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Château d'Issan

Dossier IA33003086 réalisé en 2010

Fiche

  • Façade nord.
    Façade nord.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • écurie
    • ouvrage d'entrée
    • étable
    • logement

Œuvres contenues

Précision dénomination château viticole
Appellations château d'Issan
Parties constituantes non étudiées écurie, ouvrage d'entrée, étable, logement
Dénominations château
Aire d'étude et canton Estuaire de la Gironde (rive gauche) - Castelnau-de-Médoc
Adresse Commune : Cantenac
Lieu-dit : Château d'Issan
Cadastre : 1826 A2 229 à 261 ; 1978 A2 273 à 294

Le château d´Issan est une maison noble dépendant au 13e siècle de la châtellenie de Blanquefort. Le roi Edouard Ier d´Angleterre autorise un certain Gombaud Mercato à clôturer de murs le domaine pour ainsi en faire une forteresse répondant alors au nom de la Motte de Cantenac. De cette époque sont peut-être conservées les douves.

Jean d’Essenault, conseiller au parlement de Bordeaux, achète le château et la baronnie autour de 1600. C'est son fils, Pierre d'Essenault, avec l’aide financière de sa femme Marguerite de Lalanne, qui semble faire reconstruire le château vers 1625. Les deux cheminées richement ornées de l'aile est, qui peuvent être rapprochées de celles du château de Cadillac, dateraient de cette époque. Le bas-relief de l'une d'elles consacré à la justice divine et à la justice terrestre ferait référence à la charge parlementaire de Pierre d'Essenault. Les initiales MD qui y sont également sculptées ne correspondent toutefois pas à celles du commanditaire. Il pourrait s'agir du M de Marguerite de Lalanne et du D de Dessenault. Cette dernière fait construire en 1644 un vaste mur de clôture autour de son domaine, pour la somme de 6000 livres.

Lors de la succession effectuée en mars 1729, la baronnie (comprenant le château, les dépendances et les terres) est partagée : 2/3 pour Léon de Foix-Candale, baron de Doazit et d´Issan et 1/3 pour Léonard-Antoine d´Essenault, baron de Cadillac, marquis de Castelnau et baron d´Issan. Un plan du château dressé en 1728 pour organiser ce partage permet d'en connaître en partie la distribution : on note la présence d'un escalier rampe sur rampe et d'une chapelle. La cour formée par les deux ailes en retour du château était clôturée par un mur, détruit depuis.

La Révolution a contraint les barons d´Issan à fuir et à abandonner le château qui est acheté dans les années 1820 par M. Duluc. Des aménagements sont apportés en 1824 comme l'atteste un plan des architectes Hyacinthe Laclotte et Raymond Rieutord. En 1851, la propriété passe entre les mains de M. Blanchy. A cette époque probablement, l'aile ouest est remaniée, diminuée dans sa longueur. La comparaison du cadastre ancien et d'un plan levé en février 1856 montre bien le décalage entre les deux ailes du château. Le domaine est vendu en 1865 à Gustave-Emmanuel Roy. Ce dernier, comme plus tard à Brane-Cantenac, fait intervenir l'architecte bordelais Ernest Minvielle pour la construction de nouveaux bâtiments viticoles en 1872-1873 puis à la fin des années 1880. La production viticole est alors florissante et le domaine se compose de 96 ha dont 42 en vignes rouges au ceint de l´enclos de pierre.

Période(s) Principale : 13e siècle , (détruit)
Principale : limite 16e siècle 17e siècle
Secondaire : 1er quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Dates 1644, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Laclotte Hyacinthe, architecte, attribution par source
Auteur : Rieutord Raymond, architecte, attribution par source

Le domaine est entouré de vignes clôturées par un mur en pierre avec trois accès matérialisés par des portails. L'accès principal se situe au lieu-dit la Ménagerie, où la ferme du château est installée ; s’ouvre sur une longue allée de peupliers.

