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Château de la Mole

Dossier IA24001206 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations château de la Mole
Parties constituantes non étudiées grange, étable, écurie, remise, hangar agricole, chai, logement, éolienne, fontaine
Dénominations château
Aire d'étude et canton Montpon-Ménestérol - Montpon-Ménestérol
Adresse Commune : Eygurande-et-Gardedeuil
Lieu-dit : La Mole
Cadastre : 1844 D2 310 ; 1959 D1 185

Ancien "fief" de la famille des Moulinier sous l'Ancien Régime, selon le Dictionnaire des châteaux du Périgord, le domaine est au 18e siècle à la tête d'un ensemble forestier, agricole et viticole dont dépendaient une dizaine de métairies. Toujours selon cet ouvrage, les Collot d'Arbois ont succédé aux Moulinier mais à une époque indéterminée. Le corps central de la demeure pourrait témoigner d'une construction du 18e siècle.

Après les campagnes de déboisement de la seconde moitié du 18e siècle, la famille Collot contribue à régénérer et aménager les forêts de la propriété à partir des années 1840. Ainsi, de vastes futaies de chênes se substituent aux anciennes étendues de taillis. Les propriétaires agrandissent également le domaine en rassemblant 800 ha. Le grand incendie mentionné dans les journaux en juin 1861 dévaste toutefois 300 ha de bois et de taillis "situés dans les dépendances des villages de La Molle, Gardedeuil, Chauvet, Chanteloup et Janiveau, et appartenant à M. Collot, maire de la commune", et fut probablement à l'origine de nouvelles campagnes de reboisement. Il fut le commanditaire de la reconstruction des ailes du château.

Quant au château de la Mole, le plan cadastral napoléonien montre une emprise identique à celle actuelle et qu'il est environné de quatre bâtiments agricoles parmi lesquels on reconnaît le grenier à grains et le chai attenant, ainsi que la grange-étable. Un dessin réalisé depuis le sud-est apporte des indications sur son état dans la première moitié du 19e siècle (?) : il représente l'élévation antérieure, rythmée de 7 travées ; l'étage carré y est surmonté d'un surcroît percé de baies en demi-cercle et une toiture à longs pans et croupes couvre l'ensemble.

Frédéric Gaillardon hérite de la propriété en 1889. Le domaine de la Mole est alors l'un des plus vastes du plateau de la Double, sa surface avoisinant les 1200 ha, répartis sur la commune d'Eygurande-et-Gardedeuil et les villages limitrophes de Saint-Michel l’Écluse et de Servanches. En 1904, la propriété est achetée par Édouard Laporte-Bisquit, représentant la quatrième génération d'une grande famille de producteurs de cognac installée à Jarnac, dont il assure le prestige de Hong Kong à Mexico. Celui-ci poursuit les activités de son prédécesseur à Eygurande-et-Gardedeuil, dont il fut aussi le maire. Il s'investit particulièrement dans l'entreprise d'amélioration de l'exploitation forestière et agricole et de modernisation des techniques, prenant conseil auprès de spécialistes. Souhaitant développer l'activité viticole, il augmente la superficie de son vignoble et se dote d'un chai relativement moderne pour l'époque, mis à la disposition des 12 à 13 métayers que compte alors le domaine. Un wagonnet sur rails est installé dans l'étable qui accueille 40 vaches dans les années 1920, transportant le fumier à l'extérieur. Édouard Laporte-Bisquit fait également l'acquisition d'un système sur rails placé sous la charpente, doté d'une fourche électrique à contrepoids appelée déchargeuse, qui sert au transport du foin en vrac jusqu'au fenil à deux niveaux.

