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Château de la Tour de Bessan

Dossier IA33003382 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Appellations Tour de Bessan (la)
Parties constituantes non étudiées motte, basse-cour, donjon, fossé
Dénominations manoir, château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Soussans
Lieu-dit : Maunes
Cadastre : 1827 A1 296 ; 2009 AN 201

L'histoire de ce site reste incertaine, le toponyme de Bessan existant également à Civrac, comme le souligne Léo Drouyn. De même, il semble y avoir eu confusion dans l'analyse des sources historiques entre le site de la Tour de Mons et celui de la Tour de Bessan. La Tour de Bessan aurait été construite en 1252 (ou 1288?) par Jean Colomb, bourgeois de Bordeaux, qui est autorisé par le roi d'Angleterre à construire deux maisons fortes, l'une à Bommes et l'autre à Soussans. La seigneurie de Bessan était au 14e siècle dans la juridiction de Blanquefort et appartenait encore à la famille Colomb. A la fin de ce siècle, elle passe dans la juridiction de Lamarque.

C'est à partir de cette période que les versions diffèrent entre les historiens. Selon certains, elle aurait été confisquée à la famille Colomb par le roi d'Angleterre pour être donnée à des fidèles anglais. En 1544, la seigneurie appartenait à "Gaston de l'Isle, baron de La Brède et de Beautiran, Seigneur de l'Isle Saint Georges et de la Tour Noble de Soussans". Cette tour noble correspondrait plutôt à la Tour de Mons. Selon une autre version, en 1390, la seigneurie passe aux mains de la famille des Durafort et est élevée en baronnie en 1453 ; puis elle passe en 1461 à Bernard de Garros. En 1488, la famille de Mons en devient propriétaire et le reste jusqu'en 1740, même si quelques tractations semblent l'avoir fait passer dans d'autres mains ponctuellement. Avec le mariage de Marie-Catherine de Mons avec le fils de Montesquieu, Jean-Baptiste de Secondat, la seigneurie passe dans cette famille et y reste jusqu'en 1791, date à laquelle elle est vendue à Jean-Guillaume de Mons, marquis de Dunes.

Le site de Bessan est bien identifié sur la carte de Masse en 1724 (Tour de Bissan) et sur la carte de l'embouchure de la Garonne en 1759 (Tour de Bassan). La carte de Belleyme n'indique que le lieu-dit Bessan. Le cadastre de 1827 mentionne le lieu-dit Maunes et deux bâtiments, dont la tour carrée. En revanche, le système défensif n'est pas lisible. Les fondations de la tour datent peut-être du 13e siècle (différence de l'appareil), elle a été remaniée au 15e siècle (canonnières).

Période(s) Principale : 3e quart 13e siècle
Principale : 15e siècle

Le site, aujourd'hui envahi par la végétation, est difficilement lisible. Il se composait d'une motte quadrangulaire de 35 m x 25 m et d'une hauteur de 5 m, entourée d'un fossé d'une quinzaine de mètres de large, sur ses côtés nord, est et sud. Un ruisseau aujourd'hui nommé ruisseau de la Louise, refermait et alimentait ce fossé sur le côté ouest. Si ce n'est la tour, on ne trouve plus de traces de constructions sur cette motte. Une basse-cour carrée, d'environ 70 mètres de côté, se trouvait au sud, au-delà du fossé principal. Elle était, elle aussi, cernée par un second fossé au sud, mais aucune trace n'est visible à l'est. La tour carrée en saillie dans le grand fossé sud présente des fondations renforcées sur ses trois faces par le soutien de la motte dans laquelle elle est encastrée. Afin de stabiliser l'ensemble sur son côté le plus faible, la base est équipée de quatre contreforts massifs qui plongent dans le fossé (deux sur la face sud et deux dans les angles sud-est et sud-ouest). Leur hauteur dépasse de 2 m le niveau du sol supérieur de l'enceinte. La tour s'élève sur quatre niveaux, au-dessus d'une cave. Les étages étaient séparés les uns des autres par des planchers. Les murs ont 1,70 m d'épaisseur ; sa largeur intérieure est de 4,63 m au premier étage. Elle était surmontée d'un chemin de ronde. L'entrée de la tour se faisait par une porte en hauteur, au premier étage sur la face nord, à l'intérieur de l'enceinte. Elle était protégée par une échauguette située au-dessus d'elle, contrairement aux autres côtés où elles sont placées au milieu des façades. Cette porte était accessible par une passerelle en bois, appuyée sur des corbeaux, perpendiculaire à l'entrée pour la protéger des coups de béliers, et qui courait le long du mur. Elle se prolongeait certainement le long de l'enceinte, constituant ainsi le chemin de ronde de celle-ci. De chaque côté, sur les angles nord-est et nord-ouest, des arrachements de pierres correspondent aux départs des murs de l'enceinte d'une hauteur de 4,50 m. Sur l'angle nord-est, ces arrachements ne commencent qu'à 2 m de haut ce qui laisse supposer que l'entrée sur la motte se faisait ici. Un pont en bois devait partir de la basse-cour, enjambait le fossé et aboutissait à l’enceinte en passant devant les défenses de la tour. C'est d'ailleurs de ce côté que l'on trouve le plus d'aménagements défensifs et de fenêtres, le côté ouest par lequel on accède actuellement au site étant aveugle et percé seulement d'une canonnière. Le rez-de-chaussée est garni de meurtrières cruciformes et d'embrasures pour canons, postérieures aux meurtrières. Le premier étage, au-dessus du rez-de-chaussée, est éclairé par des fenêtres carrées munies de coussièges dans leurs embrasures ; le second l'est par des fenêtres divisées en deux par un meneau vertical ; les moulures qui les entourent sont prismatiques. Au milieu des faces du troisième étage s'avancent des échauguettes-moucharabiés sur des consoles à trois assises. Un siège de latrines, placé à la même hauteur, s'avance sur la face sud.