Le château est ceint de douves enjambées par trois ponts situés au sud, au nord et à l´est. Au sud, un ouvrage d´entrée avec deux tours greffées donne accès à la cour, formée par les ailes de dépendances disposées en L. Ces bâtiments aux ouvertures modifiées et murées abritaient notamment l'ancien cuvier dont les baies de décharge sont encore visibles côté cour. Deux tours occupent les extrémités de l'aile sud.

Dans la cour, le corps de logis adopte un plan en U, un pavillon étant greffé sur chaque angle.

La façade nord se compose d´un avant-corps surmonté d'une balustrade, encadrée de deux travées surmontées d'un fronton triangulaire à table décorative passante, et complétée des deux pavillons d'angle à la toiture d'ardoise et aux lucarnes à fronton triangulaire. La porte principale est encadrée de colonnes supportant un entablement à corniche à modillons, amorti par des pots à feu, surmonté de pilastres soutenant un fronton cintré sculpté de feuillages. Une table portant l´inscription REGUM / MENSIS / ARISQUE / DEORUM tient lieu d'agrafe. Les fenêtres de l'étage à encadrements moulurés en pierres de taille harpées présentent des frontons tantôt triangulaires, tantôt cintrés et des allèges à canaux verticaux. Une porte latérale dans l'angle du pavillon est surmontée d'une niche abritant une Vierge à l'Enfant et ornée d'une croix, témoignant de l'existence d'une chapelle.

La façade sud, sur cour, est marquée par les deux ailes en retour et leurs pavillons d'angle. Celui à l'est forme un décrochement avec une tourelle en encorbellement. Les lucarnes ont des frontons à volutes. Une autre tour en encorbellement est greffée à l'angle de l'aile est et du corps de logis : elle abrite un escalier à vis permettant l'accès aux toitures. Les fenêtres ont également des allèges à canaux.

La façade ouest, encadrée de deux pavillons couverts d'ardoise avec lucarnes, est composée de 5 travées. Au rez-de-chaussée, la porte centrale est encadrée de deux fenêtres de part et d'autre. A l'étage, deux fenêtres, l'une à fronton triangulaire, l'autre à fronton cintré, sont encadrées de baies en plein-cintre plus petites et plus étroites. Ces deux fenêtres principales ainsi que les deux fenêtres de l'étage des pavillons présentent des allèges à canaux verticaux.

La façade orientale est moins régulière. Encadrée également par deux pavillons, elle se compose de quatre travées d'ouvertures. Les fenêtres de l'étage présentent le même type d'allèges à canaux verticaux. Le pavillon sud est percé d'une fenêtre à fronton cintré, là où les lucarnes et la fenêtre de l'autre pavillon sont à frontons triangulaires. Une tourelle d'angle en encorbellement est greffée à la jonction de l'aile et du pavillon nord.

L'intérieur du château conserve les dispositions d'origine, notamment les deux cheminées au riche décor sculpté : l'une d'elle représenterait la justice divine et la justice terrestre. Des aménagements ont été réalisés dans la 2e moitié du 19e siècle, notamment l'escalier principal en bois.

Le domaine est constitué, outre les bâtiments de vinification situés à proximité de la demeure, des écuries, de hangars ou encore d'un ancien moulin dans les terres de palus à l'est. Construites au sud-ouest du château, les écuries sont composées de 9 travées et d'un niveau de comble servant probablement de fenil. La travée centrale est percée d´une vaste porte en plein-cintre. le bâtiment est construit en moellons avec les encadrements des baies, les chaînes d´angles en pierre de taille. Le toit à longs pans et croupes est couvert de tuiles creuses. Le hangar, à proximité, est un bâtiment ouvert sur sa façade Est par deux colonnes massives.

