandait sa part dans la seigneurie de la comté de Périgord ». Le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, 1854, p. 134-140.

    P. 140 : Mention de "Monseigneur de Peyretaillade [Frénon II de Losse]".
  • LAROCHE Philippe. « Le château de Losse, ses inscriptions, Jean II de Losse ». Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Périgord, t. XI, 1884, p. 127-156.

  • Bulletin de la société historique et archéologique du Périgord.

    Tome XI (1884), p. 155-156 : Lettre de la reine Marguerite, épouse d'Henri, roi de Navarre, à Jean II, seigneur de Losse, et description du tableau funéraire de Jean II autrefois attaché à un pilier de la chapelle Saint-Joseph dans l'église cathédrale de Verdun. Bibliothèque nationale de France, Paris
  • "Liste ancienne des gentilshommes taxés en Périgord. Diocèse de Sarlat (1550)". Bulletin SHAP, tome XIII (1886), p. 186-191.

    Mention de Jean de Losse, écuyer, seigneur dudit lieu, taxé 42 livres tournois 10 sols, 2 janvier 1550 (n.st.).
  • LAROCHE, Philippe. "Testament de Jean de Losse, seigneur de Bannes. 1580". Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tome XVII, 1890, p. 130-134.

  • CHAMPEVAL Jean-Baptiste. « Hommage du Comté de Périgord en 1541 rendus à Henri de Navarre, sire d’Albret, comte de Périgord, comme tel ». Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord. Tome XXV (1898), p. 371-376.

    Hommage de Jean II de Losse, écuyer, seigneur dudit lieu, pour sa maison noble de Losse (à Montignac) et sa maison noble de Biars (à Brénac), la maison noble de Pierre de Tailhade (Peyretaillade) et sa borie (probablement à Thonac, le tout en la châtellenie de Montignac), 4 octobre 1541.

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