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Château Dauzac

Dossier IA33002943 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination château viticole
Appellations château Dauzac
Parties constituantes non étudiées parc, chai, cuvage, pièce d'eau, boulangerie, mur de clôture
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Labarde
Lieu-dit : Adresse : 1 avenue Johnston
Cadastre : 1826 B 228 à 230 ; 2009 A2 812

Les premières mentions de Dauzac remonteraient au 16e siècle. Au 17e siècle, le "Bourdieu de Dauzac" appartient à Jean Cousseau, procureur au parlement de Bordeaux, puis passe entre les mains du négociant Pierre Drouillard en 1685. Ce dernier transforme la propriété qui est en mauvais état et fait bâtir la maison de maître actuelle en la dotant de bâtiments d´exploitation dont : chai, cuvier, grange, bâtiment pour le paysan. De plus, une cour, un jardin, des vignes de palus et des prés composent désormais le domaine qui est entouré par un mur.

A partir de 1708, Dauzac est soumis à des problèmes de succession et c´est finalement Élisabeth Drouillard, épouse de Thomas-Michel Lynch, qui en devient propriétaire en 1740. Selon deux actes notariaux, de 1754 et 1759, la demeure est composée de chambres, d´une cuisine et d´un vestibule, le tout sur trois niveaux dont un étage de comble. Les bâtiments viticoles, situés dans le prolongement de la maison, sont de vastes constructions : le chai, d'une contenance de cent tonneaux, sert également à loger les domestiques. Le plan cadastral de 1826 confirme cette disposition : le logis, construit sur un plan en U flanqué de deux ailes en retour d´équerre, est prolongé par un bâtiment à l´est.

Le fils de Thomas-Michel, Jean-Baptiste, devenu propriétaire à son tour en 1783 se consacre au vignoble familial jusqu´à son décès en 1836 ; le vin est classé au rang de "Cinquième Cru" en 1855. Huit ans plus tard, Dauzac devient la propriété de Nathaniel (III) Johnston, membre d´une grande famille de négociants écossaise et, en 1870, de son fils Nathaniel (IV), ancien élève de polytechnique et de l´École des Mines de Paris, qui met toutes ses idées progressistes au service du vignoble. Se chargeant de la commercialisation, il délègue tous ses pouvoirs sur le terrain à un régisseur de confiance, Ernest David, avec lequel il travaille en étroite collaboration durant de longues années. Avec l'aide d'Alexis Millardet, professeur de botanique à la faculté des Sciences de Bordeaux, le domaine devient le théâtre de nombreuses innovations vinicoles : la "bouillie bordelaise" est créée afin de combattre le mildiou et un des tout premiers engins de pulvérisation est mis en place. En 1914, le décès de Nathaniel (IV) met fin à cette aventure et la première guerre mondiale engendre des difficultés économiques auxquelles les héritiers ne peuvent faire face.

Le domaine ne connaît une renaissance qu´à partir de 1978 lors de son rachat par le Groupement Foncier Félix Chatellier et Fils : le vignoble est restructuré et une cuverie en inox vient remplacer les anciennes cuves en béton. En 1989, la MAIF devient acquéreur de la majorité des parts de la société et modernise la propriété. La demeure est modifiée : une extension à l´arrière est rajoutée et les ailes sont détruites. Les chais, également détruits, sont reconstruits à l´emplacement d´anciens bâtiments situés au nord de la propriété et visibles sur le cadastre de 1826. Le cuvier est refait en 2004. Récemment, une tour ronde a été édifiée à l´extrémité nord de la façade antérieure afin de donner une symétrie avec l´extrémité sud dotée également d´une tour, constituant la partie ancienne de l´édifice.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Principale : 18e siècle
Auteur(s) Personnalité : Drouillard Pierre, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Lynch Jean-Baptiste, propriétaire, attribution par source
Personnalité : Johnston Nathaniel IV, propriétaire, attribution par source

Le domaine est situé à l'est de Labarde, proche des limites communales de Macau et en bordure de route. Entouré d´un parc et fermé à l´ouest par un mur de clôture, Dauzac est composé au sud du château et au nord de bâtiments construits récemment abritant le chai et le cuvier.

Adoptant une forme en U, la demeure, recouverte d´un enduit dans sa quasi-totalité, est orientée au sud-ouest. La façade antérieure, donnant sur un espace arboré, est scandée de cinq travées séparées par une jambe à bossage, sur deux niveaux. La travée centrale, en léger ressaut, est coiffée d´un toit en pavillon brisé en ardoise ouvert par une lucarne ornée d´ailerons à volutes et surmontée d´un fronton curviligne. Les ouvertures du rez-de-chaussée sont sommées d´un larmier, ainsi que la baie centrale du premier étage.

La façade postérieure est composée d´une aile en rez-de-chaussée rythmée de cinq travées et terminée par une terrasse. Le second niveau, donnant sur cette terrasse, est percé de quatre ouvertures ; la travée centrale présente une baie aveugle sommée d´une corniche et surmontée de la toiture brisée en ardoise ouverte également par une lucarne. Cette façade est flanquée de chaque côté de petites ailes en retour percées d´une porte. Le pignon ouest présente à son angle nord une tour ronde construite en pierre de taille ; une seconde tour, accolée au pignon est de l´édifice, a été récemment rajoutée. A proximité du château, accolée au mur de clôture du domaine, se trouve une ancienne boulangerie à l´intérieur de laquelle est conservé un four en brique prenant toute la largeur du mur. La marque du fabricant y est encore lisible : J. MOUSSEAU / BREVETÉ SGDG / BORDEAUX (voir four de cette même marque à Bayon-sur-Gironde). L´ancienne entrée du domaine est située à proximité de cette boulangerie : elle est composée d´un portail encadré par de hauts piliers et flanqué de petits pavillons insérés dans le mur de clôture et couverts d'ardoise. Au nord du domaine, les bâtiments abritant le chai et le cuvier sont récents et la façade principale est bâtie dans un style néoclassique : un porche couvert soutenu par neuf piliers est surmonté d´un fronton triangulaire mentionnant CHATEAU DAUZAC. A l´intérieur, les cuves en inox sont installées de part et d´autre d´une allée centrale et une salle de dégustation offre une vue sur l´ensemble du chai. Une plaque à l'entrée du domaine et en bordure de route rend hommage à Ernest David et Alexis Millardet.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
Toit tuile creuse, ardoise
Étages 1 étage carré, en rez-de-chaussée
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
croupe
États conservations bon état, remanié