L'ensemble du domaine est clos d'un vaste mur ; le portail qui y est ménagé à l´ouest, desservi par une allée transversale, est composé d'une vaste porte en plein-cintre encadrée de pilastres ornés de tables décoratives et de pointes de diamant, supportant un fronton triangulaire brisé par un médaillon. L'ensemble est inscrit dans un mur de moellons couronné d'une corniche mouluré et surmonté d'amortissements : volutes, merlons et au centre une table ornée d'armoiries (buchées) à fronton cintré.

Murs calcaire
pierre de taille
Toit ardoise, tuile creuse
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit conique
Escaliers escalier de distribution
Jardins groupe d'arbres
Techniques sculpture
Représentations fronton pilastre colonne Vierge à l'Enfant
Précision représentations

Les fenêtres sont surmontées de fronton triangulaire alternant avec des frontons criculaires. La porte d'entrée est encadrée de colonnes ; le décor coiffant la porte d'entrée est encadré de pilastres. Au dessus d'une porte, une niche abrite la statue d'une Vierge à l'Enfant.

Estuaire

TRAVEE 5
FORBAIE linteau droit (porte) ; linteau droit (fenêtre) ; arc plein-cintre (fenêtre)
POSTOPO coteau
VUE vue étendue
CLOT mur de clôture maçonné ; piliers de portail ; portail ; allée d'arrivée bordée

Les cheminées présentent des analogies avec celles du château de Cadillac.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cheminée

Annexes

  • Compléments bibliographiques

    BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

    "Les Seigneurs Haut-Justiciers de Cantenac sont M. de Foix de Candale et M. de Castelnau, comme propriétaires par portions de la Seigneurie et du château d´Issan, qui appartenait au siècle dernier à M. Pierre d´Essenault, Conseiller au Parlement de Bordeaux. Cette haute Justice qui s´étend sur la paroisse de Labarde, et qui s´étendait autrefois sur celle de Margaux, est un démembrement de la haute Justice de la Châtellenie de Blanquefort ; aussi les Seigneurs d´Issan la tiennent-ils à foi et hommage, ainsi que leur Seigneurie directe, des Seigneurs de Blanquefort.

    Il est fait mention dans rôles Gascons, des années 1283 et 1284 (t. I, p. 16), d´une permission donnée par Édouard Ier, roi d´Angleterre, à un nommé Gombaud, Marchand, de clôturer son manoir de Cantenac, et d´y construire une forteresse".

    RIBADIEU, Henry. Les châteaux de Gironde, mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions. Monein : PyréMonde, 1856.

    "Ceux qui admirent de nos jours la belle demeure de M. Blanchy, avec ses neuf pavillons et ses clochers en pyramides, ne savent peut-être point qu´à la place ou à côté de ce noble logis, s´élevèrent jadis d´autres pavillons et d´autres tours, à l´ombre desquels vécurent les preux du Moyen Âge et les gentilshommes poudrés des derniers siècles.

    Issan a succédé à deux ou trois constructions féodales qui ont porté des noms divers. Là, sont ensevelis les fondements de Lamothe-Cantenac et du château Théobon (...).

    "Cette seigneurie, dit l´abbé Baurein, après avoir fait énumération des anciens possesseurs, ne tarda pas à passer au pouvoir de M. D´Essenault, qui épousa Marguerite de Lalanne, et qui, ayant fait construire le château d´Issan, en Cantenac, fit disparaître celui de Théobon, qui fut, sans doute, démoli, et qui est oublié maintenant au point que s´il n´en était question dans les anciens titres, on ignorait qu´il eût jamais existé dans la paroisse de Cantenac un château de ce nom".

    La noble habitation bâtie par Pierre d´Essenault et la seigneurie de Cantenac se trouvaient, en 1784, au pouvoir de MM. Foix-Candale et de Castelnau. M. Justin Duluc, qui possédait encore ce domaine en 1848, en a été l´avant-dernier propriétaire".