Sur le cadastre de 1959, le grenier à grains et le chai existent toujours mais les deux autres bâtiments figurant sur le cadastre napoléonien ont disparu. De nouvelles bâtisses se tiennent alors autour de la cour de ferme, parmi lesquelles, au nord, les écuries et un corps de logis. C'est probablement au moment où on a construit ces écuries que la grange-étable a été agrandie, ces édifices étant tous deux maçonnés en brique. Au début du 20e siècle, une éolienne est installée à une centaine de mètres au nord du domaine. Dotée d'un système de pompage de l'eau, elle dessert l'étable pour abreuver le bétail et alimente la fontaine située au milieu de la cour de ferme.

Aujourd'hui, le domaine appartient à la famille de Laurière. L'ancienne écurie sert de garage et de remise ; le grenier à grains accueille un gîte.

Période(s) Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s) Personnalité : Laporte-Bisquit Edouard ,
Edouard Laporte-Bisquit

Maire d'Eygurande-et-Gardedeuil (mentionné en 1939) et propriétaire du château de la Mole dans cette même commune. Producteur et négociant de cognac (4e génération), issu d'une famille installée à Jarnac.


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commanditaire, attribution par source

Sise sur une colline environnée d'étangs, la propriété de la Mole domine le vallon traversé par le ruisseau de la Petite Duche, une trentaine de mètres en contrebas, à l'est. La partie orientale de la propriété est couverte par la forêt ; une longue percée dans les bois offre toutefois, depuis la cour du corps de logis, une perspective sur le vallon. Le domaine comprend un château, implanté dans le prolongement de la voie qui mène au hameau de Gardedeuil à un kilomètre à l'ouest, ainsi qu'un corps de ferme dont les bâtiments s'organisent autour d'une cour, au nord-est.

Le château, bâti en pierre de taille, présente un corps de logis central encadré par deux ailes de même profondeur. L'étage carré est couronné par une corniche dans la partie centrale, tandis que les pavillons des ailes comportent un attique percé de lucarnes passantes et de baies aveugles. L'élévation principale est rythmée par neuf travées, alors que la façade postérieure comprend seulement cinq travées. Des pilastres jumelés habillent les angles des ailes. Les toitures à longs pans et croupes sont protégées par de la tuile en écaille.

Parmi les bâtiments agricoles principaux, on rencontre, d'ouest en est, le grenier à grains jouxtant le chai, les écuries et la grange-étable. Ces deux derniers bâtiments sont construits en brique.

Murs calcaire pierre de taille
Toit tuile en écaille
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe

Escaliers escalier intérieur : escalier tournant, en maçonnerie
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte de Belleyme, planche n°21, 1762-1783.

  • Plan cadastral napoléonien d'Eygurande-et-Gardedeuil. Dessin et encre sur papier, 1844. Section Le Maine du Blat, feuille D2.

  • IGN. Carte topographique de la France à 1/50 000 : Montpon-Ménestérol. Série orange, feuille 1735. 2e éd., Paris, IGN, cop. 1981.

Bibliographie
  • AUDRERIE Dominique, DU CHAZAUD Emmanuel, BÉLINGARD Jean-Marie et al. Le Périgord des chartreuses. Périgueux : Pilote 24, 2000.

    p. 308.
  • BROUSSAUD-LE STRAT Florence. La Double : un pays en Périgord. Périgueux : Fanlac, 2006.

    p. 72.
  • MAISON BISQUIT. Dossier de presse. Paris, mars 2016.

  • MARACHE Corinne. Les métamorphoses du rural : l'exemple de la Double en Périgord (1830-1939). Paris : éditions du CTHS, 2006.

    p. 343-344.
  • PARFAIT Josette et PEREIRA-RIOS Pierrette. Histoire du domaine de la Molle (1594-1904). Périgueux, 2010.

    (Recueil d'archives, documents de la famille de Laurière).

  • PENAUD Guy. Dictionnaire des châteaux du Périgord. Bordeaux : Sud Ouest, 1996.

    p. 180.
  • SECRET Jean. Le Périgord, châteaux, manoirs et gentilhommières. S.l. : Tallandier, 1966.

    p.119.
Périodiques
  • LA FARE Armand. Annuaire des châteaux et des départements. La Fare, Paris : 1898.

    p. 326.
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