Murs calcaire
moellon
Étages sous-sol, 3 étages carrés
États conservations vestiges, menacé, envahi par la végétation
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 2, 2è éd.

    "Il paraît par les rôles Gascons, des années 1288, 1289, que Jean Colom, Citoyen de Bordeaux, obtint du Roi d'Angleterre la permission de construire deux maisons fortes, l'une dans la paroisse de Soussans, et l'autre dans celle de Bommes : Pro Johanne de Columbo, Cive Burdegalensi, licentia faciendi duas domos fortes in Parochiis Sansan et Bomes. Le mot Sansan paraît, au premier aspect, n'avoir aucun rapport avec celui de la Paroisse dont il est ici question ; mais on s'apercevra bientôt que c'est d'elle dont il s'agit, si on fait attention, en premier lieu, qu'elle était anciennement appelée Saussan, et non Soussans (...) .

    Il y a tout lieu de penser que la maison forte que Jean Colom fit construire dans cette Paroisse, en conséquence de la permission qu'il en obtint, est représentée aujourd'hui par celle qui est connue sous la dénomination de Tour de Bessan, et qui est abandonnée depuis longtemps (...) .

    La tour de Bessan appartient à M. de Secondat, Seigneur Haut-Justicier de la Paroisse de Soussans ; la Seigneurie directe sur une grande partie de cette Paroisse lui appartient aussi, comme ayant les droits du Seigneur de Blanquefort, duquel elle dépendait ; il possède d'ailleurs les fiefs de Marsac et de Labégorce. Noble homme Jean de Monau, Ecuyer, est qualifié Sieur de la maison noble de Labégorce dans un titre du 11 juin 1519 (...) .

    Avant que de terminer cet article, il convient de dire un mot sur la Juridiction de Bessan, qu'on a lieu de croire être la même que celle de Soussans ; au moins ne connaît-on pas d'autre Juridiction de ce nom dans le Diocèse, encore moins dans la contrée du Médoc où elle est placée, que celle de Soussans, où existe la Tour de Bessan. Il y a bien une Seigneurie de Bessan dans le Bas-Médoc, mais elle n'a point de Juridiction, elle dépend au contraire de celle de Lesparre.

    L'auteur du Dictionnaire universel de la France, au mot Bessan, en parle d'abord comme d'un lieu ou Paroisse du Diocèse de Bordeaux, qui a six cent neuf habitants. Au mot Bessans, qui dans ce même Dictionnaire suit immédiatement ce premier, il dit que c'est une Juridiction placée dans le Diocèse, Parlement, Intendance et Élection de Bordeaux, qui a trois cents habitants. Cet écrivain d'ailleurs ne fait aucune mention de la Paroisse de Soussans. M. l'Abbé Expilly, qui n'en fait pas non plus mention, écrit que Bessans est une Paroisse et une Juridiction dans le Médoc, Diocèse de Bordeaux ; on y compte, dit cet auteur, soixante-six feux. La Juridiction de Bessans, ajoute-t-il, ne comprend qu'une Paroisse, c'est celle de son nom. Il faut en convenir, cet auteur s'explique clairement ; il ne manque à ce qu'il écrit que la réalité : il existe bien dans le Médoc une Juridiction appelée de Bessan, qui n'a d'autre territoire que celui de la paroisse de Soussans, mais il n'existe dans aucune part de ce Diocèse, de Paroisse sous la dénomination de Bessan".