    HUGON P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, res universis, 1857, réédité en 1992, p. 100 :

    "Dans le XVIIe siècle, M. Pierre d´Essenault, conseiller au parlement de Bordeaux, était seigneur haut Justicier de la paroisse de Cantenac. En 1788, M. Foix de Candale et M. de Castelnau possédaient cette seigneurie, dont le siège était au château d´Issan. Ce domaine a été vendu à M. Duluc jeune, et aujourd´hui il est possédé par M. Blanchy ou ses héritiers".

    DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

    "Le plus remarquable, au point de vue historique et architectural, est sans contredit le château d´Issan, dont les sept tours portent chacune des flèches anciennes et dominent majestueusement tout le plateau couvert de vignobles.

    L´entrée de ce manoir viticole est vraiment monumentale ; mais ce qui frappe le plus, ce sont neuf pavillons et clochers en pyramide dont l´effet est grandiose.

    Les anciennes constructions furent démolies, il y a déjà longtemps, et remplacées par l´édifice actuel. D´après la tradition locale, le vieux château était très fortifié et soutint plusieurs sièges pendant le Moyen Âge ; il y avait sur ce même emplacement des restes de féodalité, et il est fait mention de deux manoirs qui portaient les noms de Lamothe-Cantenac et de Théobon. Dans ces châteaux vécurent de puissants seigneurs, qui portaient les noms de Meyrac, Noailhan, Laferrière, Sigon, Boyse ; les preux du quatorzième siècle et les gentilshommes poudrés du règne de Louis XV occupèrent tour à tour Issan, dont les vins sont depuis longtemps recherchés du commerce bordelais.

    D´après l´abbé Baurein, cette seigneurie passa au pouvoir de M. D´Issenault ; peu de temps après son mariage, il fait reconstruire Issan tel que nous le voyons aujourd´hui ; il se servit des matériaux du manoir Théobon, qui fut démoli, et qu´on ne connaît plus que par les anciens titres.

    En 1784, le château et le vignoble étaient possédés par M. Fois de Candale et M. de Castelnau, M. Justin Duluc en était propriétaire en 1848. Il appartient aujourd´hui à MM. Roy et Berger".

    GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868.

    "Cette seigneurie passa au pouvoir de M. d´Essenault, qui fit démolir le vieux castel de la Motte et construire le nouveau château d´Issan.

    Le nouveau château fut construit au nord de la commune, au pied d´une croupe et à l´entrée des palus riveraines ; il forma un vaste rectangle, élevé de plusieurs étages, flanqué de pavillons, couronnés de terrasses et entourés de douves, formant un carré parfait, avec une entrée fortifiée et des tourelles à tous les angles. C´était un des beaux châteaux girondins du XVIIe siècle ; il possédait de belles cheminées comme le château de Cadillac. Sur la porte d´entrée du castel, on incrusta une orgueilleuse devise qui prouvait que ses vins avaient une grande réputation. Le domaine qui l´entourait alors était considérable.

    Quant au vieux château de la Motte, il fut abandonné, puis démoli ; il n´en reste que l´emplacement, qui est complanté en vignes (...).

    Depuis la Révolution, il a appartenu à M. Duluc jeune, qui l´acheta, en 1825, (...) puis à M. Blanchy, en 1851 (...), en 1865, à M. Gustave Roy, riche parisien, que l´on dit plusieurs fois millionnaire (...).

