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Château de Labégorce

Dossier IA33003132 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Précision dénomination château viticole
Appellations château de Labégorce
Parties constituantes non étudiées chai, cuvage, parc, kiosque, mur de clôture, portail
Dénominations demeure, manoir
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Margaux
Lieu-dit : Labégorce
Cadastre : 1826 A3 792 à 798 ; 2008 AB 114

La seigneurie de Labégorce aurait été créée en 1245 par le seigneur de Blanquefort et acquise par Jehan Colom, riche bourgeois de Bordeaux. En 1390, elle passe aux mains des Durasfort, également seigneurs de Bessan (Soussans). Selon Édouard Guillon, le fief est mentionné dans un acte de 1486 comme appartenant à la dona Trenquina de Bédat, épouse du sieur de Sault, seigneur d'Agassac. Il semble que cette seigneurie soit restée associée à celle de Bessan et de la Tour de Mons, l'ensemble appartenant au 17e siècle à la famille de Mons.

Un plan du 18e siècle représente les bâtiments de Labégorce et de l'Abbé Gorce avec les terres alentours appartenant tantôt à Mrs Mercadier, tantôt à Mr Gorse. Un vaste potager est situé à l'ouest des bâtiments. A la Révolution, le domaine est divisé : l'Abbé Gorce revient à la famille Gorce, tandis que l'autre partie est acquise par M. Vastapani. Ce dernier a probablement fait construire un château par l'architecte Armand Corcelles. Ce bâtiment figure sur le cadastre de 1826 et correspond peut-être à la représentation qu'en fait Gustave de Galard en 1835 dans son Album vignicole. A cette époque, la demeure est coiffée d'un simple toit à croupes et les allèges des baies de l'étage ne présentent pas de balustres mais une simple table décorative. En 1865, le château est vendu à M. Fortuné-Beaucourt, qui y fait de nombreux travaux. Il demande notamment à l'architecte Ernest Minvielle de remanier la toiture. Une construction nouvelle et une augmentation de construction sont indiquées par les matrices cadastrales en 1866. C'est pourquoi, le château est décrit comme "un édifice à peine achevé" par Édouard Guillon en 1866. L'illustration de l'ouvrage de Cocks en 1868 montre le château remanié : si les motifs de balustres apparaissent sous les fenêtres et si la toiture est alors brisée, on ne voit pas en revanche la balustrade d'attique.

Dans le parc, le kiosque est à rapprocher d'un modèle produit par les Fonderies du Val d'Osne. Le domaine est racheté en 1989 par Hubert Perrodo qui fait construire de nouveaux chais (1995-1996) et entreprend d'importants travaux de restauration.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1322, porte la date
1877, porte la date
Auteur(s) Auteur : Corcelles Armand, architecte, attribution par source
Auteur : Minvielle Ernest, architecte, attribution par source

Le logis de plan rectangulaire présente sa façade principale vers le sud, côté jardin. Au nord, il est complété par les différents bâtiments viticoles.

La façade sud est composée de huit travées, les deux centrales étant traitées en ressaut et couronnées d'un fronton triangulaire à modillons. Le rez-de-chaussée surélevé est accessible par un escalier à double volées et perron à balustrade. Les deux portes de la travée centrale présentent des corniches soutenues par des consoles à volutes. Les baies de l'étage ont des chambranles moulurés et des allèges à balustres. Les travées latérales sont ouvertes par des fenêtres alternant des encadrements avec ou sans moulures. L'ensemble des fenêtres de l'étage sont dotées d'allèges à balustres. La corniche à modillons qui court sur la façade est surmontée d'un attique orné de quelques balustres. Le toit brisé en ardoise est ouvert de lucarnes cintrées (travées latérales) et en œil-de-bœuf (travée centrale). Les façades latérales sont composées de cinq travées percées de fenêtres. La façade postérieure reprend la même composition que la façade principale, exceptée la travée centrale percée en rez-de-chaussée d'une porte encadrée de deux fenêtres cintrées, et à l'étage par une fenêtre centrale encadrée de deux baies aveugles avec consoles. La lucarne en œil-de-bœuf qui surmontait cette travée n'a pas été conservée. Le château est entouré d'un parc clos d'un muret et d'une grille. A l'angle sud, une tourelle en pierre de taille servait peut-être de resserre.

Un kiosque en béton et structure métallique agrémente également le parc : une rampe permet d’accéder à une terrasse protégée par un toit polygonal en ardoise, soutenu par des colonnes métalliques imitation tronc et branches. On retrouve ce même traitement pour la rambarde de la rampe.