    GUILLON, Édouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux : [s.n.] 1866. Tome 3, p.292-293.

    "Le château de Bessan : Il résulte des écrits du poète Fortunatus que l'évêque Léonce, qui vivait dans le VIe siècle, avait maison et domaine à Bissonus, aujourd'hui Bessan ; c'était sans doute une ferme, une exploitation agricole, qui n'a pas laissé d'autres souvenirs.

    Au XIIIe siècle, Jehan Colon, citoyen de Bordeaux, était seigneur de la paroisse de Soussans, et l'an 1288, il obtint du roi la permission de construire sur cette terre une maison forte, au lieu de Bessan.

    Ce lieu de Bessan était situé à peu de distance du bourg, sur les bords du ruisseau le Testonne, dont les eaux l'entourent de tous côtés. Le château de Bessan fut le siège de la seigneurie de Soussans et appartint aux Colon pendant le XIVe siècle, époque où elle dépendait de la châtellenie de Blanquefort ; puis, au commencement du XVe, elle passa par transmission dans la baronnie de Lamarque.

    Le 18 février 1400, le roi d'Angleterre en déposséda les héritiers de Jehan Colon et la donna à Henri Bowet, qui devint plus tard archevêque d'York et la garda 26 ans. En 1426, Henri VI la donna à Nicolas Bowet, neveu de ce prélat ; puis en 1432, au duc de Glocester, qui la garda jusqu'à sa mort.

    Les seigneurs de Bessan étaient puissants ; ils avaient le titre de baron, et outre cette baronnie, ils avaient à Bordeaux, dans le quartier du Caillaou, un hôtel et une tour carrée, située dans les anciens murs, à l'embouchure de la Devise et appelée Tour-de-Bessan ; plus tard, lorsque la seigneurie de Soussans passa à Gaston de l'Isle, baron de La Brède, la tour de la vieille ville s'appela Tour-de-Gaston, et Gaston de l'Isle se qualifia seigneur de Bessan et de la tour noble de Soussans.

    Il est probable que le château de Bessan fut ruiné pendant les guerres de la conquête française, car, dès le XVIe siècle, on le trouve réuni avec la Tour-de-Soussans, autre château qui en était voisin. Cependant, l'abbé Baurein qui n'est pas de cet avis, dit que dans le XVIe siècle, Bessan appartenait à la famille de Vaillac. Au XVIIe, on le retrouve dans les mains de Martin de Lurc, gentilhomme de la chambre du roi. Au XVIIIe, c'était encore une baronnie qui s'étendait sur une partie de la paroisse ; puis elle disparut, engloutie dans la baronnie de Soussans dont M. de Mons était seigneur.

    Depuis cette époque, les vestiges du château de Bessan n'ont plus eu de seigneurs particuliers, ont suivi la fortune du château de Soussans, leur voisin, et ont disparu peu à peu, ne laissant debout qu'une tour pittoresque, qui appartient à M. de Gastebois.

    Le château se composait d'une enceinte à peu près carrée, enveloppée par le Testonne et par trois larges fossés. Dans cette enceinte était une cour clôturée par un second fossé moins large et séparé du premier par un vallum. C'est là que s'élevaient ces diverses constructions féodales, dont il reste des fondations massives et une tour carrée à quatre étages, surmontée d'un chemin de ronde. M. Léo Drouyn, qui a décrit cette tour, dit que ses murs ont 1 mètre 70 centimètres d'épaisseur, qu'il y a une cave, des meurtrières cruciformes, et d'autres pour canon, des fenêtres carrées, avec des bancs dans les embrasures, des fenêtres géminées au deuxième étage ; qu'enfin, en haut sont des échauguettes reposant sur des consoles. Cette tour, qui devait être le donjon du château de Bessan, figure dans la deuxième classe des Monuments Historiques de la Gironde.

    La tour de Bessan est la ruine la plus pittoresque du canton. Sa base souterraine qui plonge dans les fossés, ses murs effondrés tapissés de lierre, sa cime ébréchée cachée parmi les arbres, les houx et autres plantes épineuses qui l'entourent et cachent le sol, tout cela joint au murmure du Tertonne qui coule presque inaperçu, prête une teinte mélancolique à ce tableau solitaire et sauvage".