    Le château d´Issan a été remanié et restauré plusieurs fois depuis sa construction ; une partie est restée intacte, mais l´autre a été arrangée à la moderne. Cette dernière est la seule habitée et contient de jolis appartements où l´on arrive par un élégant escalier à double départ. La partie ancienne se compose de deux corps de logis formant deux façades en équerre flanquées de gros pavillons : dans celle du nord s´ouvre la porte principale ornée de colonnettes finement sculptées et surmontée de sa vielle devise vinicole : Regum mensis arisque deorum (...). La chapelle qui était dans un pavillon, n´existe plus, et la salle des gardes qui est très vaste et dans laquelle est conservée une immense cheminée richement sculptée est en mauvais état, ainsi que toute cette partie du château. L´ensemble offre un monument irrégulier, surmonté de pavillons, de terrasses et d´une tourelle formant vigie ; entouré d´un jardin anglais contenant des arbustes au vert feuillage ; le tout renfermé dans de larges fosses qui en forment un îlot dans lequel on pénètre au moyen de deux ponts en pierres, dont l´un est gardé par un espèce de donjon, ce qui conserve au vieux manoir son apparence féodale.

    (...) Cette propriété (...) est traversée par de longues allées d´arbres courant en plusieurs sens ; à l´extrémité de la principale est la Ménagerie, vaste construction où sont les logements pour les paysans et des écuries pour les animaux de travail et les vaches laitières".

    COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils éditeurs, 2e édition entièrement refondue par Edouard Féret, enrichie de 73 vues des principaux châteaux vinicoles de la Gironde, 1868.

    "Ce domaine est l´un des plus considérables et des plus anciens du Médoc. Son histoire remonte à l´occupation de la Guienne par les Anglais. Sur la porte de son vieux château, (...) on lit cette devise : Regum Mensis arisque Deorum. Son vignoble a toujours tenu rang parmi les meilleurs du Médoc (...). Il possède 45 hectares de vignes des meilleurs cépages, et produit de 80 à 100 tonneaux (...)".

    ROY, Gustave-Emmanuel. 1823-1906, souvenirs. Nancy : Berger-Levrault, 1906

    " En 1866 : Gustave Roy se porte acquéreur du domaine qui appartenait à la famille Blanchy, de Bordeaux, qui l'avait acheté de M. Duluc, lequel l'avait acquis de Mlle de Foix Candale. Acquisition de Branne-Cantenac [sic] pour les héritiers Berger, garde Château-d'Issan pour lui".

    p. 311 : "Les chais n'étaient pas suffisant pour loger les récoltes, je pris le parti de les agrandir de l'emplacement du cuvier et d'en construire un nouveau : je me rendis compte de ce qui se faisait de mieux et, en 1872, je construisis le grand cuvier qui existe maintenant, je le réunis aux chais par un pont qui traverse les douves. Mon architecte, M. Minvielle, suivit assez bien mes instructions, il fit quelques fautes que je dus réparer, mais tel qu'il est mon cuvier est commode et fut fort admiré. Depuis notre installation en Médoc nous habitions Branne-Cantenac en indivis, je résolus de transporter notre domicile au château d'Issan, que je fis mettre en état de nous recevoir. Je fis refaire deux cheminées et le toit de l'aile gauche de la cour, rétablir la terrasse et les balustres qui l'entourent. Dans le grand salon on refit le parquet et la marche qui lui donne accès, on répara avec soin la belle cheminée en pierre, je fis copier au Louvre un portrait de Van Dyck pour la compléter. J'avais acheté un lot de tapisserie de Beauvais [...], je le pris pour orner le salon et l'escalier ; j'achetai à Bordeaux quelques meubles anciens, je fis la tenture et les rideaux en velours de coton, j'envoyai de Florence un beau coffre de mariage, notre habitation avait assez grand air ; nous étions installés, mais une chose nous manquait, c'était l'eau, on était obligé d'aller la chercher à la ménagerie en barriques [...] ; on ne pouvait suffire au besoin des chais et cuvier, je tentai de faire un puits artésien ; je fis un forfait avec un ingénieur : pour 10 000 fr. Il s'engageait à me fournir 500 litres à la minute au ras sol ; il obtint une complète réussite [...]. Je fis construire un château d'eau et, en 1873, la canalisation terminée donnait l'eau au château, au cuvier, dans les chais, dans le potager et dans un lavoir que je fis établir pour les gens de la maison [...]".