Un portail à piliers au sud-est du château constituait l'entrée du domaine. Les piliers en pierre de taille sculptée portent le nom CHÂTEAU LABEGORCE (MARGAUX) et au revers les dates 1322 et 1877. Au nord du château, deux ailes de bâtiments forment une cour fermée par une grille. Le bâtiment occidental à étage carré abrite des logements tandis que le bâtiment oriental comprend le chai, le cuvier (cuves ciment et inox) et un espace de dégustation.

Deux autres bâtiments parallèles disposés au nord complètent l'ensemble : une partie à étage carré est prolongée par une partie en rez-de-chaussée ouverte par de grandes baies. Ces espaces abritent des remises, des ateliers, les zones de conditionnement et d'expédition, avec également un espace d'accueil et de bureaux.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans brisés
toit à longs pans
croupe brisée
croupe
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations balustre fronton

Estuaire

TRAVEE 8
FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; chambranle mouluré (porte) ; chambranle mouluré (fenêtre) ; corniche (porte) ; rouleau d'archivolte (fenêtre) ; arc plein-cintre (fenêtre) ; plate-bande (fenêtre) ; corniche (fenêtre)
POSTOPO coteau
VUE vue étendue
CLOT mur de clôture maçonné ; grille ; piliers de portail
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • DOCUMENTATION COMPLÉMENTAIRE

    - GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde. Bordeaux : Coderc, Dégréteau et Poujol, 1866-1869, t. 3.

    p.275

    "Ce château, situé sur les confins de Margaux et de Soussans, est un édifice à peine achevé, bâti sur les terres d´un ancien fief, dont on retrouve des traces depuis le XVe siècle. Il est question des titres de l´an 1486, des graves de Labégorce, de l´Oustav de Labégorce, et du Courneau, (village) de Labégorce ; le tout dépendait alors des propriétés de la dona Trenquina de Bédat, épouse du sieur de Sault, seigneur d´Agassac, et venait probablement de sa famille.

    Cette maison a souvent changé de maîtres. En 1519, elle était possédée par noble homme Jéhan de Monau, écuyer ; en 1535, François de Fronsac se qualifiait, dans un acte public, "seigneur de Bessan, d´Agassac et de la Maison Noble de Labégorce" ; enfin, en 1554, le seigneur de Bessan et de Labégorce était Jehan de Genouilhac, écuyer.

    Labégorce resta ensuite unie au château de la Tour de Mons, situé dans Soussans, et eut, sinon les mêmes propriétaires, du moins les mêmes seigneurs, jusqu’à la Révolution ; à cette époque, ce fief a été divisé : la famille Gorce en a eu une partie, l´autre a appartenu à divers, principalement à M. Vastapani ; et Franck la désigne sous le nom de Weltener-Vastapani.

    Cette portion appartient à M. Beaucourt, qui y a fait construire, il y a quelques années, par l´architecte Minvielle, un château qui est un édifice assez lourd, élevé de plusieurs étages et recouvert d´une toiture à la Mansard ; une de ses façades est décorée d´un fronton grec, qui ne manque pas d´élégance ; il est précédé d´une cour, entouré de jardins, d´une garenne et de vastes servitudes, mais il n´est surmonté par aucune tourelle, par aucun pavillon. A côté s´élève la maison des dames de Gorce, qui a appartenu à l´abbé Gorce."

    - COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Paris : V. Masson et fils, 1868 (2e édition).

    p.112-114

    "Le château, bâti par le célèbre architecte bordelais Corcelles, restauré et exhaussé par M. Minvielle, est un des plus beaux et des mieux situés de la commune de Margaux".

Références documentaires

Documents d'archives
  • AC Soussans, Notes historiques de Robert Gleize, 1970-1993.

Documents figurés
  • AD Gironde, 2O 2367. Entête de courrier, 2e moitié 19e siècle.

  • AM Bordeaux. Fonds Minvielle, 150 S.

    recueil 230, 147-162, plans et photos, 1867-1893
  • CARDOZE, Edmond. La carte postale des châteaux de la Gironde. Pierre Fanlac, 1985.

    p. 130
  • GALARD, Gustave de. Album vignicole ou vues des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : s.d. [1835].

    12e livraison, n°3
Bibliographie
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : 2e éd. Féret, 1868.

    p. 112-114
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1908 (8e édition).

    p. 84
  • COCKS, Charles. Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret, 1969 (12e édition).

    p. 208-209
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux, 1866. Tome 3.

    p. 274-275
  • RENARD Jean-Claude. L'âge de la fonte, un art, une industrie, 1800-1914, suivi d'un dictionnaire des artistes. Les éditions de l'armateur, 1985.

    p. 80

Liens web

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