    DROUYN, Léo. La Guienne militaire. Bordeaux : chez l'auteur ; Paris : Didron, t. 2, 1865.

    "Il existe dans le Médoc deux seigneuries du nom de Bessan, et faute, de documents originaux, je me trouve fort embarrassé au moment de prendre la plume. Duquel des deux Bessan ont voulu parler les auteurs qui ont écrit avant moi ? (...)

    Le château de Bessan, situé en plaine, se compose d'une vaste enceinte à peu près carrée, enveloppée de larges fossés de trois côtés ; le quatrième est protégé par le ruisseau de Testonne dont les eaux servaient à remplir les fossés, qui ne sont plus maintenant que des mares infectes. Au sud de cette enceinte principale existe une vaste basse-cour carrée, enveloppée de fossés, et dont le ruisseau borde aussi le côté occidental. Les fossés de cette basse-cour sont moins larges que ceux de l'enceinte principale. La terre qu'on en a retiré a été rejetée, partie en dedans et partie en dehors : celle-ci a formé un vallum extérieur précédant les fossés et dont les proportions considérables existent encore a nord de l'enceinte principale et au sud de la basse-cour.

    Des murs épais s'élevaient sur l'escarpe des fossés ; il ne reste de toutes ces constructions qu'une grande tour carrée qui est entièrement en saillie dans le grand fossé du sud, et qui se relie, par ses angles intérieurs, aux murs d'enceinte. Les deux autres angles de la tour sont empâtés de gros contreforts et deux autres contreforts garnissent la base de la face tournée vers le fossé. Ces contreforts ne montent pas plus haut que le niveau du sol de l'enceinte principale.

    Les murs de la tour ont 1,70 m d'épaisseur ; sa largeur intérieure est de 4,63 m au premier étage. Elle en compte quatre, en y comprenant le rez-de-chaussée, au-dessus de la cave ; le tout surmonté d'un chemin de ronde. Les étages étaient séparés les uns des autres par des planchers. Le rez-de-chaussée est garni de meurtrières cruciformes et d'embrasures pour canons, postérieures aux meurtrières.

    Le premier étage, au-dessus du rez-de-chaussée, est éclairé par des fenêtres carrées munies de bancs dans leurs embrasures ; le second l'est par des fenêtres divisées en deux par un meneau vertical ; les moulures qui les entourent sont prismatiques. Au milieu des faces du troisième étage s'avancent des échauguettes-moucharabys sur les consoles à trois assises. Un siège de latrines, placé à la même hauteur, s'avance sur la face sud. Le chemin de ronde n'existe plus. On entrait dans le caveau par une trappe, et dans les étages supérieurs, par des portes qui se voient sur la face nord ; ce qui prouve que de ce côté existaient des bâtiments à plusieurs étages.

    Cette tour, du moins dans les parties supérieures, est du 15e siècle. On retrouve dans la base certains caractères qui indiquent une date plus ancienne, mais des restaurations postérieures l'ont presqu'entièrement défigurée. Cependant, le plan du château indique une époque ancienne, et l'on doit y reconnaître la maison-forte fondée par Jean Colomb en 1288.

    Cette tour isolée, cachée au milieu d'un bouquet de grands arbres, et dont la base plonge dans une eau bourbeuse nourrissant des plantes aquatiques de la plus belle venue et dans laquelle pullulent les reptiles, est une des ruines les plus pittoresques du Médoc".

    MAUDUIT, Thierry. La tour médiévale de Bessan, place forte oubliée du marais médocain (Soussans) . Les Cahiers Médulliens, 2009, n° 52.

    "Autrefois isolée dans les marais qui constituaient un efficace premier élément défensif naturel, la motte quadrangulaire de 35 m x 25 m et d'une hauteur de 5 m sur laquelle se trouvait la maison forte bâtie par Jean Colomb en 1252, était entourée d'un fossé d'une quinzaine de mètres de large, sur ses côtés nord, est et sud. Un ruisseau aujourd'hui nommé ruisseau de la Louise, refermait et alimentait ce fossé sur le côté ouest. Si ce n'est la tour, on ne trouve plus de traces de constructions sur la motte. Seules des pierres de petit appareil et des débris de tuiles mis au jour lors de chutes d'arbres pendant la récente tempête de décembre 1999, nous rappellent que la vie de ce lieu fortifié ne devait pas se limiter à son élément le plus spectaculaire et seul conservé.