    p. 313 : "Second vin : le Moulin-d'Issan : plantations en 1878-1883. Digues pour l'entourer et pouvoir par la submersion être maître du phylloxéra, des écluses pour écouler les eaux. J'achetai une machine à vapeur locomotive et une pompe Dumont pour élever les eaux ; je les plaçai au milieu du vignoble du Moulin-d'Issan [...]. Mais dus renoncer à cet établissement : achète de Palmer un terrain bordant la Maqueline, y transporte la machine et la pompe. Quand le vignoble en pleine production, les chais, le cuvier existant ne pouvaient contenir les récoltes ; en 1888 je fis, contre le mur du grand cuvier, un cuvier complémentaire de cinq cuves de 35 tonneaux chacune et un grand chai n° 4, en 1889, un second grand chai de 150 tonneaux en sol n° 5, un troisième de 100 tonneaux n° 6, et un second cuvier de 6 cuves de 35 tonneaux ; l'outillage est complet".

    MERILLAU, Jacques. Châteaux en Gironde. Paris : Delmas, 1956.

    "Pourquoi ne pas croire aux légendes ? Parmi celles qui entourent le château d´Issan, il en est une, au moins, très vraisemblable. Nous sommes au lendemain de la bataille de Castillon. La nouvelle de la mort de Talbot et de la défaite anglaise se répand comme une traînée de poudre, de cette poudre que Bureau a su si bien dompter au service de son artillerie, grand vainqueur de la bataille. Les Anglais, sans plus attendre, évacuent le Médoc. Mais leur précipitation ne leur fait pas perdre la tête. Ils emportent toutes les barriques et toutes les réserves d´Issan !

    Le roi d´Angleterre, déjà au XIIIe siècle, avait accordé aux lointains seigneurs l´autorisation d´élever des murs d´enceinte. Mais des premiers châteaux féodaux Lamothe-Cantenac et Théobon, qui passèrent entre les mains des puissantes familles Noaillan, Meyrac, Ségur, d´Escodeca de Boysse, rien n´a subsisté que le grand rectangle des douves. Le nom d´Issan n´apparaît en effet qu´au XVIIIe siècle, et le château actuel a été construit au XVIIe siècle par un sieur d´Issenault, qui épousa Marguerite de Lalanne, fille unique du sire d´Issan (...). Ses maîtres, M. et Mme Cruse, ont entrepris de lui rendre l´éclat dont il brillait au temps où les Foix-Candale, en 1789, en étaient possesseurs".

    COUDROY DE LILLE Pierre. "Un plan du château d'Issan, à Cantenac, de 1728". Société archéologique de Bordeaux, tome LXXV, 1984 : « Ce plan montre bien que les bâtiments pour leur surface au sol, n’ont guère été modifiés depuis ; la cour d’honneur, cependant, était fermée d’un mur de clôture qu’ont fit disparaître. Les 4 pavillons quadrangulaires, la tour triangulaire abritant le grand escalier d’apparat rampe sur rampe, existent toujours. La chapelle était marquée par son autel dans le pavillon G. Les voûtes d’arêtes sont signalées en pointillés. Mais l’enceinte fortifiée était complète avec fossés, tours rondes aux angles, deux ponts d’accès enjambant les douves. Le châtelet d’entrée à deux tours de flanquement pour la porte principale toujours en place. »

  • Légendes du plan de 1728, AD Gironde, 3 E 11941 (transcription sans les indications de superficies)

    Toisé de tous les bâtimens. En superficie du château d’Issan, tant du corps du château, que des bâtiments qui sont dans la cour et de la ménagerie

    - Premièrement Parties pour les deux tiers destinés pour monsieur de Candalle

    Pavillon marqué A sur le plan[…]

    Pavillon E.

    […]

    Corps de logis C. D. E. F. ensemble.

    […]

    Dessus la chapelle marqué G.

    […]

    Cage de l’escalier

    […]

    Salle a costé de lescalier marquée I.

    - Partie destinée a Madame deSenault

    Pavillon marqué .K

    […]

    Corps de logis marqué .L.M.N.O.

    […]

    Pavillon .P.

    Lescalier marqué .Q.

    […]

    - Récapitulation

    Portion de monsieur de Candalle R

    […]

    Le bâtiment de la cour

    Chay pour m.° de Candalle marqué .R.S.

    […]

    Cuvier marqué .S.Z.

    […]

    Chenil et écurie marqué Z.T.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Gironde, 9 J 262 [fonds D'Arlot de Saint-Saud] : Documents imprimés et notes manuscrites, 1867.

  • AD Gironde, 3 E 11 941 : actes notariés, partage du domaine, 1729.

Documents figurés
  • Plan original du château d'Issan et de la métairie de la Ménagerie. Dessins, encre et lavis, signés de Jean de Barrelier de Bitry, Etienne Dardan et Pierre Tranchard, 1728 [AD, Gironde : 3 E 11 941]. Plan du château publié par COUDROY DE LILLE, Pierre. Un plan du château d'Issan, à Cantenac, de 1728. Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique de Bordeaux, tome LXXV, 1984.

    Archives départementales de la Gironde : 3 E 11941
  • Atlas de Trudaine. peinture, aquarelle, encre noire, encre de couleur, lavis, papier, par Trudaine Daniel-Charles (intendant des finances - directeur des Ponts et Chaussées), 1745-1780 [Archives nationales, F/14/*8458 ].

  • Archives départementales de la Gironde, 3 P 091 : Plan cadastral, 1826.

  • Dessin, coupe et élévations, 1824. Laclotte, Hyacinthe et Rieutord Raymond (architectes).

    Bibliothèque municipale, Bordeaux : Fonds Delpit, XLV/6
Bibliographie
  • BAUREIN, Abbé, MERAN, Georges. Variétés bordeloises ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux. Bordeaux : Féret et fils, 1876, t. 1, 2e éd.

  • COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite. Bordeaux : Féret et Fils éditeurs, 2e édition entièrement refondue par Edouard Féret, enrichie de 73 vues des principaux châteaux vinicoles de la Gironde, 1868.

  • COCKS, Charles. Bordeaux, ses environs et ses vins, classés par ordre de mérite, reproduction intégrale de l'édition de 1850. Bordeaux : Ed. Féret et Fils, 1984.

  • DANFLOU, Alfred. Les grands crus bordelais. Bordeaux : Librairie Goudin, 1867, t. 1 et 2.

  • GUILLON, Edouard. Les châteaux historiques et vinicoles de la Gironde, avec la description des communes, la nature de leurs vins, la désignation des principaux crux. Tome 3, Bordeaux, 1868.

  • HUGON, P. Castelnau-de-Médoc et ses environs, statistiques du canton. Paris, réed. Res Universis, 1992.

  • LE MAO Caroline. Les origines méconnues de Château Margaux. Rencontres de l'Académie du vin de Bordeaux, 8 octobre 2009. Aux origines des grands châteaux du Bordelais. http://academie.vins-bordeaux.fr/fr/rencontres/rub/33/index.html.

  • MERILLAU, Jacques. Châteaux en Gironde. Paris : Delmas, 1956.

  • RIBADIEU, Henry. Les châteaux de Gironde, mœurs féodales, détails bibliographiques et traditions . Monein : PyréMonde, 1856.

  • ROY, Gustave-Emmanuel. 1823-1906, Souvenirs. Nancy : Berger-Levrault, 1906.

    p. 307 - 321
Périodiques
  • COUDROY DE LILLE, Pierre. Un plan du château d'Issan, à Cantenac, de 1728. Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique de Bordeaux, tome LXXV, 1984.

    p. 131-132.
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel ; (c) Conseil départemental de la Gironde - Bordes Caroline