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE porte (linteau droit) ; fenêtre (linteau droit)
POSRUE autre
POSPARC en retrait
POSTOPO palus
ORIENT sud-ouest
VUE vue étendue

Avant la transformation du château à la fin du 20e siècle, deux gargouilles étaient présentes dans la cour et une niche creusée dans l'aile nord était décorée d´une croix en pierre. Une statue représentant l'Hiver se trouvait également dans le parc.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Procès Drouillard

    AD Gironde, 2E 958, Maîtres Parran et Brun, notaires à Bordeaux. Procès Drouillard et Verduc, réplique du 23 juin 1759.

    "[...] Secondement ; mais pour prouver que la Partie adv. ne cherche qu´à faire illusion à la justice, et à surprendre la religion de la Cour, par des faits faux, par des comparaisons des fonds qui n´ont aucun rapport, et en cachant les yeux de la Cour ce qui peut avoir déterminé les experts ; il ne faut lire ce qu´ils ont énoncé sur cet article ; ils disent que l´objet qui forme cette estimation se trouve consister en bâtiment pour le maître, chai, cuvier, bâtiment pour le paysan, cour, jardin, le tout rebâti par le sieur Drouillard ; bois de haute-futaye, aubarèdes, vîmières, vignes et pré, une petite maison, une grange, un apend au fonds de l´enclos, le tout renfermé d´un mur, de la contenance de vingt-trois journaux une rège, cinq carreaux ; savoir, les bâtiments, cour et jardin, deux Journaux vingt-huit règes ; pré, six Journaux dix-neuf règes deux carreaux ; deux autres prés, cinq Journaux deux règes treize carreaux ; aubarèdes et vîmières, deux journaux seize règes deux carreaux.

    C´est tous ces objets réunis ensemble qu´ils apprécient à 28000 liv. les bâtisses seules valent le double de cette somme ; les prairies sont de notoriété publique les plus excellentes du pays, et personne n´ignore combien sont précieux dans ce lieu les fonds de cette nature, à cause de la difficulté qu´il y a en trouver de propres pour faire venir l´herbe si nécessaire pour la culture de ces fonds [...]".

    AD Gironde, 2E 958, Maîtres Parran et Brun, notaires à Bordeaux. Procès Drouillard et Verduc, réponse du 23 juin 1759.

    [...] Bien de Labarde.

    Les experts ont commencé par la maison de Molé ; il est établi qu´elle consiste en bâtiments pour le maître, chay, cuvier et logement du paysan, cour, jardin, le tout rebâti par le sieur Drouillard père, et augmenté par le sieur Drouillard fils et par la Demoiselle Noguès dans l´endroit où étoit l´ancien chemin.

    Cette maison construite entièrement à neuf par le feu sieur Drouillard père, est une des plus belles et des plus immenses de tout le Médoc ; son enclos en 1708 étoit composé 1°. De jardin, vigne de palu, vîmière et prés, de la contenance de vingt-trois journaux, tout entouré d´un mur d´une hauteur considérable, bâti à neuf par ledit feu Drouillard père ; le chai, le cuvier sont immenses et d´une beauté achevée, il n´est personne qui à la vue de cette bâtisse ne décide que la seule construction a couté au moins de 70000 liv. Les prairies sont des meilleures qu´il y ait dans le pays, les vignes étoient de palu et dans un très-bon fonds, cependant combien les experts estiment-ils un objet si considérable en y comprenant la bâtisse ? [...].

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde. 3P 329 1 4. Matrices cadastrales. 1881-1891.

  • AD Gironde, 9 J : Fonds d'Arlot de Saint-Saud, Château Dauzac.

    dossier 253
  • AM Bordeaux, Série Evrard de Fayolle, 42 S. Château Dauzac : 4715-4718.

  • AD Gironde. 2E 958, Maîtres Parran et Brun, notaires à Bordeaux. Procès Drouillard et Verduc, réplique du 23 juin 1759.

Documents figurés
  • COCKS, Charles. Médoc et ses vins. Bordeaux et ses vins. Bordeaux : Féret, 1908.

    p. 67
  • GALARD, Gustave (de). Album vinicole ou vue des châteaux et propriétés produisant les vins des meilleurs crus du Médoc et autres lieux du département de la Gironde. Bordeaux : chez l'auteur, 1835.

Bibliographie
  • DANFLOU Alfred. Les grands crus bordelais, Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

  • DELPECH Vincent ; LAVAUD, Sandrine. Domaine de Dauzac. Mémoire de Guyenne, Association de Recherche Historique, Bordeaux : 1992.

  • FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins, classés par ordre du mérite dans chaque commune. Bordeaux : Féret, 1991. 14e éd. rev. et augm. par Claude Féret et Marc-Henry Lemay.

    p. 608-609
  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crus. Bordeaux : [s.n.] 1868. Tome 3.

    p. 238-239
  • COCKS, Charles, FERET, Edouard. Bordeaux et ses vins. Bordeaux : Féret, 1868.

    p. 220, 223 et 224
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Riberolle Jennifer