    En aval du ruisseau, à l'extrémité nord-ouest de la motte, les berges laissent apparaître de chaque côté de l'eau des traces de fondation sur une largeur de 3 m, qui sont certainement les restes du pont du chemin d'accès. Celui-ci devait se prolonger sur la bande de terre située entre le marais et le fossé, contournait la motte pour aboutir à la basse-cour. Cette basse-cour carrée d'environ 70 mètres de côté, se trouvait au sud, au-delà du fossé principal. Elle était, elle aussi, cernée par un second fossé au sud mais on n'en devine aucune tracé à l'est. On peut supposer qu'il devait être raccordé à celui de l'enceinte ou aux marais situés au nord, mais toute la partie est étant surélevée par rapport à l'ensemble du site, il nous a été impossible de confirmer cette hypothèse. A l'ouest, le ruisseau participait, lui aussi, à la défense naturelle de l'ensemble.

    Grâce à sa base souterraine qui plonge dans le fossé sud, la tour voit ses fondations renforcées sur ses trois autres faces par le soutien de la motte dans laquelle elle est encastrée. Cette première partie enterrée constitue la cave sur laquelle furent construits les quatre étages qui composent la construction. Afin de stabiliser l'ensemble sur son côté le plus faible, la base est équipée de quatre contreforts massifs qui plongent dans le fossé (deux sur la face sud et deux dans les angles sud-est et sud-ouest). Leur hauteur dépasse de 2 m le niveau du sol supérieur de l'enceinte.

    La largeur intérieure est de 4,15 m x 4, 35 m au premier étage (7, 55 m à l'extérieur) et les murs ont une épaisseur de 1,70 m (...) . La hauteur actuelle de la tour est de 19 m (côté fossé), à laquelle il convient d'ajouter le chemin de ronde (...) .

    L'entrée de la tour se faisait par une porte en hauteur, au premier étage sur la face nord, à l'intérieur de l'enceinte. Elle était protégée par une échauguette située au-dessus d'elle, contrairement aux autres côtés où elles sont placées au milieu des façades. Cette porte était accessible par une passerelle en bois, appuyée sur des corbeaux, perpendiculaire à l'entrée pour la protéger des coups de béliers, et qui courait le long du mur. Elle se prolongeait certainement le long de l'enceinte, constituant ainsi le chemin de ronde de celle-ci. Un escalier dont on ne peut situer l'emplacement devait conduire à cette passerelle.

    De chaque côté, sur les angles nord-est et nord-ouest, des arrachements de pierres correspondent aux départs des murs de l'enceinte d'une hauteur de 4,50 m. Sur l'angle nord-est, ces arrachements ne commencent qu'à 2 m de haut ce qui laisse supposer que l'entrée sur la motte se faisait ici. Un pont en bois devait partir de la basse cour, enjambait le fossé et aboutissait à l'enceinte en passant devant les défenses de la tour. C'est d'ailleurs de ce côté que l'on trouve le plus d'aménagements défensifs et de fenêtres, le côté ouest par lequel on accède actuellement au site étant aveugle et percé seulement d'une canonnière.

    Le premier quart de la tour laisse apparaître une différence d'appareil qui témoigne de la construction originale de cette partie datable du XIIIe siècle, la partie haute ayant été remaniée plus tardivement, certainement au XVe siècle".

Références documentaires

Bibliographie
  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 2, 2e éd.

    p. 86-87
  • BIRON, Dom Reginald. Guide archéologique illustré du touriste en Gironde. Bordeaux : Féret, 1927.

    p. 146
  • DROUYN, Léo. La Guienne militaire. Bordeaux : chez l'auteur ; Paris : Didron, t. 2, 1865.

    p. 324-326
  • GARDELLES, Jacques. Les châteaux du Moyen Age dans la France du Sud-Ouest. La Gascogne anglaise de 1216 à 1327. Paris : Arts et métiers graphiques, 1972.

    p. 99, 116
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux : [s.n.] 1866. Tome 3.

    p. 292-293
  • LAROZA, Olivier. Guide touristique, historique et archéologique de la Gironde. Bordeaux : Féret, 1975.

    p. 219
  • ROUDIE, Philippe. L'activité artistique à Bordeaux, en Bordelais et en Bazadais de 1453 à 1550. Bordeaux : Sobodi, 1975, tome1.

    p. 295
Périodiques
  • MAUDUIT, Thierry. La tour médiévale de Bessan, place forte oubliée du marais médocain (Soussans) . Les Cahiers Médulliens, 2009, n° 52.

    p. 3